11 septembre 2009
L'ISLAMOPHOBIE : Un défi pour la gauche
Le concept d’ « islamophobie » est souvent contesté par des intellectuels qui proclament fièrement leur allergie à l’islam en tant que religion, tandis que d’autres se disent opposés seulement à l’« islamisme ». Ils se posent en champions de la civilisation occidentale, dont les valeurs « éclairées » seraient menacées par celles d’un monde arabo-musulman caractérisé comme fermé et rétrograde. D’autres, plus subtiles, sont favorables à l’émergence d’un islam « moderne » ou européanisé. Ils passent évidemment sous silence l’oppression des femmes et l’homophobie en France ou aux Etats-Unis, et ils traitent les musulmans comme presque génétiquement antisémites, comme si la haine des Juifs n’était pas un phénomène européen et chrétien.
Cet exemple anonyme pris sur le blog Rue89 en est assez typique :
Sur le mot « islamophobie », nous sommes également en profond désaccord : c'est un mot qui a été inventé par les Frères musulmans pour empêcher toute critique de l'islam. Or, la critique de la religion (de TOUTES les religions) est parfaitement légale en occident - en France c'est quasiment un sport national et on adore « bouffer du curé ». Ce qui nous semble inquiétant, à nous occidentaux, c'est que certains musulmans exigent un traitement particulier et considèrent toute mise en cause de l'islam comme du « racisme ». C'est stupide : l'islam n'est pas une « race », il y a des musulmans de toutes les couleurs.
Il est facile de démontrer les failles dans ces arguments. /.../ Voir la suite ici ...
Libellés : Islamophobie
29 août 2009
Nouveau tract des Marxistes Unitaires contre l'islamophobie
Voici un lien vers le nouveau 4-pages en couleur des Marxistes Unitaires contre l'islamophobie. Il faut être un peu patient, car il est en format PDF. Ensuite vous pouvez l'imprimer. A circuler le plus largement possible : Pourquoi il faut se battre contre l'islamophobie J'ai également écrit un article sur cette question pour le n° 1 de la revue Marxistes (à paraître sous peu).
Libellés : Islamophobie, Marxistes Unitaires
18 août 2009
Les femmes voilées interdites d'accès à la Société Générale
Sur le site du Collectif Contre l'Islamophobie en France ...
Profanation d'une mosquée à Toul ...
Libellés : Islamophobie, Racisme
16 août 2009
L’ISLAMOPHOBIE EST UNE ARME DE L’IMPERIALISME
Texte extrait d'un tract des Marxistes Unitaires (à paraître)
L’institutionnalisation du racisme islamophobe a pour but politique de donner une légitimité aux guerres impérialistes dites « anti-terroristes », à l’échelle mondiale. Ainsi, c’est au nom du combat contre des « obscurantistes musulmans » que les guerres d’Irak, d’Afghanistan ont été déclarées.
La France, faut-il le rappeler, maintient des troupes en Afghanistan et vient de rejoindre le commandement militaire de l’OTAN. Son opposition diplomatique à la guerre en Irak ne l’a pas empêché de collaborer militairement avec les forces alliées et de garder de bonnes relations avec les envahisseurs.
Le refus de soutien à la résistance palestinienne se donne comme prétexte le refus de l’islamisme. Les partis palestiniens qui se battent contre l’occupation sioniste sont dénoncés dans les médias occidentaux pour leur « fanatisme » religieux. La stratégie est grossière : en s’appuyant sur les clichés islamophobes, on prétend refuser le terrorisme musulman, et l’on soutient le terrorisme d’Etat sioniste.
Sans adhérer à la plupart des valeurs défendues par les partis islamistes, nous exigeons qu’ils soient reconnus comme les représentants de la volonté populaire, s’ils sont soutenus par la majorité (comme c’est le cas du Hamas en Palestine).
Dans tous ces cas, l’argument du combat contre l’islam, ou l’islamisme (les amalgames sont facilités par le climat raciste entretenu par les médias) identifié comme porteur d’incitation au terrorisme et au fanatisme, est utilisé pour justifier les différentes formes de colonisation, de répression sanglante des peuples.
Nous devons combattre cette criminalisation de l’Islam, qui justifie le meurtre à l’échelle européenne (comme dans le cas de Marwa El-Sherbini) et la guerre impérialiste à l’échelle mondiale.
Soutenir la résistance palestinienne, soutenir les résistances à l’impérialisme occidental au Moyen-Orient, doit commencer par combattre en Occident les fondements de légitimité de ce colonialisme : le racisme et l’islamophobie.
A (re)lire, cet article de John Mullen, L'islamophobie - l'oubli catastrophique de la gauche ...
Libellés : Anti-impérialisme, Islamophobie
15 août 2009
Fadela Amara : des propos injurieux
Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville, dont on connaît le goût pour l'auto-publicité, n'a plus aucun scrupule. Elle ne lutte pas contre le racisme mais joue la carte de l'islamophobie à fond, et devient le meilleur recruteur pour l'extrême droite raciste.
Sa récente déclaration à propos des françaises musulmanes qui portent la burqa est scandaleuse, honteuse.
La gauche toute entière doit condamner ses propos et réclamer sa démission.
Libellés : Fadela Amara, Islamophobie
Le racisme 'ordinaire' ne connaît pas de limites
Pas de pêcheurs originaires de l'Europe de l'Est !
En Angleterre, un fermier affiche son refus d'accepter des pêcheurs sur sa propriété s'ils sont polonais ou originaires du 'bloc de l'Est' (quelqu'un devrait lui dire que celui-ci s'est effondré en 1990).
Il est temps de dire 'stop' à tous ces racistes.
Libellés : Antiracisme, Islamophobie, Royaume-Uni
Solidarité internationale anti-fasciste !
Aujourd'hui 15 août le parti nazi de Nick Griffin, le British National Party (BNP), organise sa fête 'Red, White and Blue' dans le Derbyshire (centre de l'Angleterre) dont le modèle est celle organisée par le Front National en France
. Des rumeurs circulent d'ailleurs que Jean-Marie Le Pen fait partie des invités.A la différence de la gauche française, cependant, le mouvement anti-fasciste britannique est déterminé à empêcher physiquement par une mobilisation de masse de telles manifestations basées sur la haine des immigrés (musulmans notamment).
Les Nazis ne sont pas un parti comme les autres, nous n'acceptons pas qu'ils puissent s'exprimer que cela soit à travers leurs meetings, leurs ventes de journaux ou leurs manifestations ou à travers les médias. Nous condamnons notamment l'attitude de la BBC qui fait preuve d'une complaisance extraordinaire pour Griffin, qui est un islamophobe et un négationniste (de l'Holocauste) notoire.
Il faut toujours garder en tête que si les Nazis paraissent relativement faibles, malgré leur récent succès électoral (2 députés européens et plusieurs dizaines de conseillers locaux), cette situation peut changer rapidement, comme dans les années trente - et que dans ce cas ils sont assurés du soutien d'une partie de la classe dirigeante y compris celle qui contrôle les médias.
Ceci vaut aussi bien pour un parti 'jeune' comme le BNP (mais qui a des antécédents dans le National Front des années 1970 et les Fascistes d'Oswald Mosley dans les années 1930 et 1950) que pour un parti 'établi' comme le Front National qui a profité de l'absence d'une riposte efficace des anti-fascistes dans les années 1980 pour s'établir sur la scène politique.
C'est la raison pour laquelle il ne faut jamais banalier la menace fasciste et qu'il faut maintenir une vigilance constante et active pour les empêcher de semer leur poison raciste.
Des membres de l'Association de Travailleurs Indiens (Indian Workers' Association) avec leur banderole lors de leur arrivée en car sur le site de la mobilisation (ce matin)
Libellés : Antifacism, Antiracisme, British National Party, Extrême droite, Islamophobie, Royaume-Uni
12 août 2009
FOULARD, NIQAB, BURQA : DEFENDONS LA LIBERTE DE CHOIX
Marxistes Unitaires sortent un 4 pages contre l'islamophobie. En voici un extrait ...
En 2009 des députés de droite et de gauche (3 membres du PCF et 7 du PS) s’en prennent à une poignée de femmes qui portent le niqab ou la burqa (des voiles qui couvrent tout ou une partie du visage). Ils veulent les bannir de l’espace public. Une des conséquences d’une telle loi serait de renvoyer des femmes voilées à la maison. Est-ce que c’est cela qu’ils veulent ?
Quoi qu’il en soit, ils encouragent les pires racistes et les nostalgiques du colonialisme qui fantasment au sujet des musulmanes ‘porteuses de bombes’.
Nous sommes résolument opposés à toute nouvelle loi. Nous défendons un principe simple : la liberté de choix. Ce n’est pas aux hommes de dicter comment les femmes doivent s’habiller. Ce n’est pas aux médias, aux partis, aux députés, aux institutions de le faire, non plus.
Porter un foulard ou un voile (ou une barbe !) islamique, un turban sikh, un crucifix ou une kippa ne nuit en soi aucunement aux droits de l’autrui. Librement assumées, ces pratiques religieuses ne concernent que ceux et celles qui les choisissent.
Ce principe vaut pour tout(e) citoyen(ne) quelque soit sa fonction. Quand Nicolas Sarkozy dit, suivi de la gauche toute entière, « les fonctionnaires ne doivent pas avoir de signe visible de leur appartenance religieuse (...). C'est ce que nous appelons l'impartialité de l'administration, la laïcité », nous répondons qu’il porte atteinte aux droits des salariés. En quoi le fait de porter un voile ou un turban nuit à la qualité du service public ? Les salariés du secteur public doivent avoir les mêmes droits de ceux du privé.
Mais il faut aussi reconnaître que, aujourd’hui en France, il est difficile pour une femme voilée quelque soit son niveau de qualification de trouver un emploi salarié en dehors de la communauté musulmane, et que des discriminations existent dans les domaines du logement et des équipements collectifs, dans le secteur public comme dans le privé.
Le véritable problème, ce n’est pas une quelconque « atteinte à la laïcité » (c’est le principe de la neutralité des institutions, de l’égalité d’accès aux services publics) mais le racisme et la discrimination.
Construire une mosquée ou une synagogue dans une société où le paysage est littéralement façonné par des églises est une simple mesure d’équité. Aménager une salle de prière sur un lieu de travail ou proposer des menus adaptés aux différentes pratiques religieuses sont de simples mesures techniques qui ne posent aucun problème dans une société ouverte et tolérante. Pourtant, aujourd’hui en France, de tels « accommodements » sont régulièrement contestés et les musulmans doivent surmonter des obstacles administratifs ou politiques importants.
La liberté de croyance, de pratique et d’expression religieuse, philosophique et politique est un droit démocratique fondamental que nous devons défendre concrètement.
Libellés : Islamophobie, Marxistes Unitaires
25 juillet 2009
Islamophobie : Un entretien de Mouloud Aounit

Libellés : Femmes, Islamophobie, Racisme
17 juillet 2009
Rassemblement contre l'islamophobie à Paris
Marwa El-Sherbini, 32 ans, maman d’un petit garçon de 3 ans, mariée à un chercheur en génétique à l’Institut Max Planck, résidait en Allemagne où elle préparait une thèse en pharmacie. Marwa, de confession musulmane a été victime d’un assassinat islamophobe le 1er juillet dernier à Dresde en Allemagne parce qu’elle portait le voile.
Elle était enceinte de 3 mois et à été poignardée à 18 reprises sous les yeux de son fils de 3 ans et de son mari également blessé (par les policiers qui l’ont pris pour l’agresseur et lui ont tiré dessus). Marwa, témoignait, devant le tribunal où elle a été tué par celui qui, quelques mois plutôt l’avait diffamé et insulté en raison de son appartenance à la religion musulmane.
N’attendons pas qu’il y ait une Marwa en France pour réagir ! Nos craintes sont fondées sur le constat alarmant de la montée inquiétante de l’islamophobie dans ses formes les plus sombres comme l’agression violente faite à une femme en pleine rue d’Argenteuil (Val d’Oise) par des hommes armées de cutters et qui lui ont tailladé le bras. Ajoutons à cela, les nombreux témoignages de femmes qui font part des injures, crachats et menaces dont elles sont victimes.
Resserrons les liens de solidarité pour que cesse la haine islamophobe qui gangrène la France et l’Europe !
15 heures, Samedi 18 juillet 2009, à TROCADERO
En hommage à Marwa El-Sherbini
Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF)
Collectif des Musulmans de France (CMF)
Respaix
Conscience Musulmane
Réveil des Consciences
Mouvement des Indigènes de la République
Association des Musulmans de la Seine-Saint-Denis
Ligue arabe européenne
Mouvement citoyen pour la diversité
MRAP, FTCR, ATMF ...
Libellés : Islamophobie
11 juillet 2009
Le racisme antimusulman a failli tuer en Angleterre
Par Esme Choonara et Colin Falconer
L’agression brutale d’une jeune musulmane de 17 ans issue de l’immigration de l’Asie du Sud dans un parc à Rochdale (Nord-Ouest de l’Angleterre) le 16 juin dernier a laissé la victime dans un état de souffrance affreux.
Quelques instants avant d’être frappée violemment, elle a dû subir des railleries au sujet des gains électoraux du parti fasciste, le British National Party (BNP).
L’incident est le dernier d’une série d’agressions survenues depuis quelques semaines dans cette région.
C’est ici que le dirigeant du BNP, Nick Griffin, condamné pour avoir nié l’Holocauste, a été élu au parlement européen le 4 juin. Griffin a récemment soutenu dans une interview pour la BBC que les bateaux de fortune emmenant des réfugiés devaient être « coulés ».
Les agressions racistes suivent, là où le BNP gagne des voix.
Tout comme le meurtre de Marwa, la femme égyptienne voilée assassinée en Allemagne par un sympathisant du parti d’extrême droite, le NPD, l’affaire commence sur une aire de jeux pour enfants.
La jeune femme raconte qu’elle avait amené ses trois petites sœurs au parc, quand « un type a commencé à parler du BNP ».
« Il m’a dit qu’il était plus anglais que moi et que je n’avais pas ma place ici. »
Elle a été troublée par ses propos racistes. « En fin de compte, nous sommes tous des êtres humains », dit-elle. « La race à laquelle nous appartenons n’a aucune importance. »
Après avoir subi des insultes, la jeune femme a failli être aveuglée par un coup d’une telle force qu’une partie du bracelet de son agresseur a été enfoncée dans sa joue à quelques centimètres de son œil droit.
Trois adolescentes âgées de 14 à 16 ans ont été arrêtées, selon la presse locale, et la police recherche activement un homme vêtu d’un tee-shirt rouge.
Beaucoup de résidents du quartier où l’attaque a eu lieu sont dans un état de choc, selon Sam O’Brien, délégué syndical dans la fonction publique et secrétaire du mouvement Unite Against Fascism (UAF) à Manchester.
« La population est horrifiée par cette agression raciste. Il faut que nous arrivions à rassembler la majorité qui est opposée à toute violence raciste. »
Le BNP a essayé de convaincre les électeurs qu’il est un parti démocratique comme les autres. En réalité, c’est un parti de type nazi qui crée la haine raciale partout où il arrive à s’implanter.
« Nous tenons une conférence exceptionnelle d’UAF dans le Nord-Ouest à Manchester le 18 juillet à laquelle nous invitons les syndicats et les associations religieuses et communautaires », ajoute Sam O’Brien.
« Nous organisons également des voyages en car pour permettre aux gens de venir protester contre le festival “Bleu, blanc, rouge” du BNP le 15 août prochain qui a lieu dans le Derbyshire voisin. »
Sources :
Article d’Esme Choonara dans Socialist Worker (4 juillet 2009) http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=18366
Rochdale Online http://www.rochdaleonline.co.uk/news-features/2/community-news/25713/teenager-suffers-fractured-eyesocket-in-racist-park-attack
Sur l'islamophobie, je viens de découvrir un excellent article de Bernard Dreano, écrit en janvier 2008, Islamophobie, religion, politique. En voici un extrait :
/.../ Des stéréotypes qui ont une longue histoire
L’islamophobie, c’est le dénigrement des Musulmans, au nom des principes réels ou supposés de l’Islam, ou au nom de certaines pratiques considérées comme étant celles des musulmans en général. C’est une forme de racisme qui peut bien entendu se combiner avec d’autres. Cette islamophobie a des racines profondes dans notre pays. On peut remonter aux croisades, quand le pape Urbain VIII appelait, depuis Clermont-Ferrand, à combattre les « infidèles », musulmans bien sur, mais aussi, comme le souligne Léon Poliakov [3], les juifs. Tout cela est très loin ? Mais des siècles plus tard, les stéréotypes négatifs issues de cette période médiévale demeurent et Voltaire et Diderot y ont recours, et quand ils veulent pourfendre l’intolérance, ils les utilisent pour attaquer l’Islam (et dans le cas de Voltaire, les juifs). Il est vrai que leur cible réelle est bien plus le Catholicisme européen qu’un Islam qu’ils connaissent mal, alors que les pays musulmans sont au XVIIIe siècle en pleine régression intellectuelle par rapport aux siècles antérieurs. Un siècle plus tard l’islamophobie refleurit de manière beaucoup plus concrète, car c’est bien cette fois des musulmans précis qui sont directement visés. Ernest Renan par exemple, par ailleurs le magnifique théoricien de la nation citoyenne, explique que ces musulmans sont par nature inaptes au progrès (et que les juifs n’y accèdent qu’en se « désémitisant ») [4]. Nous sommes dans le contexte de la conquête de l’Algérie, ou la IIIe République va instaurer un statut de citoyen de seconde zone pour les adeptes de la religion musulmane. L’islamophobie, au coté d’autres formes de racisme, est un des éléments de justification des conquêtes coloniales et de l’infériorisation des indigènes. La politique coloniale de la République qui s’appuie largement sur les missions catholiques (la loi de 1905 ne sera pas étendue aux colonies), va s’opposer aux organisations musulmanes, confréries ou oulémas, et/ou les instrumentaliser dans une position subalterne [5]. Dans l’entre-deux-guerres, et surtout après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le colonialisme déclinant est confronté aux mouvements de libération. Pour les combattre ils aura surtout recours à des arguments géopolitiques, en particulier dans le contexte de la guerre froide, l’anticommunisme. Les arguments islamophobes ne sont pas absents des campagnes contre le nationalisme arabe, notamment contre Nasser. Quant aux anticolonialistes, ils ont souvent tendance à ignorer ou à minorer les dimensions culturelles et idéologiques musulmanes qui animent certains mouvements, et non des moindres (ce qui est évident par exemple dans le fait que les résistants algériens se désignent comme moudjahiddines).
Le contexte contemporain est marqué par deux facteurs essentiels. D’une part l’enracinement de l’Islam en France, qui n’est plus seulement une religion d’immigrés mais la religion d’une partie importante des natifs du pays (la deuxième en termes de masse de pratiquants). Si la France n’est plus un espace politique régissant des dizaines de millions de musulmans comme elle l’était sous l’empire colonial, elle est devenu un pays qui abrite la plus grande communauté musulmane d’Europe. D’autre part le renouveau islamique mondial, marqué par la vague des islamismes politiques. Dans le monde musulman du XIXe et du début du XXe siècle, confronté à la domination occidentale, les tentatives de résistance et de modernisation avaient pris plusieurs formes : tentatives de réformes d’Etat (l’expérience avortée de Mohamed Ali en Egypte, les tanzimats turcs...), développement des idéologies libérales, nationalistes et socialistes, mais aussi renouveau de la pensée religieuse (la Nahda de Mohamed Abdou ou Jamal Al Dîn Al Afghani en Egypte [6] et en Algérie du Cheikh Ben Badis). Ce courant de pensée a bien évidemment des effets politiques, dans la mesure ou il va influencer les mouvements nationalistes (y compris dans le cas maghrébin, le Néo-destour tunisien et plus encore l’Istiqlal marocain d’Allal El Fassi), mais aussi produire un courant islamiste au sens actuel du terme, avec le syrien Rachid Rida puis en Egypte Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans en 1928 (jamiat al-Ikhwan al-muslimun) [7]. Sayyid Qutb, le leader des Frères (executé par Nasser en 1966), a rapproché le mouvement des wahhabites d’Arabie saoudite, ce qui va donner naissance à la forme principale de l’islamisme contemporain « néo-wahhabite » [8], avec ses tendances conservatrices (les saoudiens) ou révolutionnaires djihadistes (Ben Laden), mais l’islam politique actuel ne se résume pas au seul néo-wahabisme.
Cet arrière-fond historique et plus récent est très important pour comprendre comment peuvent si facilement fonctionner les stéréotypes islamophobes dans la France contemporaine. Hier, les idéologues et les politiciens du colonialisme tardif s’évertuaient à nier l’oppression nationale que combattaient les mouvements de libération, au non de la fonction émancipatrice « par nature » de la France. C’était particulièrement vrai des coloniaux tardifs « progressistes », les socialistes Guy Mollet, Robert Lacoste ou Max Lejeune ou le gaulliste Jacques Soustelle, mais aussi les ministres des colonies « réformateurs » tel Marius Moutet ou François Mitterrand. Aujourd’hui les idéologues et les politiciens du postcolonialisme néolibéral s’évertuent à nier toute dimension de racisme islamophobe voir même de racisme anti-arabe. C’est toujours particulièrement vrai des postcoloniaux « progressistes » comme Bernard Henri Levy, Fadéla Amara, Philippe Val, Caroline Fourest, etc., et pas seulement des postcoloniaux de droite comme Henri Guaino ou Nicolas Sarkozy.
***
Contrairement à une idée reçue, l'attitude de Marx envers la religion ne se résume pas au célèbre aphorisme (en fait, une citation tronquée d'une longue discussion philosophique sur l'idéalisme et le matérialisme) que "La religion est l'opium du peuple". En plus, Marx comme beaucoup de ses contemporains était un utilisateur de l'opium, qui à l'époque était considéré plus comme un médicament qu'une drogue dangereuse. Souffrant, il en demandait régulièrement. D'après les lettres de sa femme Jenny, cela n'a pas trop marché ...
Le dernier numéro de la revue trimestrielle britannique Socialism International contient trois articles intéressants qui nous aident à mieux comprendre le rôle ambivalent de la religion, tel que l'analysait Marx et (particulièrement) Engels. Ce dernier était capable de réciter de longs extraits de la Bible par coeur et était fasciné par le Livre apocalyptique des Révélations.
Bizarrement, avec les Cantiques un peu trop explicites sexuellement, cette partie de la Bible n'était pas au programme à l'église méthodiste où mes parents m'envoyaient tous les dimanches. (Le méthodisme est une forme de christianisme assez 'épurée' issue de l'anglicanisme qui a eu ses heures de 'gloire' à ses origines quand il se répandait rapidement chez les ouvriers et les paysans des régions les plus défavorisées au moment de la révolution industrielle. Il a aussi eu une grande influence sur l'idéologie du Labour Party qu'on a décrite comme "un mélange de marxisme et de méthodisme".) Engels a même écrit une histoire du christianisme des premières années après J-C qui a inspiré d'autres auteurs marxistes, comme Karl Kautsky et Rosa Luxemburg. Il considérait que cette religion semi-clandestine était une forme primitive du socialisme (après, cela s'est gâté ...). Pour d'autres articles sur ce sujet, vous pouvez cliquer sur le libellé 'Religions' à la fin de ce message.Talat Ahmed écrit sur la vie de Mahatma Gandhi ...
Roland Boer révèle The full story: on Marx and religion ...
Sartaj Khan des International Socialists du Pakistan donne une explication de ce qui se passe dans la province de Swat au Pakistan dans un article intitulé Imperialism, religion and class in Swat
Libellés : Islamophobie, Marxisme, Religions, Royaume-Uni
10 juillet 2009
Hommage à Marwa, assassinée parce qu'elle portait le voile, ce soir à 1830 devant l'ambassade d'Allemagne, 13/15 ave F Roosevelt, métro FD Roosevelt

Une soixantaine de personnes a assisté au rassemblement à proximité de l'ambassade d'Allemagne (tout attroupement devant le bâtiment étant interdit par la police). Encore une fois, la gauche a brillé par son absence (avec l'excuse cette fois-ci que l'événement n'a été annoncé qu'hier soir). Samy a lu un communiqué de CCIF, alors que Karim a rendu compte de l'entretien avec un représentant de l'ambassadeur. Le rassemblement s'est terminé par un débat sur les suites à donner pour que la mort de Marwa serve à éveiller les consciences. L'idée - que j'ai proposée - d'une initiative à la rentrée réunissant des personnalités de différents pays européens a été bien reçue. J'ai pu également parler - un numéro de Socialist Worker à la main - de l'agression d'une adolescente en Grande-Bretagne pour les mêmes raisons. A suivre ... et n'oublions pas.
NOUVEAU : Un très bon article dans Libération sur cette affaire ...
Un commentaire de Mehrézia Labidi-Maiza sur SaphirNews.com : Porteurs du discours de la haine anti-musulmans : vous êtes responsables de la mort de Marwa
Libellés : Allemagne, Antiracisme, Islamophobie
09 juillet 2009
L'Allemagne s'intérroge après le meurtre dans un tribunal d'une femme voilée
Cela s'est passé cette fois-ci en Allemagne. Et la prochaine fois ? Lire cette dépêche de l'AFP ...
Libellés : Allemagne, Islamophobie
Pourquoi Marwa al-Sherbini est-elle morte ?
07 juillet 2009
Interdite de la MJC pour cause de port du voile ...
Jusqu'où l'intolérance ira-t-elle ? De quoi se mêlent-t-ils ?
Ici, c'est l'histoire d'une brave femme voilée qui veut seulement sortir de chez elle pour la convivialité d'un groupe de couture à la MJC locale et se voit declarée persona non grata à partir de la rentrée 2009.
Cela se passe en Lorraine mais cela pourrait se passer près de chez vous, dans n'importe quelle ville ou village d'une France qui se vante d'incarner la lutte pour les Droits de l'Homme.
On ne devrait pas avoir honte de ce pays ?
Libellés : Islamophobie
29 juin 2009
Burqa: pourquoi ce débat maintenant?
Un texte de l'Organisation de Femmes Egalité qui a été publié sur le site de la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique:
En 6 jours, un débat national est monté « en mayonnaise » sans rapport avec un fait d'actualité récent: provoqué le 17 juin par André Gerin, député-maire PCF de Vénissieux (Rhône) sollicitant « la création d'une commission d'enquête sur la pratique du port de la burqa sur le territoire national », puis repris par 64 parlementaires soutenant la demande, ensuite ce sont les ministres du gouvernement qui rentrent dans le débat...finalement Nicolas Sarkozy s'exprime sur la question le 22 devant le Congrès réuni à Versailles et soutient cette requête, en demandant une commission d'enquête parlementaire. 6 jours de débat médiatisé par la presse, la radio et la télévision...
Pourquoi cette polémique aujourd'hui, en pleine crise économique accompagnée de ses retombées désastreuses pour les masses populaires? Pourquoi a-t-on fait de cette question un débat de politique intérieure qui occupe les esprits dans une situation internationale très tendue ? Liberté de la femme, respect de la dignité de la femme, respect de la laïcité, ...voilà les mots prononcés... Les uns proposent de légiférer, les autres pas, mais tous, absolument tous, ont participé à cette opération médiatique dangereuse qui peut conduire à des dérapages sérieux!
Faisons la part des choses: Le port de la burqa en France, c'est aujourd'hui un phénomène marginal, le débat lancé ne peut que contribuer à l'amplifier. Le nombre de femmes qui mettent cette tenue n'est pas très élevé; nous pouvons l'observer nous-mêmes dans nos quartiers, dans nos rues; le Ministère de l'intérieur lui-même signale « qu'il n'est pas en grande expansion ». Une chose est sûre, le débat déclenché contribue à amplifier cette question en exacerbant le communautarisme, en isolant encore davantage ces femmes, même si on ne défend bien évidemment pas le port du voile, encore moins le voile intégral. Comme à l'époque du débat lancé tous azimuts sur le voile à l'école, une fois de plus, à travers cette polémique, on désigne les populations musulmanes...Même si le port de la burqa n'est pas une obligation de la religion musulmane, ce sont à nouveau les femmes musulmanes qui sont montrées du doigt.
Pourquoi braquer les projecteurs sur cette question qui divise à un moment où les licenciements pleuvent? Pourquoi dresser les gens les uns contre les autres, quand on a besoin de nous unir pour faire face à tous ceux et celles qui veulent nous faire payer la crise? Des membres du gouvernement parlent de défense des droits des femmes, une fois de plus quel cynisme! Parler de nos droits quand, à la veille de cette polémique, ces mêmes membres du gouvernement ferment les yeux devant la liquidation des 104 emplois des ouvrières d'Aubade, qui sont mises à la porte après de multiples restructurations.
Multiplication des licenciements, augmentation du chômage,
extension de la précarité, chute vertigineuse du pouvoir d'achat... Il faudrait rappeler à ces messieurs et ces dames que pour qu'une femme puisse se faire respecter, il lui faut un travail et un salaire lui permettant de vivre et d'être autonome. L'autonomie est essentielle pour lever la tête, rester débout et faire valoir ses droits. Ce sont les femmes des milieux modestes qui pâtissent le plus de ce manque d'autonomie étant les plus touchées par le chômage; il les rend ainsi plus vulnérables à toutes sortes de pressions.Xavier Darcos, ministre de l'Education Nationale, est favorable à l'interdiction du port de la burqa en France au nom de la laïcité, « la burqa est une oppression » dit-il. On rêve! Ce même ministre enlève les moyens à l'école publique, laïque, pour accueillir les enfants. C'est lui qui a lancé les réformes tendant à faire disparaître l'école maternelle en France, alors que chacun sait l'importance de l'éducation pour ouvrir les esprits des enfants à la tolérance, au respect de l'autre, au respect des femmes. Quand c'est aussi l'éducation dans l'école publique et laïque qui donne les mêmes chances aux filles qu'aux garçons. Et que dire de Nadine Morano, qualifiant elle aussi le port de la burqa « comme une soumission de la femme ». Et elle met en place des jardins d'éveil, risquant de remplacer à terme les maternelles: déjà, des écoles privées confessionnelles se portent candidates pour les installer dans leurs locaux! Or, c'est la socialisation des enfants, filles comme garçons, garantie par l'école publique, gratuite dès le plus jeune âge, qui leur permet de s'éveiller.
La proposition d'interdire le port de la burqa sur la voie publique s'inscrit dans un contexte de développement de la répression et de limitation des libertés démocratiques. Il s'agit d'interdire une tenue vestimentaire à des femmes adultes. Cette proposition d'interdiction arrive à la suite d'une série de mesures et d'actes répressifs de plus en plus préoccupants telles que la répression et la criminalisation de la protestation sociale, la fouille des cartables au collège, les arrestations d'enfants, un fichage de plus en plus généralisé. Nous nous retrouvons devant une proposition d'interdiction d'une tenue vestimentaire dans la rue, c'est un pas supplémentaire de restriction des libertés individuelles !
Ce débat ne prépare-t-il pas les esprits à l'intensification des combats des troupes françaises en Afghanistan? Ce débat est lancé au moment même où l'engagement de la France en Afghanistan s'est renforcé, où elle réaménage son dispositif militaire en renforçant la présence des troupes dans les zones où se déroulent les combats, moment aussi, où elle s'apprête à envoyer plus d'hélicoptères cet été. C'est la médiatisation de la situation au Pakistan et en Afghanistan au moment de l'occupation de ce pays par les USA, réalisée par les troupes de l'OTAN, qui a fait connaître le port de la burka. L'oppression des femmes afghanes a servi de justificatif à l'envoi de troupes impérialistes dans ce pays. Après avoir détruit durablement l'Afghanistan, bombardé les populations, livré le pays aux seigneurs de guerre qui ont poussé la société afghane vers le chaos, après avoir enfoncé la majorité des femmes dans la misère et la pauvreté, le seul droit qu'elles ont gagné, c'est celui de vivre des situations d'insécurité totale! La situation de la grande majorité des femmes afghanes s'est aggravée, et le droit fondamental qui est le droit à la vie a été bafoué. Ce ne sont pas les troupes impérialistes en Afghanistan qui feront reculer le port de la burqa.
Une loi en France qui interdirait la burqa ne résoudra en rien le problème, bien au contraire. L'interdiction de la burqa ne fera qu'enfermer un peu plus les femmes... en effet, si elles n'ont plus le droit de la porter dans la rue, elles seront alors condamnées à rester chez elles et donc à couper tout lien social avec l'extérieur qui pourrait enfin les pousser à ôter la burqa d'elles-mêmes. Lorsque ces femmes vont chercher leurs enfants à l'école, elles rencontrent d'autres femmes, des institutrices qui les amènent à discuter. Voir ces femmes enfermées dans ce voile fait mal au cœur, pousse à la révolte... mais encore une fois, c'est un travail de fond qu'il faut faire avec elles et l'interdiction ne les poussera pas du jour au lendemain vers un nouveau regard sur la religion et le monde qui les entoure.
Cette loi ne libèrera pas ces femmes, loin de là.
Le Comité national
Le 23 juin 2009
Organisation de Femmes EgalitéAdresse postale: Foyer de Grenelle, 17 rue de l'Avre 75015 Paris Tél 06282 56282
femmesegalite@yahoo.com
http://www.femmes-egalite.org/
transmis par: Evelyne Perrin (La Fédération)
Libellés : Fédération, Islamophobie
21 juin 2009
Les parlementaires vont-ils se mêler du port de la burqa ?
Le parlement crée une mission d'information (et non pas une commission d'enquête) qui va travailler pendant six mois sur le port du 'voile intégral'. Cela a l'air plus anodin, et laisse - dans le fil droit de la stratégie de Sarkozy d'ouverture aux personnalités les plus réactionnaires de l'opposition - une large place à des députés de gauche.
Parmi les croisés de la laïcité "à la française" les plus acharnés on trouve en effet bon nombre de socialistes, ainsi que quelques communistes. A noter la présence parmi les signataires de la proposition de résolution déposée par le député communiste André Gérin, le chef de file de l'aile droite du PS, Manuel Valls, député-maire de la ville d'Evry (celui-même qui se plaignait récemment qu'il n'y avait pas assez de Blancs au centre-ville) et Aurélie Filipetti, une très proche de Ségolène Royal.
Dans l'esprit de ceux qui sont actuellement à l'offensive sur cette question, la finalité reste de toute façon la même. Il s'agit d'interdire tout simplement la burqa. Nicolas Sarkozy a déclaré la veille que la burqa "ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la république". C'est une expression qui désigne clairement cette pratique comme 'étrangère', alors que la majorité de celles qui la portent sont certainement des Françaises, de culture musulmane ou converties.
SIGNEZ
Contre une nouvelle loi islamophobe
COMME IL FALLAIT S'Y ATTENDRE ...
Des inscriptions racistes trouvées sur une mosquée du Pas-de-Calais
Le point de vue d'Alain Gresh, sur son blog Nouvelles d'Orient ...
Pourquoi maintenant ? demande la rédaction d'Oumma.com
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Et voilà que la « polémique » sur le port de la burqa est lancée par quelques députés (1) (en mal de notoriété ?) qui ont déposé un projet de loi visant à établir une « commission d’enquête ».
Si polémique il y a, les médias s’engouffrant dans la brèche, elle est entièrement fabriquée, comme pour d’autres histoires du même genre.
Certes, le port de la burqa peut surprendre et dérouter, y compris chez des musulmans très pratiquants, mais il reste un phénomène extrêmement marginal.
Il n’existe aucune preuve non plus qu’il se développe, comme prétend par exemple Rachida Dati. (La nouvelle députée européenne remerciée par Sarkozy préfère sans doute que toutes les musulmanes portent des robes Christian Dior assorties de sacs Louis Vuitton pour démontrer qu’elles sont bien intégrées.)
Ce qui se développe bien, en revanche, c’est une islamophobie parfois revendiquée, parfois sournoise (surtout à gauche) qui a comme effet de nous diviser ... pour mieux régner.
Quand à Fadela Amara, la face inacceptable du sarkozysme dans les quartiers populaires et auteure d’un ‘plan banlieue’ qui a fait long feu, elle est carrément pour l’interdiction. Ni Putes Ni Soumises lui ont emboîté le pas. Rama Yade, qui s'occupe paraît-il de la politique de la France en matière de droits de l'homme, "n'est pas contre" l'interdiction (courageuse, celle-là).
Cela devrait nous servir d’avertissement.
(1) Des 58 députés signataires, 7 sont membres du Parti socialiste, et 3 du Parti communiste.
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Créer de toutes pièces une « polémique » trahit en général une volonté de faire diversion. Il est en effet intéressant pour les défenseurs du statut quo social en temps de crise économique, politique – plus de 60% d’abstention lors des européennes – et idéologique de détourner l’attention vers un « problème » de société. Encore mieux s’il s’agit d’un groupe étranger ou perçu comme tel.
Parler d’ « islamistes » et d’ « extrémistes religieux » a la même fonction politique que d’exploiter quelques faits divers pour justifier de nouvelles mesures autoritaires.
La burqa et la prétendue défense des « droits des femmes » (par des gens peu connus pour leurs convictions féministes) sont dans ce contexte un pur prétexte.
Pour une partie de la gauche il peut aussi s’agir de faire ‘bloc’ autour de quelques valeurs consensuelles mais mal définies comme la laïcité, même si la direction du PS en la personne de Martine Aubry, qui est maire d’une grande ville avec une forte population d’origine maghrébine, reste très prudente.
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Même si la majorité des signataires de la demande de commission d'enquête sont des conservateurs, faire campagne contre la burqa ne fait pas l'unanimité à droite.
On entend même d'ici et là des mots de bon sens. « On n'empêche pas les gens de se balader le nombril à l'air, je ne vois pas pourquoi on les empêcherait de se balader avec un voile sur la tête, à une condition: que ce soit voulu et non subi », a déclaré Alain Juppé. « Qu'on se promène avec un nez rouge ou une burqa, cela relève des libertés individuelles », a jugé le député UMP et maire de Vannes François Goulard. Mais ne comptons pas sur ceux-là pour mener un combat sur cette question si le 'guide suprême' de l'Elysée en décide autrement.
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Il s’agit, pour certains défenseurs d’une loi, d’interdire la burqa non pas en tant que signe religieux mais parce que c’est une pratique qui isole la femme et l’empêche de jouer son rôle de citoyen. (Leur solution consiste à les empêcher de sortir dans la rue.) La burqa, nous disent-ils, n’est pas comme les autres formes du voile ou le ‘foulard’ islamique.
Argument à double tranchant. Si c’est le cas, pourquoi ne pas accepter partout le port du hidjab ou d’autres formes de voile qui n’isolent en rien la femme, et dont la seule véritable signification est d'être justement un signe religieux ? (Par contre, stigmatiser le port de ces vêtements comme font les partisans acharnés de la ‘laïcité à la française’ contribue grandement à créer la suspicion et à renforcer les réflexes d’auto-défense que certains appellent communautarisme.)
Curieusement, pour faire la démonstration que l'attaque contre la burqa n'a rien à voir avec une quelconque islamophobie, on commence à voir aux informations des interviews avec quelques femmes portant le hidjab - soit pour expliquer qu'elles sont contre la burqa qui "n'a rien à voir avec l'islam", soit pour déplorer la stigmatisation des musulmans en général. C'est presque un progrès dans la reconnaissance de la diversité culturelle. Mais il y a fort à parier qu'elles disparaîtront des écrans dès que le "problème" aura été réglé.
En réalité, ceux qui prônent l’interdiction de la burqa sont souvent les mêmes qui ont fait campagne pour la loi de 2004 interdisant le port du foulard dans les écoles. Ce sont eux qui parfois tentent d’étendre cette loi de façon injustifiée à des mères de famille voilées dans le contexte d’activités scolaires, à des étudiantes ou à des chercheuses, et qui insistent sur l’atteinte à la laïcité que constituerait selon eux le port de signes religieux par des fonctionnaires ou assimilés. (Je maintiens qu’il n’en est rien et que leur interdiction dans la fonction publique est une atteinte aux droits des salariés).
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Dans certains pays il existe des lois imposant le port de la burqa ou du foulard, au nom d’une interprétation autoritaire et étatique de la religion. Nous nous opposons à de telles lois et soutenons tous ceux et toutes celles qui voulons briser leurs chaînes.
Nous sommes pour la liberté de choix qui est une valeur fondamentale de la gauche, tout comme le droit d'exprimer ses convictions politiques, philosophiques ou religieuses. C’est au nom de ce principe de liberté de choix que nous devons nous opposer fermement à toute tentative d'interdiction.
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Certains prétendent que l’interdiction permettrait à des femmes soumises et obligées de porter la burqa de se libérer. Le même argument fut utilisé lors du vote de la loi de mars 2004. Il fallait « obliger les filles de se libérer malgré elles ». Dans une version plus hypocrite courante dans la gauche et l’extrême gauche (ceux qui étaient "contre le foulard" et "contre la loi" mais n'ont rien fait pour l'empêcher), il fallait « dialoguer avec elles jusqu’à ce qu’elles décident d’elles-mêmes de l’enlever ».
Tous ces arguments ont en commun qu'ils n'acceptent jamais que seules les femmes en question aient le droit de décider ou pas ce qu'elles portent.
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La Commission d’enquête parlementaire permettrait, nous dit-on, d’établir s’il y a vraiment soumission ou obligation de porter la burqa. Personnellement je ne fais aucune confiance au parlement – composé comme il est essentiellement d’hommes blancs convaincus en grande partie des « effets positifs de la colonisation » - pour enquêter de façon objective sur cette question. Ce sont eux qui ont crée la Commission Stasi sur le port du voile à l’école qui a ‘oublié’ d’interroger une seule femme voilée jusqu’au dernier jour.
Le but parfois avoué des députés qui propose la création d’une Commission « pour enquêter » est de l’interdire. Nous devons leur répondre par un franc 'Non' : ils ne passeront pas.
Libellés : Islamophobie
18 juin 2009
Stop attacks on the Muslim community
Muslims in Britain are facing attacks on many fronts.
These include:
The high-profile arrests under terror legislation of Muslims who are subsequently released without charge, creating a climate of fear and harassment;
An increase in violent attacks on Muslims in the streets and on Muslim places of worship;
The targetting of Muslims by the far-right British National Party;
Aggressive policing of Muslims on demonstrations, apparently designed to deter them from participating in peaceful protests;
The racist misrepresentation of Muslim views and practices in the mass media;
The political harassment of Muslim leaders by government ministers.
These and other developments threaten to create a climate of hostility towards Muslims in Britain in contradiction to traditional tolerance and damaging to community cohesion.
We believe that all people should come together in support of Muslims in Britain, and not leave them to confront these challenges alone.
We call for a broad-based campaign to confront the growth of racist attitudes towards Muslims and rising governmental and state harassment of Muslim citizens.
Signed:
Daud Abdullah Muslim Council of Britain, Annas Al-Tikriti British Muslim Initiative, Amir Amirani filmmaker, Lord Ahmed, Mohammed Ali Islam Channel, Moazzam Begg ex-Guantanamo prisoner, Tony Benn, Lauren Booth journalist, Louise Christian human rights lawyer, Jeremy Corbyn MP, Professor Terry Eagleton, David Edgar playwright, George Galloway MP, Lindsey German Convenor StWC, Father Alan Green Chair of Tower Hamlets Inter-Faith Forum, Shamiul Joarder Friends of Al-Aqsa, A.L.Kennedy writer, Bruce Kent, Ken Loach filmaker, Lowkey rapper, Alice Mahon, Drew McConnell Babyshambles, John McClure Reverend and the Makers, Councillor Abjol Miah, Seumas Milne journalist, Andrew Murray Chair StWC, Peter Oborne journalist, Gareth Pierce human rights lawyer, Murad Qureshi AM GLA, Mohammed Sawalha BMI, Mark Serwotka General Secretary PCS, Phil Shinerhuman rights lawyer, Clare Short MP, Jonathan Steele journalist, Baroness Jenny Tonge, Walter Wolfgang, Councillor Salma Yaqoob
En France, nouvelle édition du DVD Un racisme à peine voilé (disponible en septembre 2009)
Libellés : Islamophobie
16 juin 2009
Cette fois-ci, merci Simon Tivolle !
Une fois n'est pas coûtume, je vais dire du bien d'un chroniqueur de France Inter, d'autant plus que je l'ai vivement critiqué récemment pour un billet dans lequel il se pose en champion de la 'laïcité à la française' et la loi de mars 2004 sur les signes religieux à l'école, contre un certain Barack Obama. D'ailleurs, ma critique ne portait pas tellement sur le fond de sa pensée (malheureusement assez banal) que sur ses dérapages de langage qui frôlaient l'islamophobie du café du commerce.
Aujourd'hui, Simon Tivolle a rendu compte de façon claire et informative de l'affaire Vincent Geisser, le chercheur et spécialiste de l'islamophobie qui est poursuivi pour diffamation (dans un email privé) par le fonctionnaire sécurité defense (!) du CNRS - un fonctionnaire qui semble concevoir son rôle comme celui de 'police de la pensée' - et convoqué par son employeur, le CNRS. Je fais partie des premiers signataires de la pétition qui circule à ce sujet.
Libellés : France Inter, Islamophobie, Vincent Geisser
09 juin 2009
France Inter se pose en champion de la 'laïcité à la française' contre Barack Obama
Le journaliste Simon Tivolle, auteur d'un 'billet' sur France Inter, a commis ce matin une très violente attaque contre Barack Obama et en passant a épinglé Sarkozy lui-même.
Preuve de l''indépendance' et de l'impertinence' de cette chaîne de plus en plus prétentieuse (c'est sans doute la marque de Demorand qui se prend pour quelqu'un tous les matins de 7 à 10) ? Il ne faut pas, en l'ocurrence, beaucoup de courage pour défendre un point de vue largement partagé à gauche comme à droite.
Tivolle a-t-il donc critiqué Obama pour sa décision de ne pas libérer tous les prisonniers détenus illégalement à Guantanamo et ne pas poursuivre leurs tortionnaires ? Eh bien, non. Ou parce qu'il veut augmenter le budget militaire des Etats-Unis et étendre la guerre en Afghanistan et au Pakistan ? Non plus.
C'est parce qu'il défend, dans certains cas, la peine de mort ?
Peut-être que le journaliste n'approuve pas la façon dont Obama a donné des leçons de morale aux Palestiniens et son soutien ostentatoire au dictateur égyptien Moubarak ?
Tivolle est-il en colère contre Sarkozy qui se félicite du rapprochement de la France avec l'OTAN ? Ou parce que le président français poursuit sa politique de quotas en matière de reconduction à la frontière ? Ou pour ses promesses non-tenues aux travailleurs licenciés par des entreprises qui délocalisent ? Ou bien pour avoir voulu faire passer ses 'réformes' en force, en réduisant les effectifs dans l'Education Nationale ?
En fait, rien de tout cela. Ce qui met Tivolle en colère (et Marianne, d'ailleurs, qui parle au nom de toutes les Musulmanes du monde) c'est l'idée que le président des Etats-Unis n'approuve pas la loi française (raciste et sexiste comme nous avons expliqué régulièrement depuis 2004) interdisant les signes religieux à l'école. Et que Sarkozy lui-même n'est pas loin de partager cette opinion (rappelons que Sarkozy avait semble-t-il quelques réticences vis-à-vis de cette loi intolérable, mais il a bien voté pour).
Emporté sans doute par son élan, Tivolle lâche quelques phrases douteuses ("la danse du ventre sémantique d'Obama" ou "il n'est pas sûr qu'Obama ait choisi le meilleur angle pour attaquer les barbus") qui plairont à tous les lepenistes, devilliéristes et autres islamophobes. Il prouve ainsi qu'être journaliste sur la chaîne de référence des classes moyennes françaises ne garantit pas contre la démagogie populiste (et avec Val on serait encore mieux servi).
Pour Tivolle, la position d'Obama ne peut pas être une position de principe - il doit parler ainsi pour des raisons liées aux intérêts géopolitiques des Etats-Unis. Peut-être. N'empêche que sa position est juste. Elle est même à mon avis la seule qui est défendable d'un point de vue intellectuel, éthique et démocratique.
Il s'agit tout simplement de dire : respectons la liberté de choix et laissons le choix de porter le voile (ou n'importe quel vêtement ou insigne religieux ou autre) à celles que cela concerne - les femmes.
Quant aux idées émises par Sarkozy sur le rôle du "curé et du pasteur" (curieusement il ne parle ni du rabbin ni de l'imam) dans la transmission des valeurs du "bien et du mal" et le soutien qu'il a apporté aux autorités religieuses à plusieurs reprises, c'est évidemment de notre point de vue un signe de plus que Sarkozy est un conservateur et défenseur de l'ordre existant. Qu'il ne soit pas un chaud partisan de l'interdiction de porter le voile ne doit pas surprendre.
Mais quand Tivolle conclut ainsi: "Ça commence à faire beaucoup. Il serait bon que le président de la République prouve, un de ces jours, son attachement à la neutralité religieuse du Pouvoir. Chacun chez soi : les curés d'un côté, l'Etat de l'autre", il oublie tout simplement que la question du libre choix de porter le voile ne concerne ni "les curés" ni "l'Etat", mais les croyantes elles-même. Et personne d'autre.
Libellés : France Inter, Islamophobie


