03 février 2009

 

Occupation à Waterford Crystal (Irlande) : un exemple à suivre

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Des travailleurs de Waterford Crystal en Irlande ont occupé leur usine vendredi 30 janvier pour empêcher sa fermeture. La maison mère, Waterford Wedgwood, avait été mise en liquidation judiciaire le 5 janvier.

Vendredi, l'administrateur judiciaire a annoncé l'arrêt immédiat de la production et le licenciement de 480 salariés sur un total de 700.

La nouvelle a provoqué des réactions de colère parmi le personnel. Le syndicat n'avait même pas été informé préalablement.

Tony Kelly, le représentant du syndicat Unite de Waterford Crystal, raconte: "Je rentrais chez moi en voiture quand j'ai entendu la nouvelle et j'ai tout de suite fait demi-tour. Nous nous sommes mis d'accord par téléphone que nous devions entrer dans l'usine."

En dépit des efforts des vigiles recrutés par l'administrateur, un grand nombre de salariés ont pu occuper l'usine grâce à l'envoi de SMS et à de coups de téléphone.

Selon un des occupants, "les vigiles ont essayé de fermer les portes mais nous étions trop nombreux - environ 400 personnes ont pu entrer. Nous occupons les lieux depuis 14 heures vendredi. Les gens nous envoient de la nourriture, de l'argent et des messages de solidarité."

L'occupation est organisée en équipes tournant toutes les 6 heures. Jusqu'à 100 travailleurs sont présents en même temps. Un drapeau représentant la constellation de la Charrue - le symbôle des syndicalistes qui ont participé derrière James Connolly au soulèvement nationaliste de Pâques 1916 - a été hissé.

Samedi 31 janvier, 3.000 personnes ont assisté à un rassemblement, malgré une pluie torrentielle. A Waterford, des taxis, des commerces et des entreprises ont cessé le travail pendant une heure.

Pendant ce temps, une camionnette faisait le tour de la région pour remettre leurs lettres de licenicement aux salariés. Le conducteur a été remarqué dans une cité et a pris la fuite, et par conséquent, beaucoup de salariés n'ont pas encore reçu la notification offcielle de leur renvoi.

Selon Tom Hogan, président du conseil local des syndicats, avant l'occupation beaucoup de salariés étaient démoralisés. L'action a complètement changé l'ambiance.

Parmi leurs revendications, les travailleurs demandent au gouvernement la garantie des indemnités promises par la direction lors d'une précédente vague de licenciements. Un ancien salarié licencié en décembre 2008 avec 46 ans d'ancienneté a déclaré au journal britannique Socialist Worker que l'employeur lui devait encore une partie de son indemnité de licenciement. "Notre action s'incrit dans la durée. Nous n'avons rien à perdre", a-t-il ajouté.

Un autre salarié a dit qu'ils demandaient à l'administrateur de revenir sur sa décision de fermer l'usine. "Nous restons jusqu'à ce que cette revendication soit satisfaite, a-t-il déclaré. Nous voulons laisser des chances à un éventuel repreneur. Et nous voulons que ceux qui seront obligés de partir puissent bénéficier des meilleures conditions de départ possibles."

“La plupart d'entre nous a entre 20 et 40 ans d'ancienneté. Nous ne laisserons pas un comptable nous jeter comme des ordures.”

Des discussions ont commencé entre les syndicats, l'administrateur et des repreneurs potentiels. "Nous savons que nous ne pouvons pas faire confiance à ceux-ci mais si l'usine n'est pas fermée nous pouvons nous battre pour obtenir les meilleures conditions possibles."

“Nous voulons que dans le pire des cas le gouvernement garantisse notre caisse de retraite et nos indemnités de licenciement. Mais si les patrons ne veulent pas garder l'usine en activité elle devrait être nationalisée."

Pour tout soutien, écrivez à: Unite Hall, Keyzer Street, Waterford County, Waterford, Republic of Ireland. Tél: +353 5187 5438. Email: walter.cullen AT unitetheunion.com

Par Simon Basketter pour Socialist Worker. Version française: CF et DF.

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Comments:
Bonjour,

J'ai remarqué que l'occupation ouvrière de l'usine à Kherson, en Ukraine, n'a, pour le moment, reçu aucune attention des médias de langue française ou même des activistes de gauche en France. En attendant le temps où je pourrai traduire en français des articles russes sur ce sujet, j'ai décidé de laisser une annonce ici. Peut-être vous pourriez nous aider à répandre l'information.
L'usine produit surtout des moissonneuses-batteuses, et matériel agricole en général. Les propriétaires étaient en train d'organiser une banqueroute (probablement frauduleuse) qui leur permettrait de vendre tout le matériel d'usine ainsi que les machines déjà produites, sans payer les employés leurs salaires arriérés depuis septembre. C'est une pratique assez commune dans l'espace post-soviétique, où les employés ne sont pas payés à temps (dans ce cas, 6 mois, avec les arriérés de presque 400 milles euro). En 2006, un ouvrier s'est suicidé dans cette usine en protestant contre les salaires retenus. Cette année, les ouvriers ont décidé d'agir différemment. Une manifestation devant le siège de l'administration régionale a été organisée d'abord (le 2 février), à la suite de laquelle un Conseil Ouvrier a été élu. Ensuite, il a été décidé d'occuper l'usine, ce qui a été fait pacifiquement le 3 février. Actuellement, l'usine est sous contrôle des (300) ouvriers qui assurent sa sécurité. L'usine a été renommée l'usine Petrovski, en mémoire d'un activiste syndicaliste qui travaillait dans le sud de l'Empire Russe au début du vingtième siècle.
Les ouvriers ont publié leurs demandes: remboursement des salaires arriérés, nationalisation de l'usine sous contrôle ouvrier sans compensation du propriétaire, et l'assurance, en ce temps de crise, par l'État de la commercialisation des produits de l'usine. Le Conseil ouvrier a aussi annoncé la création d'un groupe d'initiative pour l'organisation du "Comité ukrainien des collectifs ouvriers en lutte".
Jusqu'à maintenant, l'administration locale a accepté le status quo et même appuyé, en principe, la demande de la nationalisation ("dans le cadre des lois"). Par contre, le gouvernement centrale (à Kiev) n'a pas encore réagi.

Pour soutien, écrivez par courriel: solydarity.ksmz@gmail.com (les ouvriers de l'usine à Kherson)
ou rabochiy_komitet@googlegroups.com (Groupe d'initiative pour la création du Comité ukrainien des collectifs ouvriers en lutte)

Les annonces seront mis en ligne sur eclair_rouge.livejournal.com et red_news.livejournal.com
Ou, en russe et ukrainien, sur le site de l'Organisation ukrainienne des marxistes (http://marx.org.ua/), dans les billets de Viktor Chapinoff (shapinbaum.livejournal.com) et Andreï Mantchouk (kermanich.livejournal.com)

En solidarité,
Dimitri Ponomarenko

P.S. Veuillez m'excuser s'il y a des fautes de français dans le texte. Il est tard et je n'ai pas le temps de réviser pour le moment.
 
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