02 mars 2009

 

Le Nouveau Parti Anticapitaliste – une perspective enthousiasmante



Le Nouveau Parti Anticapitaliste – une perspective enthousiasmante

La montée des luttes souligne le besoin en France d’un parti de masse qui se soucie avant tout d'encourager et de coordonner les combats plutôt que de participer à la gestion de la société capitaliste. La crise économique aiguë a démultiplié le public pour la gauche anticapitaliste.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste n’est pas un parti de masse, mais il s’approche déjà des 12 000 adhérents, un mois après son congrès fondateur. Sa création est le plus grand événement à la gauche radicale depuis de très longues années. Le congrès fondateur passé, le parti peut se concentrer sur l’action. Déjà dans le mouvement de solidarité avec les Antilles, et dans le mouvement universitaire ses tracts et prises de position ont une grande influence. Ses principes fondateurs insistent que le capitalisme doit être renversé, sans demander aux adhérents de s’identifier à un courant particulier du marxisme. Notre courant politique défend l’idée de la nécessité d’un tel parti depuis plusieurs années. Tous les anticapitalistes devraient le rejoindre au plus vite.

Le journal du NPA va sortir d’ici quelques semaines. Nous avons besoin d’un journal beaucoup plus populaire et beaucoup plus activement vendu que n’était le journal de la LCR. Des campagnes de recrutement, des réunions publiques régulières doivent être organisés dans chaque ville, réunions qui traitent d’une large gamme de questions politiques (et pas seulement des luttes en cours). On pourra organiser des débats publics fraternels avec d’autres organisations (le Parti de Gauche, le PCF, la Fédération, les Verts…) et un soutien pratique à toutes les grèves et à tous les mouvements sociaux (pour le logement, les sans-papiers, contre le racisme ...).

En interne le débat continuera entre les différentes conceptions de l’anticapitalisme qui co-existent. Le NPA contient des anarchistes, des rouges-verts, des syndicalistes révolutionnaires, des marxistes de différents courants …. Ce qui est une excellent chose, mais la clarification théorique est indispensable; sinon nous ne saurons jamais construire un parti qui puisse aider les travailleurs à renverser l’Etat capitaliste.

Dans l’immédiat, la question est posée des élections européennes de juin 2009. La question de quelles alliances et pour quoi faire reste très controversée au sein du NPA. La direction a signé des déclarations communes excellentes avec d‘autres organisations concernant le 29 janvier, et concernant la grève aux Antilles, mais le réflexe identitaire d’auto-affirmation reste extrêmement présent. Ainsi, le congrès a voté massivement un texte qui visait à rendre quasi impossible une alliance électorale aux Européennes.

Le NPA aurait dû se lancer dans la bataille pour l'unité des anticapitalistes lors de ces élections, sans poser des conditions inutiles. Il nous est objecté que le PCF risquerait de reprendre ses vieilles habitudes d'alliances électoralistes avec le PS au lendemain d'une campagne unitaire aux Européennes. Eh bien, qu'il le fasse et qu'il se discrédite aux yeux des militants qui auraient fait une campagne unitaire enthousiasmante ! La campagne ne pourrait pas se faire sur des bases assez révolutionnaires ? Que les révolutionnaires y participent sur des bases communes en faisant entendre leur propre voix !

Une campagne unitaire mobiliserait bien au-delà des seules forces du PCF, du PG, de la Fédération et du NPA, et que les militants du NPA de par leur sérieux et leur savoir-militer y trouveraient un terrain extraordinaire pour populariser leurs idées et recruter de nouveaux membres. Elle aurait une dynamique sans commune mesure avec une campagne isolée, de plus est qui serait nécessairement menée autant contre les concurrents à gauche que contre la droite.

Les réflexes identitaires, et la sous-estimation de l’importance de l’affrontement des idées, sont les dangers principaux pour le NPA. Mais son potentiel est extraordinaire. Nous devons le construire tout en défendant en même temps nos propres conceptions de la lutte pour le socialisme.

Notre courant a ses analyses propres (sur les pays dits communistes, sur l’analyse des directions syndicales, sur l’héritage du léninisme), et il faudrait les structures et les endroits pour les exprimer. Ce qui ne nous empêchera pas de nous lancer dans la construction d’un grand parti anticapitaliste. C’est parti !

John Mullen, mars 2009, pour le journal Anticapitalsite

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30 septembre 2008

 

9/3 Mémoire d'un territoire

Photo : L'Île-Saint-Denis





Si vous avez regardé comme moi le superbe documentaire de Yasmina Benguigui sur le 'neuf trois' (autrement dit le département de la Seine-Saint-Denis)diffusé sur Canal + hier soir vous avez peut-être envie d'en savoir un peu plus sur ces banlieues dont les noms même - Clichy-sur-Bois, la Courneuve, Montfermeil - évoquent une population de 'barbares' qu'on garde par tous les moyens possibles 'hors des murs' (à part peut-être les 'tribus' sauvages du 19ème arrondissement). Vous pouvez commencer par le numéro 17/18 de Socialisme International, Banlieues et lutte de classes (janvier 2007).

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27 juillet 2008

 

Che Guevara - un modèle pour les anticapitalistes ?

La nouvelle brochure de Socialisme International, à laquelle j'ai (modestement) contribué, vient de paraître. Elle peut être lue ici en format PDF.

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05 mars 2008

 

Un nouveau parti anticapitaliste, c’est urgent

L’actualité politique est dominée par trois grandes questions. L’offensive tous azimuts de Sarkozy, les élections municipales et une série de grèves sur les salaires dans le public comme dans le privé.

Sarkozy espère cacher derrière ses coups de théâtre ridicules (sur la commémoration de la Shoah, les programmes scolaires ou la reconnaissance par l’UNESCO de la gastronomie française (!), …) et ses mesures populistes (rétention de sûreté, instruction morale, ...) les attaques centrales (le Traité européen modifié, le nouveau contrat de travail, la réduction des effectifs dans la fonction publique, …).

Sa baisse spectaculaire dans les sondages contredit les pronostics catastrophistes de certains militants pour lesquels son élection représentait une défaite historique de la gauche. L’absence d’opposition sérieuse de la part du Parti socialiste, cependant, laisse à la droite une marge réelle. Après une probable claque bien méritée aux municipales, elle peut relever la tête. La relative popularité du premier ministre Fillon – fait sans précédent sous la Cinquième République – en est un signe qui ne trompe pas.

Le besoin d’un parti de combat à gauche du PS se fait lourdement sentir. Qui peut organiser la solidarité avec les grévistes, devenir une force de proposition dans les mouvements, aider à faire le lien entre les différents combats, être le porte-parole des opprimés et des salariés ? Quand Sarkozy ment, qui répondra haut et fort ?

Dans ce contexte, l’état de la gauche radicale et révolutionnaire n’est pas encore à la hauteur du défi. Lire la suite ...
(Extrait de l'éditorial de mars 2008 du bulletin de Socialisme International)

UN ARTICLE DE FRANCOIS CALARET (LCR Saint-Denis) sur le blog UNIR, qui lui ne parle pas de 'nouveau parti anticapitaliste' mais de 'front politique antilibéral'.

/.../ Pendant le conflit sur les régimes spéciaux, ce front politique avait commencé à se constituer, de façon « naturelle », par en bas, à l’initiative de sections de différentes organisations, de la LCR, du PCF, des Alternatifs, de l’Alternative Libertaire, des collectifs antilibéraux… Mais sans que des initiatives nationales n’encouragent ces actions locales. L’aspiration à l’unité, comme moyen de défense des salariés, va de nouveau s’exprimer avec force. L’enjeu de l’émergence d’un front politique antilibéral, c’est de faire le lien entre les différentes mobilisations, de renforcer la légitimité de ceux qui se battent, qui défendent non seulement leurs intérêts propres mais également les intérêts de l’ensemble de la population.

L'approche de François a le mérite de nous rappeler, si je l'ai bien interprété, que le nouveau parti ne doit pas se réduire à la seule LCR et ses sympathisants. Il ne s'agit pas de construire une nouvelle force 'autour' de la Ligue, mais de mettre en oeuvre un véritable front unique sur le terrain électoral, comme dans les luttes.

Lire aussi cet article de Christian Piquet , Les municipales, miroir d'une crise :

/.../ C’est dire s’il est urgent de faire de nouveau émerger une gauche. Une gauche qui cesse de se renier. Une gauche qui parle et agisse à gauche. Autrement dit, une gauche qui sache, contrairement à nos sociaux-libéraux, s’opposer et dessiner un début de débouché à la colère populaire. À cet égard, si l’enjeu du second tour des municipales sera bien de chasser la droite d’un maximum de communes, sans compromission avec le Modem, celui de ce dimanche consistera à réunir le plus grand nombre de voix possible sur les candidats défendant une démarche de rupture sociale et démocratique.

Pour une gauche « 100% à gauche »

Dans plus de 200 villes, ce sera possible grâce aux listes présentées ou soutenues par la LCR, qui affirment une politique clairement indépendante du PS, de ses petits arrangements avec le système, de ses ouvertures à droite. Et l’excellente nouvelle vient, en l’occurrence, du fait que, pour 60% d’entre elles, elles ont su réaliser la convergence de divers segments de la gauche antilibérale et anticapitaliste. Il se trouve même un nombre très significatif de cas où les accords, bien au-delà de ce qu’il reste ici ou là des collectifs antilibéraux, incluent des sections du Parti communiste, voie des groupes locaux de Pour la République sociale. Ce qui apporte un démenti opportun à tous ceux qui, commentateurs ou acteurs politiques, plus ou moins bien intentionnés, se montraient ces derniers temps enclins à dire qu’il n’existait plus d’espace à gauche de la rue de Solferino. Comme, d’ailleurs, à ceux qui, à la direction de la Ligue, nous expliquaient doctement qu’il n’y avait désormais plus rien entre le social-libéralisme et un « nouveau parti » qu’ils n’imaginent se formant qu’à l’extrême gauche…
Lire tout l'article ...

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27 janvier 2008

 

La LCR et le "nouveau parti anticapitaliste"

Le 17ème Congrès de la LCR vient de prendre fin avec une large majorité (plus de 80%) pour l'orientation proposée par la direction.

Voir l'Adresse du Congrès de la LCR pour un nouveau parti anticapitaliste

Il pose deux questions majeures.

D'abord, une question d'analyse. Est-ce que Sarkozy représente une simple accélération du néolibéralisme, ou une contre-révolution conservatrice qui change donc fondamentalement la nature de ce qu'il faut faire aujourd'hui à gauche ? Nous dirions une accélération. Malgré sa large victoire et l'absence d'opposition des partis de gauche et des directions syndicales, Sarkozy peut et doit être mis en
échec.

Une question de stratégie. Il nous faut un parti plus large, mais comment le construire, avec qui et pour quoi faire ?

Faut-il un parti relativement puriste qui réunit la LCR et ses plus proches contacts, sans qu'il y ait discussion avec d'autres courants au niveau national, comme par exemple les communistes unitaires ou les collectifs antilibéraux, voire les militants autour de J-L Mélenchon ?

Cette option est défendue par ceux qui pensent que les autres courants auront toujours tendance à finir par poursuivre une dynamique d'accompagnement du libéralisme plutôt que de lutte déterminée.

Faut-il au contraire un parti plus large construit dans le dialogue avec d'autres groupes et courants ? Cette option est défendue par ceux qui croient qu'un tel parti permettrait de faire militer ensemble des révolutionnaires et des non-révolutionnaires qui croient quand même que c'est la lutte des classes qui est primordiale et pas la façon de gérer le système.

Dans une telle optique, les révolutionnaires auraient vocation à construire ce parti tout en essayant de convaincre d'autres militants que la solution à long terme est le renversement du capitalisme et le contrôle démocratique de la société par les salariés.

Une partie des militants qui défendent cette deuxième option considère un parti révolutionnaire comme n'étant plus nécessaire, et la révolution comme une perspective dépassée. Ce n'est pas notre cas.

Ces différentes sensibilités ne vont pas forcément être d'accord avec cette présentation nécessairement simplificatrice, mais nous pensons qu'elle résume l'essentiel des enjeux.

A Socialisme International, nous défendons la perspective d'un parti plus large comme un premier pas indispensable pour faire avancer les intérêts des travailleurs et des opprimés, y compris à court terme en devenant une force de proposition et d'unité dans les luttes. La méthode choisie par la majorité de la LCR, qui consiste entre autres choses à imposer la date et les modalités de la proclamation d'un nouveau parti, n'est pas la bonne.

Dans un mouvement unitaire, il y aura tout le temps de convaincre de la nécessité de l'option révolutionnaire. Dans l'absence d'un mouvement politique d'ensemble, l'audience des révolutionnaires sera plus réduite et nous aurons la possibilité de convaincre très peu de monde.

Il existe aujourd'hui en France un espace politique pour un parti de la gauche radicale de vingt ou trente mille militants.

Nos lecteurs auront compris, nous sommes - une fois n'est pas coutume - minoritaires. C'est l'option "parti moins large" qui a gagné haut la main au congrès. Mais ce n'est qu'un début.

Par le Comité de rédaction de Socialisme International, le 27 janvier 2008

declaration de la minorité de la lcr

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19 janvier 2008

 

Des articles sur des questions cruciales pour la gauche radicale

Dans un texte proposé à Socialisme International, Hendrik Davi de la LCR explique pourquoi les révolutionnares marxistes doivent militer activement pour l'unité des antilibéraux. Lire ici ...

Mon ami dionysien Claude Meunier a écrit deux critiques de livres sortis récemment :

En quête de gauche de Jean-Luc Mélenchon

A quoi sert "l'identité nationale" de Gérard Noiriel

Enfin, Franck Drici livre ses réflexions sur l'héritage politique de Tony Blair et son influence sur le Parti socialiste.

Bonne lecture - et envoyez-nous vos commentaires !

Tous ces articles sont extraits du prochain numéro de Socialisme International.

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11 octobre 2007

 

Où va la gauche radicale ?

Par le Comité de rédaction de 'Socialisme International', 11 octobre 2007

La gauche vit une crise majeure, secouée par l’élection de Sarkozy. Autour des communistes unitaires, des collectifs antilibéraux et des collectifs Bové et dans le mouvement social au sens large, les débats fusent.

Le nombre de bilans produits et diffusés, avec l’aide de l’internet, est énorme. La confusion règne souvent, et l’écart entre les déclarations des directions des organisations pour « l’effet d’annonce » et la politique réelle des mêmes organisations rend la situation encore moins claire.

Toutes les grandes questions de stratégie politique sont posées en même temps.

Faut-il tenter de vivre différemment sous le capitalisme en le transformant doucement de l’intérieur ou, au contraire, changer les structures sociales de fond en comble en confrontant le problème du pouvoir économique et étatique ?

Comment militer dans une France gouvernée par la droite décomplexée ? Faut-il jouer un rôle institutionnel ou plutôt un rôle protestataire ? Animer les luttes ou réfléchir sur la nouvelle société à construire ?

Quel type d’organisation faut-il pour se battre efficacement contre la dictature du profit ? Le parti à construire doit-il conserver des références révolutionnaires et marxistes ou adopter des contours plus flous ou plus dans l’air du temps (« libertaro-guévariste », par exemple ?).

Le questionnement de certains va même au-delà de la question de comment construire la résistance au quotidien. La gauche n’a-t-elle pas subi une défaite historique rendant toute nouvelle avancée quasi-impossible ? Un fascisme ‘soft’ est-il en train de s’installer en France ?

Les militants doivent être suffisamment armés pour répondre à ce type d’arguments.

A la gauche radicale, l’échec de la candidature unitaire a laissé beaucoup d’amertume, envenimant les débats à l’intérieur, et entre les différentes organisations. A Socialisme International, nous avons soutenu la campagne de José Bové, parce qu’il nous semblait essentiel que la volonté d’unité soit présente sur les bulletins de vote.

La campagne Bové est loin d’avoir été parfaite, mais c’est la seule à avoir mobilisé autant de militants d’organisations diverses et de non-organisés dans les banlieues et les grandes villes comme dans les régions rurales. Les meetings ont été grands, chaleureux et intéressants. Nous assumons pleinement notre choix, qui n’était pas basé sur des calculs du type « qui fera plus de voix que qui ? » mais sur une logique politique – celle de la recherche de l’unité – et même sur une conception de l’éthique. En effet, fallait-il accepter sans broncher les manœuvres et la mauvaise foi des responsables du PCF et de la LCR ?

Mais après la victoire de Sarkozy nous nous trouvons face à de nouveaux défis. En même temps qu’une mobilisation déterminée contre les attaques de Sarkozy, il nous faut un nouveau parti pluraliste, à la hauteur de la colère qui s’est exprimée depuis quelques années contre le néolibéralisme. Cette organisation ne peut pas être constituée seulement par ceux qui pensent, comme nous, que le capitalisme doit être renversé et remplacé par le pouvoir organisé des salariés.

Nous défendons en même temps le besoin d’une voix révolutionnaire indépendante, qui participe aux multiples débats en apportant son expérience et ses idées, dans un esprit de discussion fraternelle. Les sujets ne manquent pas. Si quasiment personne ne défend aujourd’hui le bilan du capitalisme d’Etat en URSS, il n’y a aucun consensus sur quelle nouvelle société est possible. Existe-t-il un modèle pour les anticapitalistes ? Le Cuba du Che et de Fidel ? Le Venezuela de Chavez ? Et si ceux-ci ne conviennent pas, quel bilan devons-nous tirer de leurs actions ? Les mouvements les plus efficaces pour changer le quotidien des travailleurs et des opprimés ont souvent été animés par une vision commune d’un nouveau monde possible. Cette vision manque terriblement aujourd’hui.

C’est pour cela que nous voulons à la fois contribuer à mettre en place les conditions d’une nouvelle organisation de la gauche radicale, forte de dizaines de milliers de militants, et aussi participer pleinement aux débats refondateurs de l’anticapitalisme.

Cette nouvelle organisation ne viendra pas d’un seul des mouvements de la gauche radicale.

La Ligue communiste révolutionnaire, encouragée par sa bonne campagne du premier tour, n’a pas subi le même choc que la plupart des militants communistes ou unitaires. Mais il est peu probable que l’afflux de nouvelles recrues – inexpérimentées pour la plupart – change fondamentalement la donne.

Même sa direction le reconnaît officiellement : la LCR ne pourra pas à elle seule accroître son influence au point de ne pas avoir besoin de collaborer avec d’autres au sein d’un nouveau regroupement. N’en déplaise aux plus sectaires de ses membres, la question de la construction d’une telle alternative politique au Parti Socialiste devient plus aigüe que jamais. L’exemple de l’Allemagne, où il a été possible de fonder un nouveau parti de la gauche radicale, Die Linke, pousse à penser que c’est aussi possible en France.

Le succès au moins électoral – toutes proportions gardées – de la stratégie de la direction de la LCR place l’organisation devant un choix quasi-historique. Poursuivra-t-elle une politique basée sur la consolidation des acquis en termes d’adhérents, d’implantation syndicale, de ‘gestion’ du vote Besancenot ? Ou cherchera-t-elle par tous les moyens possibles de créer une nouvelle force, avec d’autres partenaires que les seuls « anonymes » dont parlent parfois ses porte-parole ? (Sommes-nous les seuls à trouver ce terme méprisant, non seulement pour ceux qui ont un nom et une histoire politique, mais surtout pour ceux qui adhèrent pour la première fois à une organisation et qui considèrent qu’ils ont autant à y contribuer qu’à apprendre ?)

La LCR doit jouer un rôle important dans le processus de recomposition. Mais elle aurait tort d’appeler seulement à un rassemblement autour d’elle, selon des échéances imposées par elle. La majorité des militants – sans parler de la masse des salariés et des opprimés – ignore quasiment tout des débats internes à la gauche radicale. Et quand ils les suivent, ils rejettent les prétentions de former l’ « avant-garde » ou le « noyau » d’un nouveau mouvement révolutionnaire. L’unité doit se construire patiemment au jour le jour et avec tous ceux, organisés ou pas, qui peuvent se mettre d’accord sur un programme minimum de revendications, un type ouvert d’organisation et un fonctionnement souple.

Les communistes unitaires et les collectifs de la gauche alternative auraient tort d’éviter une certaine centralisation nécessaire à l’efficacité. Il leur faut une publication régulière populaire, des structures de décision démocratiques, une réelle ouverture envers les jeunes et les minorités. Il faut également qu’ils restent ouverts à l’idée d’un travail en commun avec les organisations politiques.

Contribuer à cette tâche difficile mais indispensable constitue une grande ambition pour un tout petit courant politique comme Socialisme International. C’est la raison pour laquelle nous invitons ceux et celles qui trouvent notre revue utile et qui partagent l’essentiel de nos analyses, quelque soit leur appartenance ou non à une organisation ou leur domaine d’activité, à collaborer avec nous.

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02 juin 2007

 

L’Altermondialisme et les gauches, par Raoul-Marc Jennar

Par nature, l’altermondialisme est une forme nouvelle d’internationalisme dont la particularité par rapport aux quatre internationales qui l’ont précédé est de ne pas être soumis à un centre qui dicte la pensée et les actes. /.../

Ce texte a le mérite de poser très clairement la question qui est revenue si souvent pendant les débats, souvent animés, dans les Collectifs unitaires sur le rôle des partis et les avantages ou les inconvénients du functionnement "en réseaux" du mouvement altermondialiste. Raoul-Marc Jennar condamne ouvertement ce qu'il appelle le "léninisme", comme si les manoeuvres bureaucratiques du PCF ou le comportement sectaire de la direction de la LCR pouvaient s'expliquer par une espèce de "péché originel" qui frapperait tout parti politique labelisé "communiste" ou "trotskiste".

Disons-le tout aussi clairement, à Socialisme International nous défendons l'héritage de Lénine (1) et de Trotski, dont les apports théoriques et pratiques doivent évidemment être constamment mis à jour en tenant compte de toutes les nouvelles formes de lutte qui ont émergé ces dernières années. Ce qui ne nous en fait pas des "disciples", pour reprendre le terme assez démagogique de R-M Jennar.

Nous ne voyons aucune contradiction dans le fait de défendre la nécessité d'un parti ouvrier révolutionnaire (ce qui constitue l'esssence du léninisme), de militer pour la constitution d'une nouvelle force politique de la gauche antilibérale et anticapitaliste et de participer aux mobilisations du mouvement "alter". Dès le début, nous nous sommes engagés pleinement dans le mouvement altermondialiste. Mais nous avons également tenté de tirer les leçons (2) de ses "victoires" (malheureusement rares et toujours provisoires tant que le système économique et politique actuel restera en place) et de ses échecs en dialoguant avec ses porte-parole (entretien avec Susan George, numéro spécial de notre revue en 2005 ...). Comme nous avons choisi de mener campagne pour des candidatures antilibérales unitaires et pour José Bové en 2007.

Le texte de R-M Jennar est utile dans la mesure où il permet de bien poser les termes d'un véritable débat sans concessions mais sans sectarisme.

(1) Lire ce nouvel article par Dan Mayer dans le numéro de Socialist Worker daté le 6 juin 2007 (en anglais) sur la contribution de Lénine à la tradition anticapitaliste : When spontaneous struggle is not enough Nous avons publié un dossier sur Lénine dans Socialisme International n° 10 (juin 2004).

(2) Voir par exemple Où va ATTAC? de J Mullen et H Berber (2002)

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24 avril 2007

 

Mobilisation générale pour battre la droite en votant Royal au deuxième tour !

Leçons du 1er tour pour la gauche radicale : une première réaction

Déclaration de la Rédaction de la revue Socialisme International 24.04.07

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle comportent des leçons cruciales pour toute la gauche radicale en France.

Le réflexe du « vote utile » a pesé lourd – bien des gens ont voté pour Ségolène Royal par peur de revoir Le Pen au deuxième tour comme en 2002.

Du côté du PCF, Marie-George Buffet n’a pas réussi à se présenter comme une candidate de rassemblement à gauche ; son mauvais score va aggraver la crise au sein du parti.

La candidature d'Arlette Laguiller a souffert du fait que son organisation a été absente de certaines des mobilisations les plus populaires de ces dernières années (forums sociaux, manifestations anti-Le Pen de 2002). La direction de Lutte Ouvrière va sans doute conclure que le pays a évolué vers la droite et qu’il y a peu de possibilités de résistance du côté des travailleurs. Son pessimisme va être renforcé. L’appel inhabituel à voter Royal au deuxième tour provient d’un souci de ne pas se couper entièrement de sa base électorale réduite.

La division entre les candidats de la gauche radicale a pesé lourd. L’ensemble de la gauche de la gauche s’est vue cantonner à des petits scores.

Celui qui s’en est le mieux sorti, Olivier Besancenot est un candidat talentueux qui passe bien auprès des médias et sait attirer de nombreux jeunes, notamment. Mais la direction de la LCR aura tort de tirer la conclusion qu’elle a eu raison de faire cavalier seul. A elle seule, la LCR ne pourra pas rassembler l’essentiel des forces de la gauche antilibérale et anticapitaliste. Elle doit tirer les leçons de l’échec de l'unité, dont elle porte une part importante de responsabilité. Sa décision il y a quelques mois de tourner le dos au processus unitaire a produit beaucoup de méfiance (au mieux) parmi les militants engagés dans les collectifs et largement au-delà. Son annonce d'un retour à une stratégie unitaire ne convaincra personne si elle n'est pas suivie d'une ouverture franche et substantielle aux autres forces de la gauche radicale.

Malgré son score décevant, nous devons remercier José Bové d’avoir porté les couleurs de la gauche antilibérale unitaire. Sa campagne, lancée sans organisation et sans financement, a été caractérisée par beaucoup d’amateurisme, surtout au début, mais la dynamique militante a été indéniable, comme témoignent les nombreuses initiatives locales, les dizaines de milliers de personnes qui ont assisté aux meetings, l’accueil chaleureux que José a reçu dans des quartiers populaires généralement délaissés par les autres candidats, la diversité de ses porte-parole. La campagne Bové était la seule à être soutenue par des communistes unitaires, par la petite partie de la LCR qui a résisté aux pressions de la discipline de l’organisation, par des Verts de gauche, les Alternatifs, des organisations de travailleurs immigrés, des associations de quartier, et par une partie importante des collectifs antilibéraux. Cette candidature a pu démontrer ce qui aurait été possible ensemble.

Nous avons beaucoup de témoignages d’électeurs et même de militants dans les quartiers populaires qui ont, malgré tout, préféré par « réalisme » politique voter pour Ségolène Royal ou même pour François Bayrou dès le premier tour. Ils ne sont pas pour autant acquis aux thèses de ces deux candidats. Ils seront disponibles pour les luttes électorales et sociales à venir. Le capital de sympathie et les liens qui ont été noués à travers la campagne Bové sont un acquis qui doit être préservé pour la construction future d’une nouvelle force politique à la gauche du PS.

La gauche radicale doit toujours se rappeler que les luttes sont au moins aussi importantes que les élections, et que ce sont les réseaux de militants plutôt que de simples électeurs qui porteront l’influence de la gauche radicale dans les combats à venir.

Il faut maintenant une mobilisation générale pour un vote Royal au deuxième tour. Si Sarkozy est élu, tous les combats antilibéraux deviendront beaucoup plus difficiles, non seulement à cause de la détermination de cet individu, mais surtout à cause de la démoralisation qui guetterait l’ensemble de notre classe.

Sarkozy est un homme dangereux. Si l'actuel président de l'UMP avait été élu président il y a cinq ans, il se pourrait bien que de jeunes soldats français se trouvent aujourd’hui en Irak pour tuer et se faire tuer pour le pétrole. Sa victoire annoncée au 2ème tour a déjà été saluée par des partisans de l'administration américaine. Les initiatives de Sarkozy pendant sa campagne – comme la proposition d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale – sont également là pour nous rappeler le danger qu’il pose pour les immigrés, enfants d’immigrés, et tous ceux qui détestent le racisme.

Tous ensemble dans la campagne pour battre Sarkozy !

Pour une gauche radicale unitaire aux législatives et dans les luttes !

La rédaction de la revue Socialisme International, le 24 avril 2007.
Pour tout contact : john.mullen @ wanadoo.fr

Un article de Cédric Durand qui va dans le même sens ...

Une déclaration du courant unitaire de la LCR qui est nettement plus réaliste et moins triomphaliste que celle de la direction ...

Tout faire pour battre Sarkozy par le vote Ségolène Royal

La mobilisation exceptionnelle des électeurs et des électrices a manifesté la volonté d'empêcher la réédition du 21 avril 2002. L'enjeu est à présent clair : au second tour, Nicolas Sarkozy sera tout à la fois le candidat de la droite et de l'extrême droite. Il veut imposer une politique qui représente une grave menace pour les salariés, les jeunes, les femmes, les immigrés, le peuple de ce pays. La mobilisation de toutes et de tous est nécessaire pour le battre. Aucune voix ne doit manquer à Ségolène Royal, le 6 mai.
La gauche, dans ses diverses composantes, n'a pourtant pas été à la hauteur de la situation. Le Parti Socialiste, avec le « pacte présidentiel » porté par Ségolène Royal, n'a pas proposé la politique de rupture avec le libéralisme et avec la logique antidémocratique de la V° République, qui est nécessaire pour répondre aux aspirations populaires.
Quant aux forces de la gauche antilibérale, victimes du vote utile, elles n'ont pas su s'appuyer sur la dynamique du « non » de gauche au traité constitutionnel européen et sur les mobilisations sociales des dernières années, qui se sont poursuivies durant toute la campagne électorale. Elles se sont dispersées dans une concurrence qui à fait perdre à leurs propositions politiques une grande part de crédibilité.
Nous nous félicitons du résultat de notre camarade Olivier Besancenot, mais force nous est en même temps de constater que le total des voix antilibérales à gauche est le plus faible depuis une décennie. Forte de son résultat, il est de la responsabilité de la LCR de prendre dès aujourd'hui, avec la toute la gauche du 29 Mai, des initiatives pour mobiliser toutes les énergies contre Sarkozy, en faisant ainsi entendre l'exigence de la rupture avec le libéralisme, indispensable si l'on veut vraiment battre la droite. L'appel à la tenue d'un grand meeting de la gauche antilibérale à Paris, et de réunions du même type en province, doit permettre d'amplifier la mobilisation pour battre le candidat de la droite et de l'extrême droite.
Au-delà, il est également de la responsabilité de la LCR de prendre l'initiative de rassembler la gauche antilibérale dans l'objectif de construire une réelle alternative à la droite et au social-libéralisme, ce qui passe en premier lieu par la recherche d'un maximum de candidatures communes aux élections législatives.
Battre Sarkozy le 6 mai, empêcher la droite d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale en juin, redonner son poids véritable à la gauche antilibérale dans l'électorat populaire, en toute indépendance vis-à-vis du social-libéralisme et de ses tentations d'alliance au centre : tels sont les objectifs que défendent les militants unitaires de la LCR.

Le 22 Avril 2007, 23h00 Christian Picquet, Alain Faradji, Céline Malaisé, Francis Sitel. Membres du bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire. Courant UNIR 100% à gauche de la LCR.

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17 avril 2007

 

Ouf !

La version papier du numéro 17/18 de la revue Socialisme International (mars 2007), dont le dossier central est intitulé Banlieues et lutte de classes, est enfin disponible. Elle contient des articles par nos collaborateurs réguliers (John Mullen, Romain Szensinski, Claude Meunier, Stéphane Lanchon, Alexandre Achrafié, Franck Drici ...), mais également des contributions inédites de Germain Gillet du Mouvement pour l'Egalité, Laïla Belkadi de la Fraction Etincelle de Lutte Ouvrière et Abdelaziz Chaambi (Divers-cités, MIR, CMF). On peut y lire une traduction d'une interview avec A. Sivanandan de l'Institute of Race Relations (Londres), ainsi que l'article Les néo-barbares de Michel Warschawski, un appel à soutenir la campagne collective de José Bové signé par des 'trotskistes historiques' comme Jean-René Chauvin et Michel Lequenne, et enfin un texte signé par les sociologues Laurent Mucchielli et Abderrahim Aît-Omar et reproduit avec leur permission.
Pour vous procurer Socialisme International, vous pouvez envoyer un message à lepoireaurouge @ laposte.net ou écrire à John Mullen, 16 rue Béranger, 47000 Agen et demander nos tarifs.

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08 mars 2007

 

Le courant politique auquel j'appartiens

Socialisme International, existe dans de nombreux pays, sous la forme de partis ou de groupes (allant de quelques dizaines à quelques milliers de militants) membres de la tendance International Socialist (IST) ou indépendants de celle-ci (c'est le cas de Socialisme International en France, de Socialist Alternative en Australie ou de l'International Socialist Organization aux Etats-Unis).

Pour mieux connaître les idées de ce courant, la meilleure solution est bien sûr de s'abonner à la revue Socialisme International et de consulter son site internet www.revue-socialisme.org/ et la 'bibliothèque anticapitaliste' qui y est associée. Nous avons publié un grand nombre d'articles et de brochures, dont certains sont consultables directement à partir de ce blog (voir les Liens). La seule autre publication représentative de ce courant en français est Résistance du groupe Socialisme International au Québec, qui fait partie des Socialistes Internationaux canadiens. Mais on y trouve peu d'articles de fond.

La revue théorique du Socialist Workers party (G-B), International Socialism, a récemment mis en ligne sur son site internet des traductions françaises de quelques articles publiés ces dernières années, dont les trois suivants :

La scission dans le Scottish Socialist Party, de Mike Gonzalez

Spontanéité, stratégie et politique, de Chris Harman (qui analyse l'évolution du mouvement anticapitaliste dans différents pays - dont la France - depuis la manifestation de Seattle en 1999)

Racisme et lutte de classes, d'Alex Callinicos

On y trouve également des textes en arabe, dont :

Hizbollah et la guerre qu'Israël a perdu, de Chris Harman

en espagnol, en portugais, en ourdou (traduits par des camarades pakistanais), en farsi et en italien. Voir la liste complète de ces textes ici.

Dix ans de révoltes en France entre 1995 et 2005, de Jim Wolfreys (un camarade anglais qui a milité en France il y a quelques années) a été publié, avec d'autres textes intéressants, sur le blog Tintin révolutionnaire.

Si vous voulez recevoir une ou deux fois par mois (maximum!) des courriers électroniques de Socialisme International, envoyez un message "abonnez-moi" au coordinateur.

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13 février 2007

 

Historic choices for the radical Left in France

by John Mullen, editor of Socialisme International (Feb. 2007)

As the presidential election campaign begins, the main radical Left parties have preferred sectarian purity or bureaucratic inertia to the taking of mass initiatives; but it’s not all over till the fat lady sings, and minorities from different parties, along with non-aligned activists may be able to revitalize the structure of the Left
The approach of the presidential elections in May 2007 has thrown the radical Left in France into crisis. The hidebound attitudes of much of the traditional militant Left leadership may leave only Blairism and Bushism as clear options for the electorate. Read on ...

Cet article sur les problèmes - et les opportunités - de la gauche radicale française a été écrit pour des lecteurs anglophones et publié sur le site de la revue britannique What Next ?

Le rédacteur en chef de Socialisme International a également été invité en Australie où il participera entre autres à l'université d'été (en mars!) de Socialist Alternative à Melbourne du 30 mars au 1er avril.

John Mullen est membre de la Ligue communiste révolutionnaire à Agen (47).

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19 janvier 2007

 

La revue Socialisme International N° 17/18 janvier 2007

Note aux lecteurs : L'actualité militante, des contraintes professionnelles, et de graves problèmes informatiques ont provoqué un retard considérable dans la production de la revue que nous voulions sortir début janvier. Nous avons donc décidé, exceptionnellement, de livrer une partie de la revue sur le site web en attendant sa sortie sur papier.
Dans l’Editorial, nous tirons un bilan provisoire de la campagne pour une candidature unitaire antilibérale aux élections présidentielles.
Dans ce numéro nous examinons une résurgence de l’islamophobie au Royaume-Uni, pays pourtant flétri par les islamophobes comme un endroit de complaisance à l'égard de l'extrémisme.
Nous avons traduit un texte d' A. Sivanandan, directeur de l'Institute of Race Relations à Londres, sur l’attaque néo-libérale contre la diversité culturelle .
Salma Yaqoob, une des dirigeantes du parti de la gauche radicale, Respect, écrit sur la montée de l’islamophobie et son importance.
Michel Warschawski écrit sur le nouveau siècle américain et ses effets au Moyen-Orient.
Dans Banlieues : mythes, mensonges et combats, John Mullen (LCR 47) démonte la vision officielle des banlieues en critiquant à la fois les stéréotypes droitiers et les mythes prévalents à gauche - sur l’islam, sur l’insécurité et sur l’ascenseur social par exemple.
Romain Szensinski (LCR 75) revient sur les émeutes de 2005 et les réactions politiques de différentes organisations de la gauche et du mouvement ouvrier.
C’est avec l’aimable autorisation du sociologue Laurent Mucchielli que nous reproduisons un texte qu’il a écrit avec Abderrahim Aït-Omar. Dans cette contribution, ils présentent les motivations des révoltés de 2005 sous le titre Les raisons de la colère : paroles d'émeutiers.
Nous interviewons Abdelaziz Chaambi, militant des Indigènes de la République et du Collectif de Musulmans de France à propos de la gauche et les banlieues après les émeutes.
Germain Gillet nous a écrit pour donner le point du Mouvement pour l'Egalité sur Le tragique isolement des "banlieues".
Monique Crinon, militante altermondialiste de longue date, s'exprime sur le décalage entre la gauche établie et les jeunes en colère.
Laïla Belkadi de la fraction Etincelle de Lutte Ouvrière a également répondu à notre demande de contributions. Malgré de sérieux désaccords avec elle, avant tout sur l’analyse de l’Islam en France, nous avons voulu publier sa contribution qui constitue un point de vue très répandu parmi les militants de la gauche.
Alexandre Achrafié (LCR 75) revient sur l’histoire des banlieues populaires en France. Comment et pourquoi l’Etat a-t-il mis en place la ségrégation sociale et ethnique dans le logement ? La nouvelle idéologie de la « mixité sociale» peut-elle servir les intérêts des classes populaires ?
Stéphane Lanchon nous présente l’histoire des émeutes populaires en France avant la révolution de 1789.
Claude Meunier examine le concept du lumpenprolétariat dans le travail de Marx et de Engels et explore l’utilité de ce concept dans la France du XXIème siècle.
Phil Gasper, un camarade de l’International Socialist Organization aux Etats Unis pose la question de l’actualité de l’ouvrage fondateur du marxisme - Das Kapital.
Nous reproduisons un texte de Léon Trotsky qui examine la question des Noirs aux Etats Unis dans les années 1930, et plus particulièrement leur droit à se séparer des Etats Unis et constituer un Etat Noir dans le Sud.
Franck Drici présente deux livres qui traitent de questions d’actualité brûlante. Tout d’abord un livre récent de Robert Fisk, grand reporter opposant à la guerre en Irak, "La grande guerre pour la civilisation, l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005). Ensuite l’ouvrage de Jared Diamond, "L'effondrement", qui analyse la question du réchauffement climatique, question qui ne manquera pas de s’introduire dans les campagnes électorales de 2007.

Pour plus d'informations, allez sur le site de Socialisme International.

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11 novembre 2006

 

TOUT EST ENCORE POSSIBLE !

Editorial du bulletin de Socialisme International, La Lettre de SI, n° 7 (novembre 2006)

Comment ne pas être découragés par la multiplication des candidatures à la gauche de la gauche ?

Bien sûr, on peut toujours se réfugier dans le dicton « mon parti a toujours raison ». Du côté de Lutte Ouvrière, c’est bien connu, les campagnes électorales n’ont qu’une valeur de témoignage. Elles servent à dénoncer tout ce qui ne va pas chez les autres, à mesurer son influence et à inciter les travailleurs à lutter – des objectifs certes respectables mais qui ne font pas une stratégie politique. Puis, les élections, ce n’est pas l’essentiel, ce sont les luttes (mais dans ce cas, pourquoi y mettre tant d’énergie ?).

Du côté de la LCR, la majorité souffre partiellement de ce syndrome, en étant un peu plus sensible à l’évolution du mouvement antilibéral et anticapitaliste. Cela a conduit à une attitude qui a été interprétée comme ambivalente, voire schizophrénique, envers les Collectifs pour des candidatures unitaires. Cette politique, qu’elle soit simplement maladroite ou le produit d’un sectarisme qu’on croyait révolu, a nui au développement du mouvement, et a contribué à créer une méfiance certaine envers la Ligue. Si elle a été suivie, par conviction ou par fidélité à la direction, par la majorité de l’organisation, elle est largement rejetée par ses sympathisants, ceux-là même qui étaient si importants pour la dynamique de la campagne d’O. Besancenot en 2002.

Au PCF, plusieurs stratégies sont en compétition. Pour les fondamentalistes tels M. Gremetz, la réaffirmation de l’identité du parti est un but en soi, avec tout ce que cela comporte comme sectarisme à l’encontre à la fois du PS et de l’extrême-gauche – un sectarisme hérité de la pire époque du stalinisme. Pour l’aile social-démocrate, seule une alliance avec le PS offre une sortie de l’isolement du parti – au prix sans doute à terme de sa dissolution pure et simple. Pour la direction du parti, cela n’a pas été facile à gérer, et la solution qu’elle a trouvée – présenter M-G Buffet comme candidate à la candidature des antilibéraux – n’a fait que repousser l’échéance.

Pour les Collectifs, une candidature Buffet signifierait l’échec du rassemblement « par en bas » et aurait comme conséquence leur transformation en comités de soutien à peine élargis à la candidate du PCF, au prix d’une démobilisation massive de la base. Pour toutes ces raisons, une telle satellisation du mouvement doit être rejetée, en faisant appel au bon sens des militants communistes qui se sont investis dans les Collectifs.

Malgré toutes ses raisons de se désespérer et des pronostics pessimistes plus ou moins intéressés, les Collectifs unitaires ont fait preuve d’une résilience et d’une maturité politique étonnantes. Bien sûr, certaines critiques de la Charte sont justifiées et certaines composantes des Collectifs ont des positions discutables. A Socialisme International, nous considérons que la gauche dans son ensemble n’a pas suffisamment pris en compte les problèmes liés au racisme et particulièrement à l’islamophobie. Il ne suffit pas de condamner « les discriminations » en général (expression fourre-tout utilisée pour masquer des divergences de fond).

Un processus de clarification politique est toujours nécessaire, mais il continuera bien après les élections de 2007. Il ne doit pas servir de prétexte pour casser la dynamique unitaire et empêcher l’unité autour d’un(e) candidate(e) acceptable à la grande majorité des militants. Plusieurs individus sont capables de porter leurs couleurs, surtout s’ils sont épaulés par d’autres porte-paroles y compris des responsables du PCF, de la LCR et d’autres partis et mouvements politiques.

Nous ne savons pas si un tel résultat est encore possible, ni si les Collectifs sont assez forts pour résister à la pression d’une concurrence avec des candidats du PCF, de LO et de la LCR. Nous ne devons pas sous-estimer, non plus, la tentation du vote "utile" en faveur du PS au premier tour que ressentiront tous les déçus d'un échec des Collectifs (et pas seulement les plus droitiers). Mais si ce scénario catastrophe se produit, ce sont les partis tout autant que le mouvement unitaire qui seront les perdants. Tout doit être fait pour ne pas gâcher une occasion qui ne se reproduira pas si vite.

NOUVELLE TRIBUNE DE LA PLATEFORME B DE LA LCR
Michèle ERNIS, Vanina GIUDICELLI

Le meeting du Mans, a été un événement (1500 participants) et son traitement mérite mieux que l'entrefilet persifleur publié dans le dernier Rouge. Nous retiendrons l'appel pressant au retour de la LCR dans le giron unitaire et des discours très nets sur les rapports avec PS. Des prises de positions dans la veine d'un texte «Ambition-Stratégie » qui s'accommode mal des formules alambiquées de MG Buffet. Toutes tentatives de s'affranchir du cadre commun sera à coup sûr aller à contre-courant du sentiment majoritaire dans les collectifs locaux et le collectif national.

D'emblée C.Debons donnait le ton : « Je le dis solennellement à O.Besancenot : ta place est à nos côtés dans ce combat ». J. Bové ajoutait : « Tant qu'il manque une personne à la tribune, parmi ceux qui étaient là en 2005, l'unité ne sera pas faite… Olivier on t'attend.» et de renchérir sur le refus d'un accord gouvernemental ou parlementaire avec le PS. Y.Salesse martèle qu'il est impossible de « tailler une cote moyenne entre ceux qui ont appelé à voter une Constitution qui grave dans le marbre le libéralisme et ceux qui le combattent. Nous n'irons pas au gouvernement avec eux » C.Autain ajoute : « O.Besancenot et la direction de la LCR doivent nous rejoindre parce que sur le fond, aucun désaccord majeur n'est apparu, et que sur la stratégie, nous sommes clairs : l'orientation actuelle de la direction du PS ne permet pas d'envisager un accord gouvernemental.» (1)

Cela traduit un double sentiment de plus en plus prégnant dans les collectifs : Les exigences de toute la LCR sur le refus d'un accord avec le PS en 2007 sont quasi unanimement partagées et l'opinion générale est que les réponses apportées sont suffisantes pour envisager un avenir commun à la gauche antilibérale. Les dizaines de milliers de militant(e)s unitaires ne comprendraient pas que la LCR refuse d'en être. Et cela d'autant moins que la majorité de la direction de la LCR n'a pas de divergences essentielles avec un programme qu'elle estime être en rupture avec le libéralisme et donc incompatible avec le social-libéralisme porté par la direction du PS.

Qu'en on juge:

Interdiction les licenciements dans les entreprises qui font des profits.
Les 35h partout, vers les 32h, sans perte de salaire sans annualisation ni aggravation de la flexibilité ou des conditions de travail.
Prise en charge à 100% des soins de santé et retraite à taux plein à 60 ans sur la base de 37,5 annuités et des 10 meilleures années de salaire.
Abrogation des lois de privatisation et remise en cause des directives de mise en concurrence (Poste, transport ferroviaire, télécom, énergie.).
Nouveaux services publics : pôle public de l'énergie (EDF-GDF), eau, traitement des déchets, logement, petite enfance, médicament,... Refus d'appliquer le pacte de stabilité et remise en cause de l'indépendance de la Banque centrale européenne.

Reste maintenant une question lancinante : Qu'est ce qu'une candidature isolée de la LCR défendrait de fondamentalement différent ?

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07 septembre 2006

 

Socialisme International, Editorial du numéro 15/16 juillet 2006

Pour une gauche radicale combative!

Pour un rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes, il y a urgence!

Dans plusieurs pays européens la gauche antilibérale a fait des pas importants vers la construction d’une alternative unitaire, que cela soit sous la forme de nouveaux partis, de coalitions ou d’alliances électorales (Bloc de Gauche au Portugal, WASG-Linkspartei en Allemagne, RESPECT en Angleterre, le SSP en Ecosse, l’Alliance Rouge et Verte au Danemark …). En Belgique, des Appels à l’unité ont conduit à la constitution de Collectifs unitaires en Wallonie et en Flandre. Au Brésil, la candidature d’Héloïsa Helena du PSOL est soutenue entre autres par le PC brésilien, alors qu’au Canada francophone deux composantes de la gauche radicale ont fusionné en janvier 2006 pour créer Québec Solidaire.

Ces développements répondent à une demande forte de la part de tous ceux et de toutes celles, plus nombreux-ses chaque jour, qui se sont révolté-e-s contre la politique libérale menée par les classes dirigeantes à l’échelle du monde. L’offensive impérialiste menée par les Etats-Unis et leurs alliés a mis en mouvement des millions de personnes derrière des coalitions anti-guerre. Le mouvement altermondialiste a réuni des dizaines et des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, des manifestations contre l’OMC à Seattle en 1999 au FSE d’Athènes en 2006, en passant par Porto Alegre, Florence, Londres, Bamako, Mumbai et Karachi. Des grèves massives pour la défense des retraites ou ce qui reste de ‘L’Etat-providence’, des mouvements contre la précarité de l’emploi des jeunes ou la libéralisation de l’enseignement (en France, mais aussi en Grèce et au Chili), la révolte des jeunes des banlieues en France en novembre 2005 ont tous démontré la disponibilité de secteurs de plus en plus larges de la population pour combattre les politiques antisociales de nos gouvernants. .

Dans tous ces mouvements, des révolutionnaires et des militants antilibéraux se sont rencontrés et de nouvelles pratiques unitaires expérimentées. En France, la dynamique de la campagne pour le ‘Non’ au Traité constitutionnel a fait sauter de nombreux obstacles à l’unité, tout comme les grèves et manifestations de ces dernières années, du mouvement pour la défense des retraites aux luttes contre le CPE et aujourd’hui contre le traitement ‘colonial’ de l’immigration et la politique tout sécuritaire dans les banlieues.

Nous, militants politiques, devons fournir des réponses qui sont à la hauteur de ces attentes. Nous devons faire la preuve que nous mettons les intérêts du mouvement au-dessus de nos propres intérêts partisans à court terme. Nous devons démontrer que nous sommes capables d’innover. Les organisations existantes – dont nous ne nions pas le rôle indispensable dans la formation des militants et la centralisation des luttes – commettraient une erreur majeure de croire qu’il suffit d’avoir le ‘bon’ programme et un ‘bon’ candidat pour cueillir les fruits de cette lame de fond. Ou de penser que la gauche d’accompagnement et de compromission est trop discréditée pour rebondir – l’histoire (et les sondages!) nous prouve(nt) exactement le contraire.

On peut trouver, bien sûr, beaucoup de bonnes raisons pour ne pas se lancer dans la construction d’une alternative nouvelle. Nous savons qu’il y a des réponses à trouver. Tous les regroupements que nous avons cités ont rencontré des problèmes. Ils ont en commun le fait de rassembler des militants qui ne partagent pas la même culture politique et peuvent avoir des désaccords importants entre eux. Dans le meilleur des cas, ils comprennent des militants révolutionnaires, des syndicalistes, d’anciens électeurs et militants des partis réformistes, des associatifs, des laïcs, des croyants, des représentants des minorités ethniques, des féministes, des écologistes … D’anciens dirigeants réformistes ayant exercé des responsabilités étatiques les ont parfois rejoints.

Cette diversité doit être considérée comme une richesse et un acquis. Mais elle nous lance aussi des défis. Dans ces conditions, des questions programmatiques importantes n'ont pas été tranchées, la référence au 'socialisme' ou à 'la lutte des classes' a parfois été gommée, la question de la participation au gouvernement laissée en suspens, des modes de fonctionnement divers et variés adoptés .. Le succès dans les urnes peut arriver vite et encourager des tendances électoralistes, voire carrément opportunistes.

Nous pensons que la meilleure façon de clarifier ces questions – non pas aux yeux d’une petite minorité de militants très politisés mais aux yeux du plus grand nombre – est de tester ensemble les hypothèses. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous continuons à penser que les révolutionnaires doivent maintenir leur propre organisation, avec leur propre presse, tout en participant pleinement et sans préalables à la construction de telles ‘nouvelles forces’. Les acquis des expériences révolutionnaires du passé– le besoin d’une analyse globale du système, le rôle central de la classe ouvrière, la nécessité d’un parti révolutionnaire, la place incontournable des questions de l’Etat et de l’impérialisme – sont plus que jamais de l’actualité.

L’heure est à l’audace. La constitution d’une force antilibérale unitaire aura sans doute des répercussions électorales – au moins nous l’espérons – même si le succès n’est pas garanti. La structure de la vie politique française signifie que, dans l’année à venir, le débat politique se mènera autour des élections présidentielles et législatives. Les élections ne sont jamais le terrain préféré des révolutionnaires, et nous devons constamment rappeler les dangers de l’électoralisme. Des millions de salariés et d’opprimés cherchent inévitablement à savoir «qui fera quelque chose pour nous?» au lieu de se demander «qu’est-ce qu’on peut faire ensemble pour imposer un rapport de forces?».

Mais elle produira sûrement d’autres effets en donnant de la confiance à tous ceux et à toutes celles qui ont la volonté de se battre contre ce système. L’unité dans les urnes encouragera l’unité et la combativité sur le terrain des luttes. Une campagne unitaire pour des candidats de la gauche radicale pourrait mettre en œuvre une force politique proche des luttes, lieu d’un débat riche entre anticapitalistes, catalyseur de mobilisations de masse, de reconstruction de syndicats démocratiques, capable de passer un cap vers une gauche radicale large et combative. Nous devons utiliser les élections comme tribune et aussi comme outil de construction d’alliances d’action.

La méthode qui consiste à poser nos conditions avant toute autre démarche conduira à la marginalisation de l’extrême gauche. Il est absurde, par exemple, de demander comme préalable à une telle alliance des promesses sur le long terme, comme un engagement de ne jamais gouverner avec le PS. La question de notre attitude dans le cas d'un deuxième tour droite/gauche doit également être abordée sans sectarisme. Nous devons rejoindre la campagne en défendant un programme de revendications radicales (retour aux 37,5 annuités, renationalisations ...), tout en expliquant régulièrement et fraternellement pourquoi nous ne croyons pas qu'un gouvernement avec le PS puisse défendre les intérêts des gens ordinaires. Nous pourrons ainsi défendre nos positions dans des centaines de débats, sans rester à l'écart et rater l'occasion d'un mouvement qui pourrait donner envie à toute une nouvelle génération de militer contre le capitalisme.

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