01 janvier 2008

 

Sortie nationale de It's a Free World de Ken Loach


A l'occasion de la sortie nationale du nouveau film de Ken Loach, It's a Free World, nous publions - une fois n'est pas coûtume - un article du Daily Mail, écrit en 2006.

Ce grand quotidien populaire de droite a une histoire particulièrement sombre. Sous l'influence de son propriétaire dans les années 1930 il faisait de la publicité pour la British Union of Fascists de Sir Oswald Mosley, le Hitler britannique. Aujourd'hui, il est le porte-parole d'une section particulièrement réactionnaire et xénophobe des classes moyennes.

Personnellement, j'ai toujours conseillé la lecture de la presse de droite, car je suis moi-même devenu socialiste en lisant le Daily Telegraph (c'est un peu l'équivalent du Figaro).

Cet article est intitulé Why does Ken Loach loathe his country so much? ou Pourquoi Ken Loach déteste-t-il autant son pays?

Son auteure est bien obligée de reconnaître que Ken Loach parle avec éloquence des problèmes de pauvreté, de chômage et de logement. Ce qu'elle ne supporte pas est sa critique de l'oppression des peuples de l'empire britannique - surtout les Irlandais. Le fait qu'il a reçu la Palme d'Or à Cannes en 2006 pour The Wind that Shakes the Barley (Le Vent se lève) - qui est loin d'être le film simpliste et manichéen décrit ici - a été particulièrement insupportable pour les lecteurs du Daily Mail. Il y a sans doute eu quelques crises cardiaques dans les plaisantes villes des comtés aisés autour de Londres.

Merci à Ken Loach pour son oeuvre remarquable !

PS Allons tous voir It's a Free World dès cette semaine (au cinéma L'Ecran à Saint-Denis la semaine du 2 janvier et celle du 16 janvier 2008).

Sortie en salles de It's a free world ! de Ken Loach, avec Kierston Wareing et Juliet Ellis dans La République des Lettres, le 3 janvier 2008.

INTERVIEW AVEC KEN LOACH EN FRANCAIS DANS TELE OBS

/.../ Que pensez-vous de notre président Sarkozy ?

J’ai bien peur pour vous qu’il soit votre Margaret Thatcher : son projet consiste à réformer la France plus ou moins sur le modèle de ce qui a été fait en Angleterre et je pense que cela va être un désastre.

Nous sommes passés par là : la privatisation des services publics, l’attaque des libertés individuelles… Cela ne marche pas ! Notre taux de chômage est bas car il ne prend pas en compte les gens qui travaillent à temps partiel alors qu’il souhaiteraient être à temps plein. La qualité de vie s’est gravement détériorée… Je ne vous souhaite pas de prendre le même chemin…

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04 septembre 2007

 

Ken Loach: "Le travail bon marché est au coeur de l'économie britannique"


VENISE (AFP) - 02/09/2007 18h03

"Le travail bon marché est au coeur de l'économie britannique" affirme dans un entretien à l'AFP, le cinéaste Ken Loach, 71 ans, dont le film "It's a free world", en compétition à la 64e Mostra, dénonce l'exploitation des immigrants dans l'économie mondialisée.

Ironique, le titre du film - "C'est un monde libre" - annonce l'objectif de Loach : montrer la signification parfois tragique, au plan social, de l'expression "flexibilité du travail dans une économie libéralisée" qui circule abondamment, de l'univers des entreprises à celui de la politique.

Dans "It's a free world", Angie est une maman célibataire qui affronte la vie crânement et décide, une fois mise à la porte d'une entreprise de recrutement en Pologne, de fonder sa propre agence d'intérim à Londres. Là, elle donne à des travailleurs sans papiers, ukrainiens, polonais ou afghans, des emplois non qualifiés d'"un jour, une semaine ou un mois", en toute illégalité. Une fois prise dans l'engrenage de l'argent facile, la jeune femme va de plus en plus loin dans l'exploitation de la détresse humaine.

"La logique d'Angie est celle de toute entreprise : trouver la main d'oeuvre la moins chère, élargir ses marchés et rogner sur les coûts afin de faire le plus de profit possible", estime Ken Loach, très sollicité par la presse à Venise, où le film est montré en avant-première mondiale. "Elle est une +business woman+ modèle", poursuit-il, "elle n'a pas fait le choix de mal agir. Si elle veut survivre c'est ce qu'elle doit faire, et son comportement est au coeur de notre économie". "Si les spectateurs sont horrifiés par elle, par ses actes, ils vont aussi se dire que pour changer cela, c'est tout le processus néo-libéral de +thatchérisation+ et de +blairisation+ qu'il faut revoir", estime le cinéaste.

Parfois accusé de manichéisme, Ken Loach développe ici un propos riche et nuancé en représentant le camp des "exploiteurs" par le personnage d'une jeune femme attachante, aux origines ouvrières, elle-même victime du système. Mauvaise conscience de son pays dont il a dénoncé la politique répressive dans les années 1920 face au mouvement d'indépendance irlandais dans "Le vent se lève", Palme d'or 2006 à Cannes, Ken Loach est bouleversé par l'injustice et la misère sociale.

"Le travail bon marché est au coeur de l'économie britannique" dit-il avec véhémence. "Le gouvernement ne respecte pas sa propre législation : il fixe un salaire minimum puis s'assure que celui-ci ne sera pas payé, parce que s'il l'était, le prix des aliments, des vêtements grimperait, l'inflation s'envolerait et cela déséquilibrerait l'économie", développe Ken Loach.

"Il y a une grande hypocrisie de la part des hommes politiques", juge le réalisateur, qui a livré de chaleureux portraits des laissés-pour-compte de l'Angleterre thatchérienne dans "Riff raff", "Raining stones" ou "Lady Bird".

"Personne ne dit +Nous voulons que les travailleurs d'Europe de l'Est viennent parce qu'ils sont bon marché et nos électeurs sont des consommateurs. Ainsi nous verserons de maigres salaires et les aliments ne coûteront pas chers... Pourtant, telle est la réalité", conclut-il.

En anglais : Ces notes sur l'exploitation des travailleurs immigrés en Grande-Bretagne extraites du site web de la société de Ken Loach, Sixteen Films.

Ken Loach est membre du Conseil National de RESPECT - the Unity Coalition, un parti qui réunit, entre autres, des militants d'extrême gauche, des opposants aux guerres en Irak et en Afghanistan, des syndicalistes, et des activistes musulmans.

INTERVIEW DE KEN LOACH (Socialist Worker, 15/09/07)

and this interview in the New Statesman (20/09/07), The Great Crusader

Film review : It's a Free World (Nick Clarke, Socialist Review, September 2007)

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06 juin 2006

 

"The Wind That Shakes the Barley"


"A FINE AND POWERFUL DRAMA"

Ken Loach's new award-winning film gets a long review in this week's Socialist Worker.
Voir aussi le message du 28 mai 2006.

NEW : Peter Bradshaw's review in The Guardian, 23 June 2006 :

"The Irish state emerges from this film as a collaborationist entity, which imbibed its habits of governing from its former rulers, who were able to sub- contract the prerogative of cruelty to a deeply uncertain new dispensation. Certainly, it is difficult to watch the torture scenes without thinking at least fleetingly of Guantànamo and Abu Ghraib, and it may be that Loach and Laverty are suggesting that the Treatyite spirit persists in the modern world - that a client state, at once enfeebled and bellicose, can be prevailed upon to carry out violent acts in the shadow of a greater power. The film's final cadences are ones of misery and bitterness and rage, and all this, coupled with what is sometimes a slightly inert dramatic language, do not make for an easy watch. But it is a finely made, finely acted piece of work. For this, and for his remarkable and uncompromising career, Loach deserves his golden palm."

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28 mai 2006

 

De l'or pour Loach


Le Palme d'Or pour le film de Ken Loach sur la guerre d'indépendance et la guerre civile en Irlande, "Le Vent se lève" (titre anglais : "The Wind that Shakes the Barley")! En attendant de voir le film, voici un article de John Newsinger sur la carrière de Loach depuis "Cathy Comes Home" (tourné pour la BBC en 1966) et "Kes" (1969) jusqu'à "Land and Freedom" et "My Name is Joe". L'article (en anglais) est de International Socialism n° 83 (été 1999). Ken Loach, ce n'est pas seulement un réalisateur de films 'réalistes', c'est aussi un membre actif de la coalItion RESPECT.

NOTE : Le titre original du film "The Wind that Shakes the Barley" est aussi le titre d'une chanson irlandaise écrite par Robert Dwyer Joyce (1830 - 1883). Je ne sais pas s'il y a un rapport avec l'écrivain James Joyce. La chanson, qui fait partie du répertoire "folk" et nationaliste - très riche en Irlande - est, selon une vieille tradition, mi-chanson d'amour, mi-chanson patriotique. Un jeune homme raconte comment il s'est résolu à quitter sa bien-aimée pour aller avec les "bold United Men" (les United Irishmen se sont révoltés contre l'occupant anglais en 1798). C'est forcément une chanson triste, mais qui exprime avec force la détermination des nationalistes irlandais à continuer la lutte, malgré tous les échecs du passé. On peut lire une version des paroles ici.

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