15 août 2009

 

Le racisme 'ordinaire' ne connaît pas de limites

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Pas de pêcheurs originaires de l'Europe de l'Est !

En Angleterre, un fermier affiche son refus d'accepter des pêcheurs sur sa propriété s'ils sont polonais ou originaires du 'bloc de l'Est' (quelqu'un devrait lui dire que celui-ci s'est effondré en 1990).
En France, un député communiste (sic), André Gérin, mène une campagne contre des musulmanes qui portent la burqa, un préfet, Paul Girot de Langlade, aurait tenu des propos racistes contre les salariés noirs des aéroports de Paris et une musulmane est refusée l'accès à une piscine parce qu'elle est trop habillée (!).

Il est temps de dire 'stop' à tous ces racistes.

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Solidarité internationale anti-fasciste !

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Aujourd'hui 15 août le parti nazi de Nick Griffin, le British National Party (BNP), organise sa fête 'Red, White and Blue' dans le Derbyshire (centre de l'Angleterre) dont le modèle est celle organisée par le Front National en France. Des rumeurs circulent d'ailleurs que Jean-Marie Le Pen fait partie des invités.

A la différence de la gauche française, cependant, le mouvement anti-fasciste britannique est déterminé à empêcher physiquement par une mobilisation de masse de telles manifestations basées sur la haine des immigrés (musulmans notamment).

Les Nazis ne sont pas un parti comme les autres, nous n'acceptons pas qu'ils puissent s'exprimer que cela soit à travers leurs meetings, leurs ventes de journaux ou leurs manifestations ou à travers les médias. Nous condamnons notamment l'attitude de la BBC qui fait preuve d'une complaisance extraordinaire pour Griffin, qui est un islamophobe et un négationniste (de l'Holocauste) notoire.

Il faut toujours garder en tête que si les Nazis paraissent relativement faibles, malgré leur récent succès électoral (2 députés européens et plusieurs dizaines de conseillers locaux), cette situation peut changer rapidement, comme dans les années trente - et que dans ce cas ils sont assurés du soutien d'une partie de la classe dirigeante y compris celle qui contrôle les médias.

Ceci vaut aussi bien pour un parti 'jeune' comme le BNP (mais qui a des antécédents dans le National Front des années 1970 et les Fascistes d'Oswald Mosley dans les années 1930 et 1950) que pour un parti 'établi' comme le Front National qui a profité de l'absence d'une riposte efficace des anti-fascistes dans les années 1980 pour s'établir sur la scène politique.

C'est la raison pour laquelle il ne faut jamais banalier la menace fasciste et qu'il faut maintenir une vigilance constante et active pour les empêcher de semer leur poison raciste.


Des membres de l'Association de Travailleurs Indiens (Indian Workers' Association) avec leur banderole lors de leur arrivée en car sur le site de la mobilisation (ce matin)

Des images de la manifestation (cet après-midi)
Note: Le mot 'Kettle' sur l'affiche fait référence à la tactique employée par la police britannique qui consiste à entourer des manifestants et même ceux qui se trouvent par hasard sur le lieu d'une manifestation et à les empêcher de sorttir du piège pendant des heures. L'objectif annoncé des manifestants anti-BNP est donc de bloquer l'accès au site de la fête en mobilisant le plus grand nombre d'anti-fascistes - l'atteinte de l'objecitif ne dépend pas de l'emploi de méthodes 'clandestines' ou de la violence individuelle mais du nombre des manifestants, et donc du niveau de conscience des anti-racistes et l'existence d'une alliance solide entre tous les anti-fascistes, des militants de gauche les plus réformistes aux associations d'immigrés, musulmanes etc.

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13 août 2009

 

Our military presence in Afghanistan is part of the problem - not the solution



Un editorial (en anglais) dans The New Statesman qui explique pourquoi le gouvernement de Gordon Brown a tort de vouloir continuer une guerre qui a fait 196 victimes côté britannique (et dieu sait combien de morts côté afghan) - une guerre dont même des militaires du plus haut rang disent qu'ils ne peuvent pas gagner.

J'ai deux critiques seulement. Pourquoi l'auteur revendique-t-il que le gouvernement fixe une date pour le retrait des troupes, au lieu d'un retrait immédiat ? Et pourquoi ce "nous" et ce "nos troupes" ? Cette guerre est la leur, pas la nôtre.

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01 août 2009

 

Les Britanniques de plus en plus sceptiques sur la guerre en Afghanistan

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Dans Libération ...

Le site de la Stop the War Coalition ...

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23 juillet 2009

 

Angleterre : Occupation de l'usine Vestas dans l'Île de Wight

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Alors que nous vivons une crise économique et une crise écologique, les capitalistes n'ont qu'une solution : licencier.
Dans l'Île de Wight dans le sud de l'Angleterre, le seule usine du pays qui fabrique des turbines à vent pour les centrales éoliennes doit fermer.

On voit bien que leur logique n'est pas la nôtre.

Les ouvriers ont décidé de ne pas se laisser faire. Une trentaine de salariés occupe l'usine depuis lundi 20 juillet. Pour l'instant ils tiennent bon, malgré l'intimidation de la direction et de la police.

La solidarité s'organise. Des manifestants se pressent autour des barrières de sécurité, les syndicats locaux font des collectes d'argent, et une manifestation a eu lieu devant le ministère de l'énergie et du changement climatique.

Pour suivre la lutte des travaillleurs de Vestas, lisez Socialist Worker (en anglais) ...

La vidéo de Jonathan Neale (Campaign against Climate Change) lors d'une réunion publique en solidarité avec les salariés de Vestas ...

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11 juillet 2009

 

Le racisme antimusulman a failli tuer en Angleterre

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Par Esme Choonara et Colin Falconer

L’agression brutale d’une jeune musulmane de 17 ans issue de l’immigration de l’Asie du Sud dans un parc à Rochdale (Nord-Ouest de l’Angleterre) le 16 juin dernier a laissé la victime dans un état de souffrance affreux.

Quelques instants avant d’être frappée violemment, elle a dû subir des railleries au sujet des gains électoraux du parti fasciste, le British National Party (BNP).

L’incident est le dernier d’une série d’agressions survenues depuis quelques semaines dans cette région.

C’est ici que le dirigeant du BNP, Nick Griffin, condamné pour avoir nié l’Holocauste, a été élu au parlement européen le 4 juin. Griffin a récemment soutenu dans une interview pour la BBC que les bateaux de fortune emmenant des réfugiés devaient être « coulés ».

Les agressions racistes suivent, là où le BNP gagne des voix.

Tout comme le meurtre de Marwa, la femme égyptienne voilée assassinée en Allemagne par un sympathisant du parti d’extrême droite, le NPD, l’affaire commence sur une aire de jeux pour enfants.

La jeune femme raconte qu’elle avait amené ses trois petites sœurs au parc, quand « un type a commencé à parler du BNP ».

« Il m’a dit qu’il était plus anglais que moi et que je n’avais pas ma place ici. »

Elle a été troublée par ses propos racistes. « En fin de compte, nous sommes tous des êtres humains », dit-elle. « La race à laquelle nous appartenons n’a aucune importance. »

Après avoir subi des insultes, la jeune femme a failli être aveuglée par un coup d’une telle force qu’une partie du bracelet de son agresseur a été enfoncée dans sa joue à quelques centimètres de son œil droit.

Trois adolescentes âgées de 14 à 16 ans ont été arrêtées, selon la presse locale, et la police recherche activement un homme vêtu d’un tee-shirt rouge.

Beaucoup de résidents du quartier où l’attaque a eu lieu sont dans un état de choc, selon Sam O’Brien, délégué syndical dans la fonction publique et secrétaire du mouvement Unite Against Fascism (UAF) à Manchester.

« La population est horrifiée par cette agression raciste. Il faut que nous arrivions à rassembler la majorité qui est opposée à toute violence raciste. »

Le BNP a essayé de convaincre les électeurs qu’il est un parti démocratique comme les autres. En réalité, c’est un parti de type nazi qui crée la haine raciale partout où il arrive à s’implanter.

« Nous tenons une conférence exceptionnelle d’UAF dans le Nord-Ouest à Manchester le 18 juillet à laquelle nous invitons les syndicats et les associations religieuses et communautaires », ajoute Sam O’Brien.

« Nous organisons également des voyages en car pour permettre aux gens de venir protester contre le festival “Bleu, blanc, rouge” du BNP le 15 août prochain qui a lieu dans le Derbyshire voisin. »

Sources :

Article d’Esme Choonara dans Socialist Worker (4 juillet 2009) http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=18366

Rochdale Online http://www.rochdaleonline.co.uk/news-features/2/community-news/25713/teenager-suffers-fractured-eyesocket-in-racist-park-attack

Sur l'islamophobie, je viens de découvrir un excellent article de Bernard Dreano, écrit en janvier 2008, Islamophobie, religion, politique. En voici un extrait :

/.../ Des stéréotypes qui ont une longue histoire

L’islamophobie, c’est le dénigrement des Musulmans, au nom des principes réels ou supposés de l’Islam, ou au nom de certaines pratiques considérées comme étant celles des musulmans en général. C’est une forme de racisme qui peut bien entendu se combiner avec d’autres. Cette islamophobie a des racines profondes dans notre pays. On peut remonter aux croisades, quand le pape Urbain VIII appelait, depuis Clermont-Ferrand, à combattre les « infidèles », musulmans bien sur, mais aussi, comme le souligne Léon Poliakov [3], les juifs. Tout cela est très loin ? Mais des siècles plus tard, les stéréotypes négatifs issues de cette période médiévale demeurent et Voltaire et Diderot y ont recours, et quand ils veulent pourfendre l’intolérance, ils les utilisent pour attaquer l’Islam (et dans le cas de Voltaire, les juifs). Il est vrai que leur cible réelle est bien plus le Catholicisme européen qu’un Islam qu’ils connaissent mal, alors que les pays musulmans sont au XVIIIe siècle en pleine régression intellectuelle par rapport aux siècles antérieurs. Un siècle plus tard l’islamophobie refleurit de manière beaucoup plus concrète, car c’est bien cette fois des musulmans précis qui sont directement visés. Ernest Renan par exemple, par ailleurs le magnifique théoricien de la nation citoyenne, explique que ces musulmans sont par nature inaptes au progrès (et que les juifs n’y accèdent qu’en se « désémitisant ») [4]. Nous sommes dans le contexte de la conquête de l’Algérie, ou la IIIe République va instaurer un statut de citoyen de seconde zone pour les adeptes de la religion musulmane. L’islamophobie, au coté d’autres formes de racisme, est un des éléments de justification des conquêtes coloniales et de l’infériorisation des indigènes. La politique coloniale de la République qui s’appuie largement sur les missions catholiques (la loi de 1905 ne sera pas étendue aux colonies), va s’opposer aux organisations musulmanes, confréries ou oulémas, et/ou les instrumentaliser dans une position subalterne [5]. Dans l’entre-deux-guerres, et surtout après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le colonialisme déclinant est confronté aux mouvements de libération. Pour les combattre ils aura surtout recours à des arguments géopolitiques, en particulier dans le contexte de la guerre froide, l’anticommunisme. Les arguments islamophobes ne sont pas absents des campagnes contre le nationalisme arabe, notamment contre Nasser. Quant aux anticolonialistes, ils ont souvent tendance à ignorer ou à minorer les dimensions culturelles et idéologiques musulmanes qui animent certains mouvements, et non des moindres (ce qui est évident par exemple dans le fait que les résistants algériens se désignent comme moudjahiddines).

Le contexte contemporain est marqué par deux facteurs essentiels. D’une part l’enracinement de l’Islam en France, qui n’est plus seulement une religion d’immigrés mais la religion d’une partie importante des natifs du pays (la deuxième en termes de masse de pratiquants). Si la France n’est plus un espace politique régissant des dizaines de millions de musulmans comme elle l’était sous l’empire colonial, elle est devenu un pays qui abrite la plus grande communauté musulmane d’Europe. D’autre part le renouveau islamique mondial, marqué par la vague des islamismes politiques. Dans le monde musulman du XIXe et du début du XXe siècle, confronté à la domination occidentale, les tentatives de résistance et de modernisation avaient pris plusieurs formes : tentatives de réformes d’Etat (l’expérience avortée de Mohamed Ali en Egypte, les tanzimats turcs...), développement des idéologies libérales, nationalistes et socialistes, mais aussi renouveau de la pensée religieuse (la Nahda de Mohamed Abdou ou Jamal Al Dîn Al Afghani en Egypte [6] et en Algérie du Cheikh Ben Badis). Ce courant de pensée a bien évidemment des effets politiques, dans la mesure ou il va influencer les mouvements nationalistes (y compris dans le cas maghrébin, le Néo-destour tunisien et plus encore l’Istiqlal marocain d’Allal El Fassi), mais aussi produire un courant islamiste au sens actuel du terme, avec le syrien Rachid Rida puis en Egypte Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans en 1928 (jamiat al-Ikhwan al-muslimun) [7]. Sayyid Qutb, le leader des Frères (executé par Nasser en 1966), a rapproché le mouvement des wahhabites d’Arabie saoudite, ce qui va donner naissance à la forme principale de l’islamisme contemporain « néo-wahhabite » [8], avec ses tendances conservatrices (les saoudiens) ou révolutionnaires djihadistes (Ben Laden), mais l’islam politique actuel ne se résume pas au seul néo-wahabisme.

Cet arrière-fond historique et plus récent est très important pour comprendre comment peuvent si facilement fonctionner les stéréotypes islamophobes dans la France contemporaine. Hier, les idéologues et les politiciens du colonialisme tardif s’évertuaient à nier l’oppression nationale que combattaient les mouvements de libération, au non de la fonction émancipatrice « par nature » de la France. C’était particulièrement vrai des coloniaux tardifs « progressistes », les socialistes Guy Mollet, Robert Lacoste ou Max Lejeune ou le gaulliste Jacques Soustelle, mais aussi les ministres des colonies « réformateurs » tel Marius Moutet ou François Mitterrand. Aujourd’hui les idéologues et les politiciens du postcolonialisme néolibéral s’évertuent à nier toute dimension de racisme islamophobe voir même de racisme anti-arabe. C’est toujours particulièrement vrai des postcoloniaux « progressistes » comme Bernard Henri Levy, Fadéla Amara, Philippe Val, Caroline Fourest, etc., et pas seulement des postcoloniaux de droite comme Henri Guaino ou Nicolas Sarkozy.
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Contrairement à une idée reçue, l'attitude de Marx envers la religion ne se résume pas au célèbre aphorisme (en fait, une citation tronquée d'une longue discussion philosophique sur l'idéalisme et le matérialisme) que "La religion est l'opium du peuple". En plus, Marx comme beaucoup de ses contemporains était un utilisateur de l'opium, qui à l'époque était considéré plus comme un médicament qu'une drogue dangereuse. Souffrant, il en demandait régulièrement. D'après les lettres de sa femme Jenny, cela n'a pas trop marché ...

Le dernier numéro de la revue trimestrielle britannique Socialism International contient trois articles intéressants qui nous aident à mieux comprendre le rôle ambivalent de la religion, tel que l'analysait Marx et (particulièrement) Engels. Ce dernier était capable de réciter de longs extraits de la Bible par coeur et était fasciné par le Livre apocalyptique des Révélations. Bizarrement, avec les Cantiques un peu trop explicites sexuellement, cette partie de la Bible n'était pas au programme à l'église méthodiste où mes parents m'envoyaient tous les dimanches. (Le méthodisme est une forme de christianisme assez 'épurée' issue de l'anglicanisme qui a eu ses heures de 'gloire' à ses origines quand il se répandait rapidement chez les ouvriers et les paysans des régions les plus défavorisées au moment de la révolution industrielle. Il a aussi eu une grande influence sur l'idéologie du Labour Party qu'on a décrite comme "un mélange de marxisme et de méthodisme".) Engels a même écrit une histoire du christianisme des premières années après J-C qui a inspiré d'autres auteurs marxistes, comme Karl Kautsky et Rosa Luxemburg. Il considérait que cette religion semi-clandestine était une forme primitive du socialisme (après, cela s'est gâté ...). Pour d'autres articles sur ce sujet, vous pouvez cliquer sur le libellé 'Religions' à la fin de ce message.

Talat Ahmed écrit sur la vie de Mahatma Gandhi ...

Roland Boer révèle The full story: on Marx and religion ...

Sartaj Khan des International Socialists du Pakistan donne une explication de ce qui se passe dans la province de Swat au Pakistan dans un article intitulé Imperialism, religion and class in Swat

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24 juin 2009

 

Total licencie 900 salariés britanniques en grève

DERNIERE MINUTE : Les travailleurs licenciés ont gagné leur bataille !
NOUVEAU
STRIKERS TO TAKE PROTEST TO PARIS, dans The Independent, 25/06/2009

Tous ensemble on peut gagner ! Grève de solidarité !
Toutes les nouvelles de la grève dans Socialist Worker
(en anglais)
LEMONDE.FR 19.06.09
La nouvelle est tombée dans la nuit du jeudi au vendredi 19 juin pour 900 employés de la raffinerie britannique de Lindsey, propriété de Total. En grève illégale depuis le 11 juin, ils ont tous été licenciés. Employés par différents sous-traitants, ils travaillaient à la construction d'une unité de désulfurisation, et protestaient contre le licenciement de 51 de leurs collègues.
Les grévistes réclamaient notamment la réembauche des 51 licenciés par un autre sous-traitant, en conformité avec un accord de non-suppression d'emploi signé selon eux avec la direction. Mais Total nie l'existence d'un tel accord. "Quand différentes phases d'un projet prennent fin, les contractuels qui travaillent sur celles-ci deviennent superflus. C'est dans la nature même de l'industrie de la construction et ce sont des pratiques normales", précise le groupe pétrolier /.../ S'exprimant "frustré et déçu" devant l'échec des négociations, le pétrolier affirme que la grève était "non officielle et illégale". En Grande-Bretagne, il est obligatoire d'être appuyé par un syndicat - qui doit déposer un préavis - pour déclencher une grève. Total avait refusé d'ouvrir les négociations tant que les grévistes n'avaient pas repris le travail. Le syndicat Unite s'est de son côté déclaré "extrêmement inquiet" devant la décision du groupe et devant "les ramifications de cette décision", appelant "toutes les parties à revenir à la table des négociations pour résoudre le problème".
DURCISSEMENT DU CONFLIT
En soutien aux salariés de Lindsey, plusieurs grèves illégales avaient déjà été déclenchées jeudi dans différents sites de l'industrie énergétique britannique, notamment des centrales électriques, explique le Guardian. Ce nouvel épisode pourrait durcir le mouvement. Le quotidien rapporte ainsi les propos d'un syndicaliste du site de Lindsey, prononcés vendredi matin devant les grévistes après l'annonce des licenciements : "Pour moi et pour 900 autres personnes ici, tous les coups sont désormais permis. (...) Total doit se rendre compte de ce qu'il a déclenché".
Les salariés de la raffinerie de Lindsey avaient déja fait parler d'eux au début de l'année 2009, pour avoir mené une grève contre la décision de la direction d'accorder un contrat à une entreprise italienne employant de la main-d'oeuvre non britannique. Ils étaient alors devenus le fer de lance d'un vaste mouvement de protestation contre la sous-traitance étrangère dans le secteur énergétique. Après s'être finalement vu garantir la moitié des emplois concernés par ce contrat, ils avaient accepté de reprendre le travail.
Total propose aux 900 salariés grévistes de postuler à nouveau à leur poste jusqu'au 22 juin.
Le Monde.fr, avec AFP

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18 juin 2009

 

Irlande du Nord : Des pogroms contre des familles roumaines


Lire cet article en anglais : Attacks on Romanians in Belfast reflect the sectarian state (par Simon Basketter)

Eamonn McCann écrit sur La crise d'identité d'Irlande du Nord dans The Guardian (en anglais)
A History of suffering - the Romani people, by James O'Toole

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09 juin 2009

 

Great Britain: An open letter to the left from the Socialist Workers Party (SWP)



Les travailleurs désertent en masse le Labour Party, la droite prépare sa revanche et l'extrême-droite fasciste (British National Party) envoie deux députés au parlement européen. Trois tâches s'imposent: renforcer l'unité et la résistance face aux fascistes, mener des luttes pour sauver les emplois et les services publics et faire émerger une alternative électorale dans une situation où le gouvernement de Gordon Brown pourrait ne pas survivre longtemps. Le SWP appelle toutes les forces qui pourraient présenter des candidats à en débattre ensemble d'urgence. Il propose la tenue d'une réunion avec tous ceux qui partagent cette analyse.

Open letter: Left must unite to create an alternative

Labour’s vote collapsed to a historic low in last week’s elections as the right made gains. The Tories under David Cameron are now set to win the next general election.

The British National Party (BNP) secured two seats in the European parliament. Never before have fascists achieved such a success in Britain.

The result has sent a shockwave across the labour and anti-fascist movements, and the left.

The meltdown of the Labour vote and the civil war engulfing the party poses a question – where do we go from here?

The fascists pose a threat to working class organisations, black, Asian and other residents of this country – who BNP führer Nick Griffin dubs “alien” – our civil liberties and much else.

History teaches us that fascism can be fought and stopped, but only if we unite to resist it.

The SWP firmly believes that the first priority is to build even greater unity and resistance to the fascists over the coming months and years.

The BNP believes it has created the momentum for it to achieve a breakthrough. We have to break its momentum.

The success of the anti-Nazi festival in Stoke and the numbers of people who joined in anti-fascist campaigning shows the basis is there for a powerful movement against the Nazis.

The Nazis’ success will encourage those within the BNP urging a “return to the streets”.

This would mean marches targeting multiracial areas and increased racist attacks. We need to be ready to mobilise to stop that occurring.

Griffin predicted a “perfect storm” would secure the BNP’s success. The first part of that storm he identified was the impact of the recession.

The BNP’s policies of scapegoating migrants, black and Asian people will divide working people and make it easier to drive through sackings, and attacks on services and pensions.

Unity is not a luxury. It is a necessity. If we do not stand together we will pay the price for a crisis we did not cause.

The second lesson from the European elections is that we need a united fightback to save jobs and services.

If Cameron is elected he will attempt to drive through policies of austerity at the expense of the vast majority of the British people.

But the Tories’ vote fell last week and they are nervous about pushing through attacks.

Shadow chancellor George Osborne told business leaders, “After three months in power we will be the most unpopular government since the war.”

We need to prepare for battle.

But there is a third and vital issue facing the left and the wider working class. The crisis that has engulfed Westminster benefited the BNP.

The revelations of corruption, which cabinet members were involved in, were too much for many Labour voters, who could not bring themselves to vote for the party.

One answer to the problem is to say that we should swallow everything New Labour has done and back it to keep David Cameron, and the BNP, out.

Yet it would take a miracle for Gordon Brown to be elected back into Downing Street.

The danger is that by simply clinging on we would be pulled down with the wreckage of New Labour.

Mark Serwotka, the general secretary of the PCS civil service workers’ union, has asked how, come the general election, can we ask working people to cast a ballot for ministers like Pat McFadden.

McFadden is pushing through the privatisation of the post office.

Serwotka proposes that trade unions should stand candidates.

Those who campaigned against the BNP in the elections know that when they said to people, “Don’t vote Nazi” they were often then asked who people should vote for.

The fact that there is no single, united left alternative to Labour means there was no clear answer available.

The European election results demonstrate that the left of Labour vote was small, fragmented and dispersed.

The Greens did not make significant gains either. The mass of Labour voters simply did not vote. We cannot afford a repeat of that.

The SWP is all too aware of the differences and difficulties involved in constructing such an alternative.

We do not believe we have all the answers or a perfect prescription for a left wing alternative.

But we do believe we have to urgently start a debate and begin planning to come together to offer such an alternative at the next election, with the awareness that Gordon Brown might not survive his full term.

One simple step would be to convene a conference of all those committed to presenting candidates representing working class interests at the next election.

The SWP is prepared to help initiate such a gathering and to commit its forces to such a project.

We look forward to your response.

For more information or to show your support email openletter@swp.org.uk

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06 juin 2009

 

Elections en Europe: les premiers effets politiques de la crise ?

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En Angleterre, les résultats du Parti travailliste (New Labour) de Gordon Brown aux élections locales et européennes sont catastrophiques. Ses 23% des voix aux élections locales sont son pire score de toute son histoire et le placent derrière les Conservateurs et les Liberal Democrats. C'est donc l'opposition de droite, relookée sous son nouveau et jeune leader David Cameron - un pur produit de l'establishment, qui en profite, mais l'extrême droite progresse en voix et gagne quelques sièges. Les Verts sont également en progression, avec un gain de seize sièges de conseiller local.

Aux Pays-Bas, un parti d'extrême droite spécialisée dans l'islamophobie arrive en deuxième position.

En Irlande, le principal parti gouvernemental (Fianna Fail - droite) prend une claque monumentale. FF est le premier parti irlandais depuis les années 1930 quand il représentait la lutte pour l'indépendance et la république. Il n'a reçu le soutien cette fois-ci d'un électeur sur cinq. Son partenaire au pouvoir, Les Verts, chute avec lui.

Un autre parti de droite (Fine Gael - droite libérale) est le principal bénéficiaire, même si le Parti travailliste s'en tire honorablement.

La bonne nouvelle, c'est la percée, à Dublin notamment, de la gauche radicale. Celle-ci comme ailleurs est divisée, mais cela ne l'a pas empêchée d'obtenir plusieurs élus, dont cinq pour l'alliance People before Profit et quatre pour le Socialist Party (extrême gauche). Plusieurs candidats de gauche indépendants ont également été élus ou ont fait de très bons scores.

Radical left breakthrough in Ireland

Déclaration de l'Alliance People Before Profit

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02 juin 2009

 

LMHR = Love Music Hate Racism*

NOUVEAU Le PVV (Parti de la 'liberté') est le grand 'vainqueur' des élections euopéennes aux Pays-Bas, selon des résultats officieux disponibles vendredi. Ce vote pour un parti ouvertement islamophobe exprime à la fois la montée du racisme et le rejet des partis de l'establishment. La gauche doit répondre à ce phénomène par une solidarité exemplaire avec les minorités visées et en confrontant directement les idées xénophobes.
*Aimez la musique détestez le racisme




Des images du festival anti-raciste de Stoke-on-Trent (Angleterre) - ville où le British National Party (raciste, fasciste, islamophobe) a plusieurs élus - organisé par LMHR avec le concours de la ville et du club de football de Stoke City (les anciens et les amateurs de foot se souviendront d'un certain Stanley Matthews).
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Dans un contexte de crise, le racisme voire le nazisme peut se développer rapidement et prendre des formes plus politisées.

En Grande-Bretagne, l'antisémitisme - qui existe évidemment - joue très peu dans la montée de l'extrême droite. Ce sont les réfugiés, les demandeurs d'asile, certains travailleurs de l'Europe de l'Est mais aussi et principalement la communauté musulmane qui sont visés.

Récemment, la ville de Luton près de Londres a été la scène d'une manifestation importante de 'soutien aux troupes en Iraq et en Afghanistan' et 'contre les islamistes extrémistes'. Elle a été l'occasion pour des sympathisants des partis fascistes d'exprimer violemment leur haine anti-musulmane. Le British National Party, fort de quelques bastions notamment dans le nord du pays, espère avoir plusieurs élus aux élections européennes du 4 juin.


Le camion de Unite Against Fascism à Dagenham (banlieue de Londres)

Aux Pays-Bas, un politicien opportuniste utilise l'islamophobie comme sa principale arme d'attaque et atteint 13% des intentions de vote dans les sondages.

En Australie, ce sont les immigrés indiens qui - après les Musulmans originaires du Moyen-Orient et bien sûr les premiers Australiens, les Aborigènes - sont devenus les dernères cibles (voir ici ce reportage sur le site de l'organisation politique australienne Solidarity).

En Autriche, selon Laurence Bonnot dans Le Monde, "les signes d'une radicalisation de l'extrême-droite se multiplient" et la présidence social-démocrate annonce une "campagne d'information antifasciste" dans les écoles, car le phénomène de l'antisémitisme mélangé à l'islamophobie touche plus particulièrement les jeunes :

/.../ Ces dernières semaines, plusieurs incidents imputables aux milieux néonazis ont impliqué des adolescents.

Samedi 9 mai, quatre jeunes néonazis perturbaient les cérémonies de commémoration du camp de concentration d'Ebensee, annexe du camp de Mauthausen profané par des inscriptions nazies en février. En avril, une classe venue se recueillir à Auschwitz était renvoyée chez elle en raison de propos antisémites proférés par certains élèves. Les statistiques confirment la tendance : le ministère de l'intérieur recense 831 actes à caractère néonazi en 2008, presque deux fois plus qu'en 2006. /.../

C'est dans les régions de Salzbourg et de Haute-Autriche, frontalières avec l'Allemagne, que la scène extrémiste aurait la plus forte implantation. L'idéologie véhiculée amalgame pangermanisme, propagande néonazie et négationnisme, agrémenté d'une dénonciation de la mondialisation et d'islamophobie.

Dans ce même pays, selon un reportage sur France Inter (4 juin), une délégation internationale venue à l'ancien camp de concentration à Matthausen a subi des agressions de la part d'une bande de néonazis dont les slogans étaient, semble-t-il, principalement dirigés contre les Musulmans. Le camp se trouve dans une région où les deux principaux partis d'extrême droite recuilleraient jusqu'à 45% des intentions de vote.

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24 mai 2009

 

Grande-Bretagne: Unissons-nous contre le fascisme

NOUVEAU
Luton (Angleterre): Une manifestation contre "l'islamisation" de la Grande-Bretagne tourne à l'émeute. Plusieurs centaines de personnes y ont participé, scandant des mots d'ordre comme 'Non à la charia' et 'Soutenez nos troupes en Afghanistan'. Il y a fort à parier que la gauche proimpérialiste (celle qui soutient les guerres en Irak et en Afghanistan et cautionne l'agression israélienne contre la Paléstine) trouvera des arguments pour justifier cette haine dirigée contre la minorité musulmane. Tout comme une partie de la gauche 'laïque et républicaine' en France trouve que le développement du racisme antimusulman en France (y compris institutionnel comme la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux à l'école) est quelque part, un peu, la faute ... des Musulmans.




En Grande-Bretagne, une campagne unitaire a lieu en ce moment pour alerter les électeurs du risque d'une avancée importante de l'extrême-droite (British National Party principalement) lors des élections européennes et locales du 4 juin. Elle prend la forme de tables de presse, de réunions publiques, de manifestations contre la venue de dirigeants fascistes, de diffusions massives de tracts, de concerts ...

Le député européen travailliste Glyn Ford explique les enjeux ici ... (en anglais)

Love Music Hate Racism

Unite Against Fascism

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31 janvier 2009

 

L'Europe en crise

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Un journaliste britannique, Peter Popham, dessine un tableau rapide de la crise qui secoue l'Europe - de l'Islande, où la rue a fait tomber le gouvernement, à la Lettonie, scène d'émeutes violentes, en passant par la France, où la grève et les manifestations du 29 janvier ont rappelé aux dirigeants européens que le peuple n'est vraiment pas d'accord avec leur gestion de la crise. L'article, très superficiel, a le mérite de nous rappeler que nos luttes et nos débats politiques français ne sont pas isolés. La crise est mondiale, la solution aussi.

Egalement dans The Independent, Sarkozy vs the street

Irlande : Dell supprime 1 900 postes. Dell, c'est le premier exportateur de l'Irlande et représente 5% du PIB. Ce n'est donc pas rien que l'entreprise décide de délocaliser sa production vers la Pologne, où bien évidemment les coûts de la main-d'oeuvre sont moins chers. Le pays a longtemps surfé sur une vague d'investissements étrangers. Il est maintenant une des premières victimes de la crise.

Des salariés de Waterford Glass, un des fleurons de l'industrie irlandaise, occupent leur usine après la mise en liquidation judiciaire de la société, qui employaite 700 salriés. 90% des salariés sont membres du syndicat Unite.

En Grande-Bretagne, des ouvriers du bâtiment ont défie les lois anti-grèves pour protester contre l'utilisation de la main-d'oeuvre étrangère. Sur leurs banderoles on peut lire : "Des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques". C'est une conséquence tragique de l'inaction des syndicats face au libéralisme et à la crise. Si la gauche ne remplit sa fonction, le vide sera forcément rempli par des forces réactionnaires. C'est un avertissement qu'il ne faut pas négliger. Ici, la réaction du Socialist Workers Party ...

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11 octobre 2008

 

Demonstration stops City


More on Friday's demonstration in the City of London, by Simon Assaf

Une autre vidéo de la manifestation à Londres du vendredi 10 octobre 2008

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03 août 2008

 

EDF augmente le prix d'électricité de 22%

... en Grande-Bretagne. En effet, EDF distibue de l'électricité outre-Manche sous le nom EDF Energy.

Presqu'en même temps la société British Gas a annoncé une augmentation du prix du gaz pouvant aller jusqu'à 43% dans certains cas.

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19 juillet 2008

 

Thatcher's funeral



Gordon Brown a récemment invité Margaret Thatcher à prendre le thé au 10 Downing Street.
Non, désolé, elle n'est pas morte. Ce n'est pas encore le moment de sortir le champagne. En fait, ce titre fait référence à l'annonce que le gouvernement travailliste (sic) de Gordon Brown est en train d'organiser des funérailles officielles pour le premier ministre le plus haï du vingtième siècle.

Cette décision n'est sans doute pas un cas d'amnésie. Brown et les autres dirigeants de New Labour savent très bien ce que Thatcher représente pour des millions de travailleurs. Au plus bas dans les sondages, ils sont confrontés actuellement à une révolte de la base du mouvement ouvrier contre leur politique de restrictions budgétaires, de privatisations, de 'rigueur' salariale et de soutien à la guerre des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan. Certains syndicats menacent de ne plus verser de l'argent dans les coffres du parti et un important groupe de dirigeants syndicaux a présenté une liste de revendications qui visent la restauration d'une partie des droits perdus par les syndicats entre 1979 et 1997 - des droits que Tony Blair et Gordon Brown ont toujours refusé de rétablir.

Par ce geste à peine croyable - que des millions de Britanniques prendront comme une véritable insulte et une trahison - Brown est en train d'envoyer un message très clair à la population. Thatcher, dit-il en substance, avait raison. La leçon que nous pouvons en tirer est évidemment que la seule voie pour la gauche britannique est de construire une alternative politique à New Labour. Malgré les récents échecs, des dizaines de milliers de militants politiques et syndicaux, des militants antiracistes et anti-guerre, restent disponibles pour adhérer à un tel projet.

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01 juin 2008

 

40 ans après 1968 : La lutte des femmes pour l'égalité professionnelle

1968 a été en Grande-Bretagne l'année d'une grève historique - celle d'un groupe d'ouvrières chez Ford à Dagenham pour l'égalité des salaires avec les hommes. C'est un exemple d'un combat pour l'égalité professionnelle qui est loin d'être gagné aujourd'hui.

Ell

Read this excellent article by Jo Revill

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08 mai 2008

 

Souvenirs de 1968

(Cet article est un travail en cours et écrit de mémoire. Il y a peut-être quelques erreurs.)

Il faut quand meme que je parle un peu de mon mai '68. Ou plutôt de toute cette période turbulente dont les mois de mai-juin français ne sont finalement qu'un moment.

En mai '68 (Louis Armstrong est au n° 1 avec What a Wonderful World) j'étais étudiant en Angleterre et déjà très politisé. Nous avons suivi avec beaucoup d'intéret ce qui se passait en France. J'ai le souvenir d'une réunion de cellule qui a eu dans ma propre chambre dans le grand appartement de Finchley Road à Londres que je co-louais avec cinq autres camarades. Je partageais la chambre avec un camarade qui fumait des Gaulloises au lit et allait devenir un spécialiste reconnu de la musique pop (Dylan, Buddy Holly notamment). On écoutait A Love Supreme de John Coltrane (sorti en 1964). La réunion a été animée par (je pense) un militant anarcho-syndicaliste anglais qui a été témoin des évènements. Mais nous n'avions pas attendu l'occupation de la Sorbonne pour militer.

Il y eut le mouvement contre la guerre au Vietnam. A Cambridge où j'ai fait mes études nous avons organisé quelques actions. Je me souviens d'une manifestation contre la projection du film Les bérets verts avec John Wayne dans un cinéma de la ville ; des étudiants de gauche y ont participé avec entre autres des pacifistes appartenant à l'église des Quakers, historiquement très présente dans cette région d'Angleterre.
Note : Le film étant sorti seulement en juin 1968 il s'agit d'une erreur de ma part. Ma mémoire n'est pas infaillible !
Une autre fois nous avons lancé l'idée d'une manif contre l'invitation faite par une association d'étudiants (Officers Training Corps) à un responsable d'une base militaire américaine (il y en a beaucoup dans l'Est de l'Angleterre). Etant allité à l'infirmerie j'ai preté ma chambre pour une réunion d'organisation. A sa grande surprise, le malade a reçu la visite de deux personnes (si mes souvenirs sont bons, un haut gradé de la police et un militaire) visiblement très inquiets et soucieux de connaître nos intentions. L'invitation a été annulée et nous avons gagné sans rien faire.

La première grande manifestation nationale eut lieu à Londres le 22 octobre 1967 (les Bee Gees sont au n° 1 avec Massachusetts) et donna lieu à des confrontations spectaculaires avec la police montée à Grosvenor Square devant l'ambassade américain (j'y étais et j'ai vu les chevaux de près). La Vietnam Solidarity Campaign a organisé deux autres grands rassemblements, en mars et octobre 1968. Mais nous avions d'autres raisons à manifester et à militer.

Quand on est militant révolutionnaire on est d'abord anti-raciste. Le mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis a eu une énorme influence. Les premières images des actualités dont je me souviens (à part le couronnement de la reine en 1953) sont celles des flics blancs de l'Alabama ou du Mississippi en train de tabasser des militants noirs. Les idées de Malcolm X étaient dans l'air et allaient bientôt pénétrer une partie de la jeunesse afro-caribéenne. Quelques années plus tard à Birmingham, j'ai assisté à un débat passionné entre militants noirs pour savoir si j'avais le droit - avec d'autres militants blancs - de rester dans la salle. Je ne leur en voulais pas.

A la meme époque (nous sommes au début des années 1970) nous avons été invités à une soirée chez un dirigeant de l'Association des Travailleurs indiens (Indian Workers' Association), Avtar Singh Jouhl. C'était un militant totalement dévoué à la cause et un allié très important dans la lutte contre l'extrême droite, qui avait bien sûr été formé politiquement en Inde. Tout trotskistes que nous étions, nous avons bien profité de la cuisine indienne, assises par terre, entourés de bustes et de portraits de Staline. Telles sont les contradictions du Front unique.

Les années 1950 vit en Grande-Bretagne un grand mouvement contre la menace nucléaire autour d'une revendication claire et nette : le désarmement nucléaire unilatéral (c'est-à-dire sans conditions) de la Grande-Bretagne. Je n'y ai pas particpé, mais il existait une section de la Campagne pour le désarmement nucléaire (CND) à Cambridge avec laquelle j'étais en contact.

En 1964, Harold Wilson (le Kennedy anglais, disait-on) mit fin aux "treize années perdues" de gouvernements conservateurs. Nous y croyions beaucoup, mais la désillusion vint vite. Wilson s'alignera de façon un peu honteuse sur la politique américaine au Vietnam, s'attaquera aux travailleurs de la marine marchande en grève ("un complot communiste"), tentera de limiter les salaires et de réduire le role des militants de base dans les syndicats et se révèlera impuissant face au coup d'Etat de la minorité de colons blancs en Rhodésie du Sud (aujourd'hui le Zimbabwe). J'ai fait campagne pour le Labour en 1964 à Birmingham et de nouveau en 1966 dans les fins fonds de la campagne du Cambridgeshire, mais ce sera la dernière fois. L'extrême gauche - essentiellement les International Socialists auxquels j'adhère - commençait à grandir et à gagner en confiance.

La radicalisation dans les universités commença bien avant mai '68. Même à Cambridge :

- Nous avons manifesté contre l'apartheid en Afrique du Sud et le régime d'Ian Smith en Rhodésie. Lors d'une manif très respectable, avec des représentants des églises, des étudiants sud-africains blancs membres d'un club de rugby ont fait une contre-manifestation et lancé des petits pains rassis (!).

J'ai conservé pendant des années une aversion particulière non seulement pour le rugby mais aussi pour l'accent sud-africain (que certains comparent à l'accent pas très joli de ma ville natale de Birmingham), malgré le fait que plusieurs de mes camarades, dont un de mes co-locataires, étaient des exilés blancs sud-africains. Ce dernier avait été fermier en brousse en Afrique du Sud, et trotskiste. Il nous a raconté comment son voisin le plus proche, à quelques kilomètres de là, était également trotskiste, mais appartenait à une autre tendance. (Cela semble etre trop beau pour etre vrai).

En 1967-68, un cortège organisé très rapidement est parti de la LSE pour aller au siège du gouvernement rhodésien à quelques centaines de mètres de là mais nous ne sommes jamais arrivés, la police étant plus rapide que nous. En voulant arracher un camarade des mains de la police j'ai été embarqué moi aussi. J'ai passé quelques heures au poste et payé une amende de deux livres (!). Ce qu'il faut savoir également est que la radicalisation des étudiants de la LSE devait beaucoup à la nomination au poste de directeur de cet établissement prestigieux d'un rhodésien du sud proche du régime rebelle et raciste d'Ian Smith. Un de nos camarades étudiants, un rhodésien d'origine indienne appelé Basker Vashee, a été le principal animateur de l'opposition à cette nomination.

- L'association des étudiants travaillistes de Cambridge (Labour Club) a scissionné sous les effets de la politique anti-ouvrière et pro-américaine du gouvernement de Harold Wilson. J'étais déjà proche de l'extrême gauche et en parallèle à nos activités de recrutement à l'association nous lisions des journaux révolutionnaires (Labour Worker, Militant ...) et assistions à des réunions avec des orateurs trotskistes (Nigel Harris, Tony Cliff ...). (Voir ici un article de Nigel Harris datant de l'automne 1968 intitulé Race and Nation)

Au début de l'année scolaire 1965-66 ou 1966-67 nous avons officiellement organisé une réunion de recrutement au Labour avec (je pense) le ministre Dennis Healey, un travailliste de droite très "droit dans ses bottes", comme invité. Après avoir assuré la sécurité du ministre et aidé à canalisé la foule, nombreuse, nous avons enlevé nos brassards et nous sommes entrés dans la salle pour manifester bruyamment pendant son discours. Pas très "fair-play", il est vrai. Une autre fois, le ministre des affaires étrangères, Michael Stewart, très pro-américain, a été la victime de nos agissements. Pris dans une bousculade et coincé dans un couloir étroit, il s'en est sorti indemne de justesse. Le Labour Club sera dissous par l'appareil travailliste, ce qui peut se comprendre, d'ailleurs.

- Nous avons commencé à contester la gestion encore très paternaliste de l'université par un professorat très traditionnaliste (il y avait encore une ségrégation entre les étudiants et les étudiantEs). J'ai aidé à créer une association éphémère à King's College qui s'appelait King's Left, ce qui m'a valu quelques manifestations d'hostilité de la part de certains étudiants abrutis issus des collèges privés comme Eton. Le directeur (Provost) de King's a par contre bien voulu venir dialoguer avec nous, dans ma chambre.

Des occupations (sit-ins) accompagnées de cours et de de débats alternatifs (teach-ins) ont eu lieu à partir de 1967, suivant le modèle des manifestations organisées sur les campus américains contre la guerre au Vietnam. Quelques semaines après les évènements à la Sorbonne, le Hornsey College of Art a été occupé pendant 6 semaines (fin mai - juin) et la London School of Economics est devenue une importante base pour la gauche radicale, notamment pour l'organisation des grandes manifestations de la Vietnam Solidarity Campaign. Il y a eu de vifs débats entre des étudiants de différentes tendances politiques (un grand nombre de mes camarades de cette année sont encore très actifs). Mon premier contact avec la LSE a été à la fin de l'année scolaire 1966-67. Je me souviens d'avoir diffusé des tracts écrits par les étudiants qui occupaient le hall de la fac alors que j'étais venu seulement pour un entretien en vue d'y continuer més études l'année suivante.

La petite gauche radicale anglaise était en ébullition à partir du début des années 1960.

Les Jeunesses socialistes étaient effectivement dominées par trois tendances trotskistes et allaient bientot etre dissoutes. Une des tendances - la plus sectaire, celle de Gerry Healy - tentèrent pendant quelques années à animer une association de jeunes sous le meme nom. Je n'ai jamais été tenté par les Healyites, dont le sectarisme et l'agressivité n'inspiraient pas confiance. Le triste dénouement de cette tendance allait me donner raison.

Les Grantites (membres de la tendance Militant dirigée par Ted Grant - encore un trostkiste sud-africain blanc) étaient plus sympathiques, et à Cambridge on faisait même des matchs de baby-foot contre eux, mais leurs discours stéréotypés étaient ennuyeux. Leur version préférée à l'époque consistait à dénoncer la mainmise des "400 monopoles' et à appeler à leur nationalisation. Nous n'avions rien contre leur nationalisation, mais en tant que partisans de la théorie du capitalisme d'Etat, cela ne nous semblait pas si radical que cela (en URSS toute l'économie était nationalisée). Un jour, en train de somnoler pendant un de ces discours, je me suis réveillé quand j'ai entendu l'orateur appeler à la nationalisation des "200 monopoles". Il paraît que la concentration du capital s'était avancée tout d'un coup, et la ligne avait changé.

Le PC britannique était encore la force la plus nombreuse et la mieux implantée à la gauche du Parti travailliste, mais il avait été ébranlé par la révolution hongroise de 1956, dont il ne faut pas sous-estimer l'importance en cette année de commémoration de l'année 1968. Mais il faut dire qu'avant d'avoir été exposé aux idées de Tony Cliff sur la nature capitaliste d'Etat de l'URSS j'avais encore l'idée que le pouvoir soviétique était quand meme le légitime successeur des bolchéviques. Mais j'étais plutôt sympathisant du Labour Party, dont l'aile gauche était très proche du PC. C'était de toute façon essentiellement par opposition au racisme qui se développait, avec l'arrivée de nouveaux immigrés noirs et de l'Asie du Sud, que j'ai commencé à prendre conscience politiquement. Dans ma famille, je n'avais jamais entendu parlé de Lénine ou de Trotski, plutot de Churchill, du général Montgomery et de la famille royale.

Le PC était essentiellement le parti d'une fraction de la bureaucratie syndicale, mais il existait une couche importante de militants de base, membres du PC ou du Labour Party ou non-encartés, souvent élus 'shop stewards' (délégués d'atelier) et prêts à agir indépendamment de cette bureaucratie.

Une de mes premières actions militantes en cette année scolaire 1967-68 était de participer avec d'autres étudiants à un piquet de grève très matinal et assez violent (de la part de la police, évidemment) des ouvriers du chantier du nouveau centre résidentiel et d'affaires du Barbican près de la City.

Un jour j'y suis allé monté à l'arrière de la moto d'un camarade étudiant originaire de l'Irlande du Nord. En revenant par le métro, j'ai acheté un petit journal à quelqu'un qui devait être un des dirigeants de la minuscule section anglaise de la IVème Internationale (c'était la quatrième et la plus petite des tendances trotskistes). Le journal s'appelait je crois The Week. Mais j'étais beaucoup plus convaincu et impressionné par les International Socialists et particulièrement par le théoricien de la tendance, Tony Cliff (1917-2000). Celui-ci passait beaucoup de temps chez les étudiants de la LSE mais nous exhortait continuellement à soutenir la lutte des travailleurs, seuls capables de changer la société. J'ai passé également quelques heures dans sa maison de Hackney avec lui et parfois sa femme extraordinaire Chanie - une trotskiste sud-africaine juive qui est toujours vivante et active en 2008. Tout le monde adorait Chanie, mais il ne fallait pas accepter de monter dans sa voiture à moins d'avoir des nerfs d'acier.

Plus tard il y a eu le mouvement de solidarité avec la grève très importante d'une équipe d'ouvrières à l'usine Ford de Dagenham qui revendiquaient l'égalité des salaires avec les hommes. J'ai assisté à une de leurs réunions. Mon camarade Sabby Sagall a même préparé le thé pendant que les grèvistes discutaient.

Des membres du Syndicat des Electriciens (ETU) étaient opposés à leur propre direction (alors violemment anti-communiste). Nous avons photocopié et agrafé à la LSE des centaines d'exemplaires d'une brochure écrite par un camarade électricien, qui ne pouvait pas militer ouvertement par peur d'exclusion du syndicat, que nous avons ensuite très bien vendue aux militants venus manifester à Hyde Park.

En septembre 1968, nous avons reçu le premier numéro du journal Socialist Worker, imprimé sur un papier carton un peu bizarre, avec en dernière page un article sur les évènements en France écrit par Laurie Flynn (un copain de la LSE). Une de nos activités avaient été de vendre le journal de IS appelé alors Labour Worker aux portes des réunions mensuelles des sections des syndicats (surtout celui des métallos, l'Amalagamated Engineering Union), mais le nom était devenu chez les meilleurs militants ouvriers un véritable repoussoir - d'où son changement. Nous n'avions pas encore l'habitude de faire des ventes à la criée dans la rue - une activité dont j'allais devenir un véritable champion par la suite.

L'année 1968 fut également l'année du fameux discours raciste du député conservateur réactionnaire Enoch Powell, qui était en plus un ancien élève de mon lycée. C'était en avril. Certains dockers londiniens ont fait grève pour le soutenir. On était hanté par le spectre d'un mouvement fasciste de masse avec une base ouvrière. Un militant docker membre des International Socialists, Terry Barrett, est venu à la LSE animer une réunion ; c'était un orateur très puissant - une grande gueule. Les International Socialists ont décidé alors de lancer un appel à l'unité de la gauche radicale (et oui, déjà!) sous forme non pas d'un long texte de synthèse mais d'un simple tract contenant quelques points simples à comprendre comme l'opposition aux controles de l'immigration et aux limitations des salaires. J'ai participé à sa diffusion ; malheureusement, à part l'adhésion d'un petit groupe sectaire, il n'a pas eu l'effet escompté. La section britannique de la IVème Internationale, notamment, est resté à l'écart. Il faut dire qu'elle était plutot branchée sur le rôle d'avant-garde des étudiants (les bases rouges dans les facs) et les révolutions anti-coloniales ("Ho, Ho, Ho Chi Minh").

Une autre manifestation était celle du 1er mai. Cette fête n'était pas fériée et il n'y avait plus de tradition de grève ou de manifs ce jour-là. L'idée a été relancée notamment par un syndicaliste de la presse qui avait démisionné du PC quelques années auparavant (John Lawrence) et a donné lieu à une petite manifestation près de la Tour de Londres. J'y ai participé dans le cortège des International Socialists.

Enfin, une autre grande manifestation a eu lieu à Londres en avril en solidarité avec le dirigeant étudiant allemand Rudi Dutschke qui avait été victime d'une tentative d'assassinat.

Note : Cette chronologie intéressante des manifestations en Allemagne entre 1964 et 1969 suggère que la manifesation à Londres a eu lieu entre le 14 et le 16 avril. Mais elle se trompe en disant que Dutschke a été "assassiné". En fait il a été gravement blessé mais s'est rétabli suffisamment pour poursuivre sa carrière académique à Londres et au Danemark. Il est mort en 1979 des séquelles de l'attentat.

L'année 1968 n'avait pas encore pris fin que le mouvement pour les droits civiques des Catholiques en Irlande du Nord (inspiré en grande partie par l'exemple de la lutte des Noirs américains) éclata et les chars russes écrasèrent le mouvement réformiste tchèque. A Birmingham, j'ai participé à une manifestation contre l'occupation russe où les International Socialists ont tenté de faire entendre une voix originale : "ni Washington , ni Moscou". Des années plus tard, lors du coup d'Etat de Jaruszelski en Polgne en 1981, je suis allé directement aux Invalides manifester près de l'ambassade polonaise à Paris. Nous, à la différence d'autres "soixante-huitards" comme Kouchner ou Glucksmann n'avons strictement rien à nous reprocher de ce coté-là. Notre combat était contre tous les impérialismes et contre le capitalisme sous toutes ses formes, à l'Est comme à l'Ouest. C'est sans doute pour cela que nous n'avons pas trahi nos idéaux comme eux. A l'époque, cela nous faisait toujours sourire quand on nous disait de "retourner à Moscou".

Le reste, ce serait trop long à raconter ...

Un excellent article en français sur La contestation dans les universités anglaises dans les années 1966-68 ...

Sur Wikipedia en anglais, cet article donne une liste impressionnante des mouvements contestataires en 1968 dans le monde

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04 mai 2008

 

Angleterre : défaite cuisante de Gordon Brown, recul de la gauche radicale


Boris Johnson, le nouveau maire de droite de Londres. La preuve que le New Labour peut perdre contre n'importe qui.
Sale journée dimanche pour la gauche anglaise et galloise (on ne votait pas en Ecosse). Ce n'est pas tant la claque prise par le New Labour de Gordon Brown, largement méritée, qui inquiète, mais le recul de la gauche radicale et les gains - modestes mais réels - de l'extreme droite fasciste qui gagne notamment un siège à l'Assemblée de Londres.

Le véritable vainqueur de ces élections locales est le Parti conservateur qui, grace à la politique droitière du New Labour, a pu se positionner habilement pour attirer en plus de son électorat réactionnaire traditionnel une partie de l'électorat populaire travailliste. Des Tories à la tete de conseils municipaux dans le nord-est de l'Angleterre et au Pays de Galles, où il y a pas longtemps ils étaient une espèce en voie de disparition, c'est tout un symbole.

La gauche radicale, encore plus divisée depuis la scission de RESPECT l'année dernière, incapable de présenter une alternative crédible au niveau national, recule dans beaucoup de villes, et notamment à Londres. Un seul conseiller est élu. Quelques bons résultats dans des circonscriptions locales isolées - à Birmingham, à Preston, à Manchester, à Sheffield, à Bolton, à Cambridge - viennent cependant nuancer ce tableau noir. Nous y reviendrons plus dans le détail dès que possible.

Heureusement, il y a des signes importants d'une nouvelle combativité des salariés, comme témoigne la magnifique grève du 24 avril dans le secteur public. Avec un gouvernement 'travailliste' affaibli et le risque important d'un gouvernement conservateur dans un avenir proche, c'est le moment de mettre l'accent sur les luttes. Mais l'absence d'alternative politique est un vrai problème qui ne peut etre contourné.

Move to the right punishes Labour for 10 wasted years, par RESPECT - The Unity Coalition

Gordon Brown to blame for New Labour's election rout, dans Socialist Worker

London meltdown, par Richard Seymour

Elections analysis from left List


Dans cet article (en anglais) Anindya Bhattacharrya appelle à une réaction unie de la gauche à la menace fasciste. A Londres, le British National Party a recueilli 5,3% des voix, contre 4,7% en 2004 - un gain modeste qui permet au BNP cependant de franchir la barre des 5% et d'obtenir un siège à l'Assemblée de Londres. Dans le reste du pays, il gagne une dizaine de sièges de conseillers et totalise dorénavant 9 conseillers dans la ville moyenne de Stoke-on-Trent. Des pertes de sièges dans d'autres villes cependant démontrent que cette montée n'est pas irrésistible. La photo montre des participajnts au festival anti-nazi récent à Victoria Park dans un quartier populaire de l'Est de Londres.

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24 avril 2008

 

Grande journée de grèves dans le secteur public en Grande-Bretagne


Grèvistes à Manchester

Lire le compte-rendu dans Socialist Worker ici ...

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