24 mars 2009

 

Punissons les riches !

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Décidément, nous sommes beaucoup trop gentils avec ces patrons qui pensent qu'il est normal de recevoir des indemnités de l'ordre de 3,2 millions d'euros, comme Thierry Morin l'ex-pdg de l'équipementier automobile Valéo, alors qu'ils sont démissionnaires ou remerciés pour de bons et loyaux services. 3,2 millions d'euros, c'est tout juste le double du salaire moyen de M Morin. Sa retraite est estimée à 880 000 euros par an (les retraités français touchent en moyenne environ 1 100 euros par mois).

Alors, Sarkozy les fustige et les prie d'y renoncer (parfois avec succès), Parisot devient folle furieuse, les patrons des petites et moyennes entreprises s'indignent - et on peut les comprendre, ce n'est effectivement pas juste, alors que eux se contentent d'indemnités tout-à-fait moyennes. Pendant ce temps, les dirigeants 'officiels' de la gauche sont très en retrait, comme s'ils avaient peur d'être accusés de mener une 'guerre contre les riches'.

Mais nous ne serons évidemment pas satisfaits si quelques patrons particulièrement gourmands acceptent sous la contrainte de renoncer à quelques privilèges, tout en gardant ce qu'ils ont déjà accumulé. Nous ne demandons pas un léger 'rééquilibrage' de la fiscalité. Nous voulons faire payer les riches. Nous ne voulons pas non plus un 'cadrage' des rémunérations des patrons, limité aux seuls cas des entreprises qui reçoivent des aides de l'Etat ou qui licencient. Il faudra des mesures drastiques pour revoir tous ces salaires faramineux, tous les avantages, tous les 'parachutes dorés' et toutes les 'retraites en diamant' qui ont été accordés par le passé.

Nous ne remercierons pas M Sarkozy pour des gestes plus ou moins symboliques.

Face à ce "vrai-faux divorce" de Sarkozy avec les patrons (Le Monde), la gauche devrait revendiquer des mesures réellement coercitive. Si Sarkozy et Parisot plaident pour plus de décence chez les patrons-voyous (la racaille du XVIème dont il était quand même le maire), c'est surtout pour éviter de faire une loi ou de les imposer plus fortement. Mais c'est aussi parce qu'ils ont vraiment la trouille de la colère des travailleurs (dans leur langage cela donne "une menace pour la cohésion sociale").

Ils ont vu ce que cela a coûté à l'Etat et aux patrons en Guadeloupe et dans les autres DOM-TOMs. Plus que le coût financier, c'est l'exemple d'une classe ouvrière et de toute une population pauvre qui n'hésite plus à dénoncer les abus et réclamer ses droits.

Sarkozy ne veut pas, dit-on, revenir sur sa "promesse" de ne pas augmenter les impôts. On peut lui répondre que l'impôt sur les grandes fortunes et l'imposition punitive sur les indemnités et autres stocks options, nous on redemande. Et si les riches étaient plus nombreux à quitter le pays, alors que quelques-uns, paraît-il, reviennent timidement de l'étranger, rassurés par le bouclier fiscal ? Au lieu de répondre "Effectivement c'est dommage, seulement ils devraient comprendre que ce n'est pas très patriotique", on devrait dire "Bon débarras ! Qu'ils quittent le pays - mais pas question de partir avec leur argent, ni de retrouver leurs belles propriétés un jour". Réfléchissons un peu à l'histoire de cette bourgeosie qui s'est enrichie non seulement en exploitant les travailleurs et en investissant dans le commerce des esclaves et la spoliation des colonies, mais en confisquant les biens de l'aristocratie et de l'Eglise catholique au moment de la Révolution Française.

Les riches nous ont déclaré la guerre. Confisquer leurs biens, exiger le remboursement des salaires au-dessus d'un certain plafond fixé démocratiquement par des assemblées générales des salariés, interdire les licenciements, geler les loyers, réquisitionner les immeubles inoccupés et diviser les logements au-dessus d'une certaine superficie afin de loger des familles modestes, obliger les truands économiques de travailler au SMIC ou de vivre avec le RMI pendant quelques années - toutes ces mesures seraient seulement une forme de défense légitime. Les Guadeloupéens ne tolèrent plus les békés. Nous ne tolérons plus leurs cousins de la métropole.

C'est comme j'ai dit : nous avons vraiment été trop gentils. Il faut que cela cesse !

In the Financial Times: Payoff for Valeo boss sparks French outrage

On n'arrête pas de nous dire que les grèves, face à la crise, "cela n'existe qu'en France". C'est évidemment un pur mensonge. Lundi prochain, ce sera le tour de l'Irlande ... NOUVELLE : Le mot d'ordre de grève générale en Irlande a été retiré. La bureaucratie syndicale ne voulait visiblement pas de confrontation avec le gouvernement, et a accepté une simple promesse de 'discussions'. Aux militants de base et à la gauche radicale de s'organiser pour agir à la place des négociateurs professionnels à la tête des syndicats.

Les salariés de 3M Pithiviers, en grève illimitée depuis le 20 mars, séquestrent le directeur de l'usine : "On n'a plus rien à perdre !"

Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole, supprime 75 postes et se permet d'octroyer des primes de 51 millions d'euros à ses cadres "dont l'essentiel est réservé au top management".

A l'usine Prisme à Dundee (Ecosse), 12 salariés occupent leur usine depuis le 4 mars, jour de l'annonce de leur licenciement sans préavis et sans aucune indemnité y compris les arrièrés de salaires et de congés payés.

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