11 novembre 2006

 

TOUT EST ENCORE POSSIBLE !

Editorial du bulletin de Socialisme International, La Lettre de SI, n° 7 (novembre 2006)

Comment ne pas être découragés par la multiplication des candidatures à la gauche de la gauche ?

Bien sûr, on peut toujours se réfugier dans le dicton « mon parti a toujours raison ». Du côté de Lutte Ouvrière, c’est bien connu, les campagnes électorales n’ont qu’une valeur de témoignage. Elles servent à dénoncer tout ce qui ne va pas chez les autres, à mesurer son influence et à inciter les travailleurs à lutter – des objectifs certes respectables mais qui ne font pas une stratégie politique. Puis, les élections, ce n’est pas l’essentiel, ce sont les luttes (mais dans ce cas, pourquoi y mettre tant d’énergie ?).

Du côté de la LCR, la majorité souffre partiellement de ce syndrome, en étant un peu plus sensible à l’évolution du mouvement antilibéral et anticapitaliste. Cela a conduit à une attitude qui a été interprétée comme ambivalente, voire schizophrénique, envers les Collectifs pour des candidatures unitaires. Cette politique, qu’elle soit simplement maladroite ou le produit d’un sectarisme qu’on croyait révolu, a nui au développement du mouvement, et a contribué à créer une méfiance certaine envers la Ligue. Si elle a été suivie, par conviction ou par fidélité à la direction, par la majorité de l’organisation, elle est largement rejetée par ses sympathisants, ceux-là même qui étaient si importants pour la dynamique de la campagne d’O. Besancenot en 2002.

Au PCF, plusieurs stratégies sont en compétition. Pour les fondamentalistes tels M. Gremetz, la réaffirmation de l’identité du parti est un but en soi, avec tout ce que cela comporte comme sectarisme à l’encontre à la fois du PS et de l’extrême-gauche – un sectarisme hérité de la pire époque du stalinisme. Pour l’aile social-démocrate, seule une alliance avec le PS offre une sortie de l’isolement du parti – au prix sans doute à terme de sa dissolution pure et simple. Pour la direction du parti, cela n’a pas été facile à gérer, et la solution qu’elle a trouvée – présenter M-G Buffet comme candidate à la candidature des antilibéraux – n’a fait que repousser l’échéance.

Pour les Collectifs, une candidature Buffet signifierait l’échec du rassemblement « par en bas » et aurait comme conséquence leur transformation en comités de soutien à peine élargis à la candidate du PCF, au prix d’une démobilisation massive de la base. Pour toutes ces raisons, une telle satellisation du mouvement doit être rejetée, en faisant appel au bon sens des militants communistes qui se sont investis dans les Collectifs.

Malgré toutes ses raisons de se désespérer et des pronostics pessimistes plus ou moins intéressés, les Collectifs unitaires ont fait preuve d’une résilience et d’une maturité politique étonnantes. Bien sûr, certaines critiques de la Charte sont justifiées et certaines composantes des Collectifs ont des positions discutables. A Socialisme International, nous considérons que la gauche dans son ensemble n’a pas suffisamment pris en compte les problèmes liés au racisme et particulièrement à l’islamophobie. Il ne suffit pas de condamner « les discriminations » en général (expression fourre-tout utilisée pour masquer des divergences de fond).

Un processus de clarification politique est toujours nécessaire, mais il continuera bien après les élections de 2007. Il ne doit pas servir de prétexte pour casser la dynamique unitaire et empêcher l’unité autour d’un(e) candidate(e) acceptable à la grande majorité des militants. Plusieurs individus sont capables de porter leurs couleurs, surtout s’ils sont épaulés par d’autres porte-paroles y compris des responsables du PCF, de la LCR et d’autres partis et mouvements politiques.

Nous ne savons pas si un tel résultat est encore possible, ni si les Collectifs sont assez forts pour résister à la pression d’une concurrence avec des candidats du PCF, de LO et de la LCR. Nous ne devons pas sous-estimer, non plus, la tentation du vote "utile" en faveur du PS au premier tour que ressentiront tous les déçus d'un échec des Collectifs (et pas seulement les plus droitiers). Mais si ce scénario catastrophe se produit, ce sont les partis tout autant que le mouvement unitaire qui seront les perdants. Tout doit être fait pour ne pas gâcher une occasion qui ne se reproduira pas si vite.

NOUVELLE TRIBUNE DE LA PLATEFORME B DE LA LCR
Michèle ERNIS, Vanina GIUDICELLI

Le meeting du Mans, a été un événement (1500 participants) et son traitement mérite mieux que l'entrefilet persifleur publié dans le dernier Rouge. Nous retiendrons l'appel pressant au retour de la LCR dans le giron unitaire et des discours très nets sur les rapports avec PS. Des prises de positions dans la veine d'un texte «Ambition-Stratégie » qui s'accommode mal des formules alambiquées de MG Buffet. Toutes tentatives de s'affranchir du cadre commun sera à coup sûr aller à contre-courant du sentiment majoritaire dans les collectifs locaux et le collectif national.

D'emblée C.Debons donnait le ton : « Je le dis solennellement à O.Besancenot : ta place est à nos côtés dans ce combat ». J. Bové ajoutait : « Tant qu'il manque une personne à la tribune, parmi ceux qui étaient là en 2005, l'unité ne sera pas faite… Olivier on t'attend.» et de renchérir sur le refus d'un accord gouvernemental ou parlementaire avec le PS. Y.Salesse martèle qu'il est impossible de « tailler une cote moyenne entre ceux qui ont appelé à voter une Constitution qui grave dans le marbre le libéralisme et ceux qui le combattent. Nous n'irons pas au gouvernement avec eux » C.Autain ajoute : « O.Besancenot et la direction de la LCR doivent nous rejoindre parce que sur le fond, aucun désaccord majeur n'est apparu, et que sur la stratégie, nous sommes clairs : l'orientation actuelle de la direction du PS ne permet pas d'envisager un accord gouvernemental.» (1)

Cela traduit un double sentiment de plus en plus prégnant dans les collectifs : Les exigences de toute la LCR sur le refus d'un accord avec le PS en 2007 sont quasi unanimement partagées et l'opinion générale est que les réponses apportées sont suffisantes pour envisager un avenir commun à la gauche antilibérale. Les dizaines de milliers de militant(e)s unitaires ne comprendraient pas que la LCR refuse d'en être. Et cela d'autant moins que la majorité de la direction de la LCR n'a pas de divergences essentielles avec un programme qu'elle estime être en rupture avec le libéralisme et donc incompatible avec le social-libéralisme porté par la direction du PS.

Qu'en on juge:

Interdiction les licenciements dans les entreprises qui font des profits.
Les 35h partout, vers les 32h, sans perte de salaire sans annualisation ni aggravation de la flexibilité ou des conditions de travail.
Prise en charge à 100% des soins de santé et retraite à taux plein à 60 ans sur la base de 37,5 annuités et des 10 meilleures années de salaire.
Abrogation des lois de privatisation et remise en cause des directives de mise en concurrence (Poste, transport ferroviaire, télécom, énergie.).
Nouveaux services publics : pôle public de l'énergie (EDF-GDF), eau, traitement des déchets, logement, petite enfance, médicament,... Refus d'appliquer le pacte de stabilité et remise en cause de l'indépendance de la Banque centrale européenne.

Reste maintenant une question lancinante : Qu'est ce qu'une candidature isolée de la LCR défendrait de fondamentalement différent ?

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