31 mars 2009

 

Carnets de crise : le 31 mars, une journée ordinaire

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Grenoble : Quatre cadres dirigeants de Caterpillar séquestrés

Châtellerault : Grosse manifestation anti-Sarkozy

Paris : François-Henri Pinault (FNAC, Conforama ...) retenu par des salariés

... et en Irlande du Nord : 100 ouvriers occupent l'usine Visteon (équipementier automobile) à West belfast

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29 mars 2009

 

Européennes : se battre pour l’unité !



LONDRES : 40 000 manifestants pour la justice globale (en anglais). Succès pour cette manifestation organisée par une coalition large de syndicats et d'associations altermondialistes. Des délégations étaient présentes de la CGT (France), de la CGIL (Italie) et de la FNV (Pays-Bas)

La manifestation vue de l'intérieur sur le blog Lenin's Tomb (photos et vidéo) ...

Voir le site Put People First ...


Motion adoptée lors de la réunion de la CNCU (Collectifs unitaires) du samedi 28 mars 2009, et proposée à la réunion nationale de La Fédération du dimanche 29 mars 2009.

Nous ne prenons pas notre parti de la division qui s’installe dans la gauche de gauche pour une autre Europe, sociale, écologique, pour l’égalité des droits, antiraciste, et féministe.

Il est indispensable de continuer le combat pour une liste unitaire jusqu’à la fin, c’est à dire jusqu’à la clôture du dépôt officiel des listes. Une fusion des listes actuellement concurrentes reste toujours possible.

La division est un recul pour l’Europe que nous voulons

La crise, la montée dramatique du chômage de masse, rendent une Europe démocratique, sociale, écologique, plus que jamais nécessaire.

Ensemble, en 2005, nous avons mené un combat pour la démocratie des citoyennes et des citoyens, contre une Europe des multinationales, des technocrates et des lobbies. Jugeons-nous aujourd’hui ce combat inutile ?

Ensemble, en 2005, nous avons dit que nous voulions construire une Europe sociale, écologique, pour l’égalité des droits, antiraciste, et féministe, à la place de celle du capital. Nos guerres internes rendent-elles ce combat caduc ?

La division va renforcer la droite et le social-libéralisme

L’écart entre la résistance au Sarkozyme et les logiques de boutiques partisanes va grandissant. C’est pourquoi la droite risque une fois encore de l’emporter électoralement, alors qu’elle est massivement désavouée dans la rue. Nous ne pouvons pas nous réfugier derrière les responsabilités bien réelles du PS dans cette situation : il y a bel et bien crise de notre gauche.

Nous ne pouvons reporter, échéance après échéance, les réponses à cette crise : les forces de gauche qui s’opposent au libéralisme doivent se rassembler, dans la rue et dans les urnes. La Fédération doit obtenir toute sa place dans ce rassemblement. C’est pourquoi nous devons continuer à faire signer l’appel « réaliser une campagne unitaire, c’est possible ! ».

L’unité, comment ?

La crise de notre gauche, c’est son incapacité à donner à voir largement le monde que nous voulons. Nous proposons des comités unitaires larges et ouverts, non seulement dans la perspective de la campagne européenne, mais aussi dans celle d’un front permanent contre la droite et le social-libéralisme, et dans celle de la constructible d’une alternative sociale et écologique.

La crise de notre gauche, c’est encore son incapacité à agir ensemble, dans le respect des diversités de chacune de ses sensibilités politiques, sociales, associatives et culturelles. A l’opposé des logiques d’hégémonie partidaire ou de cartel électoral, nous pensons que la diversité est une force, qui doit être visible.

La crise de notre gauche, c’est aussi son incapacité à mettre en œuvre une autre manière de faire de la politique. Nous devons proposer d’y intégrer la « société civile militante » dans ses dimensions citoyennes, syndicales, associatives et culturelles.

Si, à la date limite du dépôt des listes, la division l’emporte, nous appellerons à voter contre la droite et contre toutes les listes qui approuvent le Traité de Lisbonne, sans soutenir en particulier l’une des listes de la gauche antilibérale.

Commentaire

Les Alternatifs viennent de voter à 55% pour la non-participation aux élections européennes. Une minorité de 41% des votants se sont prononcés pour une alliance avec le NPA (une alliance que celui-ci leur avait proposé moyennant une tête de liste dans la région Ouest). Lors d'un premier tour, l'option - la plus logique, à mon avis - d'une alliance avec le Front de Gauche avait été écartée de justesse.

Les Alternatifs ne représentent pas une force politique importante, même s'ils ont quelques élus locaux, mais le vote était important dans la mesure où ils occupent un espace entre la gauche révolutionnaire, le mouvement écologiste et la gauche de la social-démocratie. Une décision de rejoindre le Front de Gauche aurait renforcé le caractère unitaire de celui-ci. Au lieu de cela, il aura forcément l'air d'une simple alliance entre le PCF (dominant) et le Parti de Gauche. L'adhésion de Gauche Unitaire (le courant ex-LCR unitaire de Christian Picquet), vue sa petite taille, n'y changera pas grande chose.

Une décision des Alternatifs de s'allier au NPA n'aurait pas eu, selon moi, un effet salutaire. Le comportement anti-unitaire de la majorité du NPA est trop flagrant pour ne pas penser que sa proposition aux Alternatifs étaient conçues essentiellement pour contrer les tentatives de mettre en place un véritable front anticapitaliste. La seule stratégie valable était - est toujours si l'on est un optimiste invétéré - une campagne commune de toute la gauche radicale, NPA compris.

En l'absence d'une telle conclusion, beaucoup de mes camarades sont tentés par l'abstention. Voter pour le NPA serait approuver sa stratégie de division. Voter pour un Front de Gauche dominé par le PCF (qui ne veut pas entendre parler de la participation des Communistes Unitaires) serait tout aussi difficile. Mais pour moi, ne pas voter, ne pas participer ne signifie rien. Il faut qu'une alternative se dégage à la gauche du PS, même s'il y a plusieurs listes. Il faut mettre la droite en échec et démontrer qu'il existe une alternative à la gauche social-libérale. Trois ou quatre listes à 15 %, c'est un score significatif, mais modeste vus les enjeux - à 8 ou 9 % c'est un véritable échec dans le contexte actuel de crise du capitalisme.

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28 mars 2009

 

José Bové : "L'écologie n'est pas compatible avec le capitalisme"

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J'ai fait campagne pour la candidature de José Bové à l'élection présidentielle. Depuis, Bové a fait un choix politique de s'engager avec Daniel Cohn-Bendit comme tête de liste d'Europe-Ecologie dans le Sud-Ouest aux européennes. Il ne trouve pas intéressant, semble-t-il, de militer pour le rassemblement de la gauche radicale et anticapitaliste. Je pense qu'il y a des lignes politiques à ne pas franchir, et s'allier avec un Cohn-Bendit qui a soutenu le Traité constitutionnel européen et ne se gêne pas pour débattre amicalement avec un Giscard d'Estaing constitue selon moi une erreur de taille.

Mais comme je n'aime pas les procès d'intentions, je considère que Bové - jusqu'à preuve du contraire - reste un antilibéral et un écologiste sincère. Cela m'intéresse de savoir ce que pense sur le fond le militant Bové, défenseur des paysans, opposant depuis toujours au libéralisme et au militarisme, faucheur des plantes transgéniques, ami des peuples colonisés et notamment des Kanaks et des Antillais.

Voici donc un article publié par le journal Le Monde dans lequel Bové affirme :

Je crois que ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui - et on le voit avec la crise - on se rend compte que la solution à la crise, et son urgence, imposent de répondre à la fois à la détresse de millions de personnes qui se trouvent sans emploi, et bientôt sans ressources. Et en même temps, cette crise, qui n'est donc pas simplement sociale et économique, est une crise totale de notre modèle de développement.

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27 mars 2009

 

GDF Suez : Une réaction salutaire des salariés

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Finalement, MM Mestrallet et Cirelli, les deux principaux dirigeants du groupe GDF Suez, ont renoncé à leurs stock-options "dans un souci de responsabilité", selon eux. On conclut donc que la décision initiale est la preuve de leur "irresponsabilité".

Ce qui est exemplaire dans cette histoire, c'est la réaction des salariés des terminaux qui, dès l'annonce de l'octroi de ces avantages, se sont mis en grève pour appuyer leurs revendications salariales. Les travailleurs ne supportent plus non seulement de subir seuls les effets de la crise mais aussi l'arrogance des patrons, qui sont obligés de manger leur chapeau.

Ceux-ci avaient tenté de justifier leur gourmandise par le fait que l'entreprise fait des bénéfices. Raison de plus d'augmenter tous les salaires.

Ils avaient également mis en avant le fait que l'entreprise n'est pas aidée par l'Etat. C'est évidemment faux. Toutes les entreprises reçoivent des aides de l'Etat, soit directement sous la forme des subventions et des exonerations qui se sont multipliées ces dernières années, soit en bénéficiant des services publics (transports, écoles, logement, formation ...) sans lesquels elles ne disposeraient pas d'une main-d'oeuvre qualifiée et 'apte à travailler'. Et le cas échéant, les forces de l'Etat sont toujours là pour réprimer les grèves.

De plus, dans le cas de ces grandes multinationales, l'Etat fonctionne un peu comme un VRP auprès des instances internationales et lors des négociations avec des Etats étrangers. Elles sont liées à tous les niveaux aux services de l'Etat, qui prend ou conserve des parts de leur capital et nomme des représentants dans leurs conseils d'administration.

Dans le cas de GDF Suez, le groupe a été formé en 2008 à partir d'une entreprise nationalisée (GDF) et d'une société privée (SUEZ) après de longues tractations impliquant les plus hauts responsables de l'Etat et de l'administration. L'Etat continue même à fixer le prix du gaz.

La logique voudrait que ces entreprises soient nationalisées, et placées sous le contrôle de leur personnel.

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26 mars 2009

 

Ce soir, la Sorbonne est libre ...

NOUVEAU
La Sorbonne a été évacuée manu militari vers 21h 30. Sur la Place, 200 manifestants pacifiques ont été cernés par des CRS pendant deux heures, puis ils ont subi des contrôles d'identité. Dans quel but ? Sans doute pour montrer que, face à des résistances fortes de la part des enseignants, des étudiants et - beaucoup plus dangereux pour le pouvoir et les patrons - des salariés, l'Etat n'hésitera pas à utiliser la matraque. Mais Sarkozy prend ainsi non seulement le risque d'une grosse bavure mais celui de provoquer une véritable explosion sociale. La réalité est qu'il est sur le fil d'un rasoir.




par Sorbonnard, le 26 Mars 2009 à 20:23, sur le blog Grève active à la Sorbonne

Ce soir, 26 mars 2009, la Sorbonne est libre. La Sorbonne, libérée par ceux à qui elle appartient depuis toujours, par ceux qui sont l’université, enseignants, chercheurs, BIATOSS, étudiants, affirme son indépendance à l’égard de toutes les pressions, du pouvoir politique, des forces de l’argent, de tous les contrôles, de toutes les répressions. Ici, depuis cette salle consacrée à la mémoire de l’historien Marc Bloch, nous lançons un appel à la résistance, contre tous ceux qui veulent enfermer l’enseignement supérieur et la recherche dans le carcan du profit à courte vue et de la logique marchande, contre des projets gouvernementaux qui dénaturent nos métiers, qui dévoient nos missions, qui compromettent l’avenir de toute une génération.

Solidaires avec nos collègues en désobéissance de l’enseignement primaire, avec les lycéens et professeurs qui refusent les suppressions de postes dans l’enseignement secondaire, avec les chercheurs qui occupent en ce moment la direction du CNRS, avec tous nos collègues en lutte dans les IUT, dans les IUFM, dans les universités de France et d’Europe, nous affirmons que, de la maternelle à l’université, la production et la transmission du savoir constituent le bien le plus précieux d’une société, parce qu’ils sont gages d’avenir.

La Sorbonne doit être ouverte à toute la communauté universitaire et le Rectorat, comme la police, qui menacent le libre accès au Savoir et les libertés fondamentales, doivent s’en aller. Nous sommes pacifiques, nous sommes déterminés, nous resterons dans ces bâtiments où nous sommes chez nous, nous invitons tous les universitaires à nous y rejoindre pour en faire ce que la Sorbonne doit être : un lieu de liberté et de dialogue.

Les Occupants de la Sorbonne
Paris, le 26 Mars 2009.

Une partie de la Sorbonne occupée par son personnel (Le Monde)

La Sorbonne occupée revote la grève ...

Déclaration de Sauvons l'Université ...

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La gauche radicale et les Européennes

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A toutes fins utiles, une présentation claire et aussi objective que possible par La Fédération de la situation de la gauche anticapitaliste par rapport aux élections européennes de juin 2009.

La Fédération et les Européennes: Un point au 25 mars

Note pour contribuer à la préparation de la réunion du 29 mars 2009 sur les Européennes.

La ligne stratégique de la Fédération est de participer à la convergence de toute la gauche de transformation sociale et écologique à l'occasion du scrutin de juin prochain.

A chaque occasion, nous avons affirmé cet objectif et proposé des moyens d'y parvenir. Nous avons, par exemple, proposé une rencontre d'une part au NPA, d'autre part au PC et au PG, pour "une démarche la plus large et la plus ouverte possible". Et dans notre communiqué du 26 février, et à d’autres reprises depuis, nous avons rappelé la tenue d'une réunion avec l'ensemble des composantes afin de créer les conditions de cette convergence.

Lire le texte complet de la résolution adoptée le 7 février sur le site de la Fédération.

La pression en faveur de l'unité la plus large

Elle continue de s'exprimer sous la formes d'appels (exemples : appel de Marseille "la division ça suffit", repris dans l'Hérault et en Languedoc Roussillon ; Appel de l’assemblée départementale des Hauts-de-Seine du 4/3/09 ; Adresse aux directions nationales du NPA, du PCF, du PG et à l'exécutif provisoire de La Fédération" signée par Fédération de Saône-et-Loire du PCF, celle du NPA, le Comité de Saône-et-Loire du PG, le Cual71 ; appel de militant-e-s, de citoyen-ne-s et d’élu-e-s de gauche de diverses sensibilités à réaliser ensemble une campagne unitaire pour les élections européennes ; Appel urgent au PCF au PG et au NPA…), d'initiatives, de réunions locales où toutes les forces sont invitées et participent, de textes et d’articles (Politis)…

Dans le même temps, les directions du NPA, du PC et du PG sont résignées (ou déterminés) à partir séparément, et le jeu consiste maintenant à rejeter la responsabilité sur l'autre tout en essayant chacune d’avoir des accords avec telles composantes et telles personnalités pour soutenir leurs listes.

La Fédération continue et devrait continuer le plus longtemps possible d'être porteuse de l'exigence d'une unité la plus large possible. En effet, c'est la seule option susceptible de produire des effets politiques correspondant à l'objectif politique que nous poursuivons : contribuer à l’émergence d’une alternative politique digne de ce nom, en lien avec les puissantes mobilisations en cours.

Du côté du NPA

Le NPA a présenté ses têtes de liste et engagé sa campagne.

La Fédération a rencontré le NPA le 18 février dernier. Un communiqué et un compte rendu commun ont été réalisés et diffusés (lire sur le site).

Les Alternatifs ont rencontré le NPA et un compte rendu a été réalisé et diffusé.

Du côté du Front de gauche

La campagne du Front de gauche a pris un tournant le 8 mars, avec la présentation au zénith de Paris des premières candidatures. Christian Piquet (présent sur la scène) et une partie du courant Unir de l'ex-LCR réuni sous l’intitulé « Gauche unitaire » ont annoncé qu'ils rejoignaient le Front de gauche, tout en affirmant la nécessité de l'élargir.

Le PCF a maintenu sa position : ne pas rencontrer la Fédération en tant que telle.

Une lettre du PG est arrivée le 10 mars, qui propose l’organisation d’une rencontre PG – Fédération (la demande de la Fédération avait été formulée le 10 février). Il a été décidé de répondre positivement à cette proposition. La rencontre est prévue le mercredi 25 mars à 17 h.

Les Alternatifs ont rencontré le Front de gauche. Des comptes rendus ont été diffusés, l'un fait par les Alternatifs, l'autre par le Front de gauche.

Ces derniers jours…

19 mars : la journée de mobilisation a été une nouvelle occasion d'exprimer le positionnement qui est le nôtre : exigence d'unité de l'ensemble des forces de transformation sociale, dynamique "De la rue aux urnes", transformation du rapport entre politique institutionnelle et mouvement social et appropriation citoyenne...

Depuis, Alter Ekolos et Ecologie solidaire ont diffusé un texte qui indique (extraits) : « (…) les conditions politiques (ne sont) pas réunies aujourd’hui pour intervenir dans l’une ou l’autre liste qui se dessine à gauche aux élections européennes. S’agissant des Verts, l’orientation de la liste Europe-Ecologie apparaît aujourd’hui en net décalage avec les préoccupations majeures du moment. (…) Dans une campagne très largement environnementaliste, centrée sur des enjeux européens de type « stop Barroso », c’est la voix de Daniel Cohn-Bendit qui reste prépondérante. La présence de José Bové s’avère impuissante à changer l’axe de la campagne. (…) Le front dit de gauche (PG, PCF, Gauche Unitaire) : Si nous regardons avec intérêt les avancées du Parti de Gauche sur la question écologique, il reste que l’accord avec le PCF pour ces élections fait apparaître une démarche qui semble avant tout partidaire et qui interroge sur les possibilités d’évolution d’une telle dualité. Notons cette incapacité ou difficulté à reconnaître des formes nouvelles d’organisation comme celle de la Fédération. Ce front très délimité se contente d’aller à la pêche aux personnalités et pour l’instant ne correspond pas à un cadre où puissent se retrouver toutes les forces de transformation sociale et écologiste. Le NPA : Cette évolution de la LCR marque la continuité d’une extrême gauche qui veut se compter et poursuivre son chemin à la recherche d’un bon score encouragé par celui des présidentielles d’Olivier Besancenot. (…) Nous proposons d’approfondir la réflexion de la fédération, en particulier sur les questions de projet et stratégique. »

22 mars, résultats de la consultation des Alternatifs : liste avec le Front de gauche 30 %, liste avec le NPA 31 %, aucune participation 35 %. Un deuxième tour va voir lieu avec les deux motions ayant obtenu les meilleurs scores en lisse (résultat le 28 mars).

Le même jour, le MRC a fait savoir qu’il ne rejoindrait pas le Front de gauche, évoquant le « constat » que « les négociations engagées avec ces organisations achoppent sur une divergence de fond quant à la manière de redresser la construction européenne » avec le rejet « révélateur » d’un amendement « indiquant qu’on ne fera pas l’Europe sans et à plus forte raison contre les nations qui sont le lieu privilégié de l’expression démocratique et de la solidarité. (…) Une alliance électorale sans principe ni débouché stratégique ne correspondrait pas à notre conception de l’action politique ».

De son côté, ADS a décidé de participer au Front de gauche : « (…) Chacun sait que nous nous étions prononcés avec la Fédération pour une Alternative sociale et écologique pour une liste unitaire regroupant toutes les forces opposées au Traité de Lisbonne, c'est-à-dire le NPA, le PCF, le Parti de Gauche, la Fédération avec ses différentes composantes et des écologistes. Malheureusement, cette proposition n'a pas prévalu. (…) Devant la situation, le collectif d'ADS a demandé qu'un de ses membres intègre la liste du Front de Gauche (…). Partisans d'une force politique nouvelle à gauche qui puisse éviter la bipolarisation totale de la vie politique et proposer des solutions alternatives anticapitalistes durables, nous sommes aussi conscients que le débat et l'action politiques ne souffrent dans le contexte actuel ni l'absence ni le silence. C'est ce qui a finalement guidé notre choix pour ces élections européennes. »

Principe pour la décision de la Fédération

28 mars : des composantes de la Fédération vont se réunir pour se positionner (CNCU, ACU, Alternatifs…).

29 mars : réunion de la Fédération, pour laquelle il est nécessaire de continuer à diffuser et mettre sur le site internet les comptes rendus des réunions locales et autres textes.

Dans la notre du 10 mars, nous écrivions : « Dans le droit fil de la conception qui est la nôtre depuis le début, il ne pourra y avoir engagement de la Fédération dans un Front partiel s'il n'y a pas accord des composantes (sauf positions de « retrait sans empêchement » d'ores et déjà prises par le MAI et Utopia). Cela suppose que les composantes expriment une position claire de ce point de vue ». Cela sera le cas d’ici dimanche.

Question nouvelle

Chacun peut constater que « l’offre politique » à gauche finit maintenant de se mettre en place pour le scrutin de juin prochain et que les campagnes sont maintenant lancées.

Pour la Fédération se pose la question soit à partir de ce constat d’enregistrer dès à présent l’échec de la tentative d’une convergence de toute la gauche de gauche, soit de réaffirmer cet objectif jusqu’à l’étape ultime de la date limite de dépôts officiels des listes - soulignant l’absurdité de la division dans le contexte économique, social et politique actuel.

Sur le fond, la position de maintien jusqu’au bout de la seule exigence dont la concrétisation serait seule susceptible de marquer fortement le scrutin de juin 2009 est en étroite continuité avec notre ligne stratégique, et elle n’empêche nullement d’investir dès les prochaines semaines les chantiers - très consistants - que nous avons esquissé lors et depuis le lancement de la Fédération.

Enfin, au cours des prochains jours ou des prochaines semaines, indépendamment du choix d’ADS, des participants à la Fédération choisiront peut-être, à titre individuel, de participer à telle ou telle campagne. Il convient de préciser qu’ils n’engageront pas la Fédération en tant que telle.

25 mars 2009

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25 mars 2009

 

Saint-Denis : occupation et réquisition de l'immeuble de la Poste (suite)

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La Poste, qui avait demandé l'annulation de la réquisition de l'immeuble par le maire de Saint-Denis, Didier Paillard (PCF), n'a pas eu gain de cause. C'est une première petite victoire.

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24 mars 2009

 

Punissons les riches !

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Décidément, nous sommes beaucoup trop gentils avec ces patrons qui pensent qu'il est normal de recevoir des indemnités de l'ordre de 3,2 millions d'euros, comme Thierry Morin l'ex-pdg de l'équipementier automobile Valéo, alors qu'ils sont démissionnaires ou remerciés pour de bons et loyaux services. 3,2 millions d'euros, c'est tout juste le double du salaire moyen de M Morin. Sa retraite est estimée à 880 000 euros par an (les retraités français touchent en moyenne environ 1 100 euros par mois).

Alors, Sarkozy les fustige et les prie d'y renoncer (parfois avec succès), Parisot devient folle furieuse, les patrons des petites et moyennes entreprises s'indignent - et on peut les comprendre, ce n'est effectivement pas juste, alors que eux se contentent d'indemnités tout-à-fait moyennes. Pendant ce temps, les dirigeants 'officiels' de la gauche sont très en retrait, comme s'ils avaient peur d'être accusés de mener une 'guerre contre les riches'.

Mais nous ne serons évidemment pas satisfaits si quelques patrons particulièrement gourmands acceptent sous la contrainte de renoncer à quelques privilèges, tout en gardant ce qu'ils ont déjà accumulé. Nous ne demandons pas un léger 'rééquilibrage' de la fiscalité. Nous voulons faire payer les riches. Nous ne voulons pas non plus un 'cadrage' des rémunérations des patrons, limité aux seuls cas des entreprises qui reçoivent des aides de l'Etat ou qui licencient. Il faudra des mesures drastiques pour revoir tous ces salaires faramineux, tous les avantages, tous les 'parachutes dorés' et toutes les 'retraites en diamant' qui ont été accordés par le passé.

Nous ne remercierons pas M Sarkozy pour des gestes plus ou moins symboliques.

Face à ce "vrai-faux divorce" de Sarkozy avec les patrons (Le Monde), la gauche devrait revendiquer des mesures réellement coercitive. Si Sarkozy et Parisot plaident pour plus de décence chez les patrons-voyous (la racaille du XVIème dont il était quand même le maire), c'est surtout pour éviter de faire une loi ou de les imposer plus fortement. Mais c'est aussi parce qu'ils ont vraiment la trouille de la colère des travailleurs (dans leur langage cela donne "une menace pour la cohésion sociale").

Ils ont vu ce que cela a coûté à l'Etat et aux patrons en Guadeloupe et dans les autres DOM-TOMs. Plus que le coût financier, c'est l'exemple d'une classe ouvrière et de toute une population pauvre qui n'hésite plus à dénoncer les abus et réclamer ses droits.

Sarkozy ne veut pas, dit-on, revenir sur sa "promesse" de ne pas augmenter les impôts. On peut lui répondre que l'impôt sur les grandes fortunes et l'imposition punitive sur les indemnités et autres stocks options, nous on redemande. Et si les riches étaient plus nombreux à quitter le pays, alors que quelques-uns, paraît-il, reviennent timidement de l'étranger, rassurés par le bouclier fiscal ? Au lieu de répondre "Effectivement c'est dommage, seulement ils devraient comprendre que ce n'est pas très patriotique", on devrait dire "Bon débarras ! Qu'ils quittent le pays - mais pas question de partir avec leur argent, ni de retrouver leurs belles propriétés un jour". Réfléchissons un peu à l'histoire de cette bourgeosie qui s'est enrichie non seulement en exploitant les travailleurs et en investissant dans le commerce des esclaves et la spoliation des colonies, mais en confisquant les biens de l'aristocratie et de l'Eglise catholique au moment de la Révolution Française.

Les riches nous ont déclaré la guerre. Confisquer leurs biens, exiger le remboursement des salaires au-dessus d'un certain plafond fixé démocratiquement par des assemblées générales des salariés, interdire les licenciements, geler les loyers, réquisitionner les immeubles inoccupés et diviser les logements au-dessus d'une certaine superficie afin de loger des familles modestes, obliger les truands économiques de travailler au SMIC ou de vivre avec le RMI pendant quelques années - toutes ces mesures seraient seulement une forme de défense légitime. Les Guadeloupéens ne tolèrent plus les békés. Nous ne tolérons plus leurs cousins de la métropole.

C'est comme j'ai dit : nous avons vraiment été trop gentils. Il faut que cela cesse !

In the Financial Times: Payoff for Valeo boss sparks French outrage

On n'arrête pas de nous dire que les grèves, face à la crise, "cela n'existe qu'en France". C'est évidemment un pur mensonge. Lundi prochain, ce sera le tour de l'Irlande ... NOUVELLE : Le mot d'ordre de grève générale en Irlande a été retiré. La bureaucratie syndicale ne voulait visiblement pas de confrontation avec le gouvernement, et a accepté une simple promesse de 'discussions'. Aux militants de base et à la gauche radicale de s'organiser pour agir à la place des négociateurs professionnels à la tête des syndicats.

Les salariés de 3M Pithiviers, en grève illimitée depuis le 20 mars, séquestrent le directeur de l'usine : "On n'a plus rien à perdre !"

Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole, supprime 75 postes et se permet d'octroyer des primes de 51 millions d'euros à ses cadres "dont l'essentiel est réservé au top management".

A l'usine Prisme à Dundee (Ecosse), 12 salariés occupent leur usine depuis le 4 mars, jour de l'annonce de leur licenciement sans préavis et sans aucune indemnité y compris les arrièrés de salaires et de congés payés.

 

"Il n'y a pas de racisme anti-blanc en Guadeloupe"

Un quartier populaire de Pointe-à-Pitre quadrillé par les forces de répression, mai 1967
par Franciane et Joseph Ody
/.../ Il faut en finir avec une certaine désinformation et tordre le coup – par exemple – à cette approche racialo-raciale qu’on propage à l’envi sur les télés et sur le Net. Il n’y a pas comme certains s’évertuent à le répéter un racisme anti-blanc en Guadeloupe, mais il y a bien en revanche une problématique du pouvoir. Or il se trouve qu’ici, le pouvoir administratif et économique (autant dire le pouvoir tout court) est blanc.
Lire l'article ...

Commentaire

Un article qui plaide la nécessité de comprendre la situation sociale en Guadeloupe comme le résultat d'un système et des rapports de production. Mais sa conclusion est curieuse. Il faudrait, concluent les auteurs :

• Egaliser l’accès au capital sans lequel aucune fluidité sociale n’est possible. Attention, il ne s’agit pas ici de «capital» pour ouvrir des petits commerces, mais de mécanismes permettant d’accéder à des activités hautement capitalistiques (par ex. fonds d’investissement). Il s’agit de permettre à ceux qui n’ont pas accumulé le capital grâce à l’histoire de participer à la construction du pays sur des opérations d’envergure (avantages: appropriation des leviers de commande, familiarisation au management stratégique) ;

• Egaliser l’accès au marché en faisant sauter les accords d’exclusivité, de concession et autres derrière lesquels les «capitaines d’industrie» locaux sont cadenassés et qui sont le contre sens le plus absolu par rapport au libéralisme qu’ils affichent.
En d'autres termes, faire de la Guadeloupe un pays capitaliste 'normal', règlé par un marché non faussé par l'héritage de l'esclavage et du colonialisme.


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Manifestation de solidarité à Paris

Pour mieux comprendre la genèse et le déroulement du mouvement social en Guadeloupe, voici la vidéo de l'intervention de Patrice Ganot, syndicaliste et militant du Cercasol (l'équivalent gaudeloupéen du NPA) au Congrès fondateur du NPA à Saint-Denis, le 6 février 2009

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21 mars 2009

 

General strike rocks France (Socialist Worker 21/03/2009)

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par Colin Smith

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19 mars 2009

 

Philippe Marlière: "Pourquoi je rejoins le NPA"

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NOUVEAU : Un entretien avec Philippe Marlière sur Daily Motion. Il y fait un constat lucide de l'impossibilité de changer le PS de l'intérieur. Il ne s'agit pas pour lui de choisir entre un parti réformiste et un parti révolutionnaire, mais de faire émerger un débouché politique pour le mécontentement populaire.

Pourqoui ne pas avoir choisi le Parti de Gauche ? Parce qu'il n'a pas la même culture "républicaine et laïque" que ceux qui l'ont fondé, et il doute de sa nature vraiment démocratique. Le PG ne propose pas comme le NPA, dit-il, une rupture claire avec le modèle social-libéral ce qui est confirmé par la priorité qu'il donne à son alliance avec le PCF.

Quelles perspectives donc pour le NPA ? C'est là où l'entretien devient très intéressant. Pour Marlière il faudra du temps pour que le NPA devient majoritaire à gauche ; le PS ne s'effondra pas d'un coup, mais à moyen terme le NPA peut s'installer dans le paysage politique et devenir une véritable force à condition de faire des propositions réalistes, radicales et concrètes. Il se développera grâce à la crédibilité de ces propositions dans l'électorat de gauche.

La différence entre la gauche et la droite existe encore, dit-il. "Il faut considérer la question d'un front de gauche ... dans le sens où il faudra veiller à n'exclure aucun partenaire de gauche qui veut la même chose que nous." Il faut reconnaître que le PS reste différent de la droite, il faut pouvoir être un parti qui fait des propositions concrètes vis-à-vis des électeurs de gauche et "ne pas renvoyer la droite et le PS dos-à-dos". Il faut proposer "un véritable front de gauche" avec le PG, le PCF, la gauche des Verts, pour pouvoir créer une majorité de gauche pour gouverner.


Philippe Marlière, que j'ai eu plusieurs fois l'occasion de citer sur ce blog, a décidé de quitter le Parti socialiste pour rejoindre le Nouveau parti anticapitaliste. La preuve que le NPA peut et doit accueillir des gens qui ne se définissent pas forcément comme "révolutionnaires". Dans cet article, cependant, Marlière ne dit pas s'il est favorable à des listes unitaires de la gauche anticapitaliste aux élections européennes.

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18 mars 2009

 

200ème anniversaire de la naissance de Charles Darwin



Une traduction d'un article d'Alex Callinicos : La découverte de Darwin

Mes lecteurs auront remarqué que je défends souvent le droit à l'expression religieuse - droit démocratique élémentaire souvent nié par des gens se prétendant marxistes ou progressistes. La philosophie matérialiste qu'est le marxisme permet de comprendre pourquoi des millions de gens - en particulier les plus pauvres et les plus opprimés - se tournent vers la religion. Ce n'est pas un hasard si le nombre de fidèles ne cessent d'augmenter en Afrique ou si en France ce sont les populations les plus discriminées qui s'accrochent le plus à l'idée d'un Dieu protecteur.

Nous devons absolument distinguer notre attitude envers les croyants de nos critiques des institutions et des hiérarques religieux. Aujourd'hui même, le pape catholique Benoît s'est distingué par une nouvelle sortie réactionnaire, cette fois-ci au sujet du préservatif. Mais les catholiques eux-même, y compris les membres du clergé, sont divisés sur cette question. Il serait absurde au nom d'un soi-disant "combat idéolgique contre la religion" de traiter tous les catholiques de la même façon - d'autant plus que dans de nombreux pays des catholiques (comme des protestants, des juifs, des musulmans, des bouddhistes ...) se trouvent à la pointe du mouvement pour la justice sociale et contre la guerre et l'oppression nationale.

Ils ne le font sans doute pas de façon aussi cohérente que nous aurions souhaité, mais à moins d'être des anti-religieux dogmatiques et bornés (comme on en trouve malheureusement) nous nous trouverons souvent à leurs côtés face à un ennemi commun.

En complément de cet article, voici une petite introduction que j'ai écrite en 2004 à la question de l'analyse marxiste de la religion.

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L'état de la mobilisation dans les universités


L'université de Paris 12, Créteil (Val de Marne)

Un point détaillé sur la mobilisation contre les "réformes" de l'enseignement supérieur.

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Pour l'abrogation de la loi du 15 mars 2004 contre le port du voile!



Commentaire

A l'occasion d'un triste anniversaire, voici un communiqué du Mouvement des Indigènes de la République. Exiger, mobiliser pour l'abrogation de cette loi serait la moindre des choses pour une gauche et un mouvement progressiste dignes du nom. Au lieu de cela, d'aucuns revendiquent fièrement la paternité de cette mesure raciste et sexiste, d'autres se taisent - peut-être parce qu'ils ont un peu honte. On pourrait imaginer que, malgré l'obstination bornée des politiques, la société française évoluera d'elle-même de façon positive sur cette question. Mais cela ne nous dispense pas d'interpeller ceux qui parlent en notre nom (dirigeants politiques, syndicaux, associatifs ...) et de nous mobiliser à chaque fois que c'est possible. Oui à la liberté de choix, non à l'islamophobie !

Cinq ans déjà que la République a adopté cette loi raciste dite pudiquement loi sur les "signes religieux". Chacun sait en réalité qui elle vise : les jeunes écolières qui souhaitent porter le voile et, au delà, l'ensemble de la communauté musulmane.


Chacun sait que, si cette loi ne concerne explicitement que l'espace scolaire, en réalité, elle s'étend progressivement à tout l'espace public et même à des entreprises privées.

Le combat contre la loi du 15 mars est toujours d'actualité. Le MIR considère que son abrogation constitue une question majeure de tout programme politique qui a l'ambition de promouvoir la dignité de tous.

Lundi 16 mars 2009

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Problèmes pour les PDG de Continental (Clairoix) et de Sony (Pontonx sur l’Adour)

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Pour eux seulement ? par Gérard Filoche

Ce n’est pas la même branche : équipementier automobile et fabrication de bandes magnétiques vidéo. Ce n’est pas la même région : Oise et Pyrénées atlantiques.
Ce n’est pas exactement la même bataille : dans un cas, contre les licenciements, dans l’autre pour hausser les indemnités de licenciements.
Les deux entreprises n’ont pas la même taille : 1120 salariés à Continental, 311 salariés à Sony.
Ca n’a pas pris la même forme : dans un cas, le PDG a reçu des œufs en pleine tête et il a dû fuir l’usine avec tous ses cadres, dans l’autre il a été séquestré toute la nuit pour lui imposer de négocier.
Mais entre Louis Forzy, le PDG de Continental dans l’Oise et Serge Foucher, le PDG de Sony dans les Landes, il y a un solide point commun : ils ont mérité la haine sociale de leurs salariés respectifs.
N’y a t il que deux PDG à avoir ce point commun ?
Bien sûr que non.
Il est surprenant que cela n’arrive pas plus quand Total gagne 14 milliards et supprime 555 postes. Quant LVMH gagne 2,026 milliards et annonce des réductions d’emplois. Quant la Société générale gagne 1 milliard et en distribue 98 % en dividendes à ses actionnaires.
Quand les emplois sont supprimés et les salaires bloqués, notamment pour 7 millions de travailleurs pauvres. Alors, il faut le savoir, car ce n’est pas TF1 qui va nous le dire, partout en France, ça bouge.
A Evreux, par exemple, la suppression de 798 emplois vient de provoquer l’occupation de l’usine de GlaxoSmithkline. A Heudebouville, le même jour, selon Paris Normandie, palettes en feu et fanions syndicaux, 80 salariés sur 234 à 4 h 30 du matin empêchent l’accés aux depôts “Ed” qui desservent 120 magasins ou travaillent 1300 salariés : rare dans la grande distribution, mais, parce que leurs salaires sont dérisoires, ils réclament 300 euros de hausse.
L’immense majorité des « plans de sauvegarde de l’emploi » ne sont pas justifiés économiquement. Ils veulent protéger leurs profits déjà exorbitants de la crise qu’ils ont provoqué en faisant payer les pots cassés aux salariés. Ils licencient pour les actionnaires et contre les salaires. Pour conserver des marges de 15 % de profit quoiqu’il arrive : pas une seule seconde ils n’envisagent, ne proposant, n’acceptent, de baisser leurs profits pour conserver les emplois et les salaires. La logique du capitalisme est impitoyable, elle est rapace, avide, cupide… tant qu’elle ne rencontre pas des salariés décidés à ne pas se laisser faire.
Et ça fait plus que commencer : entre la Guadeloupe, l’Oise et les Landes, le lien est en train de s’effectuer insensiblement,sur les mots d’ordre et les formes de lutte…
En Guadeloupe, le LKP avait regroupé 40 organisations. Le 19 mars, un front de 8 syndicats d’un côté et de 11 organisations de gauche de l’autre, appelle à la grève et à manifester dans tout le pays, privé et public.
En Haute-loire, 8 syndicats appellent sur le mot d’ordre central de « 200 euros » pour tous ! Maintenant les syndicats de Michelin du 43 appellent au 19 mars en réclamant 200 euros…
C’est facile à comprendre l’explosion qui se prépare : Michelin a imposé le chômage partiel qui affame les salariés, il a viré 85 CDD et 20 intérims, et il emprunte 144 millions d’euros pour les reverser en dividendes aux principaux actionnaires… la CGT et FO de Michelin l’écrivent dans leur tract : « Non seulement il y a la possibilité de maintenir l’intégralité de nos salaires pendant le chômage partiel, mais également de les augmenter au minimum de 200 € mensuels. »
Le tract des Michelin est illustré d’un poing fermé sur lequel il est écrit « dans grève il y a rêve ».
En mai 68, à l’occasion du succès d’une immense journée d’action, celle du 13 mai, le démarrage s’est fait en traînée de poudre, de Sud Aviation (Bouguenais) à Renault (Cléon), les 14, 15, 16 mai...puis dans tout le pays. Et il y en eu des piquets de grève et des PDG séquestrés !
Pour ceux qui savaient voir, mai 68 était annoncé dés les grandes journées d’action des 17 mai 1966 et 67, et aussi dans les grèves de la Rhodiaceta, (mars et décembre 67) de Redon, de la Saviem à Caen en janvier 68.
Quand on meure d’avoir des salaires trop bas alors que les riches s’empiffrent, c’est ce qui arrive.
En mai 68, la hausse du Smig obtenue a été de 33 % et celle du Smag de 55%. Aujourd’hui une semblable hausse porterait le Smic à 1740 euros. Ce qu’on a fait une fois, on peut le faire une deuxième fois. Histoire que les PDG qui se sont augmentés de 58 % en 2007, le comprennent une bonne fois pour toutes.

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13 mars 2009

 

La victoire des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens en appellent d'autres


Unité syndicale contre la privatisation, Paris 22/11/2008

Commentaire : Il y a bien un appel unitaire à la participation la plus massive à la journée de grèves et de manifestations du 19 mars. Même le PS - par opportunisme et par crainte d'être complètement marginalisé - a signé un texte qui met l'accent sur la possibilité de faire reculer le gouvernement par les luttes.

Comment alors comprendre que la gauche radicale se présente pour l'instant divisée aux élections européennes de juin prochain ? (Le PS est naturellement trop compromis par son acceptation des règles fondamentales du système.) Les stratégies des uns et des autres pour sortir du capitalisme - quand toutefois il y en a - ne sont pas les mêmes ? Sans doute. Mais qui a dit que c'était cela l'enjeu des ces élections ? Surtout s'agissant du parlement européen dont on connaît l'impuissance. La moindre réflexion aurait dû conduire les responsables de ces partis à conclure à la possibilité d'un front commun de la gauche radicale basé sur une série de revendications et de propositions concrètes. Un front commun souple qui permettrait - car il n'est pas encore trop tard - à chacun de s'exprimer tout en concentrant nos tirs sur l'ennemi commun - la droite incarnée par les candidat(e)s proposé(e)s par Nicoolas Sarkozy.


Face à Sarkozy et au MEDEF amplifions la mobilisation !

90.000 chômeurs de plus le mois dernier, 350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l’annonce de nouveaux plans de licenciements…

Chaque jour qui passe confirme l'ampleur et la gravité de la crise qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.

Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu'il y aurait à laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l'alimenter, continue de nous la faire payer et s'enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !

L'argent, par milliards d'euros, continue de circuler à sens unique : tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail !

Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d'Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l'Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20 000 suppressions d’emplois annoncées !). Mais ils sont fermés pour l'université et la recherche, l'hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l’ensemble des services publics.

Cela suffit! C'est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible.

Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l'exigence d'un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi et des services publics.

Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.

Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l'université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d'enseignants-chercheurs.

Plus légitime que jamais, l'exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.

Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C’est vrai dans l'université, la recherche, la santé, la poste et d’autres secteurs publics. C’est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d’unité pour construire le rapport de force le plus large.

Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l’égard des revendications que la journée d'action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l’ensemble des Antilles et à l’ile de la Réunion ont portées, continue.

Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d'une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain.

Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.

Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.

Signataires du texte:

Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, Association des communistes unitaires (ACU)

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12 mars 2009

 

Pourquoi haïr Pécresse n'est pas une impulsion irrationnelle


La même démarche que son maître

J'ai volontairement laissé de côté sur ce blog le problème de la réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche qui est au coeur de la mobilisation actuelle dans les universités, d'abord parce que je ne connais strictement rien de ce milieu et ensuite parce qu'il est très bien traité sur des blogs frères comme celui de John Mullen.

Par contre, comme beaucoup de mes connaissances y compris les moins politisées, j'ai une aversion instinctive pour la ministre Valérie Pécresse que je n'arrivais pas à m'expliquer. Je me souviens de son visage pâle et de sa colère à peine contenue lors de la soirée électorale qui a vu la large victoire de la gauche aux dernières élections municipales. On sentait que cette femme-là ne supportait pas l'irruption du peuple sur la scène politique. Il y a aussi le fait que comme Rachida Dati elle doit son ascension politique essentiellement à la volonté de Nicolas Sarkozy de paraître comme le champion de la promotion des femmes (et dans le cas de l'effroyable Dati des femmes d'origine immigrée). Ni l'une ni l'autre n'a participé à la moindre lutte de libération des femmes ou pour l'égalité des chances, seulement à la recherche coûte que coûte de leur propre promotion sociale et de leur confort matériel. Et elles ne doivent leur position actuelle - et plus que précaire - qu'à la bonne volonté d'un seul homme qui règne en maître y compris sur ses propres ministres.

J'étais content donc de lire cet article sur Valérie Pécresse, une héritière au service des héritiers paru sur le site du collectif Papera qui explique son acharnement à contre-réformer l'enseignement supérieur par son propre trajectoire social de fille de papa. Il explique beaucoup de choses.

Le site Universités et universitaires en lutte ...

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Irish SWP statement on the killing of two soldiers and a policeman in Northern Ireland

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Pointless and counterproductive action that will only strengthen the forces of reaction

The killing of two soldiers and a police officer by the Real IRA and Continuity IRA is an attempt to re-launch a campaign of armed struggle that has been abandoned by the Provisional IRA.

It is a pointless and counterproductive action that will only strengthen the forces of reaction on this island. It will provide our rulers with a chance to promote a law and order agenda and to deploy the SAS under the pretence of providing security.

Continue ...

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09 mars 2009

 

Appel urgent au PCF, au PG et au NPA

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Commentaire du Poireau Rouge

Le premier Conseil politique national du NPA a voté par une "écrasante majorité" un constat de désaccord avec ses partenaires potentiels pour les élections européennes de juin 2009. La principale condition posée - un "accord durable" jusqu'aux élections régionales de 2010 et au-delà - est parfaitement inutile. Faire l'unité pour les européennes est évidemment - je dis bien évidemment - le meilleur moyen de réaliser l'unité à plus long terme. En fait, les camarades jouent ici avec les mots afin de justifier une décision qui obéit à une logique d'auto-construction - la même logique que la décision de fonder un nouveau parti anticapitaliste était supposée dépasser. Le NPA a-t-il donc fermé la porte définitivement à tout regroupement électoral ? Si les camarades ont au coeur l'intérêt du mouvement général, ils ont encore le temps de se ressaisir. Cette pétition pourrait en être le déclencheur. Signez-la !

Réaliser ensemble une campagne unitaire pour les élections européennes, c’est possible

Un appel de militant-e-s, de citoyen-ne-s et d’élu-e-s de gauche de diverses sensibilités

Pourquoi faut-il un large front unitaire ? Nous le savons bien quand même !

Face à la crise économique et à la crise écologique, avec leurs conséquences sociales terribles, face à l’implacable volonté de détruire les solidarités et d’attenter aux fondements mêmes des sociétés, en France, en Europe et dans le monde, nous soutenons la construction d’un front le plus large possible dans les luttes, notamment dans la perspective de la mobilisation du 19 mars, et dans les urnes, à l’occasion des prochaines élections européennes.

Les choix de l’Union Européenne : aider les banques mais abandonner la masse de la population et se détourner des problèmes posés pour l’avenir même de la planète. Ces choix économiques, sociaux, politiques et éthiques, - du TCE de 2005 au Traité de Lisbonne - sont complices du capitalisme mondialisé et des politiques mortifères d’accompagnement de la crise.

Dans les mobilisations, les mouvements sociaux, les débats, partout la volonté d’unité s’exprime et de plus en plus souvent se concrétise. C’est vrai à la Guadeloupe, à la Martinique ; c’est vrai dans les luttes universitaires et dans de nombreuses initiatives, comme l’Appel des appels.

Ces mobilisations doivent dés que possible trouver une expression politique dans les urnes. Nous voulons y contribuer.

A l’occasion des élections de juin 2009, un souffle citoyen peut contrarier ces politiques d’un autre siècle. Il faut battre la droite et contester la fausse alternative du social-libéralisme. Ce scrutin de juin peut être un moment fort de contestation du capitalisme et sera l’occasion de confirmer la volonté d’une alternative sociale et écologique.

Il reste quelques semaines pour que ceux et celles qui veulent une autre politique se rencontrent et décident de faire front ensemble, le plus large possible !

Pour que le mouvement social qui chemine depuis les grandes grèves de 1995 se donne une expression politique, il faut changer la donne par une dynamique unitaire, en prolongeant celle qui a permis la victoire du NON de gauche au TCE en 2005, et en regroupant bien au-delà. La crise du capitalisme confirme que nous avions raison de combattre cette vision de l’Europe. Songeons bien que nous avons une très grande responsabilité: si un espoir d'alternative n'émerge pas, vraiment à gauche, la crise politique et sociale pourrait trouver une sortie très à droite.

Nous avons des engagements différents, mais, pour répondre à la situation politique insupportable, aucune force politique de la gauche de gauche n’a le droit de faire échouer ce qui est possible.

Le PCF et le PG ont lancé un appel à un « Front de gauche » . Le NPA vient de « réaffirmer ses propositions unitaires ». Nous disons: chiche !

Maintenant, il y a urgence : il s’agit de mettre en place un cadre pour co-élaborer une campagne, avec la participation des forces sociales et politiques qui le voudront. Le PC et le PG doivent par exemple répondre clairement à la Fédération qui demande à être considérée comme un interlocuteur.

Oui, de très nombreuses forces politiques, sociales, syndicales, associatives, citoyennes, partagent en commun le même objectif d’une autre Europe, sociale, démocratique, féministe, antiraciste, altermondialiste, écologiste.

Et nous n’acceptons pas que cela soit rendu impossible par des tactiques à courte vue.

Pour refuser la division, nous demandons qu’une rencontre ait lieu entre tous les courants de la gauche de transformation sociale (Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Communiste Français, Fédération,…), afin de réaliser, et proposer à des composantes des mouvements sociaux, un front d’unité, le plus large possible, aux élections européennes.

Le souci de ne pas agir pour un simple “coup électoral sans lendemain ” est largement partagé, d’autant que personne ne peut prévoir aujourd’hui l’état des forces de gauche pour le 2ème tour des régionales de 2010.

Mener campagne ensemble serait, si aucune direction politique ne vient le rendre impossible, l’occasion de changer le rapport des forces dans la gauche, avec la possibilité d’un score à deux chiffres, et permettre que s’expriment ensemble les exigences des mouvements sociaux.

Cela permettrait de réaliser un collectif d’unité pour le soutien à la campagne, au sein duquel, nationalement et localement, pourraient prendre place toutes les forces militantes concernées, politiques, associatives, syndicales, citoyennes.

C’est d’ailleurs certainement la meilleure façon de constituer une alliance durable des forces porteuses d’une alternative au système, s’unir sur ce qui fait accord, en continuant à débattre ce qui fait problème, agir ensemble, mieux se connaître et consolider un cadre durable d’action, sur le plan politique, complémentaire de toutes les mobilisations sociales.

Pour signer, suivez le lien ...

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08 mars 2009

 

Elie Domota : "Restons mobilisés"

Nous l’avons déjà dit : nous marchons, encore et encore ; mais c’est pour que la vie change.

Et aujourd’hui nous étions très heureux de recevoir des camarades des associations de personnes handicapées [en tête de la manifestation].

Parce qu’il est vrai que dans tout ce que nous avons dénoncé, nous nous adressions à des personnes en souffrance mais valides ; mais les handicapés vivent des situations 10 fois, 100 fois, mille fois plus difficiles que la notre. Et c’est pourquoi je vous demande de les applaudir chaleureusement !

La Guadeloupe, c’est tout le monde et c’est aussi beaucoup de solidarité. Et justement, pour que nous puissions défendre leurs droits, il nous faut être solidaires entre nous, certes ; mais également avec eux. C’est important.

Ce que nous tenions également à dire aujourd’hui, c’est que nous entendons à nouveau plein de discours... Mais aujourd’hui, la meilleure réponse que nous pouvions leur adresser c’était de marcher, comme nous l’avons fait, à plus de 30000 mille dans les rues de Pointe à Pitre...

Afin de répondre à M. Willy ANGELE du MEDEF Guadeloupe ; et lui dire :

Que, premièrement, il n’a pas le droit de faire de proposition d’accord salarial ; puisque les statuts du MEDEF l’interdisent. Or nous le voyons toujours à la télé en train de proposer un accord salarial.

Que, deuxièmement, c’est une escroquerie de leur part que de prétendre donner 240 euro. Ils mentent ! L’argent du Conseil Régional et du Conseil Général a été mis à contribution dans l’accord Jacques BINO. Et ces deux institutions n’ont plus d’argent, puisqu’il a été donné aux ménages.

Cela veut dire que le MEDEF sera obligé de demander aux patrons de mettre de l’argent encore ; or ils ne veulent pas le faire !

La troisième chose qu’il leur appartient de dire est que l’accord proposé par le MEDEF est une supercherie ; puisqu’il n’excède pas trois années. A supposer qu’ils versent l’argent aux travailleurs, ils arrêteront de le leur verser au bout de ces trois années.

Voilà ce que M. ANGELE doit également préciser ! Donc aujourd’hui, il ne leur reste qu’un choix possible : appliquer l’accord BINO !

Et d’ores et déjà, il y a beaucoup d’entreprises adhérentes au MEDEF qui s’y sont décidées :

La Fédération du BTP , toutes les entreprises membres de cette Fédération, ont signé !

Hier soir, c’est M. Le METAYER, propriétaire des LEADER PRICE, qui l’a fait !
Hier soir encore, c’est l’hôtel NOVOTEL qui a signé !

Et aujourd’hui, il y en a beaucoup d’autres qui sont prêtes à le faire ! Mais sans que la bande à ANGELE le sache. Elles demandent donc à nous rencontrer en secret !

Alors, camarades, ce que nous vous demandons c’est de toujours rester dans la solidarité et mobilisés. Notamment pour les camarades de carrefour, de Match, de Cora, de champion, de Bannette (propriété de M. AUBERY)...

Puisque nous le voyons bien : ce sont toujours les mêmes, ceux qui font des profits, ceux qui ont les poches pleines depuis 400 ans... qui ne veulent pas lâcher un centime !

C’est pourquoi nous disons à tous les travailleurs de ces entreprises de se mettre en grève, de rester mobilisés !

Et vous tous qui êtes présents, dites à vos amis et parents de boycotter les magasins de ceux (Ces messieurs ont pour nom AUBERY, HAYOT, DESPOINTES...) qui refusent d’accorder les 200 euro !

Et à ceux qui savent qu’ils sont atteints de la maladie consistant à pousser des chariots dans les centres commerciaux et hyper marchés, nous disons : cherchez une autre occupation ! N’allez plus dans leurs magasins. Même pas pour acheter un bonbon à la menthe ! Et même si la chose que nous aimons le plus n’est disponible que dans là [dans leurs magasins], changeons de consommation, mais n’y allons pas !

Sommes nous d’accord ?! Sommes nous bien tous d’accord ?!

C’est la seule façon de leur faire comprendre que nous n’avons pas besoin d’eux ! Il nous faudra le leur dire très clairement ; car ils croient encore que travaillant dans leurs entreprises, nous aurions besoin d’eux. Ils ont bien plus besoin de nous, que nous d’eux ! Nous devons leur faire comprendre cela !

Donc, nous n’allons pas dans leurs magasins ! Camarades, nous devons prendre cet engagement. L’engagement de boycotter le produit de ces messieurs ! A compter du moment où ils ne nous donnent pas les 200 euro, cela veut dire qu’ils sont contre nous ! Et dès lors nous ne pouvons les porter, si eux ils nous traînent !

Nous n’achetons plus dans leurs magasins ! Tant qu’ils ne nous donnent pas les 200 euro, même s’ils sont ouverts, nous n’entrons pas dans leurs magasins !

Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé !
Jou nou ké mété a jounou... Péké vwè jou !

Elie DOMOTA
Pointe à Pitre
Samedi 7 mars 2009


NOUVEAU : SUR MEDIAPART

09 Mars 2009 Par Maguy Day

Dans un entretien à Mediapart, Elie Domota, leader du collectif guadeloupéen de Liyannaj kont pwofitasyon (collectif contre l’exploitation outrancière, LKP), explique pourquoi, malgré l'accord salarial signé en Guadeloupe entre le LKP et une partie du patronat, la tension n'a pas baissé dans l'île. Outre l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre pour incitation à la haine raciale, il dénonce l’intransigeance du Medef local, absent de la table des négociations, et de certains békés (descendants d’esclavagistes) qui, contrairement à de nombreuses PME, refusent toujours d’accorder une augmentation aux bas salaires.

Le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo vient de qualifier de «dérapage verbal inadmissible» vos propos contre les patrons békés alors que vous aviez déclaré à leur propos en créole: «Soit ils appliquent cet accord, soit ils quittent la Guadeloupe. (…) Nous ne laisserons pas les békés rétablir l'esclavage.» Que pensez-vous de l’ouverture, samedi 7 mars, par le parquet de Pointe-à-Pitre d’une enquête pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature à votre encontre?
S’ils m’envoient devant les juges, c’est toute la Guadeloupe qui ira au tribunal. Souvenez-vous qu’en 1967, il y a eu 100 manifestants tués en Guadeloupe. Et ce sont les Guadeloupéens qui se sont retrouvés derrière les barreaux et que l’on a accusés d’être subversifs. Nous sommes très sereins. De toute façon, cela fait partie de l’alliance justice-Etat-grand patronat. Nous y sommes habitués. Cela fait 400 ans que nous subissons le racisme, la répression et la discrimination, donc nous ne sommes pas étonnés. On leur dit simplement que cela ne passera plus. Si l’affaire est portée devant les tribunaux, le monde entier verra que les questions de race et de classe sont restées inchangées depuis la période de l’esclavage.

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a déclaré vendredi 6 mars, qu'on voyait en Guadeloupe agir «des sortes de tontons macoutes du LKP», faisant ainsi allusion à la milice paramilitaire créée par l’ancien dictateur François Duvalier à Haïti dans les années 1960.
C’est un affront. Ils cherchent à salir et discréditer le LKP. Cela fait quatre semaines que Monsieur Lefebvre et ses amis, par l’intermédiaire du journal Le Figaro, nous accusent d’actes de violence, nous dénigrent, cherchent à décrédibiliser un mouvement social légitime et les Guadeloupéens qui manifestent depuis un mois et demi dans le calme. Les choses sont simples: les supermarchés Match, Champion, Cora, Carrefour, au service d’une certaine caste, refusent d’appliquer l’accord Jacques-Bino alors que les autres PME l’appliquent.

Ils veulent que la société guadeloupéenne reste inchangée. Dès lors que nous nous élevons contre des critères de race ou de caste, ils se sentent menacés. Une plainte contre M. Lefebvre et certains journalistes est à l’étude chez nos avocats. Quant à Monsieur Yves Jégo, il n’a pas réagi aux propos de Monsieur Lefebvre mais il a cru bon de partir dans une grande envolée lyrique à mon sujet.

Au lendemain de la signature de l’accord salarial, vous avez dit que tout n’était pas réglé. Que vouliez-vous dire?
Il y a pas mal de supermarchés, de chaînes hôtelières qui refusent de signer l’accord salarial. Elles s’opposent à l’accord de pérennité qui prévoit qu’après trois ans, elles prennent en charge la totalité des 200 euros d’augmentation pour les plus bas salaires. D’ici là et pour les entreprises de plus de 100 salariés, 100 euros seront à la charge de l’entreprise, 100 euros à la charge de l’Etat. Comme par hasard, ce sont des membres de la catégorie bien particulière que sont les békés [qui refusent].

Comment expliquez-vous que les petits artisans aient accepté de vendre pratiquement à prix coûtant, alors que les familles Hayot ou Huygues-Despointes, qui dégagent encore des marges commerciales, refusent. Et alors même que les aides actuelles et futures en leur faveur ne sont pas comptabilisées. C’est le monde à l’envers! Il faut que l’Etat intervienne et dise: «Les gars, arrêtez vos conneries.»

Quelle est la part de responsabilité de l’Etat français?
Les positions dominantes et de quasi-monopoles des familles békés sont depuis toujours tolérées par le gouvernement. Aujourd’hui, certains semblent le découvrir mais cela s’est fait avec l’autorisation de l'Etat. Alors que nous voulons être entendus, et que nous demandons que les richesses en Guadeloupe soient redistribuées de manière plus équitable, en particulier celles des grandes chaînes de distribution alimentaire, on nous demande de nous taire.

Au lendemain de l’assassinat du syndicaliste Jacques Bino, Nicolas Sarkozy proposait, «dès le calme revenu», la tenue d’«états généraux» dans chaque collectivité d’outre-mer, que pensez-vous de ce rendez-vous?
Il a du plomb dans l’aile. Puisque le vrai problème d’une réalité sociale qui obéit à des critères de race et de classe n’est pas résolu, nous devons continuer la lutte. Nous sommes dans une dynamique de changement et nous demandons simplement de ne plus être traités en serviteurs. C’est seulement en luttant que nous arriverons à la transformation sociale dans le respect et la dignité.

Y a-t-il une volonté de vous évincer de la scène syndicale en Guadeloupe avant cette échéance?
Soyons clair. Je n’ai aucune ambition politique, ou objectif à atteindre. Alors inutile de me barrer la route. C’est le peuple guadeloupéen qui décidera où il veut aller.

Laurence Parisot, à la tête du patronat français, a déclaré: «On sait que l'économie guadeloupéenne est KO. Comment voulez-vous que l'on s'engage?!» Que lui répondez-vous?
En Guadeloupe, le Medef ne représente même pas 4.000 salariés, comparé aux 46.000 salariés employés par les petites entreprises, et pourtant on n’entend que lui. Cela dit, je ne pense pas que Laurence Parisot ait une quelconque autorité sur le Medef guadeloupéen.

Je crois que les békés prennent seuls les décisions. Certains d’entre eux, par leur position intransigeante, ont conduit de nombreuses entreprises à quitter l’organisation patronale. Ainsi, la fédération du BTP, la chaîne Leader Price, Christian Viviès, ancien président du Medef de Guadeloupe, ont signé l’accord salarial. Par leur politique, ils n’ont réussi qu’à faire imploser le Medef.

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Le courant unitaire du NPA à la croisée des chemins

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Naissance de La Gauche Unitaire, un courant animé par des membres de l'association Unir

La fédération du Saone-et-Loire du NPA signe une déclaration commune avec le PCF, les Collectifs unitaires et le Parti de Gauche pour appeler à l'unité de la gauche radicale aux élections européennes ...

Un entretien avec Christian Picquet ...

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07 mars 2009

 

Elections européennes: Appel pour la constitution de listes unitaires de front de gauche anticapitaliste et écologiste

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Appel de l’assemblée départementale des Hauts-de-Seine du 4/3/09 de « la Fédération »

- Après la victoire de la résistance lors du référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen
- après le fiasco de l'élection présidentielle de 2007
- alors que la monstruosité du capitalisme mondialisé, dévastant les peuples, les individus et notre planète, éclate partout aux yeux d’un nombre de plus en plus grand de citoyennes et citoyens
- tandis que les revenus liés au travail, l’emploi et les services publics sont sabordés de toutes parts
- tandis que la révolte bouillonne dans les hôpitaux, les universités, la recherche scientifique, l’éducation, la justice…
- alors que la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion montrent à tous de manière exemplaire la voie à suivre, malgré le mépris affiché par le chef de l’Etat, le patronat et leurs relais médiatiques
- alors que les Irlandais vont être re convoqués pour revoter sur le traité de Lisbonne
- après la mobilisation nationale, unitaire, populaire, massive du 29 janvier,
- avant la journée plus mobilisatrice encore du 19 mars,

nous, citoyennes, citoyens des Hauts-de-Seine, membres d'aucun parti ou d’aucune organisation, ou militants informels, associatifs ou syndicaux et/ou membres des Alternatifs, d'Alternative Citoyenne, de Collectifs Unitaires, des Communistes Unitaires, d'Ecologie Solidaire, du PCF, des Verts, réunis à Gennevilliers le 4 mars 2009 en assemblée départementale des Hauts-de-Seine de « la Fédération »,

constatons, avec affliction et consternation, que plusieurs listes a priori significatives se revendiquant de la gauche anticapitaliste s’apprêtent, pour l’élection européenne du 7 juin 2009, à se concurrencer et donc à s'affronter et à se neutraliser,

considérons cette configuration comme politiquement désespérante et irresponsable.

Nous déclarons : oui, camarades du NPA, du PCF, du PG et d’ailleurs, le mouvement social français et européen a besoin d’un front de gauche anticapitaliste et écologiste, qui ne se limite pas à la conjoncture de l’élection européenne, d’un front durable, actif et mobilisé en son sein

oui, camarades du NPA, du PCF, du PG et d’ailleurs, ce front de gauche anticapitaliste et écologiste doit, cela va de soi, être indépendant vis-à-vis du PS, notamment pour l’échéance des élections régionales de 2010

et nous ajoutons : il faut être plus ambitieux encore, pour garantir l’indépendance vis-à-vis du PS ; car un engagement moral, même écrit, ne suffit pas ; la seule garantie de l’indépendance du front de gauche anticapitaliste et écologiste vis-à-vis du PS, c’est qu’à l’élection européenne le front de gauche anticapitaliste et écologiste recueille plus de suffrages que le PS, et cela, c’est possible, c’est même vraisemblable, si, et seulement si, le front de gauche anticapitaliste et écologiste voit en son sein l’engagement sans retenue de l’ensemble des forces de gauche anticapitaliste, dont notamment le NPA, le PCF et le PG.

Autrement dit, cette indépendance vis-à-vis du PS, pour qu’elle soit réelle et sincère, il ne suffit pas de la décréter, il faut la conquérir ; et pour la conquérir le front de gauche anticapitaliste et écologiste a besoin de toutes les forces de gauche anticapitaliste ; il revient donc au NPA, au PCF et au PG d’y prendre toute leur place, joignant ainsi le geste à la parole.

En conséquence, pour enfin changer la donne au sein de la gauche française et européenne, nous lançons un appel pour la constitution dans chaque circonscription, pour l'élection européenne, d’une liste de rassemblement unitaire de front de gauche anticapitaliste et écologiste.

Nous considérons qu’aujourd’hui le NPA, le PCF et le PG ont ensemble la responsabilité vitale de tout mettre sur la table pour parvenir avec d’autres, dont notre Fédération, en liaison avec le mouvement social, à la constitution de telles listes, dont le caractère de rassemblement unitaire est seul apte à être porteur des aspirations vitales du mouvement social et écologique.

Celui ou ceux de ces partis qui persisteraient, comme en 2007, sous quelque prétexte que ce soit, à ne pas répondre à cette aspiration unitaire évidente, porteront à nos yeux, une très lourde responsabilité vis-à-vis de ce qu’il adviendra dans les prochains mois et années pour les peuples de France et d’Europe.

Contact : lafederation92@m6mail.fr http://lafederation.org

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06 mars 2009

 

Le mouvement en Guadeloupe : un témoignage direct


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Cet article a été écrit par Marie, une jeune camarade qui passait des vacances en Guadeloupe au moment de la grève générale. Elle a interviewé un syndicaliste sur un barrage routier en Basse-Terre.

Le mouvement de grèves en Guadeloupe a débuté en Décembre. Le LKP, Liyannaj Kont Pwofitasyon, qui regroupe de nombreux syndicats (dont l’UGTG, la FSU et la CGTG), a suspendu le mouvement après quelques journées, livrant ses revendications à l’examen du MEDEF et de l’Etat, et annonçant une reprise des grèves pour le 20 janvier si les négociations ne s’ouvraient pas avant cette date. Un mépris sans réserve a accueilli ces déclarations : ni l’Etat, ni le MEDEF, n’ont examiné les revendications, et le mouvement s’est déclenché. Depuis, la Guadeloupe est « bloquée ». Concrètement, de nombreux secteurs sont en grève (la poste, certains services audio-visuels, l’éducation, les employés du tourisme : aéroports, hôtels, etc, salariés du secteur primaire), des piquets de grèves sont organisés par le LKP devant des hôtels, stations services, ainsi que des barrages de routes. Si le mouvement est impressionnant, Patrice souligne bien que c’est parce qu’il est l’aboutissement d’une colère populaire qui remonte aux heures de la colonisation et de l’esclavage, dont beaucoup de guadeloupéens jugent ne pas être sortis. Les exploités ne sont pas les seuls à se sentir encore dans un système colonial : la communauté Béké, qui descend directement des premiers colons, légitime aujourd’hui encore sa domination économique de l’île par des propos racistes qui discriminent autant les Noirs que les Blancs (car les blancs « ignorants » développent le métissage). Les békés possèdent tous les hyper-marchés de l’île, et s’entendent pour fixer les prix, prétextant que les importations sont la cause de la vie chère. Mais ces importations n’expliquent pas tout : la tomate locale se vendait 6 Euros le kilo en Décembre dans tous les Carrefour ! Ce problème, spécifiquement colonialiste, se double du problème social qu’engendre partout le capitalisme : le patronat local exploite sans scrupules une population dont plus du quart en au chômage, et les salaires décollent rarement au-dessus du SMIG. Le résultat est sans surprise : 20% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté (site officiel de l’UGTG).

Le problème ayant enfin été pris au sérieux devant l’ampleur du mouvement, les négociations se sont ouvertes. Elles sont un nouvel exemple du mépris avec lequel les guadeloupéens, surtout quand ils ont des revendications sociales, sont traités par le pouvoir métropolitain : Jégo, représentant de l’Etat, s’étant engagé auprès du LKP sur une plate-forme de revendications à examiner, a été convoqué expressément par Fillon et a abandonné la table des négociations. De retour en Guadeloupe, il a tout bonnement nié ses engagements ! Durant toutes les négociations, le MEDEF s’est fait remarquer par sa mauvaise volonté : les organisations de petits patrons (qui ont, eux, des difficultés réelles à augmenter les salaires) ont presque toutes accepté les 200 Euros d’augmentation du SMIG. Jocelyn Maleama, président de l’association des commerçants du Moule, déclare : « 90% des entreprises sont favorables au mouvement » (France-Antilles du 15 février). Les arguments des grands patrons, repris par tous ceux qui dénigrent les grèves, sont les mêmes que ceux qu’utilisent Sarkozy pour criminaliser le mouvement social en France : le LKP ne serait qu’un petit groupe d’agitateurs non-représentatifs de la population, prise en otage par les grèves … Bref, « l’ultra-gauche » guadeloupéenne ! Or, le peuple guadeloupéen se trouve massivement représenté dans ce mouvement. Parmi les non-grévistes, beaucoup soutiennent le LKP et vont aux manifestations. L’Eglise même, dont l’influence sur la société antillaise est très forte, se montre favorable au mouvement : « une autre Guadeloupe est possible, si nous nous donnons les moyens de réorienter notre économie pour qu’elle soit au service des personnes et non du seul profit de quelques-uns » (Rencontre diocésaine des responsables catholiques de Guyane, Martinique et Guadeloupe, France-Antilles du 28 Janvier). Certains membres du clergé sont explicites : « On ne peut pas être dans l’Eglise et pour la pwofitasyon », déclare le Père Michel. Les économistes locaux, les spécialistes des conflits sociaux, sont très clairs : « Cette crise est celle de la refondation de la société Guadeloupéenne », analyse Patricia Braflan-Trobo, auteure d’un ouvrage de science politiques expliquant les mouvements sociaux en avril 2007. (France-Antilles, 28 janvier).

Soutenir que ce mouvement n’est pas représentatif, dénoncer le " climat menaçant " que le LKP fait régner lors des négociations (le MEDEF s’attendait sûrement à être accueilli avec des fleurs de balisiers ?), exiger l’arrêt des grèves au nom des salariés qui perdent leurs journées de travail (en oubliant au passage le quart de la population privée de travail, non par les grèves, mais par les choix économiques des gestionnaires de l’Ile, comme l’importation de produits pouvant être cultivés sur place), c’est tout un argumentaire bien connu en métropole, comme dans les DOM-TOM, comme partout dans le monde. Mais bien faible face à la légitimité du LKP, qui progresse dans la satisfaction de ses revendications.

Pourquoi le MEDEF se défend-il avec autant d'acharnement ? (si ce n'est avec des arguments valables). L'hypothèse du manque de moyens pour augmenter les salaires est bidon : Wily Angèle, le président du MEDEF en Guadeloupe, ne possède pas d'entreprises sur place (d'où la question "Combien de salariés en Guadeloupe, Angèle?" qu'Elie Domota lui adresse souvent en réunion, et qui reste toujours sans réponse ...). Si le MEDEF rechigne tant à signer cet accord, c'est à cause de la portée qu'aura partout en France une telle victoire sociale. En France métropolitaine, la crise sociale est de plus en plus visible, les grèves se multiplient dans tous les secteurs. Les yeux de tous sont tournés vers les luttes antillaises, et le recul du MEDEF local sera le signe de sa faiblesse nationale. La victoire du LKP, celle du peuple guadeloupéen, des victimes de la "profitation" sera celle de tous les mouvements de contestations sociale, économique, et politique !

Interview de Patrice, gréviste du LKP (propos recueillis sur la route entre Bouillante et Mahaut, lors du blocage de cette route par un groupe du LKP)

Quelle est la nature de vos revendications, à qui les adressez-vous ?

Nos revendications sont des revendications de justice sociale. Ce n’est pas normal qu’en Guadeloupe, la plupart des salariés ne sont qu’au SMIG. Les fonctionnaires touchent 40% en plus pour affronter la vie chère, et c’est légitime. Mais pourquoi les salariés du privé n’ont pas droit à la même augmentation : ils sont confrontés au même prix de la vie ! Eli Domota, le leader du LKP, est directeur-adjoint de l’ANPE et bénéficie de ces 40%. Et comme tout Guadeloupéen qui veut la justice, il réclame les 200 euros d’augmentation du SMIG : exactement une augmentation de 40%. Ensuite, nous espérons qu’une justice sociale aboutira une autre justice, l’égalité des races. Le racisme en Guadeloupe, plus encore qu’en métropole, est social et économique. Les Béké possèdent presque toutes les terres agricoles, et 60% des grands centres de distribution alimentaire. Ils exploitent par le travail ceux d’entre nous qui sont dans le primaire, et ils exploitent toute l’Ile par la consommation. Ce sont eux qui fixent les prix. Nous considérons cette communauté comme responsable de notre situation sociale injuste. Mais ce ne sont les seuls. Dans le domaine industriel, on a des patrons qui exploitent autant que les békés, et qui viennent de la métropole. Nos revendications s’adressent au MEDEF, aux békés, et à l’Etat français qui laisse faire ça. L’Etat français aujourd’hui nous traite comme une colonie, nous dénonçons cette relation, qui est une relation de profitation, et d’exploitations des petites classes sociales.

Cette justice fondée sur l’égalité des peuples que vous espérez, c’est le sens du slogan « la Gwadeloup cé tan nou, la Gwadeloup a pa ta yo » ?

Tout-à-fait. Ce slogan choque les touristes métropolitains, qui croient que notre combat est un combat raciste, et donc un combat contre eux. Or, c’est tout le contraire : notre combat est contre le racisme. « la Guadeloupe, c’est pas à vous », ça ne s’adresse pas aux touristes, ni aux blancs ! ça s’adresse avant tout aux békés, qui ne sont pas du tout des blancs, qui se revendiquent comme une race à part. Et ça s’adresse à ce patronat métropolitain, qui vient ici pour exploiter une population où les salariés dépassent rarement le SMIG. Nous considérons ce comportement patronal et des békés comme une continuation de l’esclavage, c’est ça que nous appelons la « profitation ». Nous parlons de « révolte nègre », on parle tout aussi bien de « révolte d’esclaves modernes », de toutes les victimes de la profitation : beaucoup de gens différents, des noirs africains, des coulis, des métis, des blancs…

Comment le LKP fait-il pour fédérer toutes ces revendications, venant de tant de gens différents ?

Ce mouvement c’est l’aboutissement d’un ras-le-bol populaire, présent dans les petites classes sociales et même chez les favorisés qui veulent la justice. Ce ras-le-bol est présent dans les Antilles depuis très longtemps, et le LKP prépare ce mouvement depuis plus d’un an. La crise financière mondiale a aggravé la situation, et le mouvement a été lancé en Guadeloupe. Il a très vite été suivi par la Martinique, qui connaît la même situation de profitation, puis la Guyane et la Réunion.

Et à quoi espérez-vous aboutir ?

Tout d’abord, nous voulons que nos revendications soient satisfaites, y compris et surtout les 200 Euros d’augmentation. Pour cela, les négociations doivent se passer dans le respect, ce qui n’est pas fait par l’Etat français, qui a rappelé Jégo parce qu’il avait accepté de signer un accord. L’Etat français s’est décrédibilisé. Ensuite, les guadeloupéens doivent réfléchir à un changement de statut. Mais ce changement exigerait des sacrifices économiques.

Votre mouvement est considéré comme un exemple par beaucoup de militants en France métropolitaine. Selon vous, est-ce possible de déclencher un tel mouvement là-bas ?

Je pense que c’est plus difficile là-bas, parce que les choses sont plus compliquées. Là-bas, vous avez toujours l’exemple d’un gars qui s’en est sorti, en travaillant, en étudiant. C’est possible pour un petit nombre, le reste des gens voient cet exemple et se disent : « moi aussi je peux m’en sortir ». C’est une illusion, bien-sûr, mais ça suffit pour empêcher les gens de se mobiliser. Ici, la situation est claire, les gens ont conscience d’être exploités, ça fait des années qu’ils n’en peuvent plus. Et ils savent très bien qui sont leurs ennemis : regardez ces jeunes, la semaine dernière, qui sont partis sans payer des magasins : c’était des grandes surfaces békés … les gens savent très bien. Si notre mouvement aide les métropolitains à se rendre compte qu’eux aussi sont exploités, c’est une victoire pour nous.

(« profitation » : traduction par néologisme, employé en Guadeloupe, du terme créole « pwofitasyon » )
(Patrice est un pseudo, le gréviste ne souhaitant pas que son nom soit diffusé, par crainte des répressions)


Cet article paraît dans le numéro 7 du journal Anticapitaliste qui vient de paraître. Disponible auprès des militants de Marxistes Unitaires ou en laissant un message sur ce blog.

NOUVEAU : Ce que le LKP a obtenu (augmentation des bas salaires, baisse de certains prix, recrutement dans l'Education Nationale, reconnaissance de la langue créole ...)

NOUVEAU : Le numéro 6 (février 2006) du journal Anticapitaliste a été mis en ligne (format PDF)

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Les wagons de la honte

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COMMUNIQUE A PROPOS DES LIGNES 13 ET 14 DU METRO

La ligne 13 du métro RATP défraie une fois de plus la chronique. Le prolongement de la ligne 14 de Saint-Lazare à Porte de Clichy et Mairie de Saint-Ouen apparaît problématique.

Alors que pointe dans des délais courts une des solutions pour décongestionner l’affluence de voyageurs et soulager, à terme, leurs conditions de transports maintes fois décriées, les informations rapportées par la presse, et qui n’ont pas été portées directement à notre connaissance, indiquent que des surcoûts importants seraient imposés pour la dépollution des sols à Saint-Ouen, notamment pour y réaliser les garages de rames indispensables au nouveau terminus. C’est le fruit d’un passé industriel dont ni les populations, ni les villes ne sont à l’origine, mais qui relèvent de grands groupes et de l’Etat qui en ont été bénéficiaires.

Une fois de plus, et ce n’est pas le fruit d’un hasard malencontreux, des contraintes importantes risquent d’entraver une nouvelle réalité de fonctionnement du réseau métropolitain dans les villes populaires du secteur Nord-Ouest de la petite couronne de Paris.

Cela s’est déjà produit pour chacune des initiatives prises pour apporter de nouvelles conditions de transports sur la ligne 13 qui symbolise aux yeux de tous la maltraitance des populations et territoires de banlieue et les retards pris dans la modernisation et le développement du réseau ; ainsi le système OURAGAN quasi paralysé, la modernisation des rames très ralentie, les mesures de renforcement de l’offre actuelle et de renouvellement technique sans résultats probants actuellement…

Elus investis, chacun pour notre part, dans des responsabilités et engagements différents, nous avons le souci d’une réponse efficace et fiable, sans délai, aux problématiques de la ligne 13.

Nous pensons que les élus, associations, syndicats, salariés et usagers concernés doivent connaître et en débattre, sans attendre, l’étendue des blocages pour le prolongement de la ligne 14. Ceci publiquement et dans le cadre du comité de ligne prévu à cet effet.

Nous soumettons également à la réflexion des autorités compétentes, des propositions complémentaires pour tenir compte de la montée en charge très importante des activités économiques, universitaires, de recherche et de l’habitat, ainsi que du projet de développement des lignes à grande vitesse SNCF avec une nouvelle gare à Stains.

Il s’agit du dédoublement de la ligne 13 actuelle, avec la création d’une nouvelle ligne 15 à partir de Saint-Lazare, accompagné des prolongements vers Stains/ La Cerisaie et vers Gennevilliers/Port autonome.

Pour nous, indépendamment de toutes les autres infrastructures prévues en petite et moyenne couronnes, l’ensemble de ces deux projets parait indispensable. Dans l’attente, doivent être décidées d’autres mesures de desserrement de l’affluence et des renforts de métro, RER et bus, complémentaires à celles d’ores et déjà prises.

Les retards pris, la pénalisation des habitants et des salariés de tout ce territoire, les problèmes accumulés et récurrents doivent cesser : les lignes 13 et 14 du métro RATP doivent connaître, dans les plus brefs délais, un nouvel avenir.

Patrick Braouezec, Député, Président de Plaine Commune, conseiller municipal de Saint-Denis

Jean Brafman, Conseiller régional, administrateur du STIF, Président de la commission démocratisation et du comité de ligne 13

Commentaire

Si ce sujet vous paraît un peu trivial, je vous conseille de prendre la Ligne 13 du métro aux heures de pointe ou un samedi après-midi. La situation est tout-à-fait insupportable, alors que les usagers - majoritairement des travailleurs et des jeunes de la banlieue nord (93, 95) - la supporte avec une patience et un phlègme extraordinaire depuis de très longues années. Des problèmes analogues existent sur des lignes de transports proches comme la Ligne D du RER. Les pouvoirs publics nous méprisent comme ils méprisaient la population des DOMs jusqu'à ce qu'elle fasse grève et descende dans la rue en masse. Pour un LKP de la banlieue !

Note : Le titre est du Poireau Rouge

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05 mars 2009

 

Une image de la Guadeloupe que vous ne verrez pas dans les brochures touristiques



Cité Henri IV Pointe-à-Pitre

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03 mars 2009

 

La Réunion: Le Collectif dans les starting-blocks

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CLICANOO.COM | Publié le 3 mars 2009

Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a présenté hier son cahier de revendications, une plateforme commune composée de 62 points concernant l’emploi, les salaires, les prix, le pouvoir d’achat ou encore le logement. On connaissait déjà les quatre mesures immédiates du Cospar, notamment la hausse des salaires ou la baisse des prix.

On a désormais une idée très précise des motifs de mécontentement pour aboutir à une véritable amélioration des conditions de vie et de travail à la Réunion. Le Collectif estime que la notion “d’urgence sociale” est arrivée “à son paroxysme”. Il rappelle que “52 % des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté (800 euros), contre 18 % en métropole” et “50 % de la population avait en 2006 un revenu inférieur à 690 euros”. D’un autre côté, “les prix ont augmenté de 37 % de 1997 à 2007 alors que dans le même temps ils n’augmentent que de 30 % dans l’hexagone”. C’est pourquoi la cinquantaine d’organisations membres a élaboré une plateforme revendicative portant sur l’emploi, les salaires, la santé, les prix, le pouvoir d’achat ou encore le logement. Le Collectif réclame entre autres “l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes”, “la structuration des branches professionnelles” ou “l’interdiction de licencier pour les entreprises faisant des profits”. Face à la cherté de la vie, les organisations réclament une baisse de 20 % sur 500 articles de la consommation courante, sur l’eau, les factures d’électricité, la fixation des marges des entreprises par l’État, ainsi qu’un contrôle des prix. Alors qu’en Guadeloupe un accord s’est dessiné, les discussions entre le Cospar et le patronat n’ont ici pas encore commencé. “C’est le silence radio”, regrette Jean-Pierre Rivière (Cfdt), “nous avons 62 propositions, en face il n’y a rien”, prend-il la peine d’ajouter. Outre l’aspect symbolique, la manifestation de jeudi, dans le Nord comme dans le Sud, est donc un appel du pied à la négociation face à un patronat jusque-là discret dans ce contexte réunionnais. Tablant sur une forte mobilisation - “au moins 10 000 personnes”, a redit le Collectif, le Cospar attend l’ouverture des premières discussions au plus tôt, “dès le 6 mars”, a même dit Jean-Pierre Rivière. “Il ne faut pas attendre que la situation se dégrade pour que nos gouvernants disent on va discuter”, a indiqué Jean-Hugues Ratenon (Agir pou nout tout). “La population attend beaucoup de notre plateforme, si l’Etat estime qu’il faut continuer comme ça, il prendra sa responsabilité”. Pour autant, la mobilisation du 5 mars n’est pas un appel à la grève générale, a martelé le Collectif, qui tient à ses spécificités par rapport à la situation des Antilles. Le Cospar refuse tout débordement mais n’exclut pas en revanche l’organisation de nouvelles manifestations après jeudi. “Le 5, c’est parti. Après, à eux (le patronat et l’État) de prendre leur responsabilité”, lance Jean-Pierre Rivière. “À chaque jour suffit sa peine”, a complété Ivan Hoareau.

Thomas Lauret

À Saint-Denis de la Réunion, le rassemblement du 5 mars est prévu à partir de 9h sur le site de l’ancienne gare routière (parking Océan). Un défilé sera ensuite organisé en direction du Barachois.

A Saint-Pierre, le rendez-vous est fixé au niveau de la zac Canabady dès 9h. Un défilé sera ensuite organisé en direction de la mairie.

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