16 novembre 2008

 

LA RETRAITE A 70 ANS : NON, MERCI !



Retraités - rejoignez la CGT !

Voici un article original dont une version abrégée va paraître dans le journal Anticapitaliste

Après les défaites sur la durée de cotisation donnant droit à une retraite à taux plein – qui rappelons-le n’est que 50 % du salaire moyen – et sur les régimes spéciaux, l’opinion commence-t-elle a tourner ? Près de deux tiers des Français estiment que le recul de 65 à 70 ans de l'âge jusqu'auquel un salarié peut refuser d'être mis à la retraite d'office est « plutôt une mauvaise chose », selon un sondage CSA publié le 10 novembre.

Cette mesure a été votée par les députés de la majorité juste avant minuit à la veille du weekend de la Fête des Morts (il fallait le faire !). C’est en soi une mesure technique qui donne la possibilité à ceux qui le souhaitent de continuer à travailler après l’âge de 65 ans, même si leur employeur souhaite les mettre à la retraite. Mais comme les Français ont très bien compris, c’est une mesure à haute valeur symbolique qui tend à nous habituer à l’idée d’une durée de travail de plus en plus longue.

Rien pour l’instant ne modifie le droit d’arrêter de travailler entre 60 et 65 ans au taux plein si le salarié a accumulé le nombre requis de trimestres cotisés. Concrètement, si les travailleurs nés avant 1948 doivent cotiser pendant 40 ans au lieu de 37,5 ans et demi comme c’était la norme jusqu’en 2003, ceux qui sont nés en 1952 ou après devront se faire exploiter pendant 41 ans. Cette règle doit sans doute être considérée comme ajustable – et pas dans le sens d’une réduction. En plus, le résultat de toutes ces années de travail est très souvent une pension de misère. Rien à voir en tout cas avec les retraites des chefs d’entreprises et les rentes des propriétaires et autres parachutes dorés.

Comme pour les heures supplémentaires et le travail de dimanche, la droite parle de donner « plus de liberté » aux salariés, en citant des exemples célèbres comme celui du professeur Luc Montanier ou de l’entraîneur de football, Guy Roux. (Rappelons au passage que ce dernier avait vite abandonné son nouveau poste en citant son inaptitude physique pour l’entraînement et se contente maintenant de travailler comme ‘consultant’ aux frais des utilisateurs de l’audio-visuel.) En citant de tels exemples tellement atypiques, les défenseurs de cette mesure se moquent de façon indécente de l’immense majorité des salariés qui ne souhaitent qu’une chose – partir à la retraite à un âge où ils peuvent encore espérer mener une vie active.

Cette « liberté »-là est une liberté qui arrange les patrons qui auront une main-d’œuvre toujours disponible et peu encline à revendiquer des améliorations des conditions du travail. Vous voulez toucher plus au bout d’une vie professionnelle ingrate et parfois pénible ? Alors, il suffit de travailler quelques années de plus. Vous avez besoin d’arrondir les fins du mois ? Il suffit de faire des heures sup’. Vous voulez un emploi ou une promotion ? Il suffit d’accepter le travail dominical ou jusqu’à 22 heures (comme dans les grands magasins). Le tout sur la base du volontariat, bien sûr. C’est une « liberté » purement théorique qui se traduit finalement par une vie entièrement dévouée à la poursuite d’un confort matériel relatif, alors que les riches, eux, peuvent se payer des vacances où ils veulent, quand ils veulent.

Cette controverse pose également la question de la nature et la finalité du travail humain. Les retraités qui s’occupent de leurs petits-enfants, qui font de bénévolat, qui travaillent à la maison ou qui ont des activités créatives, eux, ne participent pas à la création de la plus-value. Sous le capitalisme n’est considéré comme productif que le travail qui contribue à augmenter les profits des capitalistes. C’est d’ailleurs ce qui inspire certaines critiques des patrons qui voient d’un mauvais œil l’obligation de garder des salariés devenus peu rentables qui ne souhaitent pas prendre leur retraite à 65 ans.

Enfin, il faudra être naïf pour croire que le gouvernement en restera là. Nous savons très bien que ce qui est introduit en douceur et à titre d’exception tend à devenir la règle. Ce qui est vrai pour le privé l’est également pour la fonction publique et certaines professions protégées comme les pilotes de ligne, qui voient l’âge limite relevé à partir du 1er janvier 2009. Ainsi, si vous êtes infirmière, employé des égouts ou pompier vous obtiendrez le ‘droit’ de travailler jusqu’à 65 ans. C’est bien d’un « mouvement général » de relèvement des limites d’âge qu’il s’agit, comme titrait Les Echos. Attendons un peu et cela va être l’alignement des règles appliquées dans la fonction publique sur celles du privé, au nom cette fois-ci de « l’équité ».

Concluons donc en disant que nous devons lutter tous ensemble, étudiants, travailleurs de tous âges et retraités, pour de meilleurs salaires et de bonnes pensions et contre toute nouvelle remise en cause du droit à la retraite.

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