18 octobre 2008
Où va la gauche radicale ?
Un article en anglais d'Alex Callinicos (Where is the radical left going? International Socialism n° 120, octobre 2008)
Cet article traite des problèmes auxquels sont confrontés les organisations de la gauche radicale en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne et plus particulièrement en France. C'est la dernière contribution à un débat avec la direction de la Ligue communiste révolutionnaire sur la construction de nouveaux partis à la gauche de la social-démocratie (c'est simplement dommage qu'il sous-estime l'importance des divers composants de la gauche radicale française, se concentrant uniquement sur la LCR/NPA).
Cet article traite des problèmes auxquels sont confrontés les organisations de la gauche radicale en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne et plus particulièrement en France. C'est la dernière contribution à un débat avec la direction de la Ligue communiste révolutionnaire sur la construction de nouveaux partis à la gauche de la social-démocratie (c'est simplement dommage qu'il sous-estime l'importance des divers composants de la gauche radicale française, se concentrant uniquement sur la LCR/NPA).
Libellés : Allemagne, Anticapitalisme, Italie, LCR, Nouveau parti anticapitaliste, Respect
12 juillet 2008
Lindsey German : "Les avancées des années 1970 se sont heurtées aux limites imposées par une société de classe"
Lindsey German est une féministe qui défend sans concessions les idées du marxisme révolutionnaire. Elle a écrit notamment pour réfuter la théorie de la patriarchie selon laquelle l'oppression de la femme existe indépendamment de l'exploitation de classe. Pour créer une société où l'oppression basée sur le genre n'existe pas, il faut abolir l'exploitation basée sur la classe.
Très respectée en Grande-Bretagne, elle est membre de la direction du Socialist Workers Party et depuis sa création coordonnatrice nationale de la Stop the War Coalition. Elle a écrit plusieurs livres dont deux sur la condition féminine: Material Girls : Women, Men and Work (2007) et Sex, Class and Socialism (1989).
Lindsey German sur YouTube à Marxism 2008
En français : La famille aujourd'hui (extrait de Sex, Class and Socialism)
Lindsey German sur Wikipedia (en anglais)
Nous l'avons interviewée récemment à Londres.
Que penses-tu de la position occupée par les femmes dans la société d’aujourd’hui ?
Il n’y a pas de doute que la situation est meilleure que par le passé. Il y a eu des progrès importants en une ou deux générations, au moins en ce qui concerne les pays développés. Mais trente ou quarante ans plus tard les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, elles doivent consacrer plus de temps à s’occuper des enfants et elles occupent un rôle subordonné au travail.
Dans les pays en voie de développement la situation est bien pire et la vie des femmes est souvent particulièrement dure. Quant elles ont un travail elles sont toujours en bas de l’échelle. Autrement pour survivre il n’existe que très souvent l’industrie du sexe ou l’émigration et la séparation avec leurs familles.
Donc l’oppression de la femme est toujours un sujet d’actualité.
Les femmes doivent donc, selon toi, encore se battre en tant que femmes, malgré les victoires emportées dans les années 1970 ?
A l’époque, nous nous sommes battues entre autres pour le droit au travail et pour le contrôle de la sexualité. Depuis, pour l’essentiel, nous avons gagné ces droits. Mais nous subissons de longues heures de travail, la précarité et la flexibilité – tout comme les hommes, d’ailleurs.
Quant à la liberté sexuelle, la marchandisation de tous les aspects de la vie fait que notre corps est de plus en plus traités comme une commodité. L’image de la femme est exploitée à des fins publicitaires et les femmes elles-mêmes sont souvent considérées comme des objets sexuels.
En réalité, les avancées des années 1970 se sont heurtées aux limites imposées par une société de classe. Nous nous rendons compte que le progrès n’est pas mécanique. Il peut même y avoir des reculs, comme les attaques qui ont lieu aujourd’hui dans certains pays européens contre le droit à l’IVG ou contre les droits sociaux comme les congés de maternité. Nous devons toujours nous battre pour la libération de la femme, mais ce combat doit faire partie d’un mouvement plus large pour une autre société.
Quelle est aujourd’hui la bonne stratégie pour le mouvement?
Il est évidemment très important de mener le combat pour le droit à l’IVG, pour l’égalité des salaires ou contre l’exploitation sexuelle. Mais tout seul, ce mouvement n’aboutira pas à la libération des femmes.
Nous, par exemple, pensons que la lutte pour les droits des femmes fait partie de notre lutte contre la guerre en Irak et en Afghanistan. Cela ne fait qu’un seul combat.
De la même façon, nous participons aux luttes syndicales tout en militant pour l’égalité des femmes à l’intérieur même des organisations ouvrières.
En France, il existe une forme de néo-colonialisme aux ralents islamophobes. Beaucoup de féministes participent à la discrimination contre les femmes voilées, par exemple. Quelle est ta position la-dessus ?
La libération des femmes ne doit pas signifier que les femmes occidentales aient le droit d’imposer leur point de vue aux autres. En Grande-Bretagne, il existe beaucoup de gens qui disent qu’ils sont opposés à l’islamophobie mais que, finalement, le port du voile n’est pas bien. Notre position est simple : nous sommes pour la liberté de choix. Nous nous opposons à toute idée de supériorité culturelle.
En France, l’opposition active à la guerre est très faible. A ton avis, en tant que responsable du mouvement en Grande-Bretagne, quel est son avenir ?
Pourtant votre président Sarkozy a dit qu’il envoie des renforts en Afghanistan et la France est très impliquée dans la guerre contre le terrorisme !
Chez nous la question est vraiment capitale. La Grande-Bretagne est l’allié principal des Etats-Unis, c’est donc un problème stratégique pour la gauche. Nous disons que leur guerre n’a rien à voir avec la libération des femmes, qu’il y a aujourd’hui plus de viols, d’assassinats de femmes ‘pour l’honneur de la famille’ et plus de prostituées qu’avant la guerre. L’intervention n’a pas eu comme effet de ‘civiliser’ ces pays, au contraire elle a conduit à un nouveau type de barbarie.
Aujourd’hui, nous avons le devoir d’empêcher une attaque contre l’Iran. Une guerre menée contre ce pays mettrait inévitablement tout le Moyen-Orient au feu et au sang.
Pour conclure, tu es une des responsables de la coalition RESPECT [un regroupement de la gauche radicale] qui a connu une scission catastrophique en 2007. Quelles sont d’après toi les principales leçons de cet échec ?
Nos problèmes sont dûs en partie au système politique britannique qui donne très peu de chances à des minorités électorales. Le fait de ne pas avoir réussi une percée rapide en dehors du seul siège détenu par George Galloway nous a beaucoup fragilisé.
Nous n’avons pas pu construire une alliance assez large. RESPECT était constituée essentiellement de trois composants : le Socialist Workers Party, Galloway et une partie de la communauté musulmane. Si les rapports entre ces trois composants devaient se dégrader, il y avait toujours un risque majeur que la coalition implose – et c’est ce qui s’est passé.
Le fait est que le besoin d’une alternative électorale au parti travailliste, qui a été la raison d’être de RESPECT, est toujours aussi fort. Donc si à court terme cette alternative n’existe plus, nous devons continuer à travailler dans ce sens.
Propos recueillis en juillet 2008 à Marxism 2008, l’université d’été du Socialist Workers Party à Londres, par Laure, Laurent et Colin (qui a assuré la traduction).
Très respectée en Grande-Bretagne, elle est membre de la direction du Socialist Workers Party et depuis sa création coordonnatrice nationale de la Stop the War Coalition. Elle a écrit plusieurs livres dont deux sur la condition féminine: Material Girls : Women, Men and Work (2007) et Sex, Class and Socialism (1989).
Lindsey German sur YouTube à Marxism 2008
En français : La famille aujourd'hui (extrait de Sex, Class and Socialism)
Lindsey German sur Wikipedia (en anglais)
Nous l'avons interviewée récemment à Londres.
Que penses-tu de la position occupée par les femmes dans la société d’aujourd’hui ?
Il n’y a pas de doute que la situation est meilleure que par le passé. Il y a eu des progrès importants en une ou deux générations, au moins en ce qui concerne les pays développés. Mais trente ou quarante ans plus tard les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, elles doivent consacrer plus de temps à s’occuper des enfants et elles occupent un rôle subordonné au travail.
Dans les pays en voie de développement la situation est bien pire et la vie des femmes est souvent particulièrement dure. Quant elles ont un travail elles sont toujours en bas de l’échelle. Autrement pour survivre il n’existe que très souvent l’industrie du sexe ou l’émigration et la séparation avec leurs familles.
Donc l’oppression de la femme est toujours un sujet d’actualité.
Les femmes doivent donc, selon toi, encore se battre en tant que femmes, malgré les victoires emportées dans les années 1970 ?
A l’époque, nous nous sommes battues entre autres pour le droit au travail et pour le contrôle de la sexualité. Depuis, pour l’essentiel, nous avons gagné ces droits. Mais nous subissons de longues heures de travail, la précarité et la flexibilité – tout comme les hommes, d’ailleurs.
Quant à la liberté sexuelle, la marchandisation de tous les aspects de la vie fait que notre corps est de plus en plus traités comme une commodité. L’image de la femme est exploitée à des fins publicitaires et les femmes elles-mêmes sont souvent considérées comme des objets sexuels.
En réalité, les avancées des années 1970 se sont heurtées aux limites imposées par une société de classe. Nous nous rendons compte que le progrès n’est pas mécanique. Il peut même y avoir des reculs, comme les attaques qui ont lieu aujourd’hui dans certains pays européens contre le droit à l’IVG ou contre les droits sociaux comme les congés de maternité. Nous devons toujours nous battre pour la libération de la femme, mais ce combat doit faire partie d’un mouvement plus large pour une autre société.
Quelle est aujourd’hui la bonne stratégie pour le mouvement?
Il est évidemment très important de mener le combat pour le droit à l’IVG, pour l’égalité des salaires ou contre l’exploitation sexuelle. Mais tout seul, ce mouvement n’aboutira pas à la libération des femmes.
Nous, par exemple, pensons que la lutte pour les droits des femmes fait partie de notre lutte contre la guerre en Irak et en Afghanistan. Cela ne fait qu’un seul combat.
De la même façon, nous participons aux luttes syndicales tout en militant pour l’égalité des femmes à l’intérieur même des organisations ouvrières.
En France, il existe une forme de néo-colonialisme aux ralents islamophobes. Beaucoup de féministes participent à la discrimination contre les femmes voilées, par exemple. Quelle est ta position la-dessus ?
La libération des femmes ne doit pas signifier que les femmes occidentales aient le droit d’imposer leur point de vue aux autres. En Grande-Bretagne, il existe beaucoup de gens qui disent qu’ils sont opposés à l’islamophobie mais que, finalement, le port du voile n’est pas bien. Notre position est simple : nous sommes pour la liberté de choix. Nous nous opposons à toute idée de supériorité culturelle.
En France, l’opposition active à la guerre est très faible. A ton avis, en tant que responsable du mouvement en Grande-Bretagne, quel est son avenir ?
Pourtant votre président Sarkozy a dit qu’il envoie des renforts en Afghanistan et la France est très impliquée dans la guerre contre le terrorisme !
Chez nous la question est vraiment capitale. La Grande-Bretagne est l’allié principal des Etats-Unis, c’est donc un problème stratégique pour la gauche. Nous disons que leur guerre n’a rien à voir avec la libération des femmes, qu’il y a aujourd’hui plus de viols, d’assassinats de femmes ‘pour l’honneur de la famille’ et plus de prostituées qu’avant la guerre. L’intervention n’a pas eu comme effet de ‘civiliser’ ces pays, au contraire elle a conduit à un nouveau type de barbarie.
Aujourd’hui, nous avons le devoir d’empêcher une attaque contre l’Iran. Une guerre menée contre ce pays mettrait inévitablement tout le Moyen-Orient au feu et au sang.
Pour conclure, tu es une des responsables de la coalition RESPECT [un regroupement de la gauche radicale] qui a connu une scission catastrophique en 2007. Quelles sont d’après toi les principales leçons de cet échec ?
Nos problèmes sont dûs en partie au système politique britannique qui donne très peu de chances à des minorités électorales. Le fait de ne pas avoir réussi une percée rapide en dehors du seul siège détenu par George Galloway nous a beaucoup fragilisé.
Nous n’avons pas pu construire une alliance assez large. RESPECT était constituée essentiellement de trois composants : le Socialist Workers Party, Galloway et une partie de la communauté musulmane. Si les rapports entre ces trois composants devaient se dégrader, il y avait toujours un risque majeur que la coalition implose – et c’est ce qui s’est passé.
Le fait est que le besoin d’une alternative électorale au parti travailliste, qui a été la raison d’être de RESPECT, est toujours aussi fort. Donc si à court terme cette alternative n’existe plus, nous devons continuer à travailler dans ce sens.
Propos recueillis en juillet 2008 à Marxism 2008, l’université d’été du Socialist Workers Party à Londres, par Laure, Laurent et Colin (qui a assuré la traduction).
Libellés : Antiguerre, Femmes, Lindsey German, Respect
04 mai 2008
Angleterre : défaite cuisante de Gordon Brown, recul de la gauche radicale

Boris Johnson, le nouveau maire de droite de Londres. La preuve que le New Labour peut perdre contre n'importe qui.
Sale journée dimanche pour la gauche anglaise et galloise (on ne votait pas en Ecosse). Ce n'est pas tant la claque prise par le New Labour de Gordon Brown, largement méritée, qui inquiète, mais le recul de la gauche radicale et les gains - modestes mais réels - de l'extreme droite fasciste qui gagne notamment un siège à l'Assemblée de Londres.
Le véritable vainqueur de ces élections locales est le Parti conservateur qui, grace à la politique droitière du New Labour, a pu se positionner habilement pour attirer en plus de son électorat réactionnaire traditionnel une partie de l'électorat populaire travailliste. Des Tories à la tete de conseils municipaux dans le nord-est de l'Angleterre et au Pays de Galles, où il y a pas longtemps ils étaient une espèce en voie de disparition, c'est tout un symbole.
La gauche radicale, encore plus divisée depuis la scission de RESPECT l'année dernière, incapable de présenter une alternative crédible au niveau national, recule dans beaucoup de villes, et notamment à Londres. Un seul conseiller est élu. Quelques bons résultats dans des circonscriptions locales isolées - à Birmingham, à Preston, à Manchester, à Sheffield, à Bolton, à Cambridge - viennent cependant nuancer ce tableau noir. Nous y reviendrons plus dans le détail dès que possible.
Heureusement, il y a des signes importants d'une nouvelle combativité des salariés, comme témoigne la magnifique grève du 24 avril dans le secteur public. Avec un gouvernement 'travailliste' affaibli et le risque important d'un gouvernement conservateur dans un avenir proche, c'est le moment de mettre l'accent sur les luttes. Mais l'absence d'alternative politique est un vrai problème qui ne peut etre contourné.
Move to the right punishes Labour for 10 wasted years, par RESPECT - The Unity Coalition
Gordon Brown to blame for New Labour's election rout, dans Socialist Worker
London meltdown, par Richard Seymour
Elections analysis from left List

Dans cet article (en anglais) Anindya Bhattacharrya appelle à une réaction unie de la gauche à la menace fasciste. A Londres, le British National Party a recueilli 5,3% des voix, contre 4,7% en 2004 - un gain modeste qui permet au BNP cependant de franchir la barre des 5% et d'obtenir un siège à l'Assemblée de Londres. Dans le reste du pays, il gagne une dizaine de sièges de conseillers et totalise dorénavant 9 conseillers dans la ville moyenne de Stoke-on-Trent. Des pertes de sièges dans d'autres villes cependant démontrent que cette montée n'est pas irrésistible. La photo montre des participajnts au festival anti-nazi récent à Victoria Park dans un quartier populaire de l'Est de Londres.
Libellés : Respect, Royaume-Uni
21 avril 2008
1st May : Vote Left List
Watch the Left List party political broadcast for London here ....
The film was directed by Iranian documentary filmmaker Amir Amirani and features Left List mayoral candidate Lindsey German as well as several Left List London Assembly candidates.
The film was directed by Iranian documentary filmmaker Amir Amirani and features Left List mayoral candidate Lindsey German as well as several Left List London Assembly candidates.
Libellés : Respect, Royaume-Uni
30 novembre 2007
Socialist Review (December 2007)
Le numéro de décembre 2007 de Socialist Review contient notamment trois articles importants (en anglais) :
Martin Smith du SWP sur la crise dans RESPECT et l'avenir de la gauche unitaire anglaise
Le socialiste américain Mike Davis sur les incendies qui ont ravagé la Californie et piégé de nombreux mexicains essayant de traverser la frontière à travers les massifs forestiers près de San Diego.
* De Mike Davis en français : La combinaison mortelle de la pauvreté urbaine et des risques naturels : un article prophétique de 2005.
Lindsey German de la Stop the War Coalition sur la situation dangereuse créée par la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient et les tâches du mouvement contre la guerre, à la veille d'une conférence internationale importante qui réunira 1 000 délégués à Londres le 1er décembre 2007 : World Against War.
* Compte-rendu de la Conférence internationale contre la guerre, Londres, 1er décembre 2007.
Martin Smith du SWP sur la crise dans RESPECT et l'avenir de la gauche unitaire anglaise
Le socialiste américain Mike Davis sur les incendies qui ont ravagé la Californie et piégé de nombreux mexicains essayant de traverser la frontière à travers les massifs forestiers près de San Diego.
* De Mike Davis en français : La combinaison mortelle de la pauvreté urbaine et des risques naturels : un article prophétique de 2005.
Lindsey German de la Stop the War Coalition sur la situation dangereuse créée par la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient et les tâches du mouvement contre la guerre, à la veille d'une conférence internationale importante qui réunira 1 000 délégués à Londres le 1er décembre 2007 : World Against War.
* Compte-rendu de la Conférence internationale contre la guerre, Londres, 1er décembre 2007.
Libellés : Anti-impérialisme, Etats-Unis, Respect
22 novembre 2007
Witches and Russian Dolls: the Crisis in RESPECT
By Richard Seymour. Published by MRZine.
Watch Mark Serwotka speak at the RESPECT Annual Conference November 2007
Watch Mark Serwotka speak at the RESPECT Annual Conference November 2007
Libellés : Anticapitalisme, Respect, Royaume-Uni
18 novembre 2007
Socialist Worker reports on the RESPECT Conference
The annual conference of the RESPECT Coalition was held in London on Saturday 17th November 2007. Here is how Socialist Worker reports on it : Part 1 Part 2.
And see this report on the blog Lenin's Tomb
On the RESPECT website, speeches by Mark Serwotka, Karen Reissmann and Lindsey German.
Malgré une scission importante, la Coalition RESPECT en Angleterre a tenu son congrès annuel à Londres et a élu un nouveau Conseil national. Tout porte à croire qu'elle peut encore augmenter son influence, face à un gouvernement travailliste qui traîne loin derrière la droite conservatrice dans les sondages mais qui continue à privatiser à tout va. RESPECT a reçu le soutien d'un dirigeant syndical de gauche de premier plan, Mark Serwotka du puissant syndicat des employés des services publics et des fonctionnaires.
And see this report on the blog Lenin's Tomb
On the RESPECT website, speeches by Mark Serwotka, Karen Reissmann and Lindsey German.
Malgré une scission importante, la Coalition RESPECT en Angleterre a tenu son congrès annuel à Londres et a élu un nouveau Conseil national. Tout porte à croire qu'elle peut encore augmenter son influence, face à un gouvernement travailliste qui traîne loin derrière la droite conservatrice dans les sondages mais qui continue à privatiser à tout va. RESPECT a reçu le soutien d'un dirigeant syndical de gauche de premier plan, Mark Serwotka du puissant syndicat des employés des services publics et des fonctionnaires.
Libellés : Respect, Royaume-Uni, Socialist Workers party
04 novembre 2007
La gauche radicale anglaise marque contre son camp …
LA GAUCHE ET LA CRISE DANS ‘RESPECT’
La coalition RESPECT, formée seulement en janvier 2004, vit une profonde crise et se trouve au bord d’une scission définitive.
Le moins qu’on puisse dire est que cet échec constitue un revers important pour la gauche radicale en Angleterre. Se basant sur le dégoût d’une frange importante de l’électorat traditionnel travailliste pour la politique néolibérale et pro-impérialiste du gouvernement de Tony Blair et Gordon Brown, la coalition possède un député (George Galloway) et plusieurs conseillers municipaux. Ses élus de Tower Hamlets formaient avant la scission le deuxième groupe du conseil municipal de cette grande ville populaire et multiculturelle de la banlieue de Londres.
Le conflit a éclaté il y a deux mois, avec la publication par Galloway d’une série de critiques du fonctionnement des instances de la coalition et une attaque à peine voilée contre le Socialist Workers Party, et en particulier contre l’un de ses dirigeants, par ailleurs secrétaire national élu de RESPECT, John Rees. Un débat qui aurait pu, à priori, faire avancer la coalition a vite dégénéré au point où il existe aujourd’hui un manque total de confiance entre les deux camps.
Il semble que la situation très particulière dans la section de Tower Hamlets – où il existe effectivement des enjeux de pouvoir – a contribué à envenimer l’atmosphère. Des rumeurs, de fausses accusations et des exagérations, toutes répandues à une vitesse extraordinaire sur certains blogs (parfois malintentionnés), ont joué un rôle particulièrement négatif. De vieilles rancœurs ont refait surface. Comme dans toutes les luttes de tendances internes, des erreurs ont certainement été commises de chaque côté.
Il est très difficile dans cette situation de savoir qui a raison et qui a tort sur tel ou tel point. Les forces vives de la coalition sont profondément divisées. Beaucoup de militants dans chaque camp sont sans doute sincères, mais il ne suffit pas de revendiquer la légitimité « unitaire » pour avoir raison – surtout quand on jette en même temps de l’huile sur le feu. Si l’accusation lancée par la direction du SWP d’une chasse aux sorcières contre l’aile gauche voulue et orchestrée par le groupe ‘Galloway’ reste à prouver, l’idée répandue par les opposants que le SWP aurait délibérément provoqué une scission est manifestement un non-sens. S’il est légitime de critiquer les méthodes de telle ou telle composante de la coalition, il est politiquement malhonnête et injuste de se focaliser sur le seul SWP.
La participation de cette organisation au lancement de la Stop the War Coalition, puis de RESPECT, a été cruciale. Son journal, Socialist Worker , a correctement défendu George Galloway, en tant qu’opposant courageux et talentueux de la politique de Blair et de Bush, y compris quand certaines de ses activités jetaient le discrédit sur la coalition et certains de ses alliés actuels voulaient sa peau. Le SWP a également été en première ligne pour défendre la participation de Musulmans à la coalition, à un moment où la droite et la gauche pro-impérialiste jetaient l’anathème sur toute une population.
A l’heure actuelle, l’avenir de RESPECT semble plus que compromis. La conférence nationale, prévue de longue date mais boycottée par le groupe autour de Galloway (qui comprend, il faut le dire, des personnalités de premier plan comme Salma Yaqoob et Ken Loach), aura lieu le 17-18 novembre 2007. Les sections locales de RESPECT lui ont soumis un grand nombre de textes sur des questions aussi vitales pour la classe ouvrière britannique que la crise du logement, la discrimination raciale et la chasse aux réfugiés, la lutte pour un syndicalisme de combat, la violence dans les grandes villes et le mouvement contre la guerre. Le groupe d’opposants a annoncé la tenue d’un rassemblement, sous l’étiquette du ‘renouveau de RESPECT’, à la même date – un rassemblement qui n’a bien sûr aucune légitimité constitutionnelle.
Nous ignorons s’il est encore possible de sauver quelque chose de ce qui était un mouvement plein de promesse. Il faudra de toute façon tirer les conclusions avant de relancer l’unité de la gauche radicale, antilibérale et anticapitaliste. Pour l’instant, la priorité doit être le travail des militants dans les quartiers, sur les lieux de travail, dans les syndicats et dans la rue.
Saint-Denis, le 4 novembre 2007
Lire l'analyse du SWP ...
La coalition RESPECT, formée seulement en janvier 2004, vit une profonde crise et se trouve au bord d’une scission définitive.
Le moins qu’on puisse dire est que cet échec constitue un revers important pour la gauche radicale en Angleterre. Se basant sur le dégoût d’une frange importante de l’électorat traditionnel travailliste pour la politique néolibérale et pro-impérialiste du gouvernement de Tony Blair et Gordon Brown, la coalition possède un député (George Galloway) et plusieurs conseillers municipaux. Ses élus de Tower Hamlets formaient avant la scission le deuxième groupe du conseil municipal de cette grande ville populaire et multiculturelle de la banlieue de Londres.
Le conflit a éclaté il y a deux mois, avec la publication par Galloway d’une série de critiques du fonctionnement des instances de la coalition et une attaque à peine voilée contre le Socialist Workers Party, et en particulier contre l’un de ses dirigeants, par ailleurs secrétaire national élu de RESPECT, John Rees. Un débat qui aurait pu, à priori, faire avancer la coalition a vite dégénéré au point où il existe aujourd’hui un manque total de confiance entre les deux camps.
Il semble que la situation très particulière dans la section de Tower Hamlets – où il existe effectivement des enjeux de pouvoir – a contribué à envenimer l’atmosphère. Des rumeurs, de fausses accusations et des exagérations, toutes répandues à une vitesse extraordinaire sur certains blogs (parfois malintentionnés), ont joué un rôle particulièrement négatif. De vieilles rancœurs ont refait surface. Comme dans toutes les luttes de tendances internes, des erreurs ont certainement été commises de chaque côté.
Il est très difficile dans cette situation de savoir qui a raison et qui a tort sur tel ou tel point. Les forces vives de la coalition sont profondément divisées. Beaucoup de militants dans chaque camp sont sans doute sincères, mais il ne suffit pas de revendiquer la légitimité « unitaire » pour avoir raison – surtout quand on jette en même temps de l’huile sur le feu. Si l’accusation lancée par la direction du SWP d’une chasse aux sorcières contre l’aile gauche voulue et orchestrée par le groupe ‘Galloway’ reste à prouver, l’idée répandue par les opposants que le SWP aurait délibérément provoqué une scission est manifestement un non-sens. S’il est légitime de critiquer les méthodes de telle ou telle composante de la coalition, il est politiquement malhonnête et injuste de se focaliser sur le seul SWP.
La participation de cette organisation au lancement de la Stop the War Coalition, puis de RESPECT, a été cruciale. Son journal, Socialist Worker , a correctement défendu George Galloway, en tant qu’opposant courageux et talentueux de la politique de Blair et de Bush, y compris quand certaines de ses activités jetaient le discrédit sur la coalition et certains de ses alliés actuels voulaient sa peau. Le SWP a également été en première ligne pour défendre la participation de Musulmans à la coalition, à un moment où la droite et la gauche pro-impérialiste jetaient l’anathème sur toute une population.
A l’heure actuelle, l’avenir de RESPECT semble plus que compromis. La conférence nationale, prévue de longue date mais boycottée par le groupe autour de Galloway (qui comprend, il faut le dire, des personnalités de premier plan comme Salma Yaqoob et Ken Loach), aura lieu le 17-18 novembre 2007. Les sections locales de RESPECT lui ont soumis un grand nombre de textes sur des questions aussi vitales pour la classe ouvrière britannique que la crise du logement, la discrimination raciale et la chasse aux réfugiés, la lutte pour un syndicalisme de combat, la violence dans les grandes villes et le mouvement contre la guerre. Le groupe d’opposants a annoncé la tenue d’un rassemblement, sous l’étiquette du ‘renouveau de RESPECT’, à la même date – un rassemblement qui n’a bien sûr aucune légitimité constitutionnelle.
Nous ignorons s’il est encore possible de sauver quelque chose de ce qui était un mouvement plein de promesse. Il faudra de toute façon tirer les conclusions avant de relancer l’unité de la gauche radicale, antilibérale et anticapitaliste. Pour l’instant, la priorité doit être le travail des militants dans les quartiers, sur les lieux de travail, dans les syndicats et dans la rue.
Saint-Denis, le 4 novembre 2007
Lire l'analyse du SWP ...
Libellés : Anticapitalisme, George Galloway, Respect, Royaume-Uni, Socialist Workers party
21 juillet 2007
La gauche radicale européenne à un tournant
La LCR belge a publié un dossier composé d'une série d'articles sur les perspectives de la gauche radicale dans quatre pays d'Europe (l'Espagne, l'Angleterre et le pays de Galles, l'Italie et la France). Sans être d'accord avec tout ce qu'y est écrit - notamment en ce concerne le texte de la majorité de la LCR française - il me semble utile de le faire connaître. Plusieurs des articles n'étaient disponibles jusque là qu'en version originale, donc il faut féliciter les camarades belges pour leur travail de traduction. On peut également les féliciter pour la refonte très réussie de leur site internet.
Libellés : Anticapitalisme, Espagne, Italie, Respect, Royaume-Uni
11 mai 2007
L'héritage désastreux de Blair, par George Galloway

(En anglais) George Galloway, député de Tower Hamlets (Londres) et membre dirigeant de la coalition RESPECT, appelle à l'unité de tous ceux qui veulent enterrer Blair et ses héritiers politiques à la tête du parti travailliste.
"My appeal to all those who want to see the back of Blairism is to come together to take the initiative over the coming months.
We should discuss exactly how to do that, confident that the right – from New Labour through the Tories to the filth to their right – can be beaten if the left offers hope and a fighting movement for change.
I hope that many more are convinced to join us directly in building on the successes of Respect so far.
But we want to work constructively – in the anti-war movement, in the unions, in a fight for progressive ideas – with those who are not yet convinced."
Libellés : Respect, Royaume-Uni
04 mai 2007
De nouvelles (petites) avancées pour la coalition RESPECT en Angleterre
Deux candidats de RESPECT, Nahella Ashraf et Michael Lavalette

Des gains (et non pas une percée comme on peut lire sur son site internet) pour la coalition RESPECT en Angleterre.
La coalition RESPECT, formée de militants d'extrême gauche (1), de syndicalistes, de Musulmans de gauche, d'activistes contre la guerre en Irak - dont une partie a quitté le New Labour de Blair ou le parti libéral-démocrate (centriste) -, s'est présentée dans un petit nombre de circonscriptions lors des élection locales partielles en Angleterre, le 5 mai 2007.
A l'exception de la commune de Tower Hamlets (2) (Grand Londres) où RESPECT forme l'opposition officielle à la majorité travailliste, la coalition n'a pas les forces pour avoir un impact significatif sur les communes gérées par les trois grands partis - et encore moins sur le gouvernement central. Elle compte en tout et pour tout une petite vingtaine de conseillers municipaux, dont la majorité à Tower Hamlets.
Cependant, dans pratiquement toutes les circonscriptions où elle s'est présentée, la coalition a obtenu des résultats intéressants, devançant quasi systématiquement les candidats des Verts (Green Party), du British National Party (extrême droite), et même souvent les candidats du parti conservateur (droite) et des Libéraux-Démocrates qui partagent avec le New Labour le contrôle de la quasi-totalité des communes. RESPECT obtient deux nouveaux élus (à Bolsover et à Birmingham). A Preston, son conseiller municipal sortant s'est fait brillamment réélire avec 52% des voix.
Rappelons que les élections locales ont lieu par circonscription (très) locale et en un seul tour. Il n'y a pas de système de listes, mais dans quelques circonscriptions il y a deux élus et un parti peut donc présenter deux candidats. Pour être élu, un candidat doit donc simplement arriver en tête de tous les candidats. Les candidats de RESPECT, s'ils mettent en avant des questions locales, sont également nettement identifiés comme des candidats de la gauche radicale, anti-Blair et opposés à la présence britannique en Irak et en Afghanistan. Ils s'opposent à toutes les formes du racisme et appellent partout à faire barrage contre l'extrême-droite (3). La coalition compte un député, George Galloway, à Tower Hamlets. Deux de ses porte-parole, Salma Yaqoob (conseillère municipale à Birmingham) et John Rees (dirigeant du Socialist Workers Party, trotskiste) sont également des personnalités connues.
Les résultats connus de RESPECT 03/05/2007
(De gauche à droite, le nom de la commune, le nom de la circonscription, le candidat, le nombre de voix obtenues, le pourcentage, la position)
Birmingham Lozells & East Handsworth Raghib Ahsan 1411 20% 3ème
Birmingham Aston Addul Aziz 2018 28% 2ème
Birmingham Springfield Mohammed Suleman 2092 26% 3ème
Birmingham Sparkbrook Mohammed Ishtiaq 3514 42% ELU
Birmingham King's Heath & Moseley Yassir Idris 947 12% 3ème
Birmingham Bordesley Green Farooq Hussain 1403 16% 3ème
Birmingham Nechells Mushtaq Hussain 1013 21% 2ème
Bolsover Shirebrook Ray Holmes 295 53% ELU
Bradford Manningham Arshad Ali 385 7% 3ème
Bradford City Nadia MacGranthin 369 9% 3ème
Bradford Little Horton Farhan Ali 443 11% 4ème
Brighton Hangleton & Knowl Maggie Clifford 297 5ème
Brighton Moulsecoomb David Bangs 346 5ème
Bristol Easton Paulette North 621 19% 3ème
Cambridge Romsey Tom Woodcock 358 17% 3ème
Canterbury Gorrell Bunny Laroche 184 10% 4ème
Canterbury Gorrell Nick Dent 189 10% 4ème
Coventry Foleshill Caron McKenna 156 4% 3ème
Coventry Belle Vale Richard Alonzo 211 6% 5ème
Dudley St. Thomas's Tony Barnsley 659 18% 4ème
Essex Todbrook Maureen Topley 250 13% 3ème
Halifax Park Sajid Mehmood 1147 27% 2ème
Kirklees Greenhead David Ellis 169 3% 6ème
Leeds City and Hunslet Muserat Sujawal 520 14% 3ème
Leicester Spinney Hills Sadia Jabeen 1227 3ème
Loughborough Lemyngton Wayne Muldoon 239 9% 7ème
Luton Dallow Tahir Raza 820 15% 4ème
Luton Dallow Lesley Smith 678 15% 4ème
Luton Biscot Stephen Coghlan 621 13% 3ème
Luton Biscot Mobeen Qureshi 667 13% 3ème
Manchester Rusholme Nahella Ashraf 535 18% 3ème
Newcastle Elswick Dean Huggins 137 6% 5ème
Portsmouth Charles Dickens Lee Sprake 207 9% 4ème
Preston Town Centre Michael Lavalette 1179 52% RE-ELU
Preston University David Orr 37 7% 4ème
Preston St. Matthews Samira Rezwan 339 25% 2ème
Preston River's Way Elaine Abbott 386 28% 2ème
Sheffield Burngreave Maxine Bowler 1290 24% 2ème
Sheffield Central Anwar Ali 157 10% 5ème
Sheffield Darnall Miron A Rahman 1041 23% 2ème
Sunderland Millfield Keith Adshead 95 4% 6ème
Sunderland Hendon Tafazzal Hussain 129 5% 5ème
Walsall Palfrey Arshad Kanwar 617 14% 3ème
Walsall St. Matthews Martin Lynch 208 5% 4ème
York Clifton Les Marsh 421 5ème
Voir aussi May 2007 election results for RESPECT and Solidarity dans Socialist Worker (G-B)
Note
(1) RESPECT est notamment soutenue par le Socialist Workers Party (SWP) et par l'International Socialist Group (l'équivalent britannique de la LCR). D'autres formations de la gauche radicale ont présenté des candidats indépendamment de RESPECT. A Coventry, le Socialist Party (trotskiste)a perdu de justesse 1 de ses 3 sièges, les 2 autres n'étant pas en jeu.
(2) Un conseiller municipal de RESPECT à Tower Hamlets, cependant, vient de rejoindre le groupe travailliste. Il n'y avait pas de sièges à pourvoir à Tower Hamlets cette année, les municipales à Londres ayant lieu en 2008.
(3) La gauche britannique a fait bloc contre les fascistes du British National Party, dont plusieurs conseillers sortants ont été battus et qui a seulement progressé de 49 à 50 sièges, malgré un nombre plus important de candidats. Voir le site de United Against Fascism, qui appelle à la plus grande vigilance, malgré cet échec relatif de l'extrême droite.

Des gains (et non pas une percée comme on peut lire sur son site internet) pour la coalition RESPECT en Angleterre.La coalition RESPECT, formée de militants d'extrême gauche (1), de syndicalistes, de Musulmans de gauche, d'activistes contre la guerre en Irak - dont une partie a quitté le New Labour de Blair ou le parti libéral-démocrate (centriste) -, s'est présentée dans un petit nombre de circonscriptions lors des élection locales partielles en Angleterre, le 5 mai 2007.
A l'exception de la commune de Tower Hamlets (2) (Grand Londres) où RESPECT forme l'opposition officielle à la majorité travailliste, la coalition n'a pas les forces pour avoir un impact significatif sur les communes gérées par les trois grands partis - et encore moins sur le gouvernement central. Elle compte en tout et pour tout une petite vingtaine de conseillers municipaux, dont la majorité à Tower Hamlets.
Cependant, dans pratiquement toutes les circonscriptions où elle s'est présentée, la coalition a obtenu des résultats intéressants, devançant quasi systématiquement les candidats des Verts (Green Party), du British National Party (extrême droite), et même souvent les candidats du parti conservateur (droite) et des Libéraux-Démocrates qui partagent avec le New Labour le contrôle de la quasi-totalité des communes. RESPECT obtient deux nouveaux élus (à Bolsover et à Birmingham). A Preston, son conseiller municipal sortant s'est fait brillamment réélire avec 52% des voix.
Rappelons que les élections locales ont lieu par circonscription (très) locale et en un seul tour. Il n'y a pas de système de listes, mais dans quelques circonscriptions il y a deux élus et un parti peut donc présenter deux candidats. Pour être élu, un candidat doit donc simplement arriver en tête de tous les candidats. Les candidats de RESPECT, s'ils mettent en avant des questions locales, sont également nettement identifiés comme des candidats de la gauche radicale, anti-Blair et opposés à la présence britannique en Irak et en Afghanistan. Ils s'opposent à toutes les formes du racisme et appellent partout à faire barrage contre l'extrême-droite (3). La coalition compte un député, George Galloway, à Tower Hamlets. Deux de ses porte-parole, Salma Yaqoob (conseillère municipale à Birmingham) et John Rees (dirigeant du Socialist Workers Party, trotskiste) sont également des personnalités connues.
Les résultats connus de RESPECT 03/05/2007
(De gauche à droite, le nom de la commune, le nom de la circonscription, le candidat, le nombre de voix obtenues, le pourcentage, la position)
Birmingham Lozells & East Handsworth Raghib Ahsan 1411 20% 3ème
Birmingham Aston Addul Aziz 2018 28% 2ème
Birmingham Springfield Mohammed Suleman 2092 26% 3ème
Birmingham Sparkbrook Mohammed Ishtiaq 3514 42% ELU
Birmingham King's Heath & Moseley Yassir Idris 947 12% 3ème
Birmingham Bordesley Green Farooq Hussain 1403 16% 3ème
Birmingham Nechells Mushtaq Hussain 1013 21% 2ème
Bolsover Shirebrook Ray Holmes 295 53% ELU
Bradford Manningham Arshad Ali 385 7% 3ème
Bradford City Nadia MacGranthin 369 9% 3ème
Bradford Little Horton Farhan Ali 443 11% 4ème
Brighton Hangleton & Knowl Maggie Clifford 297 5ème
Brighton Moulsecoomb David Bangs 346 5ème
Bristol Easton Paulette North 621 19% 3ème
Cambridge Romsey Tom Woodcock 358 17% 3ème
Canterbury Gorrell Bunny Laroche 184 10% 4ème
Canterbury Gorrell Nick Dent 189 10% 4ème
Coventry Foleshill Caron McKenna 156 4% 3ème
Coventry Belle Vale Richard Alonzo 211 6% 5ème
Dudley St. Thomas's Tony Barnsley 659 18% 4ème
Essex Todbrook Maureen Topley 250 13% 3ème
Halifax Park Sajid Mehmood 1147 27% 2ème
Kirklees Greenhead David Ellis 169 3% 6ème
Leeds City and Hunslet Muserat Sujawal 520 14% 3ème
Leicester Spinney Hills Sadia Jabeen 1227 3ème
Loughborough Lemyngton Wayne Muldoon 239 9% 7ème
Luton Dallow Tahir Raza 820 15% 4ème
Luton Dallow Lesley Smith 678 15% 4ème
Luton Biscot Stephen Coghlan 621 13% 3ème
Luton Biscot Mobeen Qureshi 667 13% 3ème
Manchester Rusholme Nahella Ashraf 535 18% 3ème
Newcastle Elswick Dean Huggins 137 6% 5ème
Portsmouth Charles Dickens Lee Sprake 207 9% 4ème
Preston Town Centre Michael Lavalette 1179 52% RE-ELU
Preston University David Orr 37 7% 4ème
Preston St. Matthews Samira Rezwan 339 25% 2ème
Preston River's Way Elaine Abbott 386 28% 2ème
Sheffield Burngreave Maxine Bowler 1290 24% 2ème
Sheffield Central Anwar Ali 157 10% 5ème
Sheffield Darnall Miron A Rahman 1041 23% 2ème
Sunderland Millfield Keith Adshead 95 4% 6ème
Sunderland Hendon Tafazzal Hussain 129 5% 5ème
Walsall Palfrey Arshad Kanwar 617 14% 3ème
Walsall St. Matthews Martin Lynch 208 5% 4ème
York Clifton Les Marsh 421 5ème
Voir aussi May 2007 election results for RESPECT and Solidarity dans Socialist Worker (G-B)
Note
(1) RESPECT est notamment soutenue par le Socialist Workers Party (SWP) et par l'International Socialist Group (l'équivalent britannique de la LCR). D'autres formations de la gauche radicale ont présenté des candidats indépendamment de RESPECT. A Coventry, le Socialist Party (trotskiste)a perdu de justesse 1 de ses 3 sièges, les 2 autres n'étant pas en jeu.
(2) Un conseiller municipal de RESPECT à Tower Hamlets, cependant, vient de rejoindre le groupe travailliste. Il n'y avait pas de sièges à pourvoir à Tower Hamlets cette année, les municipales à Londres ayant lieu en 2008.
(3) La gauche britannique a fait bloc contre les fascistes du British National Party, dont plusieurs conseillers sortants ont été battus et qui a seulement progressé de 49 à 50 sièges, malgré un nombre plus important de candidats. Voir le site de United Against Fascism, qui appelle à la plus grande vigilance, malgré cet échec relatif de l'extrême droite.
Libellés : Respect, Royaume-Uni
09 juin 2006
RESPECT : ALLIANCE ELECTORALE ANTICAPITALISTE EN ANGLETERRE [août 2005]
Victoire électorale à Tower Hamlets, mai 2005

[Un article paru dans Socialisme International n° 13]
Claude MEUNIER présente l’émergence, à l’occasion des dernières élections législatives britanniques d’une nouvelle force de gauche, la coalition RESPECT, qui regroupe plusieurs organisations progressistes et a su conquérir une certaine audience dans les milieux musulmans. Il explore aussi la controverse en France au sujet de cette alliance.
"L’émergence aux élections législatives en Grande-Bretagne de RESPECT (the Unity Coalition), n’a pas la même ampleur que la victoire du Non à la Constitution Européenne en France. Il n’empêche que cette expérience originale mérite toute notre attention.
Ce projet, qui a été lancé en janvier 2004, a souvent suscité une hostilité irrationnelle. La gauche française était alors en pleine crise du « foulard » avec l’introduction de la loi sur les signes religieux à l’école et les débats houleux qui ont traversé des organisations comme la LCR, les mouvements féministes, anti-racistes et autres. Le Socialist Workers Party (SWP), qui est la principale force politique organisée au sein de la Coalition, a été accusé de « provocations » lors des Forums Sociaux Européens à Paris en 2003 et à Londres en 2004, à cause de ses attaques contre la loi sur le foulard et l’attitude de la majeure partie de la gauche française. La participation de Salma Yaqoob, militante de la Stop the War Coalition et jeune femme voilée, au FSE puis à RESPECT a été un choc pour bon nombre de militants français. /.../ [Lire la suite]

[Un article paru dans Socialisme International n° 13]
Claude MEUNIER présente l’émergence, à l’occasion des dernières élections législatives britanniques d’une nouvelle force de gauche, la coalition RESPECT, qui regroupe plusieurs organisations progressistes et a su conquérir une certaine audience dans les milieux musulmans. Il explore aussi la controverse en France au sujet de cette alliance.
"L’émergence aux élections législatives en Grande-Bretagne de RESPECT (the Unity Coalition), n’a pas la même ampleur que la victoire du Non à la Constitution Européenne en France. Il n’empêche que cette expérience originale mérite toute notre attention.
Ce projet, qui a été lancé en janvier 2004, a souvent suscité une hostilité irrationnelle. La gauche française était alors en pleine crise du « foulard » avec l’introduction de la loi sur les signes religieux à l’école et les débats houleux qui ont traversé des organisations comme la LCR, les mouvements féministes, anti-racistes et autres. Le Socialist Workers Party (SWP), qui est la principale force politique organisée au sein de la Coalition, a été accusé de « provocations » lors des Forums Sociaux Européens à Paris en 2003 et à Londres en 2004, à cause de ses attaques contre la loi sur le foulard et l’attitude de la majeure partie de la gauche française. La participation de Salma Yaqoob, militante de la Stop the War Coalition et jeune femme voilée, au FSE puis à RESPECT a été un choc pour bon nombre de militants français. /.../ [Lire la suite]
Libellés : Respect, Royaume-Uni
26 mai 2006
ELECTIONS LOCALES EN ANGLETERRE : ECHEC POUR BLAIR, PERCEE LOCALE POUR LA GAUCHE RADICALE ET ANTI-GUERRE


RESPECT – THE UNITY COALITION : DES RESULTATS SIGNIFICATIFS AUX ELECTIONS LOCALES EN ANGLETERRE DU 4 MAI 2006.
Ces élections ne concernaient que l’Angleterre et seulement une partie des conseillers municipaux. Sauf à Londres où tous les sièges étaient en jeu. Mais dans le contexte actuel de déliquescence du régime de Tony Blair, elles avaient valeur de test national. D’ailleurs, Blair a immédiatement réagi par un remaniement gouvernemental « brutal » (selon la presse), espérant ainsi s’accrocher au pouvoir.
Le principal bénéficiaire de la défaite travailliste est le Parti Conservateur, « relooké » par son nouveau leader qui penche plutôt vers le centre. Dans les médias, on parle également de la « percée » du British National Party (anti-immigrés, anti-Musulmans, anti-demandeurs d’asile ...), qui obtient 11 élus sur 13 candidats à Barking et Dagenham (banlieue ouvrière de Londres) et possède 50 conseillers locaux en tout.
La coalition de la gauche radicale RESPECT a présenté 169 candidats, dont 139 à Londres. Elle présentait des listes complètes dans seulement deux villes : Tower Hamlets et Newham, toutes les deux dans la banlieue est de Londres. 16 candidats sont élus dans trois villes (15 nouveaux, 1 réélu).
TOWER HAMLETS : Sur 48 candidats, 12 sont élus. Respect devient la principale opposition à l’administration travailliste. Dans une circonscription, les 3 candidats de Respect battent le dirigeant travailliste, leader du Conseil Municipal sortant (équivalent du maire) et son principal adjoint, qui perdent leur siège.
NEWHAM : Le candidat de Respect à l’élection directe du maire termine en 2ème position, derrière le maire sortant New Labour. Sur l’ensemble de la commune, Respect obtient 26 % des voix, derrière New Labour (48 %) mais loin devant les autres partis (Conservateurs 15 %, Lib Dems 2 %), mais ne gagne que 3 sièges. Dans plusieurs autres circonscriptions, ils arrivent en 2ème position.
BIRMINGHAM : A Sparkbrook, Salma YAQOOB, vice-présidente nationale de la Stop the War Coalition, est élue avec 55 % des voix. Le journal local fait remarquer qu’elle sera la première conseillère municipale de la ville à porter le hijab. Dans 2 autres circonscriptions, les candidats de Respect terminent en 3ème position, avec 21,5 % et 19,3 %.
A PRESTON dans le Nord-Ouest, la Coalition a manqué de justesse (7 voix d’écart) de faire élire un troisième conseiller. Sur ses 5 candidats, 4 terminent en 2ème position.
SHEFFIELD : Respect recueillit 25,9 % des voix dans une circonscription.
BRISTOL : Un syndicaliste connu, récemment licencié par British Aerospace, termine en 2ème position, avec 25 % des voix dans sa circonscription.
MANCHESTER : Une candidate : 3ème position (21,8 %).
Dans d’autres régions, Respect se place régulièrement, là où elle a les moyens de se présenter, devant des candidats des grands partis nationaux et des Verts.
Les Verts passent de 60 élus à 89 élus. Le parti Vert est difficile à classer : certains candidats sont très à gauche et militent contre la guerre en Irak, d’autres sont plutôt centristes, voire prêts à s’allier localement avec la droite.
La gauche radicale ne se limite pas à Respect, des candidats se présentant sous différentes étiquettes politiques (Socialist Party, Socialist Alternative, Independent Working Class Association, Communist Party of Britain, Socialist Unity, Socialist Labour Party, Democratic Labour , Alliance for Green Socialism, etc.) ou bien au nom d’une lutte locale (contre la fermeture d’un hôpital …). Certaines de ces organisations n’existent que dans une seule ville. D’autres sont ultra-marginales et/ou sectaires. Il semble que, pour une fois, toutes ces organisations, avec Respect, ont réussi à ne pas se gêner en évitant de se présenter dans les mêmes circonscriptions. A Coventry, la Socialist Alternative a présenté 5 candidats, qui ont obtenu de bons résultats et 1 nouvel élu. Le Socialist Party (trotskiste) a 7 élus en tout, dont certains sous d’autres étiquettes comme … Socialist Alternative.
IN ENGLISH, READ THIS ANSWER BY JACOB MIDDLETON TO CHARGES THAT RESPECT'S POLITICS ENCOURAGE 'COMMUNALISM' (IN SOCIALIST REVIEW, JUNE 2006)
Libellés : Respect, Royaume-Uni

