01 septembre 2009
Six "Conti" écopent de 3 à 5 mois avec sursis

ASSEMBLEE GENERALE DES SALARIES DE CONTINTENTAL MERCREDI 2 SEPTEMBRE 14 H DEVANT L'USINE A CLAIROIX (UN PEU EN DEHORS DE COMPIEGNE). POSSIBILITE DE PRENDRE UN TRAIN A LA GARE DU NORD (DESCENDRE A COMPIEGNE). IL NE FAUT PAS LAISSER CETTE DECISION SANS REAGIR.
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Le tribunal correctionnel de Compiègne dans l'Oise a prononcé mardi des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix, dont son délégué CGT Xavier Mathieu, poursuivis pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril. Un 7e prévenu a été relaxé par le tribunal, qui n'a prononcé aucune amende.
Les condamnations sont très légèrement inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait demandé de trois à six mois de prison contre les "Conti", poursuivis pour "destructions en réunion de biens au préjudice de l'État". Ils avaient participé au saccage des bureaux de la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril, envahie par quelque 200 "Conti" dans le cadre d'une lutte emblématique pour la sauvegarde de leur usine, dont la fermeture avait été annoncée en mars. Lors du procès, le 17 juillet, Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental, avait reconnu un "dérapage" qui n'avait "pas été prémédité".
Le jugement a été accueilli en silence dans la salle. Mais à la sortie, les prévenus ont exprimé leur "rancoeur" face à l'absence de relaxe d'autant plus qu'ils devront comparaître, au civil cette fois, le 4 novembre avec la possibilité de se voir infliger des dommages-intérêts conséquents. Xavier Mathieu, condamné à cinq mois avec sursis, avait déclaré avant l'audience qu'il attendait de celle-ci "deux choses : la relaxe et la fin de l'histoire des Conti".
Assemblée générale
Après le rendu du jugement, ému, il a fustigé un "bel exemple de matraquage de l'État qui veut empêcher la classe ouvrière de s'exprimer". "C'est dégueulasse, il n'y a pas de justice dans ce pays." "On s'est battu dignement et le gouvernement a décidé de faire un exemple", a-t-il ajouté devant les quelque 250 ouvriers de Continental et militants d'extrême gauche présents. Il a appelé à une assemblée générale dans l'usine mercredi à 14 heures alors qu'une manifestation a été improvisée dans la matinée dans le centre de Compiègne.
Également présent au tribunal, Olivier Besancenot (NPA) s'est dit "écoeuré" devant cette "provocation", estimant que "le message du gouvernement a été reçu". Arlette Laguiller (LO) a pour sa part jugé "inadmissible que les travailleurs paient alors que ce sont les dirigeants de l'entreprise qui ont ruiné un territoire".
Le procès était intervenu après une lutte sociale de plus de quatre mois ponctuée par une trentaine de manifestations et conclue notamment par l'obtention d'indemnités de 50.000 euros par salarié licencié. Continental avait invoqué le 11 mars la chute brutale de l'activité automobile en Europe pour justifier la fermeture de l'usine de Clairoix, qui employait 1.120 salariés.
Le Point.fr (avec AFP)
Libellés : Luttes ouvrières
27 août 2009
"La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde"
Publié sur LeMonde.fr (26/08/2009)
Délégué CGT de l'usine Continental Clairoix promise à la fermeture, Xavier Mathieu s'est récemment attaqué aux dirigeants syndicalistes, les traitant de "racaille" et leur reprochant de "frayer avec le gouvernement". Selon lui, les "Conti", qui ont obtenu 50 000 euros d'indemnités de licenciement n'auraient pas eu autant s'ils avaient confié leur sort aux confédération syndicales.
A l'issue du conflit de Continental Clairoix, vous vous en êtes pris aux instances dirigeantes des syndicats, notamment au vôtre, la CGT, en traitant Bernard Thibault "racaille". Pourquoi ?
Ce n'est pas une attaque contre la CGT. J'ai trop de respect pour tous les salariés et délégués qui se battent comme des fous durant les conflits. J'ai plutôt parlé en leur nom, et je peux vous assurer que beaucoup pensent comme moi, à savoir qu'on n'est pas assez soutenus. D'ailleurs, je ne reproche pas à Bernard Thibault de ne pas venir devant les usines. Ce que je reproche à la direction, c'est qu'elle a refusé de nous soutenir quand nous étions convoqués au tribunal (pour les destructions dans la préfecture de l'Oise). Quand on a demandé de l'aide, il n'y a que des partis politiques de gauche qui sont venus et aucune confédération syndicale. Alors que dans les sept convoqués, il y avait trois élus CGT, deux syndiqués et deux sympathisants. Dans les confédérations paysannes ou autres, on n'abandonne jamais ses adhérents. La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde. C'est honteux.
Il y a une fracture entre les directions des confédérations et la base ?
La fracture entre la base et les directions est générale. Pas seulement du côté de la CGT. C'est pareil à FO ou à la CFDT. Je ne regrette pas mon coup de colère. Quand le mec pour qui je paie mes timbres depuis 18 ans refuse de venir soutenir des ouvriers poursuivis au tribunal pour s'être battus, je n'ai pas de respect pour lui. Ce n'est pas parce qu'il est au-dessus de moi que je suis obligé de l'adorer. D'ailleurs, je vais arrêter de répondre là-dessus. J'ai juste un conseil à leur donner : c'est d'arrêter de penser que tous ceux qui sont en colère sont manipulés par l'extrême gauche. Ça, c'est le même discours que l'UMP. Et franchement, ce n'est pas très respectueux de la classe ouvrière, de penser que nous sommes des moutons incapables de nous battre tout seuls.
On vous a pourtant accusé de rouler pour le NPA d'Olivier Besancenot...
Ça fait quatre mois et demi qu'on nous répète les mêmes conneries. A la CGT de Continental Clairoix, il n'y a aucun encarté, ni au NPA, ni au PC, ni à LO. Aucun. C'est la mode : dès qu'on n'est pas content, on est taxé d'être d'extrême gauche. Je suis allé à l'université d'été du NPA parce qu'ils m'ont invité. J'avais dit, à l'époque où différents partis nous avaient soutenus, que j'étais prêt à venir parler de la lutte des Conti. Je l'ai fait pour Lutte ouvrière en juin, je l'ai fait au NPA, je le ferai le 12 septembre à la Fête de l'Humanité. Si les Verts, le PS ou le PRG me le demandent, je le ferai.
Mais mettre dos-à-dos les politiques et les syndicalistes, c'est de la connerie. Quand Thibault demande l'interdiction des licenciements ou la hausse du SMIC, ce n'est pas de la politique ? Est-ce que Bové n'a pas été syndicaliste avant d'être homme politique ? La CGT reproche ça uniquement si tu n'es pas au Parti communiste, tout le monde le sait. Thibault refuse d'aller au NPA, mais il va bien à la Fête de l'Huma. S'il ne veut pas faire de politique, il n'a rien à y foutre. Comment on peut dire, si on est syndicaliste, qu'on ne fait pas de politique ? Le syndicalisme, c'est de la politique ou alors je comprends rien.
Est-ce que les rencontres que vous avez faites pendant ces derniers mois peuvent aboutir à une coordination des luttes ?
Je ne sais pas. Tant que ça ne sont que les gens qui sont dans la merde qui appellent à l'aide, ça n'aboutit pas. Ça bougera quand ce seront les gens qui n'ont pas de problèmes qui viendront aider. En plus, je vois bien que quand on était dans notre lutte, on avait d'autres choses à faire que d'aller organiser des coordinations avec d'autres boîtes.
Et puis, je ne suis pas un professionnel de tout ça. Il y a six mois de ça, je faisais mes trois parties de pêche par semaine, je regardais le foot à la télé. Je défendais mes copains à l'usine, mais toutes ces histoires, ça me dépassait.
L'après-Continental, vous le voyez comment ?
Je ne sais même pas ce que je vais devenir. Je suis en train de réaliser aujourd'hui ce que les copains me disent depuis plusieurs mois : "Tu t'exposes trop." Alors peut-être que mon plus gros combat, ça ne va pas être Conti, mais de retrouver du travail. J'espère que je me trompe, même si je ne regrette pas ce qui s'est passé. Tout ce qu'on a vécu durant ces six mois, tous ces efforts et cette chaleur humaine, je ne sais pas si les gens qui me critiquent peuvent le comprendre.
propos recueillis par Antonin Sabot
Libellés : Confédération générale du travail, Luttes ouvrières
23 juillet 2009
Angleterre : Occupation de l'usine Vestas dans l'Île de Wight
Alors que nous vivons une crise économique et une crise écologique, les capitalistes n'ont qu'une solution : licencier.

Dans l'Île de Wight dans le sud de l'Angleterre, le seule usine du pays qui fabrique des turbines à vent pour les centrales éoliennes doit fermer.
On voit bien que leur logique n'est pas la nôtre.
Les ouvriers ont décidé de ne pas se laisser faire. Une trentaine de salariés occupe l'usine depuis lundi 20 juillet. Pour l'instant ils tiennent bon, malgré l'intimidation de la direction et de la police.
La solidarité s'organise. Des manifestants se pressent autour des barrières de sécurité, les syndicats locaux font des collectes d'argent, et une manifestation a eu lieu devant le ministère de l'énergie et du changement climatique.
Pour suivre la lutte des travaillleurs de Vestas, lisez Socialist Worker (en anglais) ...
La vidéo de Jonathan Neale (Campaign against Climate Change) lors d'une réunion publique en solidarité avec les salariés de Vestas ...
Libellés : Luttes ouvrières, Royaume-Uni
21 juillet 2009
"Libérez nos camarades " (MEDEF)
LYON — Quatre membres de la direction de l'usine Michelin de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) étaient retenus mardi soir par des salariés qui réclament la levée de sanctions contre un employé en CDD, a-t-on appris de source syndicale et auprès de la direction. "Quatre membres de l'équipe de direction, parmi lesquels le directeur de notre usine de Montceau, sont actuellement retenus par un groupe d'une cinquantaine de salariés", a déclaré à l'AFP une porte-parole du groupe. "Ils demandent la levée d'une sanction de mise à pied de deux jours" prise à l'encontre d'un salarié, employé en CDD, "qui refusait de travailler", a-t-elle ajouté. Selon un responsable CGT, Patrick Duvert, ce salarié a refusé de travailler sur des machines, n'étant pas formé à leur utilisation. Les directeurs, retenus depuis mardi en début de soirée à l'intérieur de l'usine de Montceau-les-Mines, ont accès à leur bureau et peuvent téléphoner. Un groupe de salariés les empêche en revanche de sortir de l'usine, a précisé M. Duvert.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés.
Libellés : Luttes ouvrières
16 juillet 2009
Assemblée générale des travailleurs de Continental
Libellés : Luttes ouvrières
24 juin 2009
Total licencie 900 salariés britanniques en grève
: Les travailleurs licenciés ont gagné leur bataille !(en anglais)
La nouvelle est tombée dans la nuit du jeudi au vendredi 19 juin pour 900 employés de la raffinerie britannique de Lindsey, propriété de Total. En grève illégale depuis le 11 juin, ils ont tous été licenciés. Employés par différents sous-traitants, ils travaillaient à la construction d'une unité de désulfurisation, et protestaient contre le licenciement de 51 de leurs collègues.
Les grévistes réclamaient notamment la réembauche des 51 licenciés par un autre sous-traitant, en conformité avec un accord de non-suppression d'emploi signé selon eux avec la direction. Mais Total nie l'existence d'un tel accord. "Quand différentes phases d'un projet prennent fin, les contractuels qui travaillent sur celles-ci deviennent superflus. C'est dans la nature même de l'industrie de la construction et ce sont des pratiques normales", précise le groupe pétrolier /.../ S'exprimant "frustré et déçu" devant l'échec des négociations, le pétrolier affirme que la grève était "non officielle et illégale". En Grande-Bretagne, il est obligatoire d'être appuyé par un syndicat - qui doit déposer un préavis - pour déclencher une grève. Total avait refusé d'ouvrir les négociations tant que les grévistes n'avaient pas repris le travail. Le syndicat Unite s'est de son côté déclaré "extrêmement inquiet" devant la décision du groupe et devant "les ramifications de cette décision", appelant "toutes les parties à revenir à la table des négociations pour résoudre le problème".
DURCISSEMENT DU CONFLIT
En soutien aux salariés de Lindsey, plusieurs grèves illégales avaient déjà été déclenchées jeudi dans différents sites de l'industrie énergétique britannique, notamment des centrales électriques, explique le Guardian. Ce nouvel épisode pourrait durcir le mouvement. Le quotidien rapporte ainsi les propos d'un syndicaliste du site de Lindsey, prononcés vendredi matin devant les grévistes après l'annonce des licenciements : "Pour moi et pour 900 autres personnes ici, tous les coups sont désormais permis. (...) Total doit se rendre compte de ce qu'il a déclenché".
Les salariés de la raffinerie de Lindsey avaient déja fait parler d'eux au début de l'année 2009, pour avoir mené une grève contre la décision de la direction d'accorder un contrat à une entreprise italienne employant de la main-d'oeuvre non britannique. Ils étaient alors devenus le fer de lance d'un vaste mouvement de protestation contre la sous-traitance étrangère dans le secteur énergétique. Après s'être finalement vu garantir la moitié des emplois concernés par ce contrat, ils avaient accepté de reprendre le travail.
Total propose aux 900 salariés grévistes de postuler à nouveau à leur poste jusqu'au 22 juin.
Le Monde.fr, avec AFP
Libellés : Luttes ouvrières, Royaume-Uni, Total
18 mai 2009
La Bourse ou la vie: Les salariés de Continental manifestent à Paris
"La Bourse, c'est le symbole de la crise mondiale. C'est dans ces endroits-là qu'on a spéculé avec la sueur des ouvriers pendant des années, et voilà le résultat. Ils ont joué, ils ont perdu, ils ont une crise, mais on ne paiera pas pour eux."
Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental. (Reuters)
Lire l'article de Reuters ici ...
Libellés : Crise 2009, Luttes ouvrières
29 avril 2009
La lutte des classes atteint une principauté d'opéra comique
Le 16 avril dernier a eu lieu une manifestation syndicale historique à Monaco. Le journal révolutionnaire suisse L'Anticapitaliste, publié par la Gauche anticapitaliste, en rend compte ...
Libellés : Luttes ouvrières, Monaco
26 avril 2009
POUR UN GRAND 1er MAI DE CONVERGENCE DES LUTTES
Le texte commun des organisations de gauche pour les manifestations du 1er mai 2009
Après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars, c'est un 1er mai exceptionnel qui se prépare dans toute la France. Pour la première fois depuis longtemps, en effet, toutes les organisations syndicales y appellent ensemble et prévoient plus de manifestations qu'il n'y en a eu le 19 mars. Cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays, multipliant les actions les plus diverses. La défense de l'emploi et le refus des licenciements sont à l’origine de conflits de plus en plus nombreux. Des secteurs comme l'université et l'éducation, la santé ou la Poste sont mobilisés depuis des mois. D'autres comme EDF-GDF intensifient leurs actions. Le 1er Mai peut constituer une étape supplémentaire dans la convergence et la généralisation de mobilisations sociales dont le mouvement des Antilles, notamment, a montré l’efficacité.
Bien que les choix politiques du gouvernement soient de plus en plus largement mis en cause, celui-ci refuse d'entendre les exigences sociales qui se sont exprimées, entre autres, au travers de la plate forme intersyndicale du 5 janvier et dans les journées des 29 janvier et 19 mars. Le gouvernement loin d’apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise, laisse faire les plans de licenciement, continue de mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l'addition de la crise et s'enfonce à tous les niveaux dans un autoritarisme et un mépris insupportables. Tous les clignotants de la situation sociale et économique du pays restent au rouge. Il faut mettre un coup d’arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef et contribuer à faire grandir l’exigence d’autres choix de justice et de solidarité
Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; l’annulation des lois Bachelot et Pécresse, la réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.
La réunion du G20 présentée par Nicolas Sarkozy comme un grand succès n’a fait que conforter les choix qui sont à l’origine même de la crise. Aucun des mécanismes d'accumulation financière à l’origine de celle-ci n'est mis en cause, l’essentiel pour N. Sarkozy comme pour les dirigeants des grandes puissances étant la sauvegarde même de ces mécanismes.
De plus en plus en difficulté, le gouvernement semble aujourd'hui tenté par une stratégie de la tension dans laquelle il agite à nouveau le thème de l'insécurité. Il renforce sa volonté de criminaliser l'action sociale et collective, tente d’instrumentaliser les « séquestrations de patrons » que soutient une majorité de la population et lance une nouvelle loi sécuritaire stigmatisant les jeunes. Les enquêtes d'opinion ont montré que l'exaspération sociale était largement partagée. Nous refusons toutes atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et politique.
La question de l'emploi devient cruciale. Face à des groupes qui sacrifient leurs salariés au profit de la rémunération des actionnaires et des plus hauts dirigeants patronaux, il est temps de stopper au plus vite les licenciements et d’éliminer toute conséquence du chômage partiel pour les salarié-e-s. Nous agirons dans ce sens aux côtés de celles et ceux qui sont concerné-e-s.
Nos organisations, comme elles l'ont fait lors des précédents rendez-vous de mobilisation sociale, appellent à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. Elles seront aux côtés des salarié-e-s, de tous les travailleurs, de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.
Signataires : Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), L’Association des communistes unitaires (ACU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, La Gauche Unitaire
Libellés : Luttes ouvrières
21 avril 2009
Patrons séquestrés (suite)
La citation du jour:
De son côté, Marcus Kerriou [dirigeant de l'entreprise Molex] souhaite, qu'en cas d'échec, "l'Etat fera respecter une règle élémentaire, la liberté d'aller où nous voulons".
Comme à Strasbourg ?
Quand les salariés répondent à la violence sociale par la violence tout court : saccage de la sous-préfecture de Compiègne par les travailleurs de Continental.
Les dirigeants de Molex toujours séquéstrés ...
Libellés : Luttes ouvrières
17 avril 2009
Justice : le monde à l'envers
Devant ce qu'on appelle la "radicalisation" du mouvement social (en fait, des actions de légitime défense face à la brutalité patronale), le gouvernement et les juges ont décidé de mener une guerre juridique et policière.
Dernière trouvaille, le délit d'"entrave à la liberté de travailler" pour lequel on poursuit non pas les patrons licencieurs mais les salariés qu'on veut jeter à la rue. La justice bourgeoise à l'état pur.
Grenoble : Les juges ordonnent les travailleurs de lever leur blocus de l'usine Caterpillar ... au lieu de mettre les patrons voyous en prison
La position du NPA : Violence patronale !
Libellés : Luttes ouvrières
12 avril 2009
COMMUNIQUÉ LKP A PROPOS DE L’EXTENSION PAR AMPUTATION DE L’ACCORD BINO
L’extension de l’Accord BINO amputée de son article V ne nous surprend guère. C’est une décision de complaisance à l’égard du MEDEF alors que la quasi-totalité des grandes entreprises et fédérations adhérentes au MEDEF Guadeloupe ont signé l’Accord BINO « Initial » prévoyant la prise en charge des augmentations de salaires par les employeurs au-delà des aides des collectivités (12 mois) et de l’Etat (36 mois).
L’argument présenté par Mme Alliot-Marie et M Hortefeux laissant entendre que " Personne ne peut préjuger de la situation économique dans trois ans : on ne peut ainsi imposer à l'avance une augmentation salariale importante à la charge de l'ensemble des entreprises sans s'assurer auparavant qu'elles en auront la capacité " est fort légère quand l’on se rappelle la hausse de 20% sans aide de l’Etat du SMIC Guadeloupe décidée au 01 Janvier 1996 pour rattraper le SMIC France ; alors que l’accord BINO prévoit moult avantages et accompagnements en faveur des entreprises.
Aujourd’hui, grâce à la mobilisation et à la négociation, ce sont 50 000 salariés sur 80 000 qui sont couverts par les avancées sociales de l’Accord BINO Initial garantissant le maintien des augmentations de salaires au-delà de 3 ans.
La décision du Gouvernement instaure une disparité salariale et donc une injustice sociale « légale » au détriment des 30 000 travailleurs concernés par l’extension, amputée de l’article V.
L’arrêté gouvernemental légalise donc la perte de 50 euros (aides des collectivités) dès 2010 pour les salariés des entreprises de moins de 100 salariés et la suppression de toutes augmentations de salaires à compter de 2012 (fin des aides de l’Etat).
Cela est inacceptable. Nous appelons l’ensemble des Travailleurs de Guadeloupe à refuser l’injustice, à se syndiquer et à se mobiliser pour exiger une pleine et entière égalité salariale en Guadeloupe.
L’Etat crèe par cette par cette décision discriminatoire les conditions pour la persistance de tensions sociales en péyi Gwadloup.
En outre, nous prenons acte que le Gouvernement ne remet pas en cause le contenu du préambule confirmant ainsi que la situation économique et sociale actuelle existant en Guadeloupe résulte bien de la pérennisation du modèle de l’économie de plantation comme l’avait d’ailleurs reconnu Nicolas SARKOZY lui-même dans son allocution du 19 Février dernier.
Pour les Organisations Syndicales
Pour le LKP
Elie DOMOTA
Pointe-à-Pitre, le 10 Avril 2009
Libellés : Antilles, Guadeloupe, Luttes ouvrières
01 avril 2009
L'usine Visteon occupée à Belfast

Le mouvement s'est étendu mercredi 1er avril aux deux sites de la société en Angleterre, à Enfield (Londres) et à Basildon (Essex) ... (infos en anglais)
Pendant ce temps, la City of London est la scène de manifestations contre les responsables de la crise actuelle

Ici, une effigie portant une pancarte avec un des slogans les plus populaires du moment : "Mangez les banquiers" (je ne sais pas quel goût cela aurait, mais l'idée est très sympathique).
Sur un ton plus mesuré, Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique (avril 2009) explique pourquoi il faut Nationaliser les banques ... - puis ne pas les rendre aux actionnaires privés une fois que le contribuable aura payé les frais de la crise.
Comme on voit dans ces images, la classe dirigeante britannique (mais pas seulement britannique) serait prête à utiliser tous les moyens pour réprimer une révolte populaire ...
La prochaine fois que vous entendrez Sarkozy ou une des ses marionnettes parler de la "cohésion sociale", pensez-y.

AFP /01/04/2009
Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot a affirmé que "les sabreurs et les saigneurs du monde" se sont donné rendez-vous à Londres pour un sommet du G20 dont il "n'y a rien à attendre", se déclarant "solidaire" des manifestations anti-G20.
"Les rodomontades de Nicolas Sarkozy menaçant de quitter le G20", alors qu'il a annoncé le retour français "dans le haut commandement militaire de l'OTAN, ne sont que pures gesticulations médiatiques", ajoute le parti d'extrême-gauche.
Le NPA se dit "complètement solidaire" des "manifestations hostiles au G20 à Londres et dans plusieurs capitales". Plusieurs milliers de manifestants protestant contre le sommet du G20 se sont rassemblés mercredi dans la City, le quartier des affaires de Londres, où des vitres de la banque RBS ont été brisées.
Libellés : Crise 2009, Irlande, Luttes ouvrières
31 mars 2009
Carnets de crise : le 31 mars, une journée ordinaire
Grenoble : Quatre cadres dirigeants de Caterpillar séquestrés
Châtellerault : Grosse manifestation anti-Sarkozy
Paris : François-Henri Pinault (FNAC, Conforama ...) retenu par des salariés
... et en Irlande du Nord : 100 ouvriers occupent l'usine Visteon (équipementier automobile) à West belfast
Libellés : Crise 2009, Irlande, Luttes ouvrières
27 mars 2009
GDF Suez : Une réaction salutaire des salariés
Finalement, MM Mestrallet et Cirelli, les deux principaux dirigeants du groupe GDF Suez, ont renoncé à leurs stock-options "dans un souci de responsabilité", selon eux. On conclut donc que la décision initiale est la preuve de leur "irresponsabilité".
Ce qui est exemplaire dans cette histoire, c'est la réaction des salariés des terminaux qui, dès l'annonce de l'octroi de ces avantages, se sont mis en grève pour appuyer leurs revendications salariales. Les travailleurs ne supportent plus non seulement de subir seuls les effets de la crise mais aussi l'arrogance des patrons, qui sont obligés de manger leur chapeau.
Ceux-ci avaient tenté de justifier leur gourmandise par le fait que l'entreprise fait des bénéfices. Raison de plus d'augmenter tous les salaires.
Ils avaient également mis en avant le fait que l'entreprise n'est pas aidée par l'Etat. C'est évidemment faux. Toutes les entreprises reçoivent des aides de l'Etat, soit directement sous la forme des subventions et des exonerations qui se sont multipliées ces dernières années, soit en bénéficiant des services publics (transports, écoles, logement, formation ...) sans lesquels elles ne disposeraient pas d'une main-d'oeuvre qualifiée et 'apte à travailler'. Et le cas échéant, les forces de l'Etat sont toujours là pour réprimer les grèves.
De plus, dans le cas de ces grandes multinationales, l'Etat fonctionne un peu comme un VRP auprès des instances internationales et lors des négociations avec des Etats étrangers. Elles sont liées à tous les niveaux aux services de l'Etat, qui prend ou conserve des parts de leur capital et nomme des représentants dans leurs conseils d'administration.
Dans le cas de GDF Suez, le groupe a été formé en 2008 à partir d'une entreprise nationalisée (GDF) et d'une société privée (SUEZ) après de longues tractations impliquant les plus hauts responsables de l'Etat et de l'administration. L'Etat continue même à fixer le prix du gaz.
La logique voudrait que ces entreprises soient nationalisées, et placées sous le contrôle de leur personnel.
Libellés : GDF Suez, Luttes ouvrières
26 mars 2009
Ce soir, la Sorbonne est libre ...
La Sorbonne a été évacuée manu militari vers 21h 30. Sur la Place, 200 manifestants pacifiques ont été cernés par des CRS pendant deux heures, puis ils ont subi des contrôles d'identité. Dans quel but ? Sans doute pour montrer que, face à des résistances fortes de la part des enseignants, des étudiants et - beaucoup plus dangereux pour le pouvoir et les patrons - des salariés, l'Etat n'hésitera pas à utiliser la matraque. Mais Sarkozy prend ainsi non seulement le risque d'une grosse bavure mais celui de provoquer une véritable explosion sociale. La réalité est qu'il est sur le fil d'un rasoir.

par Sorbonnard, le 26 Mars 2009 à 20:23, sur le blog Grève active à la Sorbonne
Ce soir, 26 mars 2009, la Sorbonne est libre. La Sorbonne, libérée par ceux à qui elle appartient depuis toujours, par ceux qui sont l’université, enseignants, chercheurs, BIATOSS, étudiants, affirme son indépendance à l’égard de toutes les pressions, du pouvoir politique, des forces de l’argent, de tous les contrôles, de toutes les répressions. Ici, depuis cette salle consacrée à la mémoire de l’historien Marc Bloch, nous lançons un appel à la résistance, contre tous ceux qui veulent enfermer l’enseignement supérieur et la recherche dans le carcan du profit à courte vue et de la logique marchande, contre des projets gouvernementaux qui dénaturent nos métiers, qui dévoient nos missions, qui compromettent l’avenir de toute une génération.
Solidaires avec nos collègues en désobéissance de l’enseignement primaire, avec les lycéens et professeurs qui refusent les suppressions de postes dans l’enseignement secondaire, avec les chercheurs qui occupent en ce moment la direction du CNRS, avec tous nos collègues en lutte dans les IUT, dans les IUFM, dans les universités de France et d’Europe, nous affirmons que, de la maternelle à l’université, la production et la transmission du savoir constituent le bien le plus précieux d’une société, parce qu’ils sont gages d’avenir.
La Sorbonne doit être ouverte à toute la communauté universitaire et le Rectorat, comme la police, qui menacent le libre accès au Savoir et les libertés fondamentales, doivent s’en aller. Nous sommes pacifiques, nous sommes déterminés, nous resterons dans ces bâtiments où nous sommes chez nous, nous invitons tous les universitaires à nous y rejoindre pour en faire ce que la Sorbonne doit être : un lieu de liberté et de dialogue.
Les Occupants de la Sorbonne
Paris, le 26 Mars 2009.
Une partie de la Sorbonne occupée par son personnel (Le Monde)
La Sorbonne occupée revote la grève ...
Déclaration de Sauvons l'Université ...
Libellés : Education, Luttes ouvrières
21 mars 2009
General strike rocks France (Socialist Worker 21/03/2009)
18 mars 2009
Problèmes pour les PDG de Continental (Clairoix) et de Sony (Pontonx sur l’Adour)
Pour eux seulement ? par Gérard Filoche
Ce n’est pas la même branche : équipementier automobile et fabrication de bandes magnétiques vidéo. Ce n’est pas la même région : Oise et Pyrénées atlantiques.
Ce n’est pas exactement la même bataille : dans un cas, contre les licenciements, dans l’autre pour hausser les indemnités de licenciements.
Les deux entreprises n’ont pas la même taille : 1120 salariés à Continental, 311 salariés à Sony.
Ca n’a pas pris la même forme : dans un cas, le PDG a reçu des œufs en pleine tête et il a dû fuir l’usine avec tous ses cadres, dans l’autre il a été séquestré toute la nuit pour lui imposer de négocier.
Mais entre Louis Forzy, le PDG de Continental dans l’Oise et Serge Foucher, le PDG de Sony dans les Landes, il y a un solide point commun : ils ont mérité la haine sociale de leurs salariés respectifs.
N’y a t il que deux PDG à avoir ce point commun ?
Bien sûr que non.
Il est surprenant que cela n’arrive pas plus quand Total gagne 14 milliards et supprime 555 postes. Quant LVMH gagne 2,026 milliards et annonce des réductions d’emplois. Quant la Société générale gagne 1 milliard et en distribue 98 % en dividendes à ses actionnaires.
Quand les emplois sont supprimés et les salaires bloqués, notamment pour 7 millions de travailleurs pauvres. Alors, il faut le savoir, car ce n’est pas TF1 qui va nous le dire, partout en France, ça bouge.
A Evreux, par exemple, la suppression de 798 emplois vient de provoquer l’occupation de l’usine de GlaxoSmithkline. A Heudebouville, le même jour, selon Paris Normandie, palettes en feu et fanions syndicaux, 80 salariés sur 234 à 4 h 30 du matin empêchent l’accés aux depôts “Ed” qui desservent 120 magasins ou travaillent 1300 salariés : rare dans la grande distribution, mais, parce que leurs salaires sont dérisoires, ils réclament 300 euros de hausse.
L’immense majorité des « plans de sauvegarde de l’emploi » ne sont pas justifiés économiquement. Ils veulent protéger leurs profits déjà exorbitants de la crise qu’ils ont provoqué en faisant payer les pots cassés aux salariés. Ils licencient pour les actionnaires et contre les salaires. Pour conserver des marges de 15 % de profit quoiqu’il arrive : pas une seule seconde ils n’envisagent, ne proposant, n’acceptent, de baisser leurs profits pour conserver les emplois et les salaires. La logique du capitalisme est impitoyable, elle est rapace, avide, cupide… tant qu’elle ne rencontre pas des salariés décidés à ne pas se laisser faire.
Et ça fait plus que commencer : entre la Guadeloupe, l’Oise et les Landes, le lien est en train de s’effectuer insensiblement,sur les mots d’ordre et les formes de lutte…
En Guadeloupe, le LKP avait regroupé 40 organisations. Le 19 mars, un front de 8 syndicats d’un côté et de 11 organisations de gauche de l’autre, appelle à la grève et à manifester dans tout le pays, privé et public.
En Haute-loire, 8 syndicats appellent sur le mot d’ordre central de « 200 euros » pour tous ! Maintenant les syndicats de Michelin du 43 appellent au 19 mars en réclamant 200 euros…
C’est facile à comprendre l’explosion qui se prépare : Michelin a imposé le chômage partiel qui affame les salariés, il a viré 85 CDD et 20 intérims, et il emprunte 144 millions d’euros pour les reverser en dividendes aux principaux actionnaires… la CGT et FO de Michelin l’écrivent dans leur tract : « Non seulement il y a la possibilité de maintenir l’intégralité de nos salaires pendant le chômage partiel, mais également de les augmenter au minimum de 200 € mensuels. »
Le tract des Michelin est illustré d’un poing fermé sur lequel il est écrit « dans grève il y a rêve ».
En mai 68, à l’occasion du succès d’une immense journée d’action, celle du 13 mai, le démarrage s’est fait en traînée de poudre, de Sud Aviation (Bouguenais) à Renault (Cléon), les 14, 15, 16 mai...puis dans tout le pays. Et il y en eu des piquets de grève et des PDG séquestrés !
Pour ceux qui savaient voir, mai 68 était annoncé dés les grandes journées d’action des 17 mai 1966 et 67, et aussi dans les grèves de la Rhodiaceta, (mars et décembre 67) de Redon, de la Saviem à Caen en janvier 68.
Quand on meure d’avoir des salaires trop bas alors que les riches s’empiffrent, c’est ce qui arrive.
En mai 68, la hausse du Smig obtenue a été de 33 % et celle du Smag de 55%. Aujourd’hui une semblable hausse porterait le Smic à 1740 euros. Ce qu’on a fait une fois, on peut le faire une deuxième fois. Histoire que les PDG qui se sont augmentés de 58 % en 2007, le comprennent une bonne fois pour toutes.
Libellés : Gérard Filoche, Luttes ouvrières
13 mars 2009
La victoire des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens en appellent d'autres

Unité syndicale contre la privatisation, Paris 22/11/2008
Commentaire : Il y a bien un appel unitaire à la participation la plus massive à la journée de grèves et de manifestations du 19 mars. Même le PS - par opportunisme et par crainte d'être complètement marginalisé - a signé un texte qui met l'accent sur la possibilité de faire reculer le gouvernement par les luttes.
Comment alors comprendre que la gauche radicale se présente pour l'instant divisée aux élections européennes de juin prochain ? (Le PS est naturellement trop compromis par son acceptation des règles fondamentales du système.) Les stratégies des uns et des autres pour sortir du capitalisme - quand toutefois il y en a - ne sont pas les mêmes ? Sans doute. Mais qui a dit que c'était cela l'enjeu des ces élections ? Surtout s'agissant du parlement européen dont on connaît l'impuissance. La moindre réflexion aurait dû conduire les responsables de ces partis à conclure à la possibilité d'un front commun de la gauche radicale basé sur une série de revendications et de propositions concrètes. Un front commun souple qui permettrait - car il n'est pas encore trop tard - à chacun de s'exprimer tout en concentrant nos tirs sur l'ennemi commun - la droite incarnée par les candidat(e)s proposé(e)s par Nicoolas Sarkozy.
Face à Sarkozy et au MEDEF amplifions la mobilisation !
90.000 chômeurs de plus le mois dernier, 350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l’annonce de nouveaux plans de licenciements…
Chaque jour qui passe confirme l'ampleur et la gravité de la crise qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.
Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu'il y aurait à laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l'alimenter, continue de nous la faire payer et s'enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !
L'argent, par milliards d'euros, continue de circuler à sens unique : tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail !
Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d'Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l'Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20 000 suppressions d’emplois annoncées !). Mais ils sont fermés pour l'université et la recherche, l'hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l’ensemble des services publics.
Cela suffit! C'est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible.
Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l'exigence d'un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi et des services publics.
Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.
Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l'université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d'enseignants-chercheurs.
Plus légitime que jamais, l'exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.
Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C’est vrai dans l'université, la recherche, la santé, la poste et d’autres secteurs publics. C’est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d’unité pour construire le rapport de force le plus large.
Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l’égard des revendications que la journée d'action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l’ensemble des Antilles et à l’ile de la Réunion ont portées, continue.
Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d'une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain.
Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.
Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.
Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.
Signataires du texte:
Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, Association des communistes unitaires (ACU)
Libellés : Luttes ouvrières
08 mars 2009
Elie Domota : "Restons mobilisés"
Nous l’avons déjà dit : nous marchons, encore et encore ; mais c’est pour que la vie change.
Et aujourd’hui nous étions très heureux de recevoir des camarades des associations de personnes handicapées [en tête de la manifestation].
Parce qu’il est vrai que dans tout ce que nous avons dénoncé, nous nous adressions à des personnes en souffrance mais valides ; mais les handicapés vivent des situations 10 fois, 100 fois, mille fois plus difficiles que la notre. Et c’est pourquoi je vous demande de les applaudir chaleureusement !
La Guadeloupe, c’est tout le monde et c’est aussi beaucoup de solidarité. Et justement, pour que nous puissions défendre leurs droits, il nous faut être solidaires entre nous, certes ; mais également avec eux. C’est important.
Ce que nous tenions également à dire aujourd’hui, c’est que nous entendons à nouveau plein de discours... Mais aujourd’hui, la meilleure réponse que nous pouvions leur adresser c’était de marcher, comme nous l’avons fait, à plus de 30000 mille dans les rues de Pointe à Pitre...
Afin de répondre à M. Willy ANGELE du MEDEF Guadeloupe ; et lui dire :
Que, premièrement, il n’a pas le droit de faire de proposition d’accord salarial ; puisque les statuts du MEDEF l’interdisent. Or nous le voyons toujours à la télé en train de proposer un accord salarial.
Que, deuxièmement, c’est une escroquerie de leur part que de prétendre donner 240 euro. Ils mentent ! L’argent du Conseil Régional et du Conseil Général a été mis à contribution dans l’accord Jacques BINO. Et ces deux institutions n’ont plus d’argent, puisqu’il a été donné aux ménages.
Cela veut dire que le MEDEF sera obligé de demander aux patrons de mettre de l’argent encore ; or ils ne veulent pas le faire !
La troisième chose qu’il leur appartient de dire est que l’accord proposé par le MEDEF est une supercherie ; puisqu’il n’excède pas trois années. A supposer qu’ils versent l’argent aux travailleurs, ils arrêteront de le leur verser au bout de ces trois années.
Voilà ce que M. ANGELE doit également préciser ! Donc aujourd’hui, il ne leur reste qu’un choix possible : appliquer l’accord BINO !
Et d’ores et déjà, il y a beaucoup d’entreprises adhérentes au MEDEF qui s’y sont décidées :
La Fédération du BTP , toutes les entreprises membres de cette Fédération, ont signé !
Hier soir, c’est M. Le METAYER, propriétaire des LEADER PRICE, qui l’a fait !
Hier soir encore, c’est l’hôtel NOVOTEL qui a signé !
Et aujourd’hui, il y en a beaucoup d’autres qui sont prêtes à le faire ! Mais sans que la bande à ANGELE le sache. Elles demandent donc à nous rencontrer en secret !
Alors, camarades, ce que nous vous demandons c’est de toujours rester dans la solidarité et mobilisés. Notamment pour les camarades de carrefour, de Match, de Cora, de champion, de Bannette (propriété de M. AUBERY)...
Puisque nous le voyons bien : ce sont toujours les mêmes, ceux qui font des profits, ceux qui ont les poches pleines depuis 400 ans... qui ne veulent pas lâcher un centime !
C’est pourquoi nous disons à tous les travailleurs de ces entreprises de se mettre en grève, de rester mobilisés !
Et vous tous qui êtes présents, dites à vos amis et parents de boycotter les magasins de ceux (Ces messieurs ont pour nom AUBERY, HAYOT, DESPOINTES...) qui refusent d’accorder les 200 euro !
Et à ceux qui savent qu’ils sont atteints de la maladie consistant à pousser des chariots dans les centres commerciaux et hyper marchés, nous disons : cherchez une autre occupation ! N’allez plus dans leurs magasins. Même pas pour acheter un bonbon à la menthe ! Et même si la chose que nous aimons le plus n’est disponible que dans là [dans leurs magasins], changeons de consommation, mais n’y allons pas !
Sommes nous d’accord ?! Sommes nous bien tous d’accord ?!
C’est la seule façon de leur faire comprendre que nous n’avons pas besoin d’eux ! Il nous faudra le leur dire très clairement ; car ils croient encore que travaillant dans leurs entreprises, nous aurions besoin d’eux. Ils ont bien plus besoin de nous, que nous d’eux ! Nous devons leur faire comprendre cela !
Donc, nous n’allons pas dans leurs magasins ! Camarades, nous devons prendre cet engagement. L’engagement de boycotter le produit de ces messieurs ! A compter du moment où ils ne nous donnent pas les 200 euro, cela veut dire qu’ils sont contre nous ! Et dès lors nous ne pouvons les porter, si eux ils nous traînent !
Nous n’achetons plus dans leurs magasins ! Tant qu’ils ne nous donnent pas les 200 euro, même s’ils sont ouverts, nous n’entrons pas dans leurs magasins !
Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé !
Jou nou ké mété a jounou... Péké vwè jou !
Elie DOMOTA
Pointe à Pitre
Samedi 7 mars 2009
NOUVEAU : SUR MEDIAPART
09 Mars 2009 Par Maguy Day
Dans un entretien à Mediapart, Elie Domota, leader du collectif guadeloupéen de Liyannaj kont pwofitasyon (collectif contre l’exploitation outrancière, LKP), explique pourquoi, malgré l'accord salarial signé en Guadeloupe entre le LKP et une partie du patronat, la tension n'a pas baissé dans l'île. Outre l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre pour incitation à la haine raciale, il dénonce l’intransigeance du Medef local, absent de la table des négociations, et de certains békés (descendants d’esclavagistes) qui, contrairement à de nombreuses PME, refusent toujours d’accorder une augmentation aux bas salaires.
Le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo vient de qualifier de «dérapage verbal inadmissible» vos propos contre les patrons békés alors que vous aviez déclaré à leur propos en créole: «Soit ils appliquent cet accord, soit ils quittent la Guadeloupe. (…) Nous ne laisserons pas les békés rétablir l'esclavage.» Que pensez-vous de l’ouverture, samedi 7 mars, par le parquet de Pointe-à-Pitre d’une enquête pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature à votre encontre?
S’ils m’envoient devant les juges, c’est toute la Guadeloupe qui ira au tribunal. Souvenez-vous qu’en 1967, il y a eu 100 manifestants tués en Guadeloupe. Et ce sont les Guadeloupéens qui se sont retrouvés derrière les barreaux et que l’on a accusés d’être subversifs. Nous sommes très sereins. De toute façon, cela fait partie de l’alliance justice-Etat-grand patronat. Nous y sommes habitués. Cela fait 400 ans que nous subissons le racisme, la répression et la discrimination, donc nous ne sommes pas étonnés. On leur dit simplement que cela ne passera plus. Si l’affaire est portée devant les tribunaux, le monde entier verra que les questions de race et de classe sont restées inchangées depuis la période de l’esclavage.
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a déclaré vendredi 6 mars, qu'on voyait en Guadeloupe agir «des sortes de tontons macoutes du LKP», faisant ainsi allusion à la milice paramilitaire créée par l’ancien dictateur François Duvalier à Haïti dans les années 1960.
C’est un affront. Ils cherchent à salir et discréditer le LKP. Cela fait quatre semaines que Monsieur Lefebvre et ses amis, par l’intermédiaire du journal Le Figaro, nous accusent d’actes de violence, nous dénigrent, cherchent à décrédibiliser un mouvement social légitime et les Guadeloupéens qui manifestent depuis un mois et demi dans le calme. Les choses sont simples: les supermarchés Match, Champion, Cora, Carrefour, au service d’une certaine caste, refusent d’appliquer l’accord Jacques-Bino alors que les autres PME l’appliquent.
Ils veulent que la société guadeloupéenne reste inchangée. Dès lors que nous nous élevons contre des critères de race ou de caste, ils se sentent menacés. Une plainte contre M. Lefebvre et certains journalistes est à l’étude chez nos avocats. Quant à Monsieur Yves Jégo, il n’a pas réagi aux propos de Monsieur Lefebvre mais il a cru bon de partir dans une grande envolée lyrique à mon sujet.
Au lendemain de la signature de l’accord salarial, vous avez dit que tout n’était pas réglé. Que vouliez-vous dire?
Il y a pas mal de supermarchés, de chaînes hôtelières qui refusent de signer l’accord salarial. Elles s’opposent à l’accord de pérennité qui prévoit qu’après trois ans, elles prennent en charge la totalité des 200 euros d’augmentation pour les plus bas salaires. D’ici là et pour les entreprises de plus de 100 salariés, 100 euros seront à la charge de l’entreprise, 100 euros à la charge de l’Etat. Comme par hasard, ce sont des membres de la catégorie bien particulière que sont les békés [qui refusent].
Comment expliquez-vous que les petits artisans aient accepté de vendre pratiquement à prix coûtant, alors que les familles Hayot ou Huygues-Despointes, qui dégagent encore des marges commerciales, refusent. Et alors même que les aides actuelles et futures en leur faveur ne sont pas comptabilisées. C’est le monde à l’envers! Il faut que l’Etat intervienne et dise: «Les gars, arrêtez vos conneries.»
Quelle est la part de responsabilité de l’Etat français?
Les positions dominantes et de quasi-monopoles des familles békés sont depuis toujours tolérées par le gouvernement. Aujourd’hui, certains semblent le découvrir mais cela s’est fait avec l’autorisation de l'Etat. Alors que nous voulons être entendus, et que nous demandons que les richesses en Guadeloupe soient redistribuées de manière plus équitable, en particulier celles des grandes chaînes de distribution alimentaire, on nous demande de nous taire.
Au lendemain de l’assassinat du syndicaliste Jacques Bino, Nicolas Sarkozy proposait, «dès le calme revenu», la tenue d’«états généraux» dans chaque collectivité d’outre-mer, que pensez-vous de ce rendez-vous?
Il a du plomb dans l’aile. Puisque le vrai problème d’une réalité sociale qui obéit à des critères de race et de classe n’est pas résolu, nous devons continuer la lutte. Nous sommes dans une dynamique de changement et nous demandons simplement de ne plus être traités en serviteurs. C’est seulement en luttant que nous arriverons à la transformation sociale dans le respect et la dignité.
Y a-t-il une volonté de vous évincer de la scène syndicale en Guadeloupe avant cette échéance?
Soyons clair. Je n’ai aucune ambition politique, ou objectif à atteindre. Alors inutile de me barrer la route. C’est le peuple guadeloupéen qui décidera où il veut aller.
Laurence Parisot, à la tête du patronat français, a déclaré: «On sait que l'économie guadeloupéenne est KO. Comment voulez-vous que l'on s'engage?!» Que lui répondez-vous?
En Guadeloupe, le Medef ne représente même pas 4.000 salariés, comparé aux 46.000 salariés employés par les petites entreprises, et pourtant on n’entend que lui. Cela dit, je ne pense pas que Laurence Parisot ait une quelconque autorité sur le Medef guadeloupéen.
Je crois que les békés prennent seuls les décisions. Certains d’entre eux, par leur position intransigeante, ont conduit de nombreuses entreprises à quitter l’organisation patronale. Ainsi, la fédération du BTP, la chaîne Leader Price, Christian Viviès, ancien président du Medef de Guadeloupe, ont signé l’accord salarial. Par leur politique, ils n’ont réussi qu’à faire imploser le Medef.
Libellés : Antilles, Guadeloupe, Luttes ouvrières

