18 juin 2009
Irlande du Nord : Des pogroms contre des familles roumaines

Lire cet article en anglais : Attacks on Romanians in Belfast reflect the sectarian state (par Simon Basketter)
Eamonn McCann écrit sur La crise d'identité d'Irlande du Nord dans The Guardian (en anglais)
Eamonn McCann écrit sur La crise d'identité d'Irlande du Nord dans The Guardian (en anglais)
A History of suffering - the Romani people, by James O'Toole
Libellés : Antiracisme, Irlande, Migrations, Royaume-Uni
08 juin 2009
Le tremblement de terre politique en Irlande et l'unité de la gauche anticapitaliste

C'est un peu caché parmi toutes les mauvaises nouvelles électorales, mais la gauche radicale irlandaise a eu un succès très remarqué aux élections européennes et aux élections locales notamment dans la région de Dublin, où le Socialist Party a six élus et l'Alliance People Before Profit, qui se présentait pour la première fois, a cinq élus.
Pour Kieran Allen du Socialist Workers Party, ces élections marquent un véritable tremblement de terre politique. Le parti dominant à droite, Fianna Fail, issu de la frange la plus nationaliste de la bourgeosie pendant la guerre d'indépendance, a perdu son hégémonie qui dure depuis plus de 70 ans.
Le parti de l'alternance à droite, Fine Gael, a bénéficié de la déroute de FF, mais c'est le Labour Party, traditionnellement faible en Irlande qui s'est parfois allié avec l'une ou l'autre fraction de la bourgeosie, qui s'est le plus renforcé, tandis que Les Verts sont punis pour leur participation gouvernementale avec la droite.
Cette avancée du Labour Party représente, pour Allen, une véritable progrès de la conscience de classe du salariat dublinois (rappelons que la région de Dublin concentre l'essentiel de l'activité édonomique du pays). Et c'est d'autant plus significatif qu'elle s'accompagne de l'émergence, pour la première fois, d'une gauche radicale forte. Celle-ci rivalise aujourd'hui avec Sinn Fein qui perd son seul siège au parlement européen au profit de Joe Higgins du Socialist Party.
En dehors des deux principales formations de la gauche radicale, il existe d'autres groupes comme le Workers and Unemployed Action Group qui a des élus dans le comté de Tipperary, ainsi que des indépendants.
La gauche radicale doit dès maintenant se rencontrer pour discuter de la possibilité d'une alliance ou d'un parti large, à l'intéreur duquel pourrait co-exister plusieurs courants. L'argument utilisé dans le passé par certains qu'une telle initiative était "prématurée" n'a que très peu de sens aujourd'hui.
Le Socialist Workers Party collabore déjà avec d'autres avec des résultats positifs au sein de l'Alliance People Before Profit ; il peut promouvoir ses idées distinctives socialistes et révolutionnaires tout en travaillant avec d'autres sur les 90% qui nous unissent. Il n'y a absolument aucune raison qu'une alliance de cette nature ne puisse pas être élargie.
Nous ne sommes qu'au début d'une crise économique profonde qui va entraîner son lot de baisses salariales, de nouveaux impôts (sur l'eau ...) et de licenciements. La gauche a la responsabilité de proposer une politique sérieuse qui assume la possibilité d'une sortie du système capitaliste."
(Traduction Le Poireau Rouge)
Lire l'article de Kieran Allen (en anglais)
Libellés : Elections européennes 2009, Irlande
06 juin 2009
Elections en Europe: les premiers effets politiques de la crise ?
***
En Angleterre, les résultats du Parti travailliste (New Labour) de Gordon Brown aux élections locales et européennes sont catastrophiques. Ses 23% des voix aux élections locales sont son pire score de toute son histoire et le placent derrière les Conservateurs et les Liberal Democrats. C'est donc l'opposition de droite, relookée sous son nouveau et jeune leader David Cameron - un pur produit de l'establishment, qui en profite, mais l'extrême droite progresse en voix et gagne quelques sièges. Les Verts sont également en progression, avec un gain de seize sièges de conseiller local.
Aux Pays-Bas, un parti d'extrême droite spécialisée dans l'islamophobie arrive en deuxième position.
En Irlande, le principal parti gouvernemental (Fianna Fail - droite) prend une claque monumentale. FF est le premier parti irlandais depuis les années 1930 quand il représentait la lutte pour l'indépendance et la république. Il n'a reçu le soutien cette fois-ci d'un électeur sur cinq. Son partenaire au pouvoir, Les Verts, chute avec lui.
Un autre parti de droite (Fine Gael - droite libérale) est le principal bénéficiaire, même si le Parti travailliste s'en tire honorablement.
La bonne nouvelle, c'est la percée, à Dublin notamment, de la gauche radicale. Celle-ci comme ailleurs est divisée, mais cela ne l'a pas empêchée d'obtenir plusieurs élus, dont cinq pour l'alliance People before Profit et quatre pour le Socialist Party (extrême gauche). Plusieurs candidats de gauche indépendants ont également été élus ou ont fait de très bons scores.
Radical left breakthrough in Ireland
Déclaration de l'Alliance People Before Profit
En Angleterre, les résultats du Parti travailliste (New Labour) de Gordon Brown aux élections locales et européennes sont catastrophiques. Ses 23% des voix aux élections locales sont son pire score de toute son histoire et le placent derrière les Conservateurs et les Liberal Democrats. C'est donc l'opposition de droite, relookée sous son nouveau et jeune leader David Cameron - un pur produit de l'establishment, qui en profite, mais l'extrême droite progresse en voix et gagne quelques sièges. Les Verts sont également en progression, avec un gain de seize sièges de conseiller local.
Aux Pays-Bas, un parti d'extrême droite spécialisée dans l'islamophobie arrive en deuxième position.
En Irlande, le principal parti gouvernemental (Fianna Fail - droite) prend une claque monumentale. FF est le premier parti irlandais depuis les années 1930 quand il représentait la lutte pour l'indépendance et la république. Il n'a reçu le soutien cette fois-ci d'un électeur sur cinq. Son partenaire au pouvoir, Les Verts, chute avec lui.
Un autre parti de droite (Fine Gael - droite libérale) est le principal bénéficiaire, même si le Parti travailliste s'en tire honorablement.
La bonne nouvelle, c'est la percée, à Dublin notamment, de la gauche radicale. Celle-ci comme ailleurs est divisée, mais cela ne l'a pas empêchée d'obtenir plusieurs élus, dont cinq pour l'alliance People before Profit et quatre pour le Socialist Party (extrême gauche). Plusieurs candidats de gauche indépendants ont également été élus ou ont fait de très bons scores.
Radical left breakthrough in Ireland
Déclaration de l'Alliance People Before Profit
Libellés : Europe, Irlande, Pays-Bas, Royaume-Uni
21 mai 2009
Irlande: Un nouveau rapport accable l'Eglise catholique
***
Un nouveau rapport souligne le rôle joué par la hiérarchie catholique en Irlande dans l'affaire des abus sexuels pratiqués sur des enfants par des religieux catholiques, et notamment par des membres de deux ordres - celui des Christian Brothers (sic) et celui des Sisters of Mercy (re-sic).
Ce qui peut surprendre les plus naîfs dans ce scandale - dont les faits sont maintenant archi-connus - est que, selon le rapport, des abus systématiques allant du viol aux châtiments corporels les plus vils étaient courants dans toutes les institutions pour jeunes garçons gérés par des religieux (et dans une partie 'seulement' des institutions pour jeunes filles).
Dans cet article publié dans The Belfast Telegraph, et repris par The Independent, Eamonn McCann explique Pourquoi le pape devrait prier pour que les victimes pardonnent au Vatican son rôle dans l'affaire des abus sexuels (en anglais).
L'auteur est un journaliste et militant révolutionnaire. Il a joué un rôle important dans le mouvement pour l'égalité des droits des catholiques en Irlande du Nord en 1968-69. Il est membre du Socialist Workers Party (Irlande). Il est l'auteur d'un livre sur la religion en Irlande: 'Dear God: The price of religion in Ireland' (Bookmarks, 1999).
***
De son côté, l'éditorialiste du Irish Times (le journal de référence en République d'Irlande) conclut que les abus "n'étaient pas aussi mauvais que tout le monde suspectait - ils étaient pire" (au moins 800 prédateurs sexuels dans 200 institutions différentes sur une période de 35 ans). La hiérarchie religieuse n'a pas seulement couvert ces agissements - elle a délibéremment continué à nommer des récidivistes connus, et souvent les sujets de plaintes enregistrées par la police, à des positions où ils pouvaient encore sévir. "Ces abus ne sont pas le symptôme d'un échéc du système - ils étaient le système", continue-t-il.
L'éditorialiste conclut que deux mots doivent être utilisés pour décrire ces pratiques: la torture et l'esclavage. Un petit exemple suffit pour donner une idée de la philosophie de ces monstres en soutane: la pratique qui consistait à dire à des enfants victimes d'abus qu'ils ne devaient pas se plaindre car leurs parents étaient morts, alors que les religeiux en question savaient qu'ils étaient bien vivants.
***
Le journal du Socialist Workers Party (Irlande) commente également le Ryan report: L'Etat sauve les banques ... et les pédophiles religieux (en anglais)
Un nouveau rapport souligne le rôle joué par la hiérarchie catholique en Irlande dans l'affaire des abus sexuels pratiqués sur des enfants par des religieux catholiques, et notamment par des membres de deux ordres - celui des Christian Brothers (sic) et celui des Sisters of Mercy (re-sic).
Ce qui peut surprendre les plus naîfs dans ce scandale - dont les faits sont maintenant archi-connus - est que, selon le rapport, des abus systématiques allant du viol aux châtiments corporels les plus vils étaient courants dans toutes les institutions pour jeunes garçons gérés par des religieux (et dans une partie 'seulement' des institutions pour jeunes filles).
Dans cet article publié dans The Belfast Telegraph, et repris par The Independent, Eamonn McCann explique Pourquoi le pape devrait prier pour que les victimes pardonnent au Vatican son rôle dans l'affaire des abus sexuels (en anglais).
L'auteur est un journaliste et militant révolutionnaire. Il a joué un rôle important dans le mouvement pour l'égalité des droits des catholiques en Irlande du Nord en 1968-69. Il est membre du Socialist Workers Party (Irlande). Il est l'auteur d'un livre sur la religion en Irlande: 'Dear God: The price of religion in Ireland' (Bookmarks, 1999).
***
De son côté, l'éditorialiste du Irish Times (le journal de référence en République d'Irlande) conclut que les abus "n'étaient pas aussi mauvais que tout le monde suspectait - ils étaient pire" (au moins 800 prédateurs sexuels dans 200 institutions différentes sur une période de 35 ans). La hiérarchie religieuse n'a pas seulement couvert ces agissements - elle a délibéremment continué à nommer des récidivistes connus, et souvent les sujets de plaintes enregistrées par la police, à des positions où ils pouvaient encore sévir. "Ces abus ne sont pas le symptôme d'un échéc du système - ils étaient le système", continue-t-il.
L'éditorialiste conclut que deux mots doivent être utilisés pour décrire ces pratiques: la torture et l'esclavage. Un petit exemple suffit pour donner une idée de la philosophie de ces monstres en soutane: la pratique qui consistait à dire à des enfants victimes d'abus qu'ils ne devaient pas se plaindre car leurs parents étaient morts, alors que les religeiux en question savaient qu'ils étaient bien vivants.
***
Le journal du Socialist Workers Party (Irlande) commente également le Ryan report: L'Etat sauve les banques ... et les pédophiles religieux (en anglais)
01 avril 2009
L'usine Visteon occupée à Belfast

Le mouvement s'est étendu mercredi 1er avril aux deux sites de la société en Angleterre, à Enfield (Londres) et à Basildon (Essex) ... (infos en anglais)
Pendant ce temps, la City of London est la scène de manifestations contre les responsables de la crise actuelle

Ici, une effigie portant une pancarte avec un des slogans les plus populaires du moment : "Mangez les banquiers" (je ne sais pas quel goût cela aurait, mais l'idée est très sympathique).
Sur un ton plus mesuré, Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique (avril 2009) explique pourquoi il faut Nationaliser les banques ... - puis ne pas les rendre aux actionnaires privés une fois que le contribuable aura payé les frais de la crise.
Comme on voit dans ces images, la classe dirigeante britannique (mais pas seulement britannique) serait prête à utiliser tous les moyens pour réprimer une révolte populaire ...
La prochaine fois que vous entendrez Sarkozy ou une des ses marionnettes parler de la "cohésion sociale", pensez-y.

AFP /01/04/2009
Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot a affirmé que "les sabreurs et les saigneurs du monde" se sont donné rendez-vous à Londres pour un sommet du G20 dont il "n'y a rien à attendre", se déclarant "solidaire" des manifestations anti-G20.
"Les rodomontades de Nicolas Sarkozy menaçant de quitter le G20", alors qu'il a annoncé le retour français "dans le haut commandement militaire de l'OTAN, ne sont que pures gesticulations médiatiques", ajoute le parti d'extrême-gauche.
Le NPA se dit "complètement solidaire" des "manifestations hostiles au G20 à Londres et dans plusieurs capitales". Plusieurs milliers de manifestants protestant contre le sommet du G20 se sont rassemblés mercredi dans la City, le quartier des affaires de Londres, où des vitres de la banque RBS ont été brisées.
Libellés : Crise 2009, Irlande, Luttes ouvrières
31 mars 2009
Carnets de crise : le 31 mars, une journée ordinaire
***
Grenoble : Quatre cadres dirigeants de Caterpillar séquestrés
Châtellerault : Grosse manifestation anti-Sarkozy
Paris : François-Henri Pinault (FNAC, Conforama ...) retenu par des salariés
... et en Irlande du Nord : 100 ouvriers occupent l'usine Visteon (équipementier automobile) à West belfast
Grenoble : Quatre cadres dirigeants de Caterpillar séquestrés
Châtellerault : Grosse manifestation anti-Sarkozy
Paris : François-Henri Pinault (FNAC, Conforama ...) retenu par des salariés
... et en Irlande du Nord : 100 ouvriers occupent l'usine Visteon (équipementier automobile) à West belfast
Libellés : Crise 2009, Irlande, Luttes ouvrières
12 mars 2009
Irish SWP statement on the killing of two soldiers and a policeman in Northern Ireland
***
Pointless and counterproductive action that will only strengthen the forces of reaction
The killing of two soldiers and a police officer by the Real IRA and Continuity IRA is an attempt to re-launch a campaign of armed struggle that has been abandoned by the Provisional IRA.
It is a pointless and counterproductive action that will only strengthen the forces of reaction on this island. It will provide our rulers with a chance to promote a law and order agenda and to deploy the SAS under the pretence of providing security.
Continue ...
Pointless and counterproductive action that will only strengthen the forces of reaction
The killing of two soldiers and a police officer by the Real IRA and Continuity IRA is an attempt to re-launch a campaign of armed struggle that has been abandoned by the Provisional IRA.
It is a pointless and counterproductive action that will only strengthen the forces of reaction on this island. It will provide our rulers with a chance to promote a law and order agenda and to deploy the SAS under the pretence of providing security.
Continue ...
Libellés : Irlande
21 février 2009
L'Irlande montre la voie (de nouveau)
***
Les Irlandais - dont l'esprit rebelle est bien connu - récidivent ! 100 000 personnes selon la police (!) ont manifesté aujourd'hui 21 février à Dublin contre la politique économique du gouvernement qui veut faire payer la crise aux travailleurs. 100 000 dans toute la France, c'est déjà une grosse mobilisation. 100 000 en Irlande, dont la population dépassé à peine les 4 millions, c'est énorme.
Le chômage s'est élevé le mois dernier à 367 000, le niveau le plus élevé jamais enregistré.
La BBC rend compte ici de la manifestation ... (en anglais)
La manifestation vue par l'Irish Times ...
Gigantesque manifestation à Dublin ... (Le Monde)
Les Irlandais - dont l'esprit rebelle est bien connu - récidivent ! 100 000 personnes selon la police (!) ont manifesté aujourd'hui 21 février à Dublin contre la politique économique du gouvernement qui veut faire payer la crise aux travailleurs. 100 000 dans toute la France, c'est déjà une grosse mobilisation. 100 000 en Irlande, dont la population dépassé à peine les 4 millions, c'est énorme.
Le chômage s'est élevé le mois dernier à 367 000, le niveau le plus élevé jamais enregistré.
La BBC rend compte ici de la manifestation ... (en anglais)
La manifestation vue par l'Irish Times ...
Gigantesque manifestation à Dublin ... (Le Monde)
Libellés : Irlande, Luttes ouvrières
03 février 2009
Occupation à Waterford Crystal (Irlande) : un exemple à suivre
***
Des travailleurs de Waterford Crystal en Irlande ont occupé leur usine vendredi 30 janvier pour empêcher sa fermeture. La maison mère, Waterford Wedgwood, avait été mise en liquidation judiciaire le 5 janvier.
Vendredi, l'administrateur judiciaire a annoncé l'arrêt immédiat de la production et le licenciement de 480 salariés sur un total de 700.
La nouvelle a provoqué des réactions de colère parmi le personnel. Le syndicat n'avait même pas été informé préalablement.
Tony Kelly, le représentant du syndicat Unite de Waterford Crystal, raconte: "Je rentrais chez moi en voiture quand j'ai entendu la nouvelle et j'ai tout de suite fait demi-tour. Nous nous sommes mis d'accord par téléphone que nous devions entrer dans l'usine."
En dépit des efforts des vigiles recrutés par l'administrateur, un grand nombre de salariés ont pu occuper l'usine grâce à l'envoi de SMS et à de coups de téléphone.
Selon un des occupants, "les vigiles ont essayé de fermer les portes mais nous étions trop nombreux - environ 400 personnes ont pu entrer. Nous occupons les lieux depuis 14 heures vendredi. Les gens nous envoient de la nourriture, de l'argent et des messages de solidarité."
L'occupation est organisée en équipes tournant toutes les 6 heures. Jusqu'à 100 travailleurs sont présents en même temps. Un drapeau représentant la constellation de la Charrue - le symbôle des syndicalistes qui ont participé derrière James Connolly au soulèvement nationaliste de Pâques 1916 - a été hissé.
Samedi 31 janvier, 3.000 personnes ont assisté à un rassemblement, malgré une pluie torrentielle. A Waterford, des taxis, des commerces et des entreprises ont cessé le travail pendant une heure.
Pendant ce temps, une camionnette faisait le tour de la région pour remettre leurs lettres de licenicement aux salariés. Le conducteur a été remarqué dans une cité et a pris la fuite, et par conséquent, beaucoup de salariés n'ont pas encore reçu la notification offcielle de leur renvoi.
Selon Tom Hogan, président du conseil local des syndicats, avant l'occupation beaucoup de salariés étaient démoralisés. L'action a complètement changé l'ambiance.
Parmi leurs revendications, les travailleurs demandent au gouvernement la garantie des indemnités promises par la direction lors d'une précédente vague de licenciements. Un ancien salarié licencié en décembre 2008 avec 46 ans d'ancienneté a déclaré au journal britannique Socialist Worker que l'employeur lui devait encore une partie de son indemnité de licenciement. "Notre action s'incrit dans la durée. Nous n'avons rien à perdre", a-t-il ajouté.
Un autre salarié a dit qu'ils demandaient à l'administrateur de revenir sur sa décision de fermer l'usine. "Nous restons jusqu'à ce que cette revendication soit satisfaite, a-t-il déclaré. Nous voulons laisser des chances à un éventuel repreneur. Et nous voulons que ceux qui seront obligés de partir puissent bénéficier des meilleures conditions de départ possibles."
“La plupart d'entre nous a entre 20 et 40 ans d'ancienneté. Nous ne laisserons pas un comptable nous jeter comme des ordures.”
Des discussions ont commencé entre les syndicats, l'administrateur et des repreneurs potentiels. "Nous savons que nous ne pouvons pas faire confiance à ceux-ci mais si l'usine n'est pas fermée nous pouvons nous battre pour obtenir les meilleures conditions possibles."
“Nous voulons que dans le pire des cas le gouvernement garantisse notre caisse de retraite et nos indemnités de licenciement. Mais si les patrons ne veulent pas garder l'usine en activité elle devrait être nationalisée."
Pour tout soutien, écrivez à: Unite Hall, Keyzer Street, Waterford County, Waterford, Republic of Ireland. Tél: +353 5187 5438. Email: walter.cullen AT unitetheunion.com
Par Simon Basketter pour Socialist Worker. Version française: CF et DF.
Des travailleurs de Waterford Crystal en Irlande ont occupé leur usine vendredi 30 janvier pour empêcher sa fermeture. La maison mère, Waterford Wedgwood, avait été mise en liquidation judiciaire le 5 janvier.
Vendredi, l'administrateur judiciaire a annoncé l'arrêt immédiat de la production et le licenciement de 480 salariés sur un total de 700.
La nouvelle a provoqué des réactions de colère parmi le personnel. Le syndicat n'avait même pas été informé préalablement.
Tony Kelly, le représentant du syndicat Unite de Waterford Crystal, raconte: "Je rentrais chez moi en voiture quand j'ai entendu la nouvelle et j'ai tout de suite fait demi-tour. Nous nous sommes mis d'accord par téléphone que nous devions entrer dans l'usine."
En dépit des efforts des vigiles recrutés par l'administrateur, un grand nombre de salariés ont pu occuper l'usine grâce à l'envoi de SMS et à de coups de téléphone.
Selon un des occupants, "les vigiles ont essayé de fermer les portes mais nous étions trop nombreux - environ 400 personnes ont pu entrer. Nous occupons les lieux depuis 14 heures vendredi. Les gens nous envoient de la nourriture, de l'argent et des messages de solidarité."
L'occupation est organisée en équipes tournant toutes les 6 heures. Jusqu'à 100 travailleurs sont présents en même temps. Un drapeau représentant la constellation de la Charrue - le symbôle des syndicalistes qui ont participé derrière James Connolly au soulèvement nationaliste de Pâques 1916 - a été hissé.
Samedi 31 janvier, 3.000 personnes ont assisté à un rassemblement, malgré une pluie torrentielle. A Waterford, des taxis, des commerces et des entreprises ont cessé le travail pendant une heure.
Pendant ce temps, une camionnette faisait le tour de la région pour remettre leurs lettres de licenicement aux salariés. Le conducteur a été remarqué dans une cité et a pris la fuite, et par conséquent, beaucoup de salariés n'ont pas encore reçu la notification offcielle de leur renvoi.
Selon Tom Hogan, président du conseil local des syndicats, avant l'occupation beaucoup de salariés étaient démoralisés. L'action a complètement changé l'ambiance.
Parmi leurs revendications, les travailleurs demandent au gouvernement la garantie des indemnités promises par la direction lors d'une précédente vague de licenciements. Un ancien salarié licencié en décembre 2008 avec 46 ans d'ancienneté a déclaré au journal britannique Socialist Worker que l'employeur lui devait encore une partie de son indemnité de licenciement. "Notre action s'incrit dans la durée. Nous n'avons rien à perdre", a-t-il ajouté.
Un autre salarié a dit qu'ils demandaient à l'administrateur de revenir sur sa décision de fermer l'usine. "Nous restons jusqu'à ce que cette revendication soit satisfaite, a-t-il déclaré. Nous voulons laisser des chances à un éventuel repreneur. Et nous voulons que ceux qui seront obligés de partir puissent bénéficier des meilleures conditions de départ possibles."
“La plupart d'entre nous a entre 20 et 40 ans d'ancienneté. Nous ne laisserons pas un comptable nous jeter comme des ordures.”
Des discussions ont commencé entre les syndicats, l'administrateur et des repreneurs potentiels. "Nous savons que nous ne pouvons pas faire confiance à ceux-ci mais si l'usine n'est pas fermée nous pouvons nous battre pour obtenir les meilleures conditions possibles."
“Nous voulons que dans le pire des cas le gouvernement garantisse notre caisse de retraite et nos indemnités de licenciement. Mais si les patrons ne veulent pas garder l'usine en activité elle devrait être nationalisée."
Pour tout soutien, écrivez à: Unite Hall, Keyzer Street, Waterford County, Waterford, Republic of Ireland. Tél: +353 5187 5438. Email: walter.cullen AT unitetheunion.com
Par Simon Basketter pour Socialist Worker. Version française: CF et DF.
Libellés : Irlande, Luttes ouvrières
31 janvier 2009
L'Europe en crise
***
Un journaliste britannique, Peter Popham, dessine un tableau rapide de la crise qui secoue l'Europe - de l'Islande, où la rue a fait tomber le gouvernement, à la Lettonie, scène d'émeutes violentes, en passant par la France, où la grève et les manifestations du 29 janvier ont rappelé aux dirigeants européens que le peuple n'est vraiment pas d'accord avec leur gestion de la crise. L'article, très superficiel, a le mérite de nous rappeler que nos luttes et nos débats politiques français ne sont pas isolés. La crise est mondiale, la solution aussi.
Egalement dans The Independent, Sarkozy vs the street
Irlande : Dell supprime 1 900 postes. Dell, c'est le premier exportateur de l'Irlande et représente 5% du PIB. Ce n'est donc pas rien que l'entreprise décide de délocaliser sa production vers la Pologne, où bien évidemment les coûts de la main-d'oeuvre sont moins chers. Le pays a longtemps surfé sur une vague d'investissements étrangers. Il est maintenant une des premières victimes de la crise.
Des salariés de Waterford Glass, un des fleurons de l'industrie irlandaise, occupent leur usine après la mise en liquidation judiciaire de la société, qui employaite 700 salriés. 90% des salariés sont membres du syndicat Unite.
En Grande-Bretagne, des ouvriers du bâtiment ont défie les lois anti-grèves pour protester contre l'utilisation de la main-d'oeuvre étrangère. Sur leurs banderoles on peut lire : "Des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques". C'est une conséquence tragique de l'inaction des syndicats face au libéralisme et à la crise. Si la gauche ne remplit sa fonction, le vide sera forcément rempli par des forces réactionnaires. C'est un avertissement qu'il ne faut pas négliger. Ici, la réaction du Socialist Workers Party ...
Un journaliste britannique, Peter Popham, dessine un tableau rapide de la crise qui secoue l'Europe - de l'Islande, où la rue a fait tomber le gouvernement, à la Lettonie, scène d'émeutes violentes, en passant par la France, où la grève et les manifestations du 29 janvier ont rappelé aux dirigeants européens que le peuple n'est vraiment pas d'accord avec leur gestion de la crise. L'article, très superficiel, a le mérite de nous rappeler que nos luttes et nos débats politiques français ne sont pas isolés. La crise est mondiale, la solution aussi.
Egalement dans The Independent, Sarkozy vs the street
Irlande : Dell supprime 1 900 postes. Dell, c'est le premier exportateur de l'Irlande et représente 5% du PIB. Ce n'est donc pas rien que l'entreprise décide de délocaliser sa production vers la Pologne, où bien évidemment les coûts de la main-d'oeuvre sont moins chers. Le pays a longtemps surfé sur une vague d'investissements étrangers. Il est maintenant une des premières victimes de la crise.
Des salariés de Waterford Glass, un des fleurons de l'industrie irlandaise, occupent leur usine après la mise en liquidation judiciaire de la société, qui employaite 700 salriés. 90% des salariés sont membres du syndicat Unite.
En Grande-Bretagne, des ouvriers du bâtiment ont défie les lois anti-grèves pour protester contre l'utilisation de la main-d'oeuvre étrangère. Sur leurs banderoles on peut lire : "Des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques". C'est une conséquence tragique de l'inaction des syndicats face au libéralisme et à la crise. Si la gauche ne remplit sa fonction, le vide sera forcément rempli par des forces réactionnaires. C'est un avertissement qu'il ne faut pas négliger. Ici, la réaction du Socialist Workers Party ...
Libellés : Europe, Irlande, Royaume-Uni
22 juillet 2008
NOUVEAU : 3 Irlandais sur 4 opposés à la tenue d'un nouveau référendum

Manifestation à Dublin le 21 juillet 2008 pour dire 'NON, c'est NON'

La Une de l'hebdo de Sinn Fein, le seul parti représenté au Dail (le parlement irlandais) à avoir appelé à voter Non au Traité de Lisbonne
Lire l'article ici ... (en anglais)
Ici, la vidéo de Richard Boyd Barrett du Socialist Workers Party (Irlande) à Marxism 2008 à Londres : Comment nous avons gagné la bataille du référendum
Site internet de la Campagne (irlandaise) contre la Constitution européenne (CAEUC)

Manifestation à Dublin le 21 juillet 2008 pour dire 'NON, c'est NON'

La Une de l'hebdo de Sinn Fein, le seul parti représenté au Dail (le parlement irlandais) à avoir appelé à voter Non au Traité de Lisbonne
Lire l'article ici ... (en anglais)
Ici, la vidéo de Richard Boyd Barrett du Socialist Workers Party (Irlande) à Marxism 2008 à Londres : Comment nous avons gagné la bataille du référendum
Site internet de la Campagne (irlandaise) contre la Constitution européenne (CAEUC)
17 juin 2008
Irish voters reject plans for neoliberal Europe
par Sinead Kennedy
La majorité irlandaise contre le nouveau Traité européen était-il, comme les médias l'ont présentée en France, un vote de droite ou xénophobe ou bien un rejet franc d'un traité ouvrant la voie à de nouvelles 'réformes' néolibérales. Pour Sinead Kennedy du Socialist Workers' Party (Irlande) la vérité est plutôt à chercher du côté de la deuxième explication.
Ce qu'on peut afirmer sans crainte de contradiction, c'est qu'elle représente un sacré coup de pied dans la fourmilière européenne et qu'elle lie les mains d'un Sarkozy déterminé à rapprocher l'Europe des Etats-Unis. C'est toute la stratégie européenne de nos gouvernants qui est remise en cause. Donc, encore bravo aux Irlandais. Slainte !
Cet article en français d' Ingrid Hayes : No !
La majorité irlandaise contre le nouveau Traité européen était-il, comme les médias l'ont présentée en France, un vote de droite ou xénophobe ou bien un rejet franc d'un traité ouvrant la voie à de nouvelles 'réformes' néolibérales. Pour Sinead Kennedy du Socialist Workers' Party (Irlande) la vérité est plutôt à chercher du côté de la deuxième explication.
Ce qu'on peut afirmer sans crainte de contradiction, c'est qu'elle représente un sacré coup de pied dans la fourmilière européenne et qu'elle lie les mains d'un Sarkozy déterminé à rapprocher l'Europe des Etats-Unis. C'est toute la stratégie européenne de nos gouvernants qui est remise en cause. Donc, encore bravo aux Irlandais. Slainte !
Cet article en français d' Ingrid Hayes : No !
08 juin 2008
L'Irlande au bord du Non ....


En Irlande, un vent se lève contre le Traité de Lisbonne
et balaie toute la classe politique irlandaise (96% des députés pour, 53,4% des électeurs contre) : lire l'article dans L'Humanité du 14 juin 2008
/.../ pour Hugo Brady, du "Centre for european reform" de Londres, la présidence française se trouve d’ores et déjà "plongée dans la confusion la plus totale".
"Le sommet européen du 19 juin, encore sous présidence slovène, va s’ouvrir dans une atmosphère de crise", prévient-il.
Avant le non irlandais, M. Sarkozy avait promis de consacrer sa présidence à plusieurs chantiers phares : défense, énergie et réchauffement climatique, Union pour la Méditerranée ou pacte pour l’immigration.
Il devait aussi préparer les premières réformes institutionnelles du traité de Lisbonne, comme les nominations du "président de l’UE" et du nouveau Haut représentant des Affaires étrangères, qui ne sont désormais plus à l’ordre du jour.
On peut dire un grand merci aux Irlandais !
14 décembre 2007
Traité 'simplifié' : les Irlandais vont voter pour toute l'Europe !
Vous avez dit 'déficit démocratique' ? Alors que Sarkozy a décidé que les Français sont pour le nouveau Traité européen (dit 'simplifié) et donc que nous n'avons pas besoin de nous prononcer dessus, et que 26 des 27 gouvernements s'apprêtent à faire pareil, il doit y avoir un referendum dans un seul pays membre - l'Irlande. Dans cet article, les camarades du Socialist Workers Party (Irlande) présentent le cas pour le 'Non'. Quant à nous, c'est d'abord un referendum qu'il faut demander.
EU Treaty : Blueprint for a Neo-liberal Europe, par Kieran Allen
Le Traité de Lisbonne : violation de la démocratie
Des personnalités belges signent un texte dans La Libre Belgique contre la ratification du Traité.
Le 'Non' de Clémentine Autain, sur son blog ...
Tribune dans Libération, par Claude Debons, Pierre Khalfa, Roger Martelli, Yves Salesse, Aurélie Trouvé
EU Treaty : Blueprint for a Neo-liberal Europe, par Kieran Allen
Le Traité de Lisbonne : violation de la démocratie
Des personnalités belges signent un texte dans La Libre Belgique contre la ratification du Traité.
Le 'Non' de Clémentine Autain, sur son blog ...
Tribune dans Libération, par Claude Debons, Pierre Khalfa, Roger Martelli, Yves Salesse, Aurélie Trouvé
Libellés : Belgique, Europe, Irlande
24 mai 2007
Résultats des élections au parlement irlandais
Pour ceux qui ont au moins le Bac + 5 avec spécialité 'systèmes électoraux compliqués', voici un lien au site de The Irish Times pour suivre les résultats des élections législatives en Irlande du 24 mai 2007. La gauche radicale (Socialist Party, SWP, Workers' party, Irish Socialist Network ...) présente plusieurs candidats. A vos calculettes ! Voir aussi le site ElectionsIreland.org
LATEST
Les petits partis et les indépendants ont soufferts du bon score du parti au pouvoir, Fianna Fail, qui arrive largement en tête du scrutin, avec 42% des voix, et de la poussée du principal parti d'opposition, Fine Gael (27%). Les deux partis 'historiques' de la république sont généralement classés au centre-droit ou centre-gauche, selon l'analyste, sans qu'on puisse vraiment les distinguer sur le plan programmatique.
Les grands perdants sont les alliés de Fianna Fail, les Progressive Democrats (libéraux), qui passe de 8 à 2 sièges. Le Parti travailliste, allié à Fine Gael, avec 10% des voix, conserve 20 sièges. Sinn Fein (représentant du courant 'républicain' et vaguement situé à gauche), qui espérait gagner en influence suite à la formation d'un gouvernement d'union en Irlande du Nord, recueillit 7% des voix (stable) et gagne 4 sièges, contre 5 dans la chambre sortante. Les Verts, avec près de 5%, conserve 6 sièges.
Fianna Fail n'ayant toujours pas la majorité, le premier ministre Bertie Ahern doit composer avec d'autres partis pour former un gouvernement. Les tractations sont donc déjà en cours.
A gauche, le Socialist Party (trotskiste) a perdu son seul siège de député, celui de Joe Higgins à Dublin. Il a recueilli 15% des voix, contre plus de 20% en 2002. Clare Daly obtient 9% dans un autre siège. Les prévisions donnaient pourtant au moins Higgins gagnant.
Dans un autre siège au sud de Dublin, Richard Boyd Barrett, membre du SWP (mais candidat de l'Alliance People Before Profit) et président de la coalition irlandaise contre la guerre en Irak, a obtenu un bon score (9%) mais n'a pas dépassé le quota pour être élu. D'autres candidats de PBP ont obtenu entre 1 et 4%.
Comme on voit, la République d'Irlande reste une exception politique en Europe. Selon les commentateurs, la reconduction de Bertie Ahern s'explique par la relative bonne santé de l'économie. Pourtant, les raisons de mécontentement sont nombreuses, en particulier la pression sur les services publics (santé, écoles ...), le logement et les transports, ainsi que des menaces pour l'environnement, ce qui expliquerait l'augmentation des voix pour l'opposition 'modérée'.
LATEST
Les petits partis et les indépendants ont soufferts du bon score du parti au pouvoir, Fianna Fail, qui arrive largement en tête du scrutin, avec 42% des voix, et de la poussée du principal parti d'opposition, Fine Gael (27%). Les deux partis 'historiques' de la république sont généralement classés au centre-droit ou centre-gauche, selon l'analyste, sans qu'on puisse vraiment les distinguer sur le plan programmatique.
Les grands perdants sont les alliés de Fianna Fail, les Progressive Democrats (libéraux), qui passe de 8 à 2 sièges. Le Parti travailliste, allié à Fine Gael, avec 10% des voix, conserve 20 sièges. Sinn Fein (représentant du courant 'républicain' et vaguement situé à gauche), qui espérait gagner en influence suite à la formation d'un gouvernement d'union en Irlande du Nord, recueillit 7% des voix (stable) et gagne 4 sièges, contre 5 dans la chambre sortante. Les Verts, avec près de 5%, conserve 6 sièges.
Fianna Fail n'ayant toujours pas la majorité, le premier ministre Bertie Ahern doit composer avec d'autres partis pour former un gouvernement. Les tractations sont donc déjà en cours.
A gauche, le Socialist Party (trotskiste) a perdu son seul siège de député, celui de Joe Higgins à Dublin. Il a recueilli 15% des voix, contre plus de 20% en 2002. Clare Daly obtient 9% dans un autre siège. Les prévisions donnaient pourtant au moins Higgins gagnant.
Dans un autre siège au sud de Dublin, Richard Boyd Barrett, membre du SWP (mais candidat de l'Alliance People Before Profit) et président de la coalition irlandaise contre la guerre en Irak, a obtenu un bon score (9%) mais n'a pas dépassé le quota pour être élu. D'autres candidats de PBP ont obtenu entre 1 et 4%.
Comme on voit, la République d'Irlande reste une exception politique en Europe. Selon les commentateurs, la reconduction de Bertie Ahern s'explique par la relative bonne santé de l'économie. Pourtant, les raisons de mécontentement sont nombreuses, en particulier la pression sur les services publics (santé, écoles ...), le logement et les transports, ainsi que des menaces pour l'environnement, ce qui expliquerait l'augmentation des voix pour l'opposition 'modérée'.
Libellés : Irlande
11 mai 2007
Elections législatives en Irlande le 24 mai
La République d'Irlande élit son 30ème parlement le 24 mai. La coalition sortante (Fianna Fail/Progressive Democrats) du premier ministre Bertie Ahern défend sa majorité contre la coalition Fine Gael/Labour Party soutenue par les Verts. En Irlande, les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis l'indépendance (Fianna Fail et Fine Gael) sont tous les deux de droite, le Labour Party se contentant le plus souvent d'un rôle subordonné, en échange de quelques strapontins.
Le paysage politique irlandais s'est néanmoins considérablement évolué ces dernières années, avec la modernisation de l'économie et son intégration dans le capitalisme mondialisé, et le déclin de l'influence de l'Eglise catholique. Malgré les "réformes" libérales, le mouvement syndical garde une certaine influence et il existe une gauche radicale comprenant des mouvements d'inspiration trotskiste (Socialist Workers Party, Socialist Party), stalinienne (Workers Party) et républicaine (Sinn Fein), ainsi que des groupes indépendants (Irish Socialist Network, des mouvements locaux etc.). Des associations locales se sont fortement mobilisées en défense de l'environnement et contre de nouveaux impôts. Comme dans d'autres pays de l'Europe, les mouvements anti-guerre et altermondialiste ont su mobiliser des milliers de gens nouveaux à la politique, avec des hauts et des bas.
Le Socialist Party possède un député (Joe Higgins) et pourrait gagner un deuxième siège (il possède également quatre conseillers locaux). Le SWP présente des candidats sous le nom de l'Alliance People Before Profit et appelle à voter pour les candidats du Socialist Party et du Workers Party et le candidat de l'Irish Socialist Network, ainsi que pour quelques candidats indépendants radicaux. La gauche radicale irlandaise serait-elle un peu moins sectaire qu'ailleurs ?
Le paysage politique irlandais s'est néanmoins considérablement évolué ces dernières années, avec la modernisation de l'économie et son intégration dans le capitalisme mondialisé, et le déclin de l'influence de l'Eglise catholique. Malgré les "réformes" libérales, le mouvement syndical garde une certaine influence et il existe une gauche radicale comprenant des mouvements d'inspiration trotskiste (Socialist Workers Party, Socialist Party), stalinienne (Workers Party) et républicaine (Sinn Fein), ainsi que des groupes indépendants (Irish Socialist Network, des mouvements locaux etc.). Des associations locales se sont fortement mobilisées en défense de l'environnement et contre de nouveaux impôts. Comme dans d'autres pays de l'Europe, les mouvements anti-guerre et altermondialiste ont su mobiliser des milliers de gens nouveaux à la politique, avec des hauts et des bas.
Le Socialist Party possède un député (Joe Higgins) et pourrait gagner un deuxième siège (il possède également quatre conseillers locaux). Le SWP présente des candidats sous le nom de l'Alliance People Before Profit et appelle à voter pour les candidats du Socialist Party et du Workers Party et le candidat de l'Irish Socialist Network, ainsi que pour quelques candidats indépendants radicaux. La gauche radicale irlandaise serait-elle un peu moins sectaire qu'ailleurs ?
Libellés : Irlande
06 juin 2006
"The Wind That Shakes the Barley"

"A FINE AND POWERFUL DRAMA"
Ken Loach's new award-winning film gets a long review in this week's Socialist Worker.
Voir aussi le message du 28 mai 2006.
NEW : Peter Bradshaw's review in The Guardian, 23 June 2006 :
"The Irish state emerges from this film as a collaborationist entity, which imbibed its habits of governing from its former rulers, who were able to sub- contract the prerogative of cruelty to a deeply uncertain new dispensation. Certainly, it is difficult to watch the torture scenes without thinking at least fleetingly of Guantànamo and Abu Ghraib, and it may be that Loach and Laverty are suggesting that the Treatyite spirit persists in the modern world - that a client state, at once enfeebled and bellicose, can be prevailed upon to carry out violent acts in the shadow of a greater power. The film's final cadences are ones of misery and bitterness and rage, and all this, coupled with what is sometimes a slightly inert dramatic language, do not make for an easy watch. But it is a finely made, finely acted piece of work. For this, and for his remarkable and uncompromising career, Loach deserves his golden palm."
28 mai 2006
De l'or pour Loach

Le Palme d'Or pour le film de Ken Loach sur la guerre d'indépendance et la guerre civile en Irlande, "Le Vent se lève" (titre anglais : "The Wind that Shakes the Barley")! En attendant de voir le film, voici un article de John Newsinger sur la carrière de Loach depuis "Cathy Comes Home" (tourné pour la BBC en 1966) et "Kes" (1969) jusqu'à "Land and Freedom" et "My Name is Joe". L'article (en anglais) est de International Socialism n° 83 (été 1999). Ken Loach, ce n'est pas seulement un réalisateur de films 'réalistes', c'est aussi un membre actif de la coalItion RESPECT.
NOTE : Le titre original du film "The Wind that Shakes the Barley" est aussi le titre d'une chanson irlandaise écrite par Robert Dwyer Joyce (1830 - 1883). Je ne sais pas s'il y a un rapport avec l'écrivain James Joyce. La chanson, qui fait partie du répertoire "folk" et nationaliste - très riche en Irlande - est, selon une vieille tradition, mi-chanson d'amour, mi-chanson patriotique. Un jeune homme raconte comment il s'est résolu à quitter sa bien-aimée pour aller avec les "bold United Men" (les United Irishmen se sont révoltés contre l'occupant anglais en 1798). C'est forcément une chanson triste, mais qui exprime avec force la détermination des nationalistes irlandais à continuer la lutte, malgré tous les échecs du passé. On peut lire une version des paroles ici.

