19 mars 2009

 

Philippe Marlière: "Pourquoi je rejoins le NPA"

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NOUVEAU : Un entretien avec Philippe Marlière sur Daily Motion. Il y fait un constat lucide de l'impossibilité de changer le PS de l'intérieur. Il ne s'agit pas pour lui de choisir entre un parti réformiste et un parti révolutionnaire, mais de faire émerger un débouché politique pour le mécontentement populaire.

Pourqoui ne pas avoir choisi le Parti de Gauche ? Parce qu'il n'a pas la même culture "républicaine et laïque" que ceux qui l'ont fondé, et il doute de sa nature vraiment démocratique. Le PG ne propose pas comme le NPA, dit-il, une rupture claire avec le modèle social-libéral ce qui est confirmé par la priorité qu'il donne à son alliance avec le PCF.

Quelles perspectives donc pour le NPA ? C'est là où l'entretien devient très intéressant. Pour Marlière il faudra du temps pour que le NPA devient majoritaire à gauche ; le PS ne s'effondra pas d'un coup, mais à moyen terme le NPA peut s'installer dans le paysage politique et devenir une véritable force à condition de faire des propositions réalistes, radicales et concrètes. Il se développera grâce à la crédibilité de ces propositions dans l'électorat de gauche.

La différence entre la gauche et la droite existe encore, dit-il. "Il faut considérer la question d'un front de gauche ... dans le sens où il faudra veiller à n'exclure aucun partenaire de gauche qui veut la même chose que nous." Il faut reconnaître que le PS reste différent de la droite, il faut pouvoir être un parti qui fait des propositions concrètes vis-à-vis des électeurs de gauche et "ne pas renvoyer la droite et le PS dos-à-dos". Il faut proposer "un véritable front de gauche" avec le PG, le PCF, la gauche des Verts, pour pouvoir créer une majorité de gauche pour gouverner.


Philippe Marlière, que j'ai eu plusieurs fois l'occasion de citer sur ce blog, a décidé de quitter le Parti socialiste pour rejoindre le Nouveau parti anticapitaliste. La preuve que le NPA peut et doit accueillir des gens qui ne se définissent pas forcément comme "révolutionnaires". Dans cet article, cependant, Marlière ne dit pas s'il est favorable à des listes unitaires de la gauche anticapitaliste aux élections européennes.

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24 janvier 2009

 

Parti socialiste : l’impossible critique d’Israël


Une manifestation du Hamas, Gaza, 20 janvier 2009 : Une partie de la gauche française rechigne à soutenir la résistance palestinienne, renvoyant dos-à-dos l'Etat sioniste et le Hamas, ou pire, soutenant Israël
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Un article très intéressant de Philippe Marlière qui démontre à quel point la direction du Parti socialiste s'est éloignée d'une position juste sur la question palestinienne. Quelques militants socialistes participent à la mobilisation contre l'agression israélienne. C'est à leur honneur. Mais il faudra peut-être qu'ils en tirent toutes les conclusions nécessaires.

/../ La défense inconditionnelle d’Israël pendant les années Mollet et Mitterrand a fait place à un soutien certes toujours inconditionnel, mais biaisé et feutré. Les dirigeants socialistes étouffent tout débat interne sur la question des territoires occupés, car ils savent que ce serait ouvrir la boîte de Pandore de la mise en accusation d’Israël. La direction socialiste manie une langue de bois épaisse qui met en scène de manière équidistante « deux camps qui souffrent ». Un tel procédé est partial, c’est-à-dire favorable à Israël, car il ne prend pas en compte l’injustice faite aux Palestiniens en 1948, puis en 1967 et depuis. En se taisant sur l’occupation des terres palestiniennes, la direction du PS dépolitise le conflit. Cet évitement politique a pour conséquence d’ethniciser la question. L’insistance socialiste sur l’« insécurité israélienne » renforce de manière quasi-subliminale la perception de sens commun selon laquelle Israël – un Etat démocratique et « occidental » – ne fait que défendre ses citoyens contre des islamistes qui n’hésitent pas à perpétrer des attentats-suicides.

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12 janvier 2009

 

Des militants du PS manifestent leur opposition à la ligne officielle de leur parti sur Gaza



Les socialistes pour une gauche unie face au conflit israélo-palestinien

lundi 12 janvier 2009 - par Sabri Haddad

Face au refus du Parti Socialiste d’appeler à manifester au niveau national, des militants socialistes s’engagent à travers un appel, pour participer avec l’ensemble de la gauche française à l’expression de leur solidarité au peuple palestinien et pour dénoncer les attaques israéliennes dans la bande de Gaza.

Les socialistes pour une gauche unie face au conflit israélo-palestinien

Personne ne peut ignorer aujourd’hui ce qui se passe dans la bande de Gaza depuis le 27 décembre 2008. Partout dans le monde, des voix s’élèvent pour dénoncer le sort de la population civile palestinienne, prise au piège des attaques de l’armée israélienne dans un minuscule territoire sous embargo depuis plusieurs mois.

En France, les manifestants défilent par milliers : jeunes et adultes citoyens de toutes communautés, militants syndicaux et politiques de gauche, associations de terrain. Si la LCR, les Verts et le PC sont visibles dans les cortèges, le PS n’est pas au rendez-vous.

Présents lors de ces manifestations à titre personnel, nombre de militants et de sympathisants socialistes s’interrogent : leur parti souhaite-t-il être le grand absent de cette mobilisation populaire ?

La contribution de la France à une paix juste au Proche-Orient nécessite un Parti Socialiste fort, soucieux de peser sur les débats par le biais de ses parlementaires et de ses dirigeants, capable d’assumer un positionnement clair, ferme et juste sur un conflit crucial pour l’avenir du monde.

La gauche française toute entière y gagnerait à retrouver les valeurs qui ont fait son histoire : l’humanisme, le progrès social, la justice, l’égalité et la solidarité.

Citoyens, Élus, Militants,

- Rassemblons-nous et manifestons pour dénoncer les bombardements et les incursions terrestres israéliennes dans la bande de Gaza.

Exprimons notre solidarité au peuple palestinien en compagnie des autres partis de gauche lors des prochaines manifestations.

Exigeons l’application du droit international et des résolutions de l’ONU jusqu’ici ignorées par Israël.

Pour la création d’un État palestinien libre, indépendant, en sécurité et en paix avec l’Etat d’Israël.

Sabri HADDAD, Conseiller fédéral socialiste de Seine-Saint-Denis

Pour signer l’appel, envoyez vos coordonnées (nom, prénom, fonctions et/ou mandats, ville ou département) à l’adresse mail suivante : gaucheunie@hotmail.fr

Premiers signataires :

Nadège ABOMANGOLI, Conseillère fédérale PS de Paris
Ali AISSAOUI, Adjoint au Maire PS de Reims
Hamama BOURABAA, Conseillère fédérale PS des Yvelines
Philippe BRUNIER-ZSIGRAY, Section PS de Villeneuve-la-Garenne
Christophe CHAUMONT, Section PS de Paris 11ème
Philippe DE VISSCHER, 1er Adjoint au Maire de Noisy-le-Sec, Membre du
Bureau fédéral PS de Seine-Saint-Denis
Muriel FRAQUET, Conseillère fédérale PS des Yvelines
Yann GALUT, Vice-Président PS du Conseil Général du Cher
Didier GUILLOT, Adjoint au Maire PS de Paris
Djamila HADDAD, Conseillère fédérale PS de l’Aube
Zouina HAMMI, Conseillère municipale PS de Bègles
Bruno JOUAN, Bureau de section PS de Tours centre
Sevgi KARAMAN, Conseillère municipale PS de Goussainville
Moustapha KRIMAT, Conseiller municipal PS de Saint-Ouen
Jamila M’BARKI, Conseillère fédérale PS de Seine-Saint-Denis
Akli MELLOULI, Membre du Conseil National du PS, Secrétaire fédéral du Val-de-Marne
Mohamed MOULAY, Délégué fédéral PS d’Indre-et-Loire
Mustapha MOUSALLI, Conseiller fédéral PS du Cher
Gilbert ROGER, Maire PS de Bondy, 1er Vice-Président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis
Nayla ROMDHANI, Adjointe au Maire PS de Cergy
Jacques SALVATOR, Maire PS d’Aubervilliers

Commentaire

Même tardive, cette déclaration doit nous encourager. C'est un signe que la forte mobilisation pro-palestinienne et antisioniste commence à avoir des effets. Maintenant, il faut que les membres du PS qui sont d'accord avec ce texte dénoncent clairement les pro-sionistes au sein de leur parti, à commencer par le maire de Paris, Delanoé.

Les réactions de beaucoup de musulmans à cette intiative sont intéressantes (voir par exemple les commentaires sur le site www.oumma.com). Pour certains, c'est une tentative de récupération du mouvement. Cela me semble une mauvaise façon de réagir. Bien sûr, des prises de position par des responsables politiques sont rarement sans arrière-pensées. Mais pour une fois que des socialistes rompent avec le consensus pro-israélien au PS, il faut plutôt les encourager, tout en gardant son indépendance. Que des retardataires prennent le train en marche n'est pas grave, il est déjà parti et cela ne va pas l'arrêter.

L'importance de cette déclaration est d'autant plus grande que beaucoup d'activistes musulmans confondent les positions du PS avec celles de la gauche entière. C'est une analyse fausse, mais pardonnable, dans la mesure où même à l'extrême gauche le soutien aux Palestiniens est souvent mélangé d'une bonne dose d'islamophobie : "on soutient les Palestiniens, à condition qu'ils ne donnent pas leur voix à des mouvements religieux" en est un exemple.

Nous n'avons pas fini de payer non plus l'énorme faute politique qu'a fait la majorité de la gauche et de l'extrême gauche en ne pas s'opposant activement et par principe à la Loi de 2004 contre les signes religieux à l'école.

Des militants de gauche pro-palestiniens ont beau démontrer qu'ils défendent depuis toujours la cause palestinienne, ils sont souvent considérés comme "pareils que les autres".

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23 novembre 2008

 

Crise du PS : une analyse à contre-courant

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Je suis d'extrême gauche. Cela signifie que je ne pense pas que la voie au socialisme passe par le parlement. Je pense pas non plus que le changement révolutionnaire, de fond en comble, que j'estime nécessaire pour mettre fin à l'exploitation et à l'oppression puisse être appliqué par un parti dont l'essence même est le parlementarisme.

Je pense que tous les gens qui pensent à peu près comme moi doivent s'organiser dans un grand parti anticapitaliste capable de profiter de l'espace de débat et d'action politique qu'on veut bien nous laisser, mais concentrant l'essentiel de ses forces sur l'action de masse dans les entreprises, dans les syndicats et dans la rue. C'est là que les travailleurs se rendent compte de leur force et commencent à comprendre le véritable fonctionement de la société.

Mais comme je ne suis pas gauchiste, je reconnais que des millions de travailleurs et des dizaines ou des centaines de milliers de militants pensent sincèrement que le Parti socialiste - ou dans un degré moindre et de façon différente le Parti communiste - est le seul véhicule possible pour changer la société.

Je suis allergique au sectarisme et à la suffisance d'une partie de l'extrême gauche qui s'empresse régulièrement à enterrer le PS et le PCF et à dénigrer tous ceux qui y militent ou qui votent pour eux. C'est la raison pour laquelle je publie cette analyse de la crise du PS par Gérard Filoche qui soutient que, contrairement à ce qui est dit un peu partout, l'évolution du PS vers le social-libéralisme (ou le blairisme si on préfère) est loin d'être un processus linéaire et inéluctable, et que la gauche du parti a toutes ses chances d'emporter la bataille. Même le vote pour Ségolène Royal traduit, d'après lui, une impatience d'une partie de la base à en finir avec le sarkozysme. Il appelle aussi - et il est un des rares dirigeants socialistes à le faire de façon conséquente - à étendre les luttes sur le terrain social et économique.

Toujours intéressant à lire, Filoche. Même quand il a tort. Mais enfin vous pouvez juger pour vous-même.

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13 novembre 2008

 

De nouveaux documents sur la recomposition politique



En 2005 : Tous ensemble contre le Traité constitutionnel

LA PETITE formation MARS-Gauche républicaine a décidé de s'associer au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, les deux parlementaires qui ont quitté le Parti socialiste.

Je ne sais pas ce que cela représente en forces militantes, mais si cela peut avoir une influence sur les militants de l'aile gauche du PS qui restent pour l'instant au parti, je dis 'tant mieux' - et peu importe que je ne partage pas leurs idées sur la république et la laïcité.

La pire des erreurs pour la gauche révolutionnaire serait de faire comme si rien ne s'est passé, voire de rejeter ces camarades parce qu'ils n'ont pas compris que "seul le NPA" est réellement anticapitaliste. Il faut leur proposer un front commun, dont la forme serait évidemment à déterminer lors des discussions entre les différentes organisations.

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UN AUTRE soutien du Parti de gauche a été annoncé. Il s'agit de Claude Debons, ancien responsable syndical national, co-animateur des campagnes des collectifs pour un Non de gauche au Traité constitutionnel européen, des collectifs du 29 mai, des collectifs pour une candidature unitaire antilibérale aux élections présidentielles

Du neuf à gauche !

Par Claude Debons

Ça suffit comme ça ! Il faut un nouveau parti de gauche ! En quittant le
PS et en appelant à la construction d’un nouveau parti et à la
constitution d’un front de forces de gauche pour les élections
européennes, Marc Dolez et Jean Luc Mélenchon ouvrent une opportunité à
ne pas manquer. Avec cette rupture survenue au sein de la principale
force dominante à gauche, c’est la possibilité pour le nouveau parti de
se construire au cœur de la gauche et non à ses marges. C’est décisif
pour une alternative à vocation majoritaire et pour l’unité de la gauche
de transformation.

Face à un Sarkozy toujours à l’offensive contre les conquêtes sociales
et démocratiques, face à une crise du capitalisme aux effets désastreux
pour les populations, nous avons besoin d’une gauche combative et
résolue. L’heure n’est pas aux hésitations et aux tergiversations. Il
faut saisir l’opportunité qui s’ouvre. C’est le sens de mon engagement.

Faire du neuf à gauche. Les résultats du vote des motions au Parti
Socialiste en soulignent la nécessité. En effet, 80 % des voies se sont
portées sur trois variantes de l’adaptation au néo-libéralisme
caractérisées par leur faible opposition à la politique de démontage
social de Sarkozy, par leur acceptation des orientations libérales du
Traité de Lisbonne, par leur refus d’envisager une rupture avec les
logiques qui ont conduit à la crise actuelle du système. Cela signe
l’alignement sur les évolutions de la social-démocratie européenne, ses
renoncements et ses impasses. Il faut ouvrir une autre voie.

Faire du neuf à gauche. La crise actuelle du capitalisme le rend
indispensable. Celle-ci est un puissant révélateur des dangers que fait
courir à l’humanité un système fondé sur la recherche du profit à
n’importe quel prix. Et de la récession qui s’avance, l’histoire nous
enseigne que tout peut survenir, le pire comme le meilleur. Tout de
suite, il va falloir combattre la volonté de Sarkozy et des possédants
de faire payer la facture au monde du travail et dévoiler la démagogie
de ses propositions. Qu’on ne s’y trompe pas en effet : avec eux l’Etat
n’est bon qu’à « socialiser » les pertes du capital, mais ils ne feront
rien pour changer la répartition des richesses et réduire les
inégalités. C’est un « bouclier social » et des mesures de ruptures avec
les logiques financières et marchandes qu’il faut promouvoir.

Faire du neuf à gauche. En termes de programme, c’est l’occasion de
refonder un projet de transformation et d’émancipation qui tire les
leçons des échecs historiques et qui prenne à bras le corps les nouveaux
défis : de la mondialisation capitaliste à la menace environnementale.
Nous ne partons pas de rien ; nous nous inscrivons dans une longue
histoire : l’héritage des Lumières et de la Révolution française, les
combats républicains, les luttes du mouvement ouvrier et du socialisme
historique, le programme du Conseil National de la Résistance… Et des
figures emblématiques l’illustrent comme Jean Jaurès ou Rosa Luxembourg…
Mais il nous faut aussi beaucoup inventer et nous enrichir des apports
des mouvements sociaux, de l’altermondialisme, de l’écologie, du
féminisme… C’est à un projet de « République sociale », de « démocratie
jusqu’au bout » et de nouveau type de développement économique, social,
environnemental qu’il faut travailler.

Faire du neuf à gauche. En termes de stratégie, tirons les leçons des
différentes variantes d’union de la gauche. Quand ces constructions ont
été sous domination social-libérale, elles ont conduit à des
renoncements successifs et nourri les déceptions populaires. Combattre
cette domination pour rendre majoritaires à gauche les orientations de
rupture avec l’ordre libéral-capitaliste, sera nécessaire pour créer les
conditions d’un rassemblement majoritaire et d’un gouvernement porteurs
d’une politique de transformation ambitieuse. C’est dire l’articulation
nécessaire de notre action politique avec les luttes sociales et la
contre-offensive idéologique à mener contre le discours néo-libéral.

Une échéance à ne pas manquer

Les élections européennes du printemps 2009 offrent l’occasion de
bousculer le consensus libéral dominant. Le référendum du 29 mai 2005
l’a montré : il y a une majorité à gauche et dans le pays pour refuser
les politiques libérales. Des forces sont disponibles dans le mouvement
social pour s’engager dans une alternative. Ces élections seront les
premiers travaux pratiques pour le nouveau parti et sa politique
unitaire. Ce sera l’occasion de remettre en mouvement, sur des objectifs
communs, toutes les énergies anti-libérales qui avaient permis la
victoire au référendum du 29 mai 2005.

Maintenant

Au moment où la question sociale revient au premier plan, l’attente
grandit d’une politique qui y réponde réellement. L’aspiration se fait
plus profonde à une gauche qui refuse de considérer le capitalisme comme
un horizon indépassable et s’emploie à bouleverser la donne politique.
En engageant maintenant la construction du nouveau parti de gauche, en
travaillant à la constitution d’un front des forces de gauche pour les
élections européennes, ensemble, nous allons relever ces défis.

Le 12 novembre 2008

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Pendant ce temps, Gérard Filoche et les camarades de Démocratie et Socialisme (courant de gauche du PS) continuent à se battre pour la candidature de Benoît Hamon contre celle de Ségolène Royal pour le poste de premier secrétaire du PS. Ils ont des arguments solides, sauf que la motion présentée par Hamon n'a réuni que 19% des voix des militants. S'il gagne ce sera certes une victoire pour un candidat nettement plus à gauche que Royal (et "jeune et frais" en plus, selon Filoche), mais un tel résultat n'est possible que s'il est soutenu par ceux qui ont voté pour les motions présentées par Martine Aubry et Bertrand Delanöe. Ce serait donc une victoire à la Pyrrhus. Je n'en vois franchement pas l'intérêt.

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Un bon article de Denis Sieffert (Politis du 13 novembre 2008):

À force de l’entendre dire « encore un congrès, Monsieur le Bourreau » (version victimaire), ou « retenez-moi ou je fais un malheur » (version bravache), on se disait que ça n’arriverait jamais. Eh bien, c’est arrivé ! Jean-Luc Mélenchon, incarnation depuis tant d’années de « l’aile gauche » du parti socialiste, a fini par claquer la porte de la rue de Solferino. Tout comme le député du Nord, Marc Dolez. Et il convient de saluer leur courage. Lire la suite ...

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07 novembre 2008

 

Deux figures de la gauche du parti quitte le PS : Mélenchon et Dolez

NOUVEAU : Ecoutez l'émission Dimanche soir politique sur France Inter du 9 novembre 2008 avec Jean-Luc Mélenchon (disponible pendant 7 jours) ...

Voici leur communiqué :

Ca suffit comme ça !

Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l'emporte avec sa proposition d'alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l'ont emporté alors qu'elles conduisent partout à l'échec. Elles avalisent l'Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l'abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n'y change rien malheureusement.

Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l'orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d'une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l'initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l'écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu'une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l'avant.

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, Marc Dolez, député du Nord

Pour aller de l'avant, un site sera ouvert en fin de journée à l'adresse www.casuffitcommeca.fr .


Commentaire :

Quelques soient nos divergences avec eux - et elles sont nombreuses - la gauche révolutionnaire doit réagir positivement à cet évènement majeur. Aux dirigeants et aux militants de ces tendances nous devons faire des propositions concrètes de travail en commun à la fois dans les luttes et sur le terrain politique. Il y a suffisamment de points en commun, sur la crise économique, sur l'Europe, sur la défense des services publics. Ne ratons pas l'occasion de renforcer l'opposition de gauche à la politique de Sarkozy et à la dérive droitière du Parti socialiste.


DES REACTIONS

Le commentaire de Christian Picquet ...

MARS-Gauche républicaine : Enfin du neuf!

Ici, Gérard Filoche analyse les résultats du vote des militants du Parti socialiste qui a donné la motion Gérard Collomb-Ségolène Royal en tête, mais de peu, face aux trois autres motions principales. Il croit possible une alliance des partisans de Bertrand Délanoé et de Martine Aubry derrière le jeune et médiatique représentant de la gauche du PS, Benoît Hamon (que certains commencent à comparer à Obama!), dont la motion est arrivée quatrième, avec 20% des voix. Tout sauf Royal ! La lecture des commentaires donne une idée du débat entre ceux qui veulent rester au PS (comme Filoche) et ceux qui sont tentés de suivre Mélenchon et Dolez.

Alain Krivine de la LCR, dont on ne peut pas m'accuser d'être un fan, se dit prêt à discuter "sur des bases claires" avec Mélenchon et Dolez au sujet des élections européennes de juin 2009. C'est plutôt un bon signe.

Le blog de Michel Soudais, éditorialiste à Politis

Clémentine Autain accueillit chaudement Jean-Luc Mélenchon dans "l'autre gauche"

Des membres du PS à Montreuil (93) décident de rejoindre le nouveau 'Parti de gauche' de Mélenchon et Dolez ...

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02 septembre 2008

 

La gauche antilibérale et le parti socialiste : quels rapports ?

Cela fait longtemps que je cherche une exposition sérieuse de ce que doivent être les rapports de l'extrême gauche avec le Parti socialiste. Beaucoup de ceux qui s'autodéfinissent comme de 'vrais révolutionnaires' se contentent de dénoncer la 'trahison' du PS, en traitant les militants voire les sympathisants de ce parti de tous les noms. Le terme même de "socialo" devient une insulte, au même titre de celui de "stal" (quand j'étais membre d'une section de la LCR j'ai toujours refusé de parler ce langage élitiste, car incompréhensible aux non-militants).

Or, les millions d'électeurs et les dizaines de milliers d'activistes de ce parti sont pour l'essentiel des salariés, membres des classes populaires ou intermédiaires. Qu'ils aient des illusions dans la possibilité de changer la société par des méthodes parlementaires et électoralistes, c'est une évidence. Mais ceux qui n'ont en pas représentent une infime minorité de la population, et je ne suis pas toujours sûr que leur conception de la révolution soit particulièrement réjouissante (vous n'avez qu'à prendre l'attitude totalitaire qui prévaut chez eux au sujet des travailleurs qui ont des croyances religieuses).

On fera la révolution avec ceux qui à présent suivent plus ou moins le Parti socialiste (avec de moins en moins d'enthousiasme, d'ailleurs), ou on ne la fera pas, c'est une évidence mathématique. Ou bien on considère que la révolution pourra être l'oeuvre non pas de la grande majorité, comme disait Marx, mais d'une petite minorité 'éclairée', et cela ouvre la porte à toutes les dérives que Trotski, entre autres, caractérisait comme 'substitutistes' (un parti, une caste ou une formation sociale se substituant à la classe ouvrière et parlant à sa place). Cela vaut également, bien sûr, pour ceux, moins nombreux, qui s'identifient au Parti communiste ou à d'autres formations 'non-révolutionnaires' ou 'semi-révolutionnaires'.

Il y a dans cette attitude une pauvreté - et souvent une absence totale - d'analyse, mais aussi un mépris pour ceux et celles qui, de toute bonne foi et malgré le bilan désastreux des partis réformistes au pouvoir, considèrent que le PS (ou le parti travailliste, ou le SPD allemand ...) est la meilleure chance pour que leurs idéaux se réalisent, au moins en partie.

Tout cela est expliqué, ou sous-entendu, dans cet article intéressant de Rémy Jean, militant d'Aix-en-Provence et membre de la Coordination nationale des Collectifs unitaires. Je le recommande vivement.

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19 janvier 2008

 

Des articles sur des questions cruciales pour la gauche radicale

Dans un texte proposé à Socialisme International, Hendrik Davi de la LCR explique pourquoi les révolutionnares marxistes doivent militer activement pour l'unité des antilibéraux. Lire ici ...

Mon ami dionysien Claude Meunier a écrit deux critiques de livres sortis récemment :

En quête de gauche de Jean-Luc Mélenchon

A quoi sert "l'identité nationale" de Gérard Noiriel

Enfin, Franck Drici livre ses réflexions sur l'héritage politique de Tony Blair et son influence sur le Parti socialiste.

Bonne lecture - et envoyez-nous vos commentaires !

Tous ces articles sont extraits du prochain numéro de Socialisme International.

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15 juillet 2007

 

L'ère des possibles

"On ne peut dire pour l’heure laquelle dominera à la rentrée des deux
tendances simultanées qui travaillent la gauche : poursuite de la décomposition
d’un côté, premiers signes de reconstruction de l’autre."
L'édito du site de Pour la République Sociale (PRS), par François Delapierre

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24 juin 2007

 

Gérard Filoche au Conseil National du PS, le 23 juin 2007

Voici le texte de l'intervention de Gérard Filoche, animateur de la tendance Démocratie et Socialisme au sein du parti socialiste. Sans être d'accord avec sa stratégie, il me semble important de le faire connaître. Filoche appelle malgré tout à la résistance des travailleurs face aux attaques du gouvernement Sarkozy-Fillon, à la défense des 35 heures, du SMIC à 1500 euros et au droit de grève ainsi qu'au retour à 37 annuités pour les retraites.

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21 juin 2007

 

The new left party Die Linke is officially launched in Germany

by Stefan Bornost, 20/06/07 (article en anglais paru sur le site de Socialist Worker)

Lancement du nouveau parti de la gauche radicale allemande, La Gauche.

Die Linke : en marche! Témoignage de Clémentine Autain

Leçons d’une refondation: Tribune de Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre et Raquel Garrido publiée par le journal Politis à leur retour du Congrès du Linke à Berlin.


J'ai trouvé ce dernier article sur le blog La Bataille socialiste, curieuse reprise du titre de la tendance de gauche de la SFIO d'avant-guerre (celle de 1940, pour nos plus jeunes lecteurs) animée par Jean Zyromski (1890-1975). Mélenchon serait-il la réincarnation de celui-ci?

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14 juin 2007

 

Jean-Luc Mélenchon évoque son "divorce" du Parti socialiste

Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon estime que la gauche du Parti socialiste "est de plus en plus un alibi pour ce parti" et que "la question du divorce commence à être posée", imaginant un rapprochement avec les communistes pour construire "une force nouvelle".

Dans une interview jeudi 14 juin à L'Humanité, le président du mouvement Pour la République sociale estime en effet qu'"on est en train de découvrir la catastrophe qui frappe la social-démocratie internationale". Le sénateur de l'Essonne a notamment pris l'exemple de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne, où "les sociaux-démocrates sont des acteurs enthousiastes du démantèlement de l'Etat social qu'ils ont eux-mêmes construit".

M. Mélenchon, qui doit assister samedi au congrès fondateur du parti Die Linke (la gauche) à Berlin, qui regroupe notamment des communistes et des socialistes, considère que cela peut être "une source d'inspiration très forte" pour la France. "J'y vois une des issues possibles de la crise de la gauche", dit-il.

Car pour lui, "la gauche du PS (...) n'est plus admise à jouer un rôle actif dans le mouvement socialiste". De ce fait, évoquant un possible divorce, il a simplement précisé que "la question n'est pas tranchée" et qu'"à l'heure actuelle il n'existe pas d'alternative".

En effet, s'il imagine volontiers un rapprochement entre des communistes et des militants socialistes "qui n'acceptent pas de se résigner à une fumeuse orientation sociale-démocrate, ni à un tropisme pour le centre", il note aussi, en le regrettant, que "les communistes n'ont pas encore fait ouvertement le choix de la construction d'une force nouvelle".
LEMONDE.FR avec AFP 14.06.07

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09 juin 2007

 

Quatre scénarios pour le PS

Philippe Marlière décrit quatre scénarios pour le Parti socialiste : le scénario 'italien' (alliance avec le centre droit), le scénario 'britannique' néo-libéral prôné par Strauss-Kahn (une vision "qui a le mérite de la cohérence", selon le politologue), le scénario 'allemand' (scission de la gauche du PS, qu'il estime "impensable" après l'échec du mouvement unitaire et l'effondrement de la gauche radicale) et le scénario socialiste (refondation du PS sur des bases réellement de gauche). Dans le dernier cas, écrit-il, le PS deviendrait - ou redeviendrait? - un véritable parti réformiste radical de masse, capable de "dialoguer" avec toutes les composantes de la gauche et assuré de bénéficier d'un "plancher" de 30% de l'électorat car rassembleur d'électeurs socialistes, communistes et altermondialistes mais mordant également sur le centre. Pour cela, il faudrait créer un "authentique parti de militants" à la place du "club de supporters" qu'est devenu le PS actuel.

Cette présentation a le mérite de clarifier les termes du débat. On pourrait discuter longtemps du réalisme du projet 'socialiste'. Certes, il est faux, comme font trop souvent les révolutionnaires, de simplement affirmer que le PS ne pourra "jamais" évoluer dans un tel sens, tout comme il est faux d'affirmer que toute tentative de construction d'un parti révolutionnaire indépendant du PS est voué à l'échec. Ce type d'affirmation est contraire à toute dialectique. Ce n'est pas parce que le PS a trahi les aspirations de sa base dans le passé (tout en faisant voter quelques lois progressistes et quelques réformes timides) qu'il ne pourra pas se transformer un jour.

Il n'est effectivement pas impossible que le parti 'idéal' que décrit Marlière, dont la fonction serait (mais elle n'est pas précisée) de réformer le capitalisme petit à petit selon le vieux schéma des socialistes non-marxistes, puisse naître effectivement - à la suite, j'imagine, d'un processus de décomposition du vieux PS, avec des scissions sur sa droite. Il faut cependant un sacré effort d'imagination pour l'envisager.

Concrètement, nous avons affaire ici à une enième tentative d'organiser un pôle de la gauche réformiste en opposition aux tendances droitières qui se renforcent après la victoire de Sarkozy et l'émergence de Bayrou, sous la forme d'un Appel et de la création d'une association Gauche Avenir. Ses signataires incluent des militants, des cadres moyens et quelques personnalités nationales (Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann ...) du PS, ainsi que des communistes (Francis Wurtz, Jean-Claude Gayssot ...). Ce ne sont pas à priori - mais il faut rester prudent, car la majorité des signataires sont pour nous des 'anonymes' - des représentants des courants les plus à gauche de ces deux partis. Ni de ceux qui sont les plus ouverts à une collaboration avec la gauche radicale. Mais s'ils sont réellement déterminés à résister à la droitisation du PS, tant mieux.

La gauche révolutionnaire, anticapitaliste et antilibérale se doit de suivre toute initiative dans ce sens avec intérêt, en évitant la dénonciation puérile. Des mouvements de ce type peuvent s'avérer effectivement dangereux, dans la mesure ou ils profitent de la démoralisation à la gauche de la gauche pour conduire des anticapitalistes dans une impasse parlementaire. Mais des alliances sont toujours possibles, dans le but de s'opposer à la dérive sociale-libérale. La politique dite du "cordon sanitaire" qui consiste à refuser tout dialogue et toute initiative commune avec des réformistes de gauche est à l'opposé de la tradition révolutionnaire, léniniste, que nous défendons.

Nous pouvons même aller jusqu'à souhaiter "bonne chance" (ou plutôt "bon courage") à ceux qui pensent sincèrement que le PS peut être changé. Nous pensons qu'ils se trompent, mais la seule façon de le prouver est de démontrer concrètement, dans les luttes et sur le terrain politique, que nos analyses (de la nature de l'Etat, du rôle des travailleurs organisés, de la nécessité d'imposer nos revendications par la force de nos luttes et non pas par en-haut, de l'importance de l'internationalisme, et de la solidarité avec tous les peuples en lutte contre l'impérialisme et avec tous les groupes opprimés ...) sont les meilleures.

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29 avril 2007

 

RADICAL LEFT VOTE FALLS IN FRENCH PRESIDENTIAL ELECTION

The vote for radical left candidates in April 22nd’s first round of the French presidential election fell significantly in percentage terms, as left-wing voters rallied massively behind the Socialist Party’s Ségolène Royal – a “moderniser” often compared to Tony Blair – or even voted for François Bayrou, leader of the centrist UDF party. The Trotskyist parties’ combined vote of 5.4% plus the Communist Party’s 1.9% plus José Bové’s 1.3% add up to a little less than 9%. A significant score, certainly, representing nearly two and a half million voters, but well down on the results of 2002.

Bayrou’s surge (he tripled his score from 6% to 18%) was based on several factors. An advocate of free-market principles and a balanced budget, his liberal stance on social and ethical issues contrasts with Sarkozy’s neo-conservatism. He also positioned himself – despite a mediocre record as education minister in a right-wing government – as a born-again reformer with a mission to break the mould of established politics. Finally, many polls suggested that he, and not Royal, had the better chance of defeating Sarkozy if he qualified for the second round run-off. These arguments carried weight even with many previous or potential supporters of radical left or revolutionary candidates.

The wave of voter registration which took place in the wake of far right Jean-Marie Le Pen’s shock qualification for the second round of the 2002 presidential election, and the near record turnout of 85 per cent, did not benefit radical candidates. The one positive effect – which all socialists should welcome – is that Le Pen’s share of the vote fell spectacularly (down from 19 % to 10.4%). Despite the increased size of the electorate, he actually received one million fewer votes this time round.

Le Pen’s bitter reaction to his defeat (he had earlier attacked Sarkozy, his main competitor on the right, as the ‘son of a Hungarian immigrant’) should not lull us into a sense of false security. The influence of his ideas has not decreased. On the contrary, as Le Pen himself was in a hurry to point out, they have been absorbed into the mainstream of French politics in the person of Nicolas Sarkozy, the man most French people associate with organising charters to expel undocumented immigrants and advocating a policy of selective immigration based on the needs of the French economy. Another right-wing candidate, Philippe de Villiers, won 2.2% on an anti-European and anti-Muslim platform, meaning that despite Sarkozy’s hard-line on immigration and law and order, 4.6 million French voters (one person in eight) still supported far right and ultra-conservative candidates.

The Socialist candidate Royal obtained 25.9% of the vote. This was higher than any previous socialist challenger since the founding of the Fifth Republic (Mitterand obtained 33% in 1988, but was running for re-election). Though many left-wing voters hesitated right up to the last moment, when it came to putting the voting paper in the urn, they opted for a ‘no-risk’ policy of supporting Royal in order to avoid a repeat of the humiliation of 2002. Royal had also been careful to distinguish herself from the old guard of the Socialist Party (the so-called “elephants”). Many did so with no illusions in her revamped version of reformist socialism, with its hints of (literally) flag-waving nationalism, idealisation of the family and talk of using the army to discipline young offenders. But there can be no doubt that her ideas on personal responsibility, discipline and reconciling workers and employers have had a considerable echo. This election therefore marks a step backward in terms of class consciousness.

While anticapitalist ideas are more widespread in France than in most countries, we should not underestimate the influence of arguments about the necessity for companies to make profits or the impossibility of adopting policies which would reduce the competitiveness of French companies in the world market-place. Left-wing opponents of the European Constitutional Treaty had a significant success in the single-issue referendum in 2005, but it was more difficult this time to convince voters on a whole range of issues from the national debt to pensions reform. Royal herself has moved the Socialist party to the right, dragging with her several ex-leaders of the party’s left-wing. But she was careful to add a very measured dose of radicalism, enabling her to enthuse audiences of up to 20,000 in the later stages of the campaign. The mixture was good enough to carry Royal into the second round and reduce the radical left – with the partial exception of Besancenot – to ineffectiveness.

With the first round in the bag, Royal’s strategists could take radical left-wing support for granted, and angle for the ‘moderate’ vote. The decline in the ‘left of the left’ vote has reinforced the idea that, as Paris newspaper Libération (which older readers will remember was once on the far left) headlined, “there is nothing to the left of the Socialist Party”.

So what of the radicalism which contributed to the victory of the ‘No’ vote in the 2005 referendum? In the housing estates which were the scene of the late 2005 riots and in the older working-class suburbs, there was little sign of resistance to the dominant trend. In Seine-Saint-Denis, one of the most left-wing areas in the country, it was Royal who benefited from the ‘stop Sarkozy’ movement (she doubled the Socialist share of the vote from that of 2002). Meanwhile, most of the white, anti-‘immigrant’ vote, as well as a minority of conservative North African and Black voters, was captured by Sarkozy. José Bové made brave efforts to link up with activists in the deprived areas, and received a warm welcome from local residents, but failed to make an impact, while Laguiller’s support slumped.

For both the CP’s Marie-George Buffet and the Greens’ Dominique Voynet, the election was a disaster. Both parties were part of the left-wing coalition government under François Mitterand, and have difficulty in creating political space for themselves to the left of the Socialist Party. The Greens were first marginalised by an apolitical but charismatic TV personality and environmental campaigner, Nicolas Hulot, who was at one time credited with 15% of the vote in opinion polls. When Hulot decided not to run after the mainstream candidates signed a vague environmental charter, the field should have been wide open for the Greens. Their lacklustre campaign and failure to address the electorate’s concerns over employment, housing and wage levels condemned them to a marginal role (down from 5.2% to 1.6%). They also faced a challenge to their left from José Bové, the well-known global justice campaigner, who was in fact supported by a number of leading left members of the Green party.

The Communist Party has been in long-term decline for many years. With 1.9% of the vote compared with 3.4% in 2002, it has now apparently touched bottom. It is no doubt a matter of time before its last remaining bastions in local government fall also, in the majority of cases to the Socialist Party. It can also expect to lose the majority of its deputies in June’s parliamentary elections, unless the Socialist Party comes to its aid – with important consequences for its ability to exist as an independent political force.

No longer a tightly-controlled monolith, the CP has shown a readiness to adapt to changes in the form and nature of the social movements. Its members often still form the backbone of union branches, and many play an important role in social protests. However, “the Party” has no coherent strategy. Neither revolutionary nor ‘social liberal’, its leading group is forced to slalom between competing factions, some calling for a return to go-it-alone party-building, others advocating a long-term alliance with the Socialist Party, with yet others calling for more openness, a greater involvement in the global justice and social movements and cooperation with the less sectarian elements on the revolutionary left. One group even defied violent recriminations from party loyalists and campaigned for José Bové. For many of its numerous elected officials (regional and local councillors, mayors and members of parliament), however, the main priority is getting re-elected, involving compromises and deals with the Socialist Party in particular as well as a heavy involvement in the details of local government. The failure of Buffet to stem the party’s decline will no doubt accelerate these centrifugal tendencies.

The presidential election is not the easiest for radical left candidates. Nevertheless, successful campaigns have been waged by Trotskyist candidates in the past, with both Arlette Laguiller of Lutte Ouvrière and Olivier Besancenot of the Ligue Communiste Révolutionnaire having a considerable impact in recent times – most notably in 2002 when one voter in ten supported a revolutionary socialist candidate. In 2007, the figure was one in twenty.

The LCR’s Olivier Besancenot emerged from the election with his reputation intact, and a strong base from which to build a ‘new anticapitalist force’ – the LCR’s avowed objective. The LCR is now the principal force to the left of the Socialist Party, and Besancenot a favourite of the media (he is a talented and popular public speaker and debater). We should not, however, allow this ‘success’ to obscure the general pattern. The LCR’s main, and not inconsiderable, achievement was to maintain its share of the vote, attracting new voters along the way as a result of the high turnout.

With 4.1% of the vote (slightly down, it should be said, on that of 2002), a mere handful of local councillors and an estimated membership in the region of 3,000, the LCR is a tiny force with an experienced leadership and a young, talented and media-friendly candidate. To improvise on an image invented by a French blogger, Besancenot is the king of the garden gnomes, compared with the juggernaut of the Socialist Party and even the Communist Party, with its thousands of local councillors and mayors and network of experienced trade union militants.

The danger in the present situation is that the leadership of the LCR will conclude from its (very relative) success that its policy of shunning the left-wing ‘unitary committees’ (collectifs unitaires) which sprang up during and following the 2005 referendum campaign was the right one. It is therefore correct for Alex Callinicos of the SWP (GB) to write in Socialist Worker (28th April 2007) that “A heavy responsibility rests on the LCR to overcome the political fragmentation to the left of the Socialist Party and to create a powerful and united radical left” – a remark probably intended as a diplomatically-worded criticism of the failure of the LCR leadership to assume such a responsibility in the recent past. Callinicos’ off-hand remark “But that is a task for the future” rather lets the LCR leadership off the hook, however.
Officially, the LCR, with the exception of an ultra-sectarian minority, has been committed to building a new anticapitalist force for some time, and Besancenot repeated the commitment in his first post-election statement – a rather cheeky proposal given his organisation’s catastrophic role in the collapse of discussions to find a common candidate of the radical left.

The Ligue, however, with its members divided several ways on the question, has always been vague about what form such a ‘new anticapitalist force’ could take. For some, the only possibility of unity is that between revolutionary organisations like the LCR and Lutte Ouvrière. For others, the way forward is simply to continue building the Ligue in order to impose its hegemony on the rest of the left (the leadership group around Alain Krivine is particularly obsessed with outdoing the Communist Party). For this to work, however, it would require breaking numerous habits such as failing to take recruitment seriously, making inordinate demands on members’ time and money, preferring endless internal debates (often leading nowhere) to holding open meetings, not selling or even reading the party’s weekly paper, dodging ‘sensitive’ issues etc.

If past practice is anything to go by, the prospects of the Ligue breaking with its well-established routine are not good. In the short term, Besancenot’s 4.1% score, personal popularity and high media profile will certainly encourage sectarian tendencies within the leadership and the majority of members. Although most Ligue militants would be surprised by the idea, the word ‘conservative’ springs into mind to describe typical party members’ reactions to suggestions that what is needed is a radical change in methods and a daring strategy to unify the radical left. Making a real political breakthrough, comrades, means taking risks.

Over the last eighteen months, the LCR majority has rejected all concrete initiatives to build the new anticapitalist force, on the grounds that more political ‘clarification’ is needed or that ‘conditions are not ready’. The ‘unitary’ minority fought strongly and publicly against this line, only to cave in in the last weeks before the election – with a handful of exceptions who either boycotted Besancenot’s campaign or actively worked for José Bové.

Of course, it is always possible to find reasons why revolutionaries should not collaborate with people who in various degrees have reformist illusions. (Ironically, the Ligue itself has contributed to blurring the issues by distancing itself from Marxist ideas on the State and the revolutionary party.)

Constantly warning members of the Collectifs unitaires against the dangers of ‘opportunism’ – often in an insensitive way – while pursuing an electoral agenda of its own did not in practice encourage political clarification. Rather, it led to justified accusations of duplicity and encouraged many rank-and-file activists to reject revolutionary politics as ‘sectarian’. If that is the attitude members of a revolutionary party take, it was said, then there must be something wrong with the very nature of a revolutionary party – or indeed with political parties in general. In this sense, the Ligue’s policy has, so far at least, been a hindrance rather than a help to building a radical left alternative. And that is putting it mildly.

The attitude of the LCR majority has been theorised by saying that there is a fundamental dividing line between ‘antiliberals’ and ‘anticapitalists’ which makes it impossible to work out a common political strategy other than in exceptional circumstances.

Here it is necessary to explain the terminology associated with political differences on the French left. ‘Antiliberal’ in France refers to opponents of the free market, i.e. economic liberalism, who do not consider that it is necessary or possible (or in some cases) desirable to totally transform the capitalist system. Although ‘antiliberals’ are often more interested in reforms than in a total transformation of capitalism, they are usually active in grassroots movements rather than being political reformists-from-above of the British Labour Party or French Socialist Party type. Many ‘antiliberals’ are members of, or influenced by, such groups as ATTAC or the Fondation Copernic, the radical think-tank. Although ‘reformist’ in a Marxist sense, they are generally suspicious of the Socialist Party, especially its ‘social liberal’ (i.e. pro-market) right wing. There are also, of course, ‘antiliberals’ in the Socialist Party, such as the left group around Jean-Luc Mélenchon which campaigned for a ‘No’ vote in the European referendum. The term ‘anticapitalist’ obviously refers to people who wish to abolish capitalism, without necessarily having a fully-rounded socialist point of view.

My point here is that the distinction between ‘antiliberals’ and ‘anticapitalists’, while real, is not helpful in terms of building an alternative to reformist (or ex-reformist) parties like the Socialist Party. Not only are the lines between the two groups not fixed, but many militant ‘antiliberals’ are in practice more radical and more activist than ‘anticapitalists’ with a more developed theoretical understanding of the system. Better ‘antiliberalism from below’, as it were, than ‘armchair anticapitalism’.

For the LCR, then, unity of the ‘antiliberal’ and ‘anticapitalist’ Left was desirable and indeed possible during the European referendum campaign, in the fight against Sarkozy and naturally in day-to-day struggles. Building a new political movement of the radical left, however, will have to wait until, presumably, the rest of the movement accepts the superiority of the LCR’s ideas - or at least until ‘antiliberals’ have been converted into authentic ‘anticapitalists’. The method is similar, even if the dividing line is different, to that of Lutte Ouvrière, for whom revolutionaries should not participate in ‘anticapitalist’ movements if the latter do not base themselves on consistently ‘revolutionary’ positions. It is a fundamentally negative and counter-productive strategy.

There are basic flaws in the LCR’s position, of course – in particular the failure to recognise that political consciousness is not static. Not to mention the awkward fact that the LCR’s electoral propaganda is (correctly) based on radical reformist demands, not on distinguishing ‘antiliberalism’ from ‘anticapitalism’. For most voters the difference between Besancenot and Royal or the CP’s Buffet is not that he wants to overthrow the capitalist system (something which most TV viewers are probably not aware of) but that he is a more consistent fighter for workers’ rights and is not afraid to tell uncomfortable truths about the Socialists’ record in government. There was and is no fundamental reason why anticapitalist campaigners, activists from the social movements or from ATTAC, trade unionists, revolutionaries, left Socialists, left Greens, dissident Communists, gay and feminist militants, anti-racists, immigrants’ and community groups and others cannot agree at least on a common electoral strategy. This is what the Bové campaign, hurriedly improvised and seriously flawed as it was, at least tried to demonstrate.

Saint-Denis, France
April 28th 2007

John Mullen, editor of Socialisme International, has also written an article on the French presidential election entitled The Presidential elections in France : Polarization and crisis . His article covers slightly different ground from the above. Read it here ...

Cet article de Sylvia Zappi dans Le Monde (29 avril 2007) est lucide sur certaines raisons de l'échec de la gauche radicale à créer une alternative crédible au Parti socialiste, mais trop pessimiste quant aux possibilités qui existaient et franchement bizarre quand elle donne raison à ... Arlette Laguiller.

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12 janvier 2007

 

Comment mieux combattre l'influence du PS ?


L'article suivant montre bien la différence entre une analyse marxiste des partis réformistes comme le PS et la dénonciation stérile et surtout contre-productive des "socialos" par des militants révolutionnaires retrenchés dans leur bunker. En effet, plus le PS est attiré par le blairisme, plus nous aurons besoin d'une démarche fraternelle et ouverte envers ceux des socialistes - dans lesquels j'inclus des électeurs, des militants de base et même certains dirigeants - qui peuvent rompre au moins partiellement avec la tendance dominante. Une telle démarche ne signifie en rien que nous devons taire nos critiques du bilan des gouvernements socialistes. Au contraire, il s'agit d'encourager toute remise en question de la politique de la direction du PS, aussi timide soit-elle, en démontrant notre disponibilité à débattre et à travailler en commun, là où nous avons les mêmes objectifs à court et à moyen terme. C'est ce qui a été réussi lors de la campagne pour le Non à la constitution européenne. C'est également ce qui se passe dans la pratique dans des mobilisations pour les salaires ou en défense de l'emploi, de l'école, de la retraite, des immigrés menacés d'expulsion, des mal-logés ... Avec la montée du "ségolisme" nous avons une occasion d'approfondir et de politiser cette dynamique, notamment dans le cadre des Collectifs unitaires. S'abstenir, sous le prétexte de ne pas "se salir les mains", est une politique qui en fin de compte laisse les mains libres à la direction du PS et donc sert leurs intérêts. C'est une politique qui se dit "révolutionnaire", mais qui en réalité a exactement l'effet contraire.
Claude MEUNIER, 14/01/2007.
PS A ce propos on peut relire l'excellent article que Hassan BERBER a écrit en 2004, à l'occasion d'un débat de nouveaux militants de la LCR, "Les révolutionnaires et le réformisme", sous-titré "Le reformisme renaît sans cesse de la lutte des classes".

Les enjeux d'une rupture, par François Calaret, Marc Dormoy et Francis Sitel (tous trois de la LCR). Lire l'article ici ...

Dans son article (Rouge n°2184 du 7 décembre), Galia Trépère ne voit, dans la candidature de Ségolène Royal, qu’une continuité avec Jospin et Mitterrand. Mais une telle analyse conduit à sous-estimer gravement les menaces que cette candidature induit pour le mouvement ouvrier et la gauche. Nous pensons, au contraire, que le « phénomène » Ségolène Royal signifie un changement majeur dans la période politique et pose des enjeux nouveaux à tous ceux qui défendent une alternative au système existant.
/.../Cette évolution renforce la possibilité de rupture au sein du Parti socialiste, comme en témoignent les hésitations de l’association Pour la République sociale entre le maintien au sein du Parti socialiste ou l’engagement dans la construction d’une alternative antilibérale. La nécessité de construire, en France, une alternative politique au libéralisme et au social-libéralisme est bien une question décisive qui se pose sur la durée, au-delà des échéances électorales de 2007.
La tâche des révolutionnaires ne peut consister à répéter, de façon incantatoire, que le Parti socialiste, de toute façon, trahit la classe ouvrière depuis des dizaines d’années et qu’il le fera toujours. La candidature de Ségolène Royal représente un facteur de différenciation politique au sein du mouvement social. Ceux qui se laisseront entraîner dans cette direction vont - pour la plupart d’entre eux - subir la pression des idées réactionnaires de Royal. En revanche, ceux qui s’y opposent doivent comprendre que cette candidature s’inscrit dans une profonde évolution à droite de la social-démocratie au niveau international. Celle-ci ouvre un espace pour la construction de nouveaux partis politiques combattant pour un projet d’émancipation sociale.

Lire l'article de Galia Trépère PS new-look ...

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