29 août 2009

 

Nouveau tract des Marxistes Unitaires contre l'islamophobie

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Voici un lien vers le nouveau 4-pages en couleur des Marxistes Unitaires contre l'islamophobie. Il faut être un peu patient, car il est en format PDF. Ensuite vous pouvez l'imprimer. A circuler le plus largement possible : Pourquoi il faut se battre contre l'islamophobie J'ai également écrit un article sur cette question pour le n° 1 de la revue Marxistes (à paraître sous peu).

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12 août 2009

 

FOULARD, NIQAB, BURQA : DEFENDONS LA LIBERTE DE CHOIX

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Marxistes Unitaires sortent un 4 pages contre l'islamophobie. En voici un extrait ...

En 2009 des députés de droite et de gauche (3 membres du PCF et 7 du PS) s’en prennent à une poignée de femmes qui portent le niqab ou la burqa (des voiles qui couvrent tout ou une partie du visage). Ils veulent les bannir de l’espace public. Une des conséquences d’une telle loi serait de renvoyer des femmes voilées à la maison. Est-ce que c’est cela qu’ils veulent ?

Quoi qu’il en soit, ils encouragent les pires racistes et les nostalgiques du colonialisme qui fantasment au sujet des musulmanes ‘porteuses de bombes’.

Nous sommes résolument opposés à toute nouvelle loi. Nous défendons un principe simple : la liberté de choix. Ce n’est pas aux hommes de dicter comment les femmes doivent s’habiller. Ce n’est pas aux médias, aux partis, aux députés, aux institutions de le faire, non plus.

Porter un foulard ou un voile (ou une barbe !) islamique, un turban sikh, un crucifix ou une kippa ne nuit en soi aucunement aux droits de l’autrui. Librement assumées, ces pratiques religieuses ne concernent que ceux et celles qui les choisissent.

Ce principe vaut pour tout(e) citoyen(ne) quelque soit sa fonction. Quand Nicolas Sarkozy dit, suivi de la gauche toute entière, « les fonctionnaires ne doivent pas avoir de signe visible de leur appartenance religieuse (...). C'est ce que nous appelons l'impartialité de l'administration, la laïcité », nous répondons qu’il porte atteinte aux droits des salariés. En quoi le fait de porter un voile ou un turban nuit à la qualité du service public ? Les salariés du secteur public doivent avoir les mêmes droits de ceux du privé.

Mais il faut aussi reconnaître que, aujourd’hui en France, il est difficile pour une femme voilée quelque soit son niveau de qualification de trouver un emploi salarié en dehors de la communauté musulmane, et que des discriminations existent dans les domaines du logement et des équipements collectifs, dans le secteur public comme dans le privé.

Le véritable problème, ce n’est pas une quelconque « atteinte à la laïcité » (c’est le principe de la neutralité des institutions, de l’égalité d’accès aux services publics) mais le racisme et la discrimination.

Construire une mosquée ou une synagogue dans une société où le paysage est littéralement façonné par des églises est une simple mesure d’équité. Aménager une salle de prière sur un lieu de travail ou proposer des menus adaptés aux différentes pratiques religieuses sont de simples mesures techniques qui ne posent aucun problème dans une société ouverte et tolérante. Pourtant, aujourd’hui en France, de tels « accommodements » sont régulièrement contestés et les musulmans doivent surmonter des obstacles administratifs ou politiques importants.

La liberté de croyance, de pratique et d’expression religieuse, philosophique et politique est un droit démocratique fondamental que nous devons défendre concrètement.

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29 mai 2009

 

Élections européennes 7 juin 2009 : Voter anticapitaliste, agir dans l’unité

NOUVEAU
Les Alternatifs www.alternatifs.org

Communiqué 5 juin 2009

Des député-e-s du NON, élu-e-s au parlement européen, c'est possible et souhaitable!

7 JUIN pas d'abstention VOTEZ pour l'une des listes du NON de gauche. Deux listes en France se situent clairement dans l'héritage du « NON de gauche » de 2005 : celle du FRONT DE GAUCHE et celle du NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE.

Un score important de ces listes et l'élection de député-e-s confirmerait la volonté des citoyen-ne-s d'une autre Europe alternative au consensus libéral et anti-démocratique actuel entre droite et social-démocratie.

LES ALTERNATIFS, FAVORABLES AU RASSEMBLEMENT DES COMPOSANTES DU NON DE GAUCHE SUR UNE SEULE LISTE, REGRETTENT CETTE DIVISION ET APPELLENT A VOTER INDISTINCTEMENT POUR L'UNE OU L'AUTRE DE CES DEUX LISTES LE 7 JUIN.

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Un article paru dans le n° 8 du journal Anticapitaliste (mai 2009)

Depuis 2005, et la campagne victorieuse contre la constitution européenne, des aspirations unitaires sont nées à la gauche du PS. Si le "non" l'a emporté, c'est en bonne part parce que la gauche antilibérale s’était fédérée face à la mise en concurrence des salariés, au démantèlement des services publiques et des droits sociaux, à la stigmatisation des étrangers que cette Europe met en oeuvre.

L'aspiration à l'unité portée par tant de militants anticapitalistes lors des présidentielles a ensuite été mise en échec. Ces derniers mois, l'unité dans les luttes - soutenue par les trois quarts de la population - et la soif d'une vraie alternative à gauche face aux ravages de la crise auraient dû faire naître une liste unitaire de la gauche radicale pour les élections européennes de juin. Pourquoi les directions des partis politiques ne l'ont-elle pas souhaitée ? Les raisons invoquées sont-elles fondées ? Et si on pense l'unité nécessaire, comment y contribuer ?

La soif d’unité est grande

Un front unique électoral, composé du PCF, du Parti de Gauche (PG), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), et des autres forces altermondialistes aurait clairement permis d'élever la confiance de classe. L'arme la plus puissante des classes dominantes contre nous est la division. C'est pourquoi, dans nos quartiers, dans les luttes et aux élections - qui ne sont pour nous qu'un porte-voix, nous devons nous unir.

Un bon score aurait permis de crédibiliser davantage l'anticapitalisme. Une campagne unitaire aurait entraîné de nouvelles forces dans la bataille politique. Quoique laborieuse, elle aurait y compris permis aux révolutionnaires d’argumenter auprès de militants proches dans les luttes quotidiennes. Nous aurions pu ainsi construire une bipolarité dans la gauche, contre des partis socio-libéraux qui ont édifié l'Europe libérale avec la droite.

Le PG et le PCF ont proposé de rassembler autour du "Front de Gauche" tous les partis à la gauche du PS, écoutant ainsi les demandes d'unité réitérées par leurs militants et sympathisants. Le NPA s'est simultanément construit sur la volonté de fédérer un maximum de militants de tous horizons, au détriment d'ailleurs d'une identité clairement révolutionnaire.

Pourquoi l’unité n’a pas eu lieu ?

Les directions du NPA et du PCF ont respectivement et à leur hauteur une responsabilité dans l’absence d’unité. Lors du congrès fondateur du NPA, une résolution adoptée à une large majorité affirmait "la volonté de rassembler tous les anticapitalistes"... Quelques jours plus tard, son premier Conseil Politique National décide de ne pas y donner suite. Il a en premier lieu considéré impossible de s'allier avec un PCF qui, attaché à ses élus, continuera aux élections régionales suivantes à faire cause commune avec le PS.

Il donne deux arguments :

- “ L'unité doit porter un projet anticapitaliste au contenu précis ” ; en l'espèce, la mise en avant de la question du nucléaire, bien que juste, représente-elle un motif de rupture pertinent ?

– L'unité ne doit pas être “ un cartel électoral sans lendemain ”. Cet argument n'a jamais été utilisé auparavant lors d'innombrables alliances électorales faites par la LCR. Cela sent l'argument de circonstance. D'autre part, notons que les Alternatifs, avec qui le NPA espérait s'allier, ont aussi cogéré des exécutifs municipaux avec le PS, comme à Nantes.

Cet apparent souci de fermeté, pour l'instant plébiscité par les nouveaux militants du NPA, ne pouvait que rendre l'alliance impossible. La direction du NPA espère qu'avec ce positionnement, il atteindra un bon score électoral qui aidera à construire le parti. C'est probable, mais il y avait une autre voie, plus utile pour la lutte de classe.

De son côté la direction du PCF si elle se présente comme unitaire, c’est avant tout dirigé contre le NPA. Depuis l’appel à la constitution du Front de Gauche, la Fédération (qui regroupe des militants individuels ainsi que des organisations et associations comme les Alternatifs, Alternative Démocratie Socialisme, la Coordination Nationale des Collectifs Unitaires antilibéraux, les Communistes Unitaires, les alterekolos, Ecologie Solidaire et le Mouvement Utopia) a répondu positivement mais s’est vu opposer un refus catégorique du PCF. En effet la direction buffetiste a refusé en particulier la présence des Communistes Unitaires au PCF par crainte du développement d’une opposition à sa politique sur sa gauche. La Fédération a tenté à plusieurs reprises des discussions pour rejoindre le Front de Gauche et si le PG n’y était pas opposé, le PCF à coupé court à ces tentatives.

La concurrence électorale tue la fraternité du débat

Des débats fermes mais fraternels au cours d'une campagne commune auraient permis de tirer devant un public beaucoup plus large le bilan des participations du PCF à la gestion des régions avec le PS : elles ne servent pas les intérêts de notre classe. La question doit être expliquée politiquement, plutôt qu'être lancée comme un anathème entre militants. Le PCF aurait davantage payé son très probable ralliement au PS dans le cadre d’un front électoral commun. Le PG de Mélanchon est dans une situation un peu plus incertaine ; il n'a scissionné du PS que récemment. Même si ses dirigeants sont ouvertement réformistes et qu'ils envisagent de changer le système depuis les institutions existantes, ses militants, notamment les nouveaux, auront plus de difficulté à s'allier avec le PS.

Les luttes et les débats doivent être au centre de la stratégie des anticapitalistes. S’il est assurément plus confortable de rester entre mêmes sensibilités que de prendre les risques d'une campagne unitaire, ce n'est pas à la hauteur des enjeux. Même si à moyen terme, une alliance vraiment durable est difficilement possible, car lors d'une crise sociale majeure, la direction du PCF ne fera jamais les mêmes choix que les révolutionnaires, l'enjeu est de préparer une force pour renforcer la combativité et élever la conscience politique.

Une lecture de classe du vote : des aspirations convergentes

Le Front de gauche et le NPA, en s'opposant à Sarkozy, à l'Europe capitaliste et au traité de Lisbonne, sont sur des créneaux très proches. Notre lecture de ce vote doit être une lecture de classe. Malgré la participation de Mélanchon ou Buffet à un gouvernement avec le PS, et l'inscription dans une longue tradition de gestion du capitalisme, ceux qui voteront pour cette liste le feront pour défendre radicalement les droits sociaux. Dans le tract du Front de Gauche distribué dans les cortèges le 19 Mars, M.-G. Buffet déclare : “ La seule issue à la crise c'est l'appropriation sociale des marchés et la prise de pouvoir des salariés dans les entreprises ! ”. Pour mesurer le degré de résistance des travailleurs, il est pertinent d'additionner les votes pour ces deux listes. Ce regard global ne doit pas pour autant gommer une divergence fondamentale sur les moyens d'arriver au même but.

Le socialisme par les urnes ou par les luttes ?

Le NPA se construit sur une base anti-institutionnelle : l'assurance de ne jamais se compromettre avec le PS pour participer à des exécutifs. Il y a une grande différence entre présenter des militants pour porter les revendications des mouvements dans les instances et le fait de devoir assumer une solidarité de gestion avec le PS. Même s'il est possible d'obtenir quelques nouveaux droits (par exemple, les élus alliés au PCF au conseil régional d'Île-de-France ont obtenu la carte de transport gratuite pour les chômeurs), dans le même conseil, l'adjoint PCF chargé de l'économie avait voté la subvention à Danone qui venait de licencier les ouvriers de LU. A contrario, les élus que la LCR avait obtenu à Clermont-Ferrand en réalisant une fusion technique de sa liste avec celle du PS au second tour, s'intégraient dans un accord PS-LCR clair : aucune discipline commune de vote. L'invasion du conseil municipal par les manifestants a même été organisée lors d'un débat sur l'implantation d'un incinérateur. Dans cette campagne, le Front de gauche défend la nécessité de contrôler la production, sans aborder le problème de la mainmise de la bureaucratie étatique. Plus grave, ils entretiennent l'illusion que le vote est “ une chance exceptionnelle (...) d'exercer le pouvoir qui leur est partout refusé. ”

Le pouvoir collectif des travailleurs est la finalité autant que le moyen de réaliser le socialisme. Sur ce point, le NPA, qui organise par exemple dans le sud-ouest des manifestations régionales pour donner des suites aux journées d'actions nationales, est absolument clair. L'élection n'est qu'une occasion éphémère d'exprimer notre résistance permanente. Mais si cette divergence est à prendre en compte, elle ne justifie pas la division.

Clarifier et agir pour l’unité

Nous souhaitons que les élections européennes soient l'occasion d’un immense référendum contre Sarkozy, l'Europe capitaliste et tous les responsables de la crise. Seul le combat contre le capitalisme permettra de les renverser définitivement. Comme le PS reste un obstacle à dépasser et que la progression de l'anticapitalisme ne peut se baser uniquement sur l'auto-construction des organisations respectives, il faut maintenir le cap de l'unité.

Nous appelons donc à voter et à faire campagne pour le NPA car il entretient une saine distance par rapport au PS et que sa pratique est anti-électoraliste. Mais nous comprenons parfaitement ceux pour qui l'unité des anticapitalistes et des antilibéraux prime, et qui se battent dans le Front de Gauche. Nous lirons les votes pour ces deux listes comme l'expression convergente de la volonté de la classe à changer la société.

En terme militant, si nous appelons en priorité à rejoindre le NPA, et à participer à la construction d'une sensibilité unitaire en son sein, Marxistes Unitaires est une association qui rassemble des membres de tous les partis de la gauche anticapitaliste et antilibérale. En entretenant la fraternité durant la campagne, en prenant malgré les divisions électorales des initiatives communes dans la lutte de classe et en préparant mieux les prochains épisodes politiques, nous contribuerons à construire encore l'unité.

Nassima Rabhi et Daniel Lartichaux

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09 mai 2009

 

Sauvons les emplois, nationalisations immédiates !

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Un article de Laurent Bauer qui a paru dans le n° 8 du journal Anticapitaliste

Les capitalistes sont en ordre de marche afin de nous faire payer leur crise comme on a pu le constater lors du dernier sommet du G 20 à Londres. Pour Ian Tomlison cela s’est soldé par le prix de sa vie suite aux violences commises par les policiers assurant la « sécurité ». Sécurité des capitalistes contre celle des travailleurs qui signifie toujours plus de chômage et de précarité.

Continental, un symbole

Le combat des 1 120 ouvriers de l’usine Continental de Clairoix est devenu le symbole de la lutte pour la survie de nombre de salariés. En 2007, la CFTC majoritaire à l’usine de Clairoix, avait négocié un accord avec la direction de Continental qui menaçait déjà de fermer le site, pour faire passer les salariés de 35h à 40h de travail hebdomadaires sans hausse de salaires. Cela alors que cette année-là le groupe réalisait 1,02 milliards € de bénéfices. Ces ouvriers ont expérimenté le mensonge sarkozyste du « travailler plus pour gagner plus ». Le résultat fut bien de travailler plus mais pour gagner moins.

Respecter « l’Etat de droit »…

Les seules réponses du gouvernement sont de condamner très mollement en paroles l’attitude de la direction de Continental (1) mais de promettre par contre des « des interpellations et des déferrements devant la justice » (2) contre les ouvriers qui ont exprimé leur légitime colère contre la sous-préfecture de Compiègne. De la même manière la haine de classe du gouvernement s’affiche contre les travailleurs de Molex et Caterpillar qui ont osé séquestrer leurs directeurs. L’UMP a donc encouragé les dirigeants séquestrés à porter plainte. Laurence Parisot a déclaré à ce propos que « jamais l'injustice ou le désespoir ne justifient qu'on transgresse la loi car, très vite on ne serait pas dans un Etat de droit » (3). Ainsi exploiter et mettre au chômage des milliers de salariés relève de l’Etat de droit, mais que ceux-ci tentent de se défendre est une infraction à ce principe. L’Etat n’est pas un acteur neutre au dessus de la lutte des classes mais bel et bien l’instrument politique des capitalistes. La hausse des mesures répressives, liberticides et la criminalisation sans cesse grandissante du mouvement social en sont l’expression.

Une radicalisation des luttes

La droite et le patronat veulent nous faire croire que les séquestrations de patrons ne sont que des épiphénomènes (4) mais le pays connaît une hausse et une radicalisation de plusieurs secteurs (enseignement supérieur, hôpitaux,…). Christine Ockrent qui est à la tête de Radio France international a elle-même déclaré dans la presse people craindre d’être séquestré au vu du plan de suppression de 200 emplois qu’elle a annoncé (5). Villepin ne s’y est pas trompé, même si c’est par opportunisme, en déclarant qu’il existe « un risque révolutionnaire en France » (6). De plus les séquestrations ont permis des avancées beaucoup plus grandes que les négociations entre syndicats et dirigeants d’entreprises (7). Les salariés de Continental ont montré une claire radicalisation depuis 2007. Lors des présidentielles Clairoix a voté à 59,41% pour Sarkozy et Compiègne à 58,74% (8) donc largement au dessus de la moyenne nationale. Cela signifie que beaucoup ont tiré un trait sur les mensonges de la droite au sujet du pouvoir d’achat.

Pour des nationalisations !

Le gouvernement prétend agir pour préserver les emplois mais se moque de la condition des salariés livrés au chômage. Sa priorité a été de réduire les impôts des plus riches avec le bouclier fiscal et de donner une caution de 360 milliards € aux patrons de banques. Pour autant il serait très simple de sauver les emplois en nationalisant des entreprises comme Continental, Caterpillar, Molex qui licenciement pour délocaliser et qui continuent à faire des bénéfices même si ceux-ci peuvent baisser dans le contexte de la crise actuelle.

Il est plus que nécessaire que la gauche s’engage dans une campagne pour des nationalisations massives. L’interdiction des licenciements boursiers semble être partagée par la majeure partie de la gauche. Le PCF a déposé un projet de loi pour le 28 mai visant à leur interdiction (9). Benoit Hamon, porte parole du Parti Socialiste avait lui-même déclaré être favorable à une telle mesure (10). On peut se douter que la direction du PS n’est pas réellement favorable à cette proposition mais dans la période actuelle elle tente de gauchir sa ligne dans la perspective des prochaines échéances électorales. Cependant la question des nationalisations n’est que peu abordé or celle-ci permettrait concrètement de sauver des emplois. Le NPA se prononce pour l’interdiction de tous les licenciements mais cela ne peut paraître comme une mesure crédible pour des entreprises réellement en faillite. La nationalisation est le complément nécessaire à l’interdiction des licenciements boursiers. La revendication de nationaliser sans rachat ni indemnité les entreprises qui font du profit et/ou qui reçoivent de l’argent de l’Etat, donc des impôts des travailleurs, n’est que justice.

Si il pourrait être possible de créer un front sur la question des nationalisations et des licenciements boursiers il est nécessaire à l’intérieur de celui-ci de débattre de la question du contrôle des entreprises par les salariés et de la planification démocratique de l’économie. Le travail et l’économie sont des éléments qui déterminent et modèle le plus nos vies et nous n’y avons aucun droit de contrôle. La démocratie ne doit plus s’arrêter aux portes des entreprises.

Les divisions catastrophiques aux élections européennes rendent nécessairement difficile la possibilité d’une campagne au minimum tourné sur l’interdiction des licenciements boursiers mais il est plus que nécessaire d’impulser cela par en bas et en mettant la question des nationalisations comme centrale. Et une fois les élections passées il faudra encore plus mettre les directions politiques devant leurs responsabilités.

(1) Continental : Devedjian attaque, Hortefeux temporise, Challenges, 24 avril 2009
(2) Sous-préfecture de Compiègne saccagée: Alliot-Marie attend des interpellations, AFP, 23 avril 2009
(3) Séquestrations : Parisot pour des plaintes au cas par cas, Le Figaro, 21 avril 2009
(4) La séquestration des patrons n’est qu’un épiphénomène, L’Expansion, 23 avril 2009
(5) Christine Ockrent : elle craint d’être séquestrée, Voici, 22 avril 2009
(6) Villepin : il y a « un risque révolutionnaire en France », AFP, 19 avril 2009
(7) Séquestrations de patrons : Un rapport de force parfois payant pour les salariés, Le Point, 24 avril 2009
(8) http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/
(9) Jacqueline Sellem, Entreprise quel pouvoir d’intervention des salariés ?, L’Humanité, 25 avril 2009
(10) Hamon contre les licenciements boursiers, Libération, 9 décembre 2008

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08 mai 2009

 

Les prochaines réunions de Marxistes Unitaires

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Le programme des réunions de Marxistes Unitaires à l'université de Paris-Tolbiac est ici ...

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03 mai 2009

 

Bientôt en vente

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17 avril 2009

 

Les Journées Marxistes 2009

Crise du capitalisme et Révolution : Quelles perspectives pour les anticapitaliste ?

Deux jours de débats et de formations pour les anticapitalistes, le week-end des 25 et 26 avril 2009, au Restaurant des Vins, 3 rue Saint Sauveur 75002 Paris Métro Réaumur Sebastopole (lignes 3 et 4)

« Nous ne paierons pas votre crise ! » Ce slogan est en train de faire le tour de la planète, alors que les effets de la crise se font cruellement sentir pour des millions de salariés.

Le débat autour de l'analyse de la crise n'est pas une seule affaire d'universitaires ou de spécialistes. Comprendre la nature du système économique et les mécanismes qui mènent à la crise permet de se demander s'il est possible ou non de réformer le capitalisme aujourd'hui.

Si l'Association Marxistes Unitaires organise les journées Marxistes, c'est pour aborder l'actualité du marxisme comme réponse à la crise du capitalisme. Quelle société voulons-nous? Et comment faire pour y parvenir ? seront autant de thèmes abordés lors de ces journées.

Lors de ces deux jours de débats sera assuré une garde d'enfant* (au 1er étage), pour permettre à toutes et tous de pouvoir assister au débat(au RDC). Pour cela et pour nous permettre de louer la salle, nous demandons une participation de 2€ pour les lycéens, étudiants, chômeurs, Rmistes et de 3€ pour les salariés.

*Merci de prévenir à l'avance pour assurer un nombre de baby-sitter suffisant. Contact en fin de mail.

Le Programme des Journées

Samedi 25 Avril

10h30 : Accueil des participants

11h-13h : La Révolution Russe de 1917 : Lorsque les travailleurs s'emparèrent du pouvoir

Débat introduit par Laurent Bauer

13h-14h : Pause repas (bouffe collective)

14h-16h : Construire le mouvement antiguerre en France après le contre sommet de Strasbourg

Débat introduit par Daniel Lartichaux

16h30-18h30 : Marxisme et oppression des femmes

Débat introduit par Catherine Curran

19h-21h : Les Révolutionnaires face à la crise du capitalisme

Débat introduit par Benjamin Lormet

Dimanche 26 Avril

11h-13h : Anarchisme, une critique marxiste

Débat introduit par Adrien Nicolas

13h-14h : Pause repas (bouffe collective)

14h-16h : Quelle société voulons-nous ?

Débat introduit par Marie Geaugey

16h30-18h30 : Les révolutionnaires dans le mouvement anticapitaliste

Débat introduit par Otman Fekar

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06 mars 2009

 

Le mouvement en Guadeloupe : un témoignage direct


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Cet article a été écrit par Marie, une jeune camarade qui passait des vacances en Guadeloupe au moment de la grève générale. Elle a interviewé un syndicaliste sur un barrage routier en Basse-Terre.

Le mouvement de grèves en Guadeloupe a débuté en Décembre. Le LKP, Liyannaj Kont Pwofitasyon, qui regroupe de nombreux syndicats (dont l’UGTG, la FSU et la CGTG), a suspendu le mouvement après quelques journées, livrant ses revendications à l’examen du MEDEF et de l’Etat, et annonçant une reprise des grèves pour le 20 janvier si les négociations ne s’ouvraient pas avant cette date. Un mépris sans réserve a accueilli ces déclarations : ni l’Etat, ni le MEDEF, n’ont examiné les revendications, et le mouvement s’est déclenché. Depuis, la Guadeloupe est « bloquée ». Concrètement, de nombreux secteurs sont en grève (la poste, certains services audio-visuels, l’éducation, les employés du tourisme : aéroports, hôtels, etc, salariés du secteur primaire), des piquets de grèves sont organisés par le LKP devant des hôtels, stations services, ainsi que des barrages de routes. Si le mouvement est impressionnant, Patrice souligne bien que c’est parce qu’il est l’aboutissement d’une colère populaire qui remonte aux heures de la colonisation et de l’esclavage, dont beaucoup de guadeloupéens jugent ne pas être sortis. Les exploités ne sont pas les seuls à se sentir encore dans un système colonial : la communauté Béké, qui descend directement des premiers colons, légitime aujourd’hui encore sa domination économique de l’île par des propos racistes qui discriminent autant les Noirs que les Blancs (car les blancs « ignorants » développent le métissage). Les békés possèdent tous les hyper-marchés de l’île, et s’entendent pour fixer les prix, prétextant que les importations sont la cause de la vie chère. Mais ces importations n’expliquent pas tout : la tomate locale se vendait 6 Euros le kilo en Décembre dans tous les Carrefour ! Ce problème, spécifiquement colonialiste, se double du problème social qu’engendre partout le capitalisme : le patronat local exploite sans scrupules une population dont plus du quart en au chômage, et les salaires décollent rarement au-dessus du SMIG. Le résultat est sans surprise : 20% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté (site officiel de l’UGTG).

Le problème ayant enfin été pris au sérieux devant l’ampleur du mouvement, les négociations se sont ouvertes. Elles sont un nouvel exemple du mépris avec lequel les guadeloupéens, surtout quand ils ont des revendications sociales, sont traités par le pouvoir métropolitain : Jégo, représentant de l’Etat, s’étant engagé auprès du LKP sur une plate-forme de revendications à examiner, a été convoqué expressément par Fillon et a abandonné la table des négociations. De retour en Guadeloupe, il a tout bonnement nié ses engagements ! Durant toutes les négociations, le MEDEF s’est fait remarquer par sa mauvaise volonté : les organisations de petits patrons (qui ont, eux, des difficultés réelles à augmenter les salaires) ont presque toutes accepté les 200 Euros d’augmentation du SMIG. Jocelyn Maleama, président de l’association des commerçants du Moule, déclare : « 90% des entreprises sont favorables au mouvement » (France-Antilles du 15 février). Les arguments des grands patrons, repris par tous ceux qui dénigrent les grèves, sont les mêmes que ceux qu’utilisent Sarkozy pour criminaliser le mouvement social en France : le LKP ne serait qu’un petit groupe d’agitateurs non-représentatifs de la population, prise en otage par les grèves … Bref, « l’ultra-gauche » guadeloupéenne ! Or, le peuple guadeloupéen se trouve massivement représenté dans ce mouvement. Parmi les non-grévistes, beaucoup soutiennent le LKP et vont aux manifestations. L’Eglise même, dont l’influence sur la société antillaise est très forte, se montre favorable au mouvement : « une autre Guadeloupe est possible, si nous nous donnons les moyens de réorienter notre économie pour qu’elle soit au service des personnes et non du seul profit de quelques-uns » (Rencontre diocésaine des responsables catholiques de Guyane, Martinique et Guadeloupe, France-Antilles du 28 Janvier). Certains membres du clergé sont explicites : « On ne peut pas être dans l’Eglise et pour la pwofitasyon », déclare le Père Michel. Les économistes locaux, les spécialistes des conflits sociaux, sont très clairs : « Cette crise est celle de la refondation de la société Guadeloupéenne », analyse Patricia Braflan-Trobo, auteure d’un ouvrage de science politiques expliquant les mouvements sociaux en avril 2007. (France-Antilles, 28 janvier).

Soutenir que ce mouvement n’est pas représentatif, dénoncer le " climat menaçant " que le LKP fait régner lors des négociations (le MEDEF s’attendait sûrement à être accueilli avec des fleurs de balisiers ?), exiger l’arrêt des grèves au nom des salariés qui perdent leurs journées de travail (en oubliant au passage le quart de la population privée de travail, non par les grèves, mais par les choix économiques des gestionnaires de l’Ile, comme l’importation de produits pouvant être cultivés sur place), c’est tout un argumentaire bien connu en métropole, comme dans les DOM-TOM, comme partout dans le monde. Mais bien faible face à la légitimité du LKP, qui progresse dans la satisfaction de ses revendications.

Pourquoi le MEDEF se défend-il avec autant d'acharnement ? (si ce n'est avec des arguments valables). L'hypothèse du manque de moyens pour augmenter les salaires est bidon : Wily Angèle, le président du MEDEF en Guadeloupe, ne possède pas d'entreprises sur place (d'où la question "Combien de salariés en Guadeloupe, Angèle?" qu'Elie Domota lui adresse souvent en réunion, et qui reste toujours sans réponse ...). Si le MEDEF rechigne tant à signer cet accord, c'est à cause de la portée qu'aura partout en France une telle victoire sociale. En France métropolitaine, la crise sociale est de plus en plus visible, les grèves se multiplient dans tous les secteurs. Les yeux de tous sont tournés vers les luttes antillaises, et le recul du MEDEF local sera le signe de sa faiblesse nationale. La victoire du LKP, celle du peuple guadeloupéen, des victimes de la "profitation" sera celle de tous les mouvements de contestations sociale, économique, et politique !

Interview de Patrice, gréviste du LKP (propos recueillis sur la route entre Bouillante et Mahaut, lors du blocage de cette route par un groupe du LKP)

Quelle est la nature de vos revendications, à qui les adressez-vous ?

Nos revendications sont des revendications de justice sociale. Ce n’est pas normal qu’en Guadeloupe, la plupart des salariés ne sont qu’au SMIG. Les fonctionnaires touchent 40% en plus pour affronter la vie chère, et c’est légitime. Mais pourquoi les salariés du privé n’ont pas droit à la même augmentation : ils sont confrontés au même prix de la vie ! Eli Domota, le leader du LKP, est directeur-adjoint de l’ANPE et bénéficie de ces 40%. Et comme tout Guadeloupéen qui veut la justice, il réclame les 200 euros d’augmentation du SMIG : exactement une augmentation de 40%. Ensuite, nous espérons qu’une justice sociale aboutira une autre justice, l’égalité des races. Le racisme en Guadeloupe, plus encore qu’en métropole, est social et économique. Les Béké possèdent presque toutes les terres agricoles, et 60% des grands centres de distribution alimentaire. Ils exploitent par le travail ceux d’entre nous qui sont dans le primaire, et ils exploitent toute l’Ile par la consommation. Ce sont eux qui fixent les prix. Nous considérons cette communauté comme responsable de notre situation sociale injuste. Mais ce ne sont les seuls. Dans le domaine industriel, on a des patrons qui exploitent autant que les békés, et qui viennent de la métropole. Nos revendications s’adressent au MEDEF, aux békés, et à l’Etat français qui laisse faire ça. L’Etat français aujourd’hui nous traite comme une colonie, nous dénonçons cette relation, qui est une relation de profitation, et d’exploitations des petites classes sociales.

Cette justice fondée sur l’égalité des peuples que vous espérez, c’est le sens du slogan « la Gwadeloup cé tan nou, la Gwadeloup a pa ta yo » ?

Tout-à-fait. Ce slogan choque les touristes métropolitains, qui croient que notre combat est un combat raciste, et donc un combat contre eux. Or, c’est tout le contraire : notre combat est contre le racisme. « la Guadeloupe, c’est pas à vous », ça ne s’adresse pas aux touristes, ni aux blancs ! ça s’adresse avant tout aux békés, qui ne sont pas du tout des blancs, qui se revendiquent comme une race à part. Et ça s’adresse à ce patronat métropolitain, qui vient ici pour exploiter une population où les salariés dépassent rarement le SMIG. Nous considérons ce comportement patronal et des békés comme une continuation de l’esclavage, c’est ça que nous appelons la « profitation ». Nous parlons de « révolte nègre », on parle tout aussi bien de « révolte d’esclaves modernes », de toutes les victimes de la profitation : beaucoup de gens différents, des noirs africains, des coulis, des métis, des blancs…

Comment le LKP fait-il pour fédérer toutes ces revendications, venant de tant de gens différents ?

Ce mouvement c’est l’aboutissement d’un ras-le-bol populaire, présent dans les petites classes sociales et même chez les favorisés qui veulent la justice. Ce ras-le-bol est présent dans les Antilles depuis très longtemps, et le LKP prépare ce mouvement depuis plus d’un an. La crise financière mondiale a aggravé la situation, et le mouvement a été lancé en Guadeloupe. Il a très vite été suivi par la Martinique, qui connaît la même situation de profitation, puis la Guyane et la Réunion.

Et à quoi espérez-vous aboutir ?

Tout d’abord, nous voulons que nos revendications soient satisfaites, y compris et surtout les 200 Euros d’augmentation. Pour cela, les négociations doivent se passer dans le respect, ce qui n’est pas fait par l’Etat français, qui a rappelé Jégo parce qu’il avait accepté de signer un accord. L’Etat français s’est décrédibilisé. Ensuite, les guadeloupéens doivent réfléchir à un changement de statut. Mais ce changement exigerait des sacrifices économiques.

Votre mouvement est considéré comme un exemple par beaucoup de militants en France métropolitaine. Selon vous, est-ce possible de déclencher un tel mouvement là-bas ?

Je pense que c’est plus difficile là-bas, parce que les choses sont plus compliquées. Là-bas, vous avez toujours l’exemple d’un gars qui s’en est sorti, en travaillant, en étudiant. C’est possible pour un petit nombre, le reste des gens voient cet exemple et se disent : « moi aussi je peux m’en sortir ». C’est une illusion, bien-sûr, mais ça suffit pour empêcher les gens de se mobiliser. Ici, la situation est claire, les gens ont conscience d’être exploités, ça fait des années qu’ils n’en peuvent plus. Et ils savent très bien qui sont leurs ennemis : regardez ces jeunes, la semaine dernière, qui sont partis sans payer des magasins : c’était des grandes surfaces békés … les gens savent très bien. Si notre mouvement aide les métropolitains à se rendre compte qu’eux aussi sont exploités, c’est une victoire pour nous.

(« profitation » : traduction par néologisme, employé en Guadeloupe, du terme créole « pwofitasyon » )
(Patrice est un pseudo, le gréviste ne souhaitant pas que son nom soit diffusé, par crainte des répressions)


Cet article paraît dans le numéro 7 du journal Anticapitaliste qui vient de paraître. Disponible auprès des militants de Marxistes Unitaires ou en laissant un message sur ce blog.

NOUVEAU : Ce que le LKP a obtenu (augmentation des bas salaires, baisse de certains prix, recrutement dans l'Education Nationale, reconnaissance de la langue créole ...)

NOUVEAU : Le numéro 6 (février 2006) du journal Anticapitaliste a été mis en ligne (format PDF)

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09 décembre 2008

 

Greek mass movement rises up against state

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Qu'est-ce qui se passe en Grèce ? Cet article en anglais de Panos Garganas, membre dirigeant de l'organisation révolutionnaire SEK, nous aide à comprendre. Paru dans Socialist Worker, 13/12/2008.

SOLIDARITE AVEC LE MOUVEMENT SOCIAL GREC

VIRONS LES GOUVERNEMENTS LIBÉRAUX

Samedi 6 décembre, un policier grec a abattu un militant de 15 ans, Andreas
Grigoropoulos, d'une balle dans le coeur. Le lendemain, des milliers de manifes-
tants ont demandé la justice et la démission du gouvernement.

Depuis la chute de la dictature des colonels en 1974, la police n'a jamais été purgée des anciens tortionnaires. La police grecque entretient encore des rapports douteux avec l'extrême droite. L'été dernier,un member de la communauté
Pakistanaise a été assassiné en pleine rue après avoir interpellé par la police.

Les médias français nous répètent que les manifestations en Grèce ne sont qu'une « vague de violences » ou une suite « d'émeutes », alors que les partis poli-
tiques de gauche radicale et les syndicats appellent à la grève générale contre les violences policières, ainsi qu'à la démission du gouvernement conservateur.

« Nous ne paierons pas votre crise »

La crise est la conséquence des politiques libérales, elle pèse très lourd sur
les salariés et les précaires. C'est pour cela que la crise économique se transforme en crise sociale à travers le monde et jusqu'en Europe.

En Grèce, un cinquième de la population vit sous le seuil de pauvreté.

En 2006, Kostas Karamanlis est éclaboussé par un premier scandale. Le patronat avait « oublié » de verser ses cotisations patronales à la caisse de retraites pendant dix ans ! Pas de soucis. Il créé une nouvelle caisse retraite et efface l'ardoise du patronat grec. Les journées de grèves générales vont se succéder
Pour faire changer de cap à la politique du premier ministre.

Kostas Karamanlis a ouvert les bases grecques à l'armée US pour bombarder
l'Irak. Son gouvernement collabore avec la CIA dans les enlèvements de ressortissants de l'Union Européenne et de réfugiés politiques, emprisonnés sans
jugement à Guantanamo.

En 2006, les universités se mettent en grève pour un an grace à la solidarité très forte existante entre les professeurs, les personnels, les chercheurs
et les étudiants pour défendre la gratuité de l'enseignement. En Italie, Berlusconi a réussi à se mettre à dos les enseignants, personnels et étudiants qui manifestent sous le mot d'ordre « Nous ne paierons pas votre crise ».

Pour la résistance internationale !

La politique du 1er ministre ressemble beaucoup à celle de Sarkozy. Aux ordres des patrons, ils multiplient les cadeaux aux entreprises et les attaques contre les travailleurs.

Berlusconi, Karamanlis et Sarkozy mènent des politiques xénophobes, répressives et guerrières.

En France, à travers la répression des jeunes de Tarnac, Sarkozy tente de diviser la gauche et le movement social en deux catégories: le mouvement social « respectable » et les extrémistes.

Nous ne pensons pas pour notre part que des actes individuels de sabotage peuvent mettre fin à la politique antisociale et encore moins changer le monde. Mais nous refusons le droit à Sarkozy et aux medias de juger de ce qui est un moyen acceptable ou non pour contester leur domination.

En Grèce,comme en Italie,des grèves générales ont lieu pour empêcher les gouvernements de nous faire payer la crise.

Nous aussi résistons à la politique de Sarkozy et des libéraux et construisons
un autre monde.

- Kostas Karamanlis doit démissionner !
- Justice pour Andreas Grigoropoulos!

Association Marxistes Unitaires et le journal AntiCapitaliste

Contact : marxistesunitaires@yahoo.fr

Deux déclarations de la gauche radicale grecque ...

Déclaration de l'organisation grecque Solidarité Ouvrière (en anglais, traduit du grec)

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06 décembre 2008

 




Le numéro 5 d'Anticapitaliste se vend déjà bien, pour un tout petit journal. Il y a eu des ventes militantes lors de la manifestation contre la privatisation de La Poste, et lors du premier grand meeting du Parti de Gauche. Des ventes régulières ont lieu à l'université de Paris-Tolbiac. Ce numéro contient entre beaucoup de bonnes choses un petit article de moi sur la retraite à 70 ans.

Les quatre premiers numéros du journal peuvent être lus ici, en format PDF.

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27 novembre 2008

 

Rappel : Conférence-débat sur l'islamophobie, Saint-Denis ce samedi 29 décembre

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Voir les détails ici ...

Cet article de France Info sur Olivier Besancenot vient nous rappeler l'énorme faille qui existe au sein de la gauche anticapitaliste française sur la question de l'islamophobie. Rappelons-nous qu'une partie de la LCR a soutenu la loi de 2004 interdisant les signes religieux à l'école, et que la majorité de cette organisation a tout simplement eu une attitude lâche en refusant de s'opposer à l'hystérie anti-musulmane - comme d'ailleurs lors de l'affaire des caricatures. Quelques-uns de ses membres, et non les moindres (Pierre-François Grond est devenu depuis un des porte-parole les plus en vue de la LCR/NPA), ont même été au coeur de l'affaire qui l'a déclenchée, celle des soeurs Lévy. Celles-ci ont été exclues du lycée d'Aubervilliers malgré (ou plutôt à cause de) la présence de plusieurs militants connus de la LCR et de Lutte Ouvrière parmi les enseignants.

Ce n'est pas non plus du côté du nouveau Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui tient son meeting de lancement en même temps que cette conférence et à quelques kilomètres de là, qu'on peut attendre des messages de solidarité. A ma connaissance, aucune organisation importante de gauche en France s'oppose clairement et explicitement à l'islamophobie.

Faut-il pour autant rejeter en bloc les organisations de gauche comme le NPA qui, malgré tout, attirent une bonne partie de ceux, jeunes et travailleurs blancs, arabes ou noirs, qui veulent se battre contre le système qui les plonge dans la précarité et les discrimine sur des bases diverses (âge, origine ethnique, genre et même code postal ...) ? La 'gauche blanche' est-elle irrécupérable ?

Ce n'est pas à moi de dire aux gens victimes des inégalités et du racisme et prêts à se battre ce qu'ils doivent faire. Certains penseront qu'il leur faut un 'parti des indigènes', d'autres militeront aux partis de la 'gauche traditionnelle' ou aux syndicats, encore d'autres trouveront un champ d'action ou un refuge dans des mouvements religieux ou communautaires (le mot n'est pas une insulte dans ma bouche) ou bien se consacreront au travail social par le biais des associations.

Je suis sûr cependant d'une chose. C'est que ceux qui adhèreront au NPA ou à d'autres organisations de gauche devront s'organiser pour se faire entendre et si nécessaire cogner très fort pour que leurs revendications soient réellement prises en compte. Y compris sur la question des identités et des libertés religieuses.

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Malgré cette faiblesse quasi-génitale de la gauche française, il existe des individus, des groupes et même des petites organisations qui ont pris position et qui militent activement contre l'islamophobie, comme contre toutes les formes de racisme et de discrimination. Ainsi, Marxistes Unitaires, un petit groupe auquel je collabore, a inscrit dans sa déclaration de principes, Qui sommes-nous ?, publiée en deuxième page de leur journal, Anticapitaliste, le paragraphe suivant :

"Nous combattons le racisme et les oppressions que le régime érige en institution (centres de rétention, rafles et ministère de l'identité nationale, ...) ainsi que l'extrême droite et ses idées. Le capitalisme a toujours besoin d'un bouc émissaire pour diviser les travailleurs. Aujourd'hui c'est la carte de l'islamophobie qui est brandie sous couvert d'une pseudo-laïcité et d'une guerre dite de civilisation. Le sexisme, l'homophobie et les oppressions de genre, continuent d'être des outils aux mains des capitalistes."
C'est un exemple à suivre.

Pour ceux que cela intéresse, le dernier numéro du journal Anticapitaliste (32 pages, €1) est sorti, avec de nombreux articles bien écrits et pertinents sur la crise, l'antisexisme, l'impérialisme, la Bolivie, les congrès du PS et du PCF, etc. Non-disponible en ligne (contactez-moi si vous voulez un exemplaire). Les Marxistes Unitaires font également des ventes publiques, notamment à l'université de Paris-Tolbiac et Rive Gauche.

***
Les Sikhs aussi sont visés par les lois françaises. En quoi la 'paix sociale', le 'consensus républicain' ou même la 'neutralité de l'Etat' (comme si l'Etat n'était pas un instrument de domoination de la bourgeoisie) sont-ils menacés par le simple port d'un turban, y compris sur une pièce d'identité ? La France devrait être la risée de l'Europe pour ce genre de régulation imbécile. Malheureusement, des juges européens lui ont donné raison ... Notons en passant que la "loi" en question est ... une circulaire du Ministère des transports.

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24 septembre 2008

 

Construire le NPA

Ceci est un texte des Marxistes Unitaires, un petit groupe - dont les idées sont proches de celles de la tendance Socialisme International - qui se construit principalement à Paris dans quelques facs. Il publie un journal, Anticapitaliste. Pour tout contact, envoyez un message à ce blog.

Le congrès du parti socialiste, où les candidats font de la surenchère pour savoir qui est le plus libéral et le moins "social" est révélateur d'une tendance à gauche : "à droite toute !" Alors que le PS peine à trouver des désaccords de fond avec l'offensive libérale sur les droits sociaux, les ralliements de chefs socialistes (Besson, Lang, Allègre) au Sarkozysme se multiplient .

La fête de l'Huma, où Besancenot n'a pas été invité alors que Marie-George Buffet appelait à une alliance de la "gauche de gouvernement" avec un parti socialiste de plus en plus à droite, illustre le tournant à droite qu'est en train de faire la direction du parti communiste. Malgré les critiques de nombreux militants du PCF ("Communistes Unitaires" en tête), le PCF est en train de rentrer dans le giron du social-libéralisme.

Le ralliement de Bové aux "sociaux-libertaires" que représente Cohn-Bendit, l'alliance qui se forme pour les européennes avec des libéraux de droite comme Corinne Lepage (ancienne ministre de Juppé) ou Nicolas Hulot (le "monsieur écologie" de Bouygues et Rhône Poulenc), vont dans le même sens. L'affaiblissement des collectifs anti-libéraux, le mélange des genres avec des partisans du OUI à la constitution européenne libérale, remettent en cause l'alternative que le mouvement pour des candidatures unitaires a pu porter.

Le NPA se construit un peu partout en France, et est central dans des campagnes comme le mouvement contre la guerre en Afghanistan. C'est aujourd'hui la seule organisation qui se construise au niveau national en opposition claire au libéralisme, ce qui explique la popularité dont bénéficie Besancenot, qui est vu comme meilleur opposant à Sarkozy pour la motié des sympathisants de gauche, et pour lequel les militants CGT ont plus voté que pour M-G Buffet.

Il y a nécessité de participer à la construction d'une organisation politique anticapitaliste qui pousse à la lutte des travailleurs pour résister à Sarkozy, surtout quand les directions syndicales n'appellent à la résistance. Dans des facs comme Tolbiac, construire le NPA doit permettre de lier l'expérience des luttes passées et à venir à un perspective nationale ; un NPA large, en lien avec les expériences que font les militants sur le terrain, reliera notre activité, syndicale, antiguerre, avec les luttes que mènent des travailleurs dans d'autres secteurs.

Construire le NPA nous mettra en lien avec les luttes à La Poste, dans les hôpitaux, dans les lycées, dans le privé, dans des secteurs où les militants étudiants ne sont pas présents. Pour les militants de Marxistes Unitaires, c'est l'occasion de construire un parti politique aux cotés de syndicalistes qui se radicallisent par opposition au libéralisme et au social-libéralisme. C'est l'occasion de tester nos orientations à une échelle plus importante : convergence des luttes, constitution d'un parti politique pour renverser les gouvernements aux ordres des patrons.


A lire également, ce texte de John Mullen et Daniel Lartichaux : Quel parti nous faut-il ?

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