17 mai 2009

 

Face à l'islamisme: l'autisme

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Un entretien avec François Burgat

/.../ Le label «islamiste» est dangereux car il sous entend que les actions de celui a qui il s’applique ne peuvent avoir de motivations qu’idéologiques et donc illégitimes. Dans l’idéal, il faudrait ne juger les acteurs que sur leurs actes et non sur le vocabulaire et les références qu’ils emploient pour les exprimer et les légitimer. On y verrait alors beaucoup plus clair : bien des modernisateurs démocrates autoproclamés apparaîtraient comme les tyrans qu’ils sont et les islamistes, systématiquement désavoués, comme de possibles partenaires des processus de libéralisation politique et de modernisation.

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15 janvier 2009

 

Dans les mosquées, la même volonté de prévenir les dérapages

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La Croix - Martine DE SAUTO - 14/01/2009

Je propose cet article dans La Croix pour ce qu'il nous renseigne sur l'impact du massacre à Gaza sur la communauté musulmane en France.

Imams et responsables d’associations s’efforcent de donner des repères à une communauté musulmane qui hésite entre colère et désarroi

Dans la plupart des mosquées, l’objectif est le même : canaliser la colère des fidèles afin de prévenir les dérapages. « Nous avons la responsabilité d’éviter toute confessionnalisation du conflit israélo-palestinien.

Il nous faut laisser de côté la religion, rappeler qu’il s’agit d’un problème politique qui doit trouver des solutions politiques », affirme ainsi Larbi Kechat, imam de la mosquée Adda’wa de Paris. « Ce qui se passe en Terre sainte nous concerne tous, croyants ou non-croyants.

Comme responsables musulmans, ici en France, nous devons d’abord permettre aux fidèles de comprendre ce conflit et définir un cadre pour agir », assure de son côté Amar Lasfar, recteur de la mosquée Al-Imane de Lille.

Exprimer une opinion « responsable »

Dans nombre de mosquées, les fidèles sont ainsi invités à se joindre aux manifestations organisées par des mouvements – tel le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens – pour demander l’arrêt des violences contre la population de Gaza, dénoncer les silences de la communauté internationale, interpeller les politiques.

« Nous sommes des citoyens comme les autres, révoltés et désireux de jouer un rôle, explique Khalid Jarmouni, président du centre culturel islamique de Franche-Comté, à Besançon. Nous voulons nous inscrire dans une action citoyenne, avec un discours cohérent et plausible qui laisse de côté la dimension religieuse, émotionnelle et affective, et constituer un mouvement de résistance globale non-violente pour qu’au-delà du conflit actuel des solutions soient trouvées. »

Imam et directeur de l’Institut européen des sciences humaines de Saint-Denis, Ahmed Jaballah insiste lui aussi sur l’importance d’exprimer, « dans le respect de la légalité et des autres », une opinion « responsable ».

Mais il invite également les musulmans à soutenir les associations humanitaires comme le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens, ou le Secours islamique, où les dons affluent depuis le début de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza.

La dimension spirituelle de la solidarité

« Les musulmans qui regardent les chaînes de télévision arabes sont très touchés par ce qu’ils voient, qui ne correspond pas à ce que montrent les chaînes françaises, très en deçà de la réalité, estime-t il. Entre amertume et désarroi, ils ont besoin d’exprimer cette part de vérité. Mais je les sensibilise aussi au devoir de leur apporter un soutien financier. »

Moins visible, la dimension spirituelle de la solidarité est bien réelle. Dans leur prière, les musulmans demandent à Dieu de protéger les victimes de l’injustice et de soulager leurs souffrances. Certains décident de jeûner ou participent à des veillées de prière, mettant, comme le dit l’un d’entre eux, « leur confiance en Dieu qui donne la force à ceux qui sont dans la faiblesse ».

Reste qu’un risque de débordements existe. Imams et responsables associatifs le savent et le redoutent. « Il y a une colère palpable et légitime », décrit Mohamed Henniche, secrétaire général de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93), qui réunit une quinzaine de mosquées indépendantes, parmi les plus importantes du département : « Nous rappelons que l’islam interdit de toucher un seul cheveu d’un juif.

Commettre des actes violents serait contraire à ce que nous voulons défendre. Mais tous les musulmans ne fréquentent pas la mosquée. Il y a des incontrôlés, des gens qui cherchent des embrouilles… L’UAM 93 entretient depuis longtemps des liens avec le Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis (CCJ 93). Nous avons le même souci : la paix sociale. Nous refusons d’importer un conflit extérieur. »

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08 janvier 2009

 

Retour sur la surprenante mobilisation de soutien au peuple palestinien

Paris, 3 janvier 2009 Photo lepoireaurouge


Sur le site Basta !, Ivan du Roy interviewe la sociologue Monique Crinon sur la nature du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien en France, notamment chez les musulmans. Monique a des choses fort intéressantes à dire sur l'incapacité de la gauche traditionelle à se lier à ce mouvement populaire.

/.../ L’évolution du mouvement de solidarité est très difficile à vivre pour des militants de la gauche qui ont beaucoup de mal à s’engager avec des gens qui expriment leur foi. C’est un débat qui dépasse largement la question palestinienne mais celle-ci la réactive. Ces militants de gauche fonctionnent souvent d’après la représentation d’un Islam homogène. Ils vont entendre un propos antisémite et en déduire que l’Islam et les Arabes sont antisémites. Bien sûr qu’il y a des dérapages mais ils ne sont pas plus présents chez les musulmans qu’ailleurs, y compris chez les juifs. A Toulouse, les Franciscains, initiateurs des cercles de silence en soutien aux sans-papiers, ont défilé lors de la manifestation de solidarité du 3 janvier. Cela n’a posé de problèmes à personne, au contraire. Au nom de la foi, qu’elle soit chrétienne, juive ou musulmane, on peut vivre des engagements aux côtés de non-croyants. C’est au nom de ces engagements que la solidarité se construit. L’Islam ne peut être un préalable.

N’y a-t-il pas un risque de fracture entre cette gauche classique et la base sociale, plutôt populaire et colorée, qui constitue massivement les cortèges des manifestations ?

Cette fracture est à l’œuvre depuis un moment. Cette « gauche classique », je commence d’ailleurs à me demander avec qui elle est en lien. La fragilité de la solidarité, l’incompréhension ou la difficulté de se positionner vis-à-vis des émeutiers de 2005 ont été l’expression de cette fracture entre les quartiers populaires et la gauche. En même temps, des liens se tissent, qu’il faut continuer à développer.

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12 novembre 2008

 

Conférence-débat : « L’islamophobie aujourd’hui »

A ne pas manquer, si vous êtes en région parisienne ...

Le samedi 29 novembre, 13h30 à St Denis

Comment réagir face à l’islamophobie ? Quels sont nos droits ? Quels sont les outils à notre disposition ? La montée de l’islamophobie en France nous interpelle, nous questionne. Face à ces interrogations, il est souvent simple d’emprunter une forme de résignation et de fatalisme. Pourtant, il existe une autre voie possible, celle de l’engagement et de la résistance sur le terrain politique et social. Il est impératif que nous prenions conscience de l’urgence de la lutte contre les discriminations et l’islamophobie. Engagement qui doit être porté par tous pour une présence musulmane responsable et une égalité de droits.

Intervenants :

Mouloud Aounit, président du MRAP, mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples
Fouad Imarraine, militant associatif (Centre Malcom X)
Omar Mahassine, imam et militant associatif
Samy Debah, président du CCIF, collectif contre l’islamophobie en France
Zhor Firar, militante associative (Emergence)

Lieu :

Eurosites La Plaine Saint-Denis
144 avenue du Président Wilson
93210 Saint-Denis La Plaine
RER B et D : Stade de France / Bus 153 : Arrêt La Montjoie

P.A.F : 5 euros

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05 octobre 2008

 

Y a-t-il un féminisme islamique ?



Un camion transportant des poireaux au Maroc

Le point de vue de la marocaine Nadia Yassine sur le site Alternatives

Une présentation sommaire de l'islamisme au Maroc

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16 septembre 2008

 

Allemagne: L'édification de nouvelles mosquées suscite des tensions

NOUVEAU (20 septembre 2008) Un article dans Libération sur le rassemblement de Cologne

Alors que les communautés musulmanes souhaitent disposer de lieux de culte visibles, les municipalités se heurtent à des résistances.

La ville de Duisbourg restera peut-être dans les annales comme un modèle d'intégration réussie. Fin octobre, cette cité de la Ruhr va inaugurer dans son quartier de Marxloh la plus grande mosquée d'Allemagne : l'édifice d'inspiration byzantine, surmonté d'une coupole de 23 mètres et de quatorze petites coupoles ainsi que d'un minaret de 34 mètres, pourra accueillir jusqu'à 1 200 croyants. Situé au nord de la ville, ce lieu de culte constitue l'un des rares exemples d'une coopération harmonieuse entre les institutions locales et la communauté musulmane. Du début à la fin, la mise en oeuvre du projet n'a suscité aucune controverse.

Ailleurs en Allemagne, les projets de construction de mosquées donnent lieu à des polémiques sans fin et cristallisent les peurs de la population. L'exemple de Cologne est le plus connu. Après deux ans de controverses, la municipalité a donné son feu vert à la construction d'une mosquée dans le quartier d'Ehrenfeld, jeudi 28 août. Hasard ou non, cette décision a été prise quelques jours avant le début de la période du ramadan, le 1er septembre. Les travaux devraient commencer début 2009 et s'achever fin 2010. Par ses dimensions - deux minarets se dresseront vers le ciel à 55 mètres de hauteur (contre 157 mètres pour la cathédrale) -, la mosquée de Cologne supplantera alors celle de Duisbourg.

" Il ne doit pas naître de société parallèle ", a déclaré Fritz Schramma, le maire chrétien-démocrate de la ville. L'élu, qui a défendu le projet de mosquée contre son propre parti, y voit un moyen de sortir l'islam des arrière-cours. Pendant des mois, partisans et opposants de cette construction s'étaient livré une lutte sans merci. L'intervention de personnalités telles que l'écrivain Ralph Giordano - il a protesté contre ce qu'il considère être " une démonstration de force de l'islam " -, ou de l'auteur Günter Wallraff, qui a proposé de lire dans les locaux de l'actuelle mosquée des extraits des Versets sataniques de Salman Rushdie, témoignent des tensions suscitées.

*DIALOGUE*

Même après la décision de la mairie, les opposants ne désarment pas. Pro Köln, un petit parti d'extrême droite, qui a rassemblé 23 000 signatures contre le projet, appelle à manifester le 20 septembre prochain à Cologne, où il a invité tout le spectre de l'extrême droite européenne pour un " congrès contre l'islamisation ". Parmi les orateurs annoncés figurent Jean-Marie Le Pen et Filip de Winter, du Vlaams-Belang belge. " Un bâtiment aussi tape-à-l'oeil ne contribue pas à l'intégration, et il y a de toute manière suffisamment de lieux de prières musulmans dans la ville ", affirme Markus Wiener, l'un des responsables de cette organisation. Il espère un changement de personnel politique à la mairie après les élections municipales de juin 2009 pour stopper le projet.

A l'image de Cologne, d'autres projets de mosquées suscitent des conflits dans plusieurs grandes villes allemandes, telles que Francfort, Berlin, Munich ou Kassel. Pourtant, sur près de 900 lieux de prières musulmans, seuls 206 sont des édifices représentatifs avec minaret ou coupoles, selon l'institut d'archives sur l'islam basé à Soest.

" Les gens s'inquiètent dès lors que l'islam devient visible alors que les politiques ne cessent de réclamer davantage de transparence ", fustige Aiman Mazyek, le secrétaire général du conseil central des musulmans d'Allemagne. Des travaux du sociologue Wilhelm Heitmeyer, de l'université Bielefeld, attestent d'une augmentation de l'islamophobie outre-Rhin. Un phénomène qui tend à se propager dans les milieux cultivés. Selon les analyses du sociologue, près de 27 % des Allemands affichent un rejet explicite des musulmans ; 35 % des Allemands sont pessimistes et critiques à leur égard.

" Les efforts doivent se faire des deux côtés, la société allemande tout comme les organisations musulmanes doivent apprendre à gérer ces conflits ", souligne l'expert. Duisbourg peut indiquer la voie à suivre. Les initiateurs de la mosquée de Marxloh ont fait preuve d'une grande ouverture au dialogue. " Ils ont coopéré très tôt avec les autorités locales ", raconte M. Mazyek. Dès 2001, un conseil consultatif comprenant des musulmans, des représentants des Eglises, des partis politiques, des écoles, des universités et des habitants du quartier, a été mis en place. " Créer la confiance était fondamental, confirme Zülfiye Kaykin, responsable du projet pour le Ditib (Union turque islamique pour la religion). Dans les autres villes, il y a souvent trop de distance entre la communauté musulmane et les autorités locales. " De son côté, la municipalité a toujours soutenu ce projet. " Le signal donné par les élites est essentiel dans ce type de conflit ", remarque M. Heitmeyer.

Les membres du Ditib ont également pris soin de garder une certaine mesure par rapport aux dimensions des autres bâtiments religieux de la ville. Ainsi, le clocher de l'église la plus proche reste bien plus élevé que le minaret de la mosquée de Marxloh.

*Cécile Calla*

© Le Monde

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18 avril 2008

 

Les filles voilées : parlons-en encore

NOUVEAU (20/01/2008) : Incendie volontaire dans une mosquée de la banlieue de Toulouse. Soyons clair : il existe un lien direct entre l'islamophobie 'républicaine' inscrite dans la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école et les actes islamophobes condamnés hypocritiquement par Alliot-Marie et Sarkozy.


Je reviens d'une des meilleures réunions auxquelles j'ai assisté depuis des mois sinon des années. Il s'agit d'une présentation du livre Les filles voilées parlent (Editions La fabrique, 2008) à la Librairie Tawhid à Saint-Denis. J'ai eu le plaisir d'écouter les interventions des trois auteurs, Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian (toutes excellentes), et de participer au débat très riche qui a suivi. Malheureusement j'étais apparemment le seul militant de gauche de Saint-Denis à considérer la réunion comme digne d'intérêt (ou peut-être qu'ils n'osent pas entrer dans un local qui se trouve à côté d'une salle de prière ?).

Provoquée inconsciemment par un participant un peu maladroit, une bonne dizaine des 35 personnes présentes (hommes/femmes, voilées/non-voilées, musulmans/non-musulmans) a pris la parole et la discussion a continué pendant plus de deux heures. Pour la majorité des intervenants, il ne pouvait y avoir de compromis sur la question d'une loi ('contre les signes religieux à l'école') jugée discriminatoire, raciste et sexiste. Considérer qu'elle peut être aménagée ou simplement contournée est non seulement irréaliste, mais dangereux dans la mesure où l'absence d'opposition ne peut qu'encourager d'autres attaques à l'avenir.

Le débat a porté plutôt sur le problème de la discrimination professionnelle contre les femmes voilées, les stratégies à adopter pour lutter contre les effets de la loi et plus généralement contre l'islamophobie, et beaucoup d'autres questions comme le rôle des médias, ou le choix d'enlever le voile pour trouver un travail ... Nous avons également discuté du concept de "neutralité de l'espace public", très utilisé à gauche et même à l'extrême gauche (1), qui représente en fait une dérive dangereuse (comme définir "l'espace public" ? quel sens donner à l'idée de neutralité ?).

Je ne peux que vous encourager à inviter les auteurs à animer une telle réunion dans votre ville ou quartier et bien sûr à lire et à commander des exemplaires du livre.

(1) Ainsi, Raoul-Marc Jennar, dans un long texte sous forme de lettre à Daniel Bensaïd sur le Nouveau parti anticapitaliste, parle de :

"la liberté de culte, c’est-à-dire à mes yeux, la laïcité qui elle seule garantit la liberté de croire ou de ne pas croire et neutralise l’espace public qui est l’espace commun où la liberté des uns ne peut agresser celle des autres. La remontée en puissance du fait religieux doit nous faire devoir d’expliquer que la laïcité est la forme la plus organisée de la tolérance."

Cette formulation me paraît pour le moins ambiguë. D'abord parce que la liberté religieuse ne peut être réduite à "la liberté de croire". Peut-on imaginer une société où il existait une "police de la pensée" à la George Orwell ? Non, la liberté religieuse, pour avoir un sens, doit inclure la liberté de pratiquer sa religion et de manifester ses croyances, y compris en faisant (pacifiquement) du prosélytisme.

En tant que militants révolutionnaires, nous revendiquons des libertés politiques qui comprennent le droit de manifester, de faire grève, de faire de la propagande (=prosélytisme). Je ne revendique pas le droit d'être marxiste chez moi ou de garder mes opinions pour moi. De quel droit interdirait-on ces droits aux croyants ?

Ensuite parce qu'il est impossible à savoir ce qui signifie l'expression : "la laïcité qui ... neutralise l'espace public". Je trouve personnellement l'idée d'un espace public "neutre" très triste. Elle trahit une vision monotone et grise de la société. Mais ce n'est pas simplement un problème d'ésthétique. Comme dit Pierre Tevanian, "neutralité" peut avoir un sens positif. Dans ce cas, le terme signifie des droits égaux pour tous et pour toutes, l'absence de discrimination. Ce n'est pas comme cela qu'elle est interprétée par l'immense majorité de ceux qui défendent "la tradition française de la laïcité". Pour eux, "neutralité" signifie absence de manifestations religieuses dans un "espace public" mal défini. Sauf que dans la pratique c'est une "neutralité" qui s'applique aux seuls musulmans.

Enfin, revenons au terme "espace public". Il est assez flou pour inclure des espaces appartenant à l'Etat (l'école "publique" ou les salles d'attente des services publics) mais aussi tout espace ouvert au public (squares, magasins, restaurants, marchés et même la rue). Qu'il soit utilisé par des militants de gauche dans ce contexte est assez désespérant. J'en ai déjà entendu qui disaient qu'ils se sentaient "menacés" en voyant une femme voilée, que cela ne se faisait pas "chez nous" ou même qu'ils avaient envie de "rentrer dedans". C'est ce qui explique le manque de réaction de la plupart de ces militants quand des mères voilées sont interdites de sorties scolaires ou de venir chercher leurs enfants à l'école.

On peut poser la question plus directement. Quelle différence y a-t-il entre un "philosophe" qui déplore doctement la présence de femmes voilées dans nos rues, le militant laïc qui voit une menace islamiste partout et veut les interdire et le sknihead qui les agresse physiquement ?

J'attends de nos dirigeants politiques une position ferme et de principe sur ces questions et qu'ils clarifient l'ambigüité de leurs formulations. Sinon je reste méfiant.

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12 avril 2008

 

La politique du voile : un livre important

Dans son livre The politics of the veil, Joan Wallach Scott, professeur à l'Université de Princeton, expose le caractère raciste du vote de la loi de 2004 interdisant les signes religieux à l'école. Trouvera-t-il un traducteur et un éditeur français ?

A commander sur Amazon.fr

Des livres de Joan W. Scott en français ...

Voir aussi Les filles voilées parlent ...

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18 mars 2008

 

Ce vendredi 21 mars à 19h30 à Paris

Présentation du livre : Les filles voilées parlent

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11 mars 2008

 

Communiqué du Mouvement des Indigènes de la République

Le Mouvement des Indigènes de la République ont toujours considéré la loi « anti-foulard » du 15 mars 2004 comme une loi raciste et sexiste.

En plus de l’immense injustice qu’a été cette loi, les exclusions qu’elle a entraîné et le climat de rejet qui s’est répercuté bien au-delà de l’école, il y a eu une confiscation de la parole des filles portant le foulard.

Quand elles n’étaient pas traitées en objet d’étude, elles étaient traitées en objet tout court.

Après une multitude de livres où toutes les composantes de la société française (politiques, savants, essayistes…) se sont autorisées à parler d’elles, paraît le 20 mars Les Filles voilées parlent : elles sont 45 à y prendre la parole dans les conditions qu’elles ont choisies.

Elles passent enfin du statut d’accusées au statut d’accusatrices.

Nous vous proposons donc une table ronde autour de ce livre en présence des trois coordinateurs-trices, Ismahane Chouder (membre du collectif « Une école pour tou-t-es » et anciennement présidente du collectif des « Féministes pour l’égalité »), Malika Latrèche (membre du collectif « Une école pour tou-t-es » et coprésidente du collectif des « Féministes pour l’égalité ») et Pierre Tevanian (professeur de philosophie, membre du collectif « Une école pour tou-t-es » et coanimateur du collectif « Les mots sont importants ») ainsi que certaines auteures (celles disponibles ce soir-là pour prendre la parole) des textes réunis dans le livre.

Vendredi 21 mars 2008 à 19h30 à la Maison Verte, 127-129 rue Marcadet, M° Lamark-Caulaincourt (ligne 12)

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22 février 2008

 

IRR: Protest against Daily Express' attacks on Muslims

IRR: Protest against Daily Express' attacks on Muslims

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19 février 2008

 

"Ce n'est pas l'islam qui envahit l'espace public, c'est la haine de l'islam"

Peu de journalistes ou personnalités, même de la 'gauche de la gauche', ont le courage de Denis Sieffert (rédacteur en chef de l'hebdomadaire Politis) quand il s'agit d'aller à contre-courant du 'consensus républicain'. En voilà un excellent exemple: Sur l’affaire Ayaan Hirsi Ali : Manipulations antilaîques
En France, des centaines de milliers de « musulmans d’origine » ont pris depuis belle lurette leurs distances avec la religion sans pour autant être la cible de « fatwas ». Elle a manié la provocation, qui, dans un domaine aussi sensible, ne peut guère conduire qu’à cet affrontement dont rêvent ses amis de l’American Enterprise Institute et les hôtes empressés de son escale parisienne. Cela dit, le mal étant fait, il faut évidemment protéger cette jeune femme. Mais, de grâce, cessons de l’exposer comme un parangon de vertu laïque. La laïcité, c’est d’abord une certaine discrétion. La loi de 1905 a organisé ­ espérons-le ­ définitivement la séparation entre les espaces public et privé. Or, dans cette affaire, ce n’est pas l’islam qui envahit l’espace public, mais la haine de l’islam. Et cela par tous les artifices de la publicité.

Ce n'est évidemment pas un hasard si c'est Rama Yade qui a été promue défenseuse en chef de cette réactionnaire, proche des néo-conservateurs américains. "La jeune femme" (comme les vieux journalistes hommes aiment bien l'appeler) dit qu'on ne doit pas la considérer comme une représentante des minorités visibles, mais plutôt comme quelqu'un avec des idées politiques de droite. Elle a bien raison - sauf que pour nous ce sont précisément ses idées de droite qui posent problème.

Le grand problème avec son argument, cependant, est qu'elle a bien une fonction en tant que femme noire dans la machine idéologique sarkozyste - celle de donner un air d'antiracisme et de féminisme à un gouvernement qui fixe des quotas de déportations, criminalise la révolte des jeunes, court après l'administration Bush, loue le rôle des autorités religieuses, accorde des avantages fiscaux aux plus riches, s'attaque aux retraites des travailleurs ...

Mais sans doute elle s'en fiche. Après ses sorties récentes pour défendre Nicolas Sarkozy là où même de nombreux membres de sa propre majorité expriment des doutes on peut lui prédire une promotion rapide.

DERNIERE : Rama Yade, atteinte de la folie, accuse la gauche de s'en prendre à elle "parce qu'[elle est] noire" ...

Sur le blog de Michel Soudais, de Politis, un témoignage accablant sur le comportement de 'petite cheffe' de Rama Yade :
"Capable de dire une chose et son contraire, d’embellir la réalité, de s’imposer face à une élue qui ne voulait pas de son parachutage, comme de se poser en victime, la benjamine du gouvernement a tout d’une grande. J’entends par là tous les atouts pour faire une carrière à l’UMP."


NOUVEAU (26/02/08) Des députés danois protestent contre l'éventuel remplacement d'un député d'extrême gauche par sa suppléante voilée. J'ai envie de popser la question autrement. C'est pour quand, un parlement (en France par exemple) à l'image de la population ?

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16 février 2008

 

Des tensions sociales au Danemark

La 'fléxisécurité' danoise a souvent été présentée comme un modèle à suivre par les partisans du CPE (Contrat première embauche) et d'autres contre-réformes libérales. Il y a peu de sujets de société, d'ailleurs, où "les pays du nord de l'Europe" ne sont pas cités en exemple.

Pourtant, le Danemark connaît les mêmes tensions sociales que d'autres pays développés. Des émeutes ont eu lieu en 2007. Aujourd'hui, le pays vit son sixième jour d'incidents, expliqués par la police, selon Reuters, par des températures élevées pour la saison, et les vacances scolaires. C'est un peu court comme explication.

Cet article dans Le Monde donne plusieurs raisons pour ces émeutes :

"/.../ tensions sociales dans les milieux issus de l'immigration, révolte contre le comportement de la police jugée raciste et violente, réactions à la recrudescence de contrôles antidrogue ou exaspération contre la nouvelle publication des caricatures de Mahomet."

Les pseudo-démocrates islamophobes ont évidemment sauté sur l'occasion pour dénoncer des "émeutes islamistes". En effet, la guerre des 'caricatures de Mahomet' vient d'être rallumée après l'arrestation de plusieurs suspects dans une affaire de tentative d'assassinat et la nouvelle publication par des médias danois et suédois d'un des dessins offensants.

Les militants de gauche doivent clairement exprimer leur solidarité avec les minorités victimes de discrimination et dénoncer le nouveau racisme qui cible prioritairement les communautés musulmanes.

L'exemple du Danemark démontre qu'aucun pays, aussi 'évolué' soit-il, n'échappe aux effets des politiques néo-libérales et aux contre-coups de l'offensive militaire lancée par les Etats-Unis et leurs alliés (dont le gouvernement danois fait partie).

Un journal socialiste révolutionnaire danois (en danois !) ...

Dans un article dans Le Courrier de Genève intitulé Surenchère caricaturale, Rachad Armanios dénonce la réaction des médias danois qui, comme Charlie Hebdo lors de la première affaire des caricatures, mettent délibéremment de l'huile sur le feu. Si l'on voulait assimiler tous les Musulmans à une poignée de fanatiques, on ne saurait mieux faire (et si c'était bien le but recherché ?).

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09 février 2008

 

Turkey eases headscarf ban

Le parlement turc a voté deux amendements à la Constitution réaffirmant l'égalité d'accès à l'enseignement supérieur et ainsi mettant fin à plus de dix années d'exclusion des jeunes femmes qui portent le foulard traditionnel. C'est un progrès. Mais la loi turque reste plus répressive que celle appliquée en France [la loi de 2004 excluant injustement les jeunes filles voilées de l'école ne s'applique pas aux universités], car elle continue d'interdire tout foulard ou voile qui couvre le cou. Malgré cela, le camp des antireligieux, soutenu notamment par la hiérarchie militaire, prévoit de manifester.

Voilà comme LA LIBRE BELGIQUE rapporte cette nouvelle ...

Dans cet article, Islam light : un produit qui se vend bien , Vincent Geisser dénonce le business islamophobe dont les market leaders sont des écrivains d'origine musulmane qui expriment, à longueur de colonnes et dans des bestsellers bien mis en avant dans toutes les librairies, leur mépris pour les musulmans ordinaires.

/.../ il existe bien un « complexe du colonisé » chez ces « nouvelles Lumières de l’Islam » qui se traduit par une tendance pathétique à affirmer : Je suis musulman mais je n’ai rien à voir avec cette masse musulmane ignorante. Complexe du colonisé réactualisé en ce début de XXIe siècle et qui frappe même certains « convertis » ou enfants de « convertis » qui, en définitive, assument mal leur statut de « musulmans » et finissent par surenchérir sur leur « modernité musulmane » et sur leur « islam intérieur » (self Islam), opposé à l’archaïsme et à l’islam ostensible de la majorité.

Il faut y voir ici l’une des conséquences paradoxales des nombreuses campagnes islamophobes : il y a ceux qui résistent en se renforçant dans leur foi et leurs convictions ; il y a ceux qui craquent. A certains égards, ces « nouvelles Lumières de l’Islam » sont aussi des « victimes » de l’islamophobie ambiante. Mais une position de « victimes » qui, dans leur cas précis, peut rapporter gros.

C'est d'ailleurs un phénomène qui ne se limite pas aux Musulmans. Chez les Noirs aux Etats-Unis, on appelait de tels individus des Oncle Tom.

Deuxième partie de l'article de Vincent Geisser sur les 'poupées Barbie de l'islam light' ...

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29 janvier 2008

 

"Les filles voilées parlent"


Nous sommes nombreux à ne pas avoir oublié la bêtise - la faute politique - qu'a commise la gauche française par son soutien ouvert ou honteux (la fameuse "ni loi ni voile de la LCR) à la loi discriminatoire de février 2004 dite "sur la laïcité" (en réalité un geste politique en direction des islamophobes).

Nous devons donc tous accueillir avec sympathie la sortie le 20 mars 2008 d'un livre "Les filles voilées parlent" (Editions Lafabrique). Qui n'a pas oublié la faute commise par la Commission Stasi qui au dernier moment et après des semaines de délibérations pompeuses et creuses où l'on voit se succéder des politiques, des proviseurs, des sociologues (dont certains n'ont pas dit que des idioties), des féministes (ou prétendues telles), des philosophes (idem), se souvient qu'elle n'avait invité aucune femme voilée, sans parler des jeunes filles scolarisées directement concernées ?

A commander et à lire dès sa parution.

En voici des extraits :

Mona: «L’argument du voile “symbole d’oppression des femmes”, je pose la question : oppression pour qui ? Pas pour moi. Je suis libre de mes choix, et si j’ai choisi de porter le foulard, c’est une expression de ma liberté. »

Nadjer : «À peine arrivée, quand ils m’ont vue avec mon voile, ils m’ont dit
que la place était prise. »

Malika : « Elle s’est exclamée “Vous comptez donc trouver un emploi avec ce que vous avez sur la tête ? Je me suis levée, je lui ai rappelé les lois de la république. »

Khadidja : « Notre exclusion était à l’ordre du jour, et je voyais des militants des Verts ou des JCR, ou même des féministes, qui me psychanalysaient ou qui faisaient de l’exégèse du Coran!»

Ismahane : « Nous étions plusieurs Féministes pour l’égalité à défiler, dont Malika et moi qui portions le voile, et un bonhomme furibard nous a apostrophées, parce que “Ni Dieu ni maître”. J’ai répliqué : “OK, mais alors toi, tu n’es pas mon maître ! (rires).»

Ce livre ne traite pas de « la question du voile ». Les trois personnages qui l’ont conduit – dont deux sont des femmes voilées – n’ont pas cherché à mener une enquête sociologique. On pourrait même dire, au contraire : celles qui parlent ici ne sont pas des objets d’étude, mais des sujets – il n’y pas de féminin à ce mot. Elles peuvent être drôles et insolentes, elles peuvent être en colère ou découragées, mais de témoignage en témoignage, au-delà de la diversité des tempéraments, des origines sociales, des contextes familiaux, des itinéraires spirituels et des parcours scolaires et professionnels, ce qui relie toutes ces filles et ces femmes, c’est l’expérience intime et violente de la stigmatisation.

Pierre Tevanian enseigne la philosophie à Drancy. Il coanime le collectif «Les mots sont importants» (www.lmsi.net) et a publié plusieurs livres, dont Le Dictionnaire de la lepénisation des esprits (L’Esprit frappeur, 2002), Le Ministère de la peur (L’Esprit frappeur, 2004), Le Voile médiatique (Raisons d’agir, 2005) et La République du mépris (La Découverte, 2007).
Ismahane Chouder est membre du collectif « Une école pour tou-te-s » et anciennement vice-présidente du collectif des «Féministes pour l’Égalité ». Elle a par ailleurs contribué à l’ouvrage collectif Le Livre noir de la condition des femmes (XO Editions, 2006).
Malika Latrèche s’investit dans « Une école pour tou-te-s » et défend les mamans exclues des sorties scolaires. Depuis octobre 2006, elle co-préside le collectif des « Féministes pour l’égalité ».

LU SUR UN BLOG AMI

Islamophobie en Belgique

RTL Info -- Le foulard interdit à Lierre pour les employées en contact avec le public

Une commune belge vient d'interdire [initialement sur proposition du parti flamand d'extrême-droite le Vlaams Belang] le port de "signes religieux" aux employés qui accueillent le public. Ceux qui pensent que de telles interdictions ne renforcent pas le racisme ferait bien de lire les centaines de commentaires sur le site web de RTL.

Une femme de ménage qui porte le foulard, par contre, cela ne gêne pas - tant qu'elle reste à sa place!

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03 janvier 2008

 

In Europe, where's the hate ?



Gary Younge

"Vous avez un enfant chez vous en Europe ?", une citoyenne âgée de Los Angeles demanda récemment à un journaliste britannique lors d'une croisière.

"Non", répondit-il.

"Alors il faut commencer bientôt", fut la réponse, "les Musulmans sont en train de se multiplier. Ils vont bientôt être les maitres."


Gary Younge raconte cette histoire dans un article publié dans The Nation pour démontrer la perception qu'ont bon nombre d'Américains de la situation en Europe.

Le principal danger en Europe, selon Younge, n'est pas "l'islamo-fascisme" mais ... le fascisme tout court. Celui d'une partie croissante de la population blanche.

"Les anti-sémites et les fanatiques les plus dangereux en Europe n'habitent pas les cités délabrées des banlieues mais fréquentent les couloirs du pouvoir. Ils ne sont pas musulmans, mais chrétiens. Le continent ne souffre pas d'une nouvelle forme de fanatisme importée du monde arabe ou du Maghreb, mais d'un de ses plus vieux virus chez ses populations les plus anciennes."

Read the article here ...

Younge est un excellent auteur dont les écrits méritent d'être mieux connus en France.

Nous avons publié un autre de ses articles il y a quelques mois.

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22 décembre 2007

 

Stigmatiser les étrangers, cela ne marche pas qu'en France ...

Un article dans Le Courrier (Genève) fait état d'un rapport sur la couverture médiatique de la récente campagne électorale en Suisse. Sans surprise, c'est la publicité donnée au parti xénophobe d'extrême droite, l'Union Démocratique du Centre (sic), qui a contribué le plus à définir la question des "problèmes" liés à l'immigration comme "préoccupaton principale" des citoyens. D'autant plus que les autres partis ont largement abandonné le terrain social.

NOUVEAU

En Australie, l'extrême droite essaie de mobiliser l'opinion contre le projet de construction d'une école islamique dans une petite ville près de Sydney (Le Monde, 5 janvier 2008)

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11 décembre 2007

 

Mais de quoi se mêlent-ils ? Un texte particulièrement rétrograde

signé par une coalition d'organisations dont la LICRA, SOS-Racisme et (bien sûr), Ni Putes Ni Soumises et publié par Libération le 10 décembre relance l'offensive contre les mères d'élèves voilées qui souhaitent participer, comme cela doit être leur droit, à la vie de la communauté en participant à des activités extra-scolaires.

Intitulé Laïcité : l’école et les enfants d’abord ! , ce texte déprimant exprime une vision autoritaire, étatique et monochrome de la société. Si certains de ses auteurs ont l'ambition de changer celle-ci - et ils sont parfois réputés de gauche -, nous nous demandons quel avenir ils nous réservent. Ce n'est pas une perspective très réjouissante, c'est le moins qu'on puisse dire.

Les parents d'élèves qui participent à la vie de l'école - et ils ne sont pas si nombreux que cela, en partie à cause de la frilosité d'une administration (et d'un corps d'enseignants) souvent recroquevillée sur elle-même - sont considérés ici comme des "auxiliaires" de l'Education nationale. Devenant par un coup de baguette linguistique des "agents" de l'Etat, ils tomberaient sous la coupe de la loi interdisant les signes religieux à l'école. C'est faire preuve d'une malhonneté intellectuelle flagrante (et nous prendre pour des imbéciles).

Quant au "devoir de réserve" et à la "neutralité" de l'école, tout le monde sait que c'est une pure hypocrisie.

"/.../ dans notre démocratie laïque, écrivent-ils, il n’existe pas de droits spécifiques en fonction d’une appartenance ethnique ou religieuse." Non, mais le droit d'expression religieuse et philosophique doit être un des fondements de notre société, et l'école a le devoir de le promouvoir activement.

L'école publique doit être la première à défendre les minorités, les pauvres et les discriminées - au lieu d'agir comme un repoussoir, comme c'est trop souvent le cas (nos très prétentieux représentants de l'"autorité de l'Etat" qui sont nos recteurs d'académie et autres inspecteurs de l'Education nationale peuvent-ils expliquer pourquoi de nombreuses familles immigrées modestes font d'énormes sacrifices pour mettre leurs enfants dans des écoles privées, considérant à tort ou à raison que le personnel de l'école publique ne les traite pas de façon équitable, voire est raciste ?)

Quelle régression anti-démocratique, surtout venant d'un cartel d'associations comprenant des "défenseurs des droits de l'Homme" !

Pour une école ouverte à tou(te)s, accueillante et ouverte à la société ! Les mères d'élèves voilées ou pas sont les bienvenues !

LE POIREAU ROUGE SOUHAITE UN JOYEUX AÏD EL KEBIR A TOUS SES LECTEURS (EXPLICATION ICI SUR LE SITE 'ATHEISME')

Nos croisés de la laïcité font des émules dans le pays du multiculturalisme. Interdire à des jeunes filles musulmanes ... de jouer au foot (signe ostentatoire de la soumission ?) parce que certains membres de leur équipe portent le foulard ce n'est pas bête ? (Merci à John Mullen pour cette info)

Alberta : L'interdiction du hidjab empêche une équipe de soccer de jouer
La Presse Canadienne, 09/12/2007 20h01

À la suite de l'interdiction du foulard islamique, qui a empêché une jeune Albertaine de jouer au soccer, toute une équipe de jeunes musulmanes se voit maintenant empêchée de jouer.

Au début du mois, l'Association de soccer de l'Alberta a annoncé que le port du foulard islamique serait temporairement prohibé après qu'un arbitre eut interdit à Safaa Menhem de porter le voile au cours d'un match, à Calgary.

La jeune fille de 14 ans a pu reprendre le jeu après avoir accepté de porter un hidjab modifié qui s'attache derrière le cou, mais l'équipe de soccer féminine Al-Ikhwat, d'Edmonton, a fait savoir qu'elle doit maintenant annuler les parties.

L'association a expliqué que l'interdiction temporaire lui permettrait d'examiner le degré de sécurité du voile religieux, et de déterminer si elle autorisera l'utilisation d'un hidjab de sport muni d'une bande Velcro sous le menton, qui est permis par l'Association canadienne de soccer.

Mais Sheena Alami, une fille d'immigrants afghans âgée de 16 ans, membre de l'équipe, soutient avoir porté le foulard en jouant au soccer et au basket-ball pendant des années, sans problème.

Treize des 18 jeunes filles de l'équipe portent le hidjab, et l'équipe a joué tout l'été sans incident.


Femme dévoilée, femme libérée ?Lire cet article de Laila Lalami (traduit de The Nation):

/.../ Il y a en France actuellement une vaste hypocrisie qui consiste à invoquer la liberté d'expression quand des dessinateurs de Ch*rl*e H ou de Fr*nce S*ir offensent les sensibilités des musulmans mais à rester obstinément silencieux quand on refuse le droit à une femme de religion musulmane de disposer librement de son corps.

Cela relève de la même hypocrisie quand le champion de foot Zidane est simplement qualifié de "citoyen français" alors que Zacarias Moussaoui est présenté comme "citoyen français d'origine marocaine".

Cela relève de la même hypocrisie quand se constituent des comités de soutien aux professeurs de Flers qui refusent d'enseigner à des jeunes filles qui portent le foulard alors que parallèlement le fait que 40% des jeunes Français (dont beaucoup sont d'origine nord africaine) des quartiers pauvres ne trouvent pas de travail semble complètement occulté.

Cela relève de la même hypocrisie quand on célèbre l'engagement des soldats nord-africains dans la seconde guerre mondiale contre les nazis mais qu'on ne leur verse pas, jusqu'à l'an dernier, la même retraite qu'à leurs homologues français.

Cela relève de la même hypocrisie quand l'humoriste Dieudonné est condamné pour ses remarques ignoblement racistes sur les juifs, alors qu'on absout l'ancien rédacteur en chef du Point, Claude Imbert, quand il déclare: " Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire".

Enfin, cela relève de la même hypocrisie quand on mobilise une énergie intellectuelle démesurée et des ressources publiques énormes pour une poignée d'élèves qui portent un foulard alors qu'on ne fait pratiquement rien pour garantir à ces jeunes filles (dont la plupart sont confinées dans des écoles défavorisées, appelées ZEPs - zones d'éducation prioritaires), les mêmes chances en matière d'éducation et d'emploi que leurs compatriotes de "souche européenne".

Et en fin de compte, les polémiques successives en France ont servi à détourner l'attention sur les vrais problèmes et ont apporté de l'eau au moulin aux fondamentalistes de l'islam, qui recrutent les jeunes en leur disant que la France ne veut pas d'eux. Le foulard en France n'est rien de plus qu'une feuille de vigne: quel que soit le temps qu'on passe à la regarder, on finira par avoir à affronter la crudité du racisme et de la discrimination. Le racisme nu et cru.

Pour paraphraser un autre philosophe français, je ne suis pas d'accord avec le port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient le droit de le porter.

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07 novembre 2007

 

La reconnaissance d'un racisme spécifiquement anti-musulman


par Mouloud Aounit. Lire l'article ...

/.../ L’islam, en tant que tel, jouait au début plutôt un rôle secondaire dans l’expression de ce racisme qui ciblait les populations arabes et berbères en tant que telles. Cependant, dans l’imaginaire collectif, l’islam sera toujours présent au second plan comme marque de distinction, puisque l’appartenance
confessionnelle a joué un rôle essentiel dans la répartition des groupes de population en Afrique du Nord sous la domination coloniale. Mais la stigmatisation de l’islam en tant que tel sera introduite, comme « marqueur » idéologique, dans le débat public à partir du début des années 1980.




Une jeune danoise remarquable , Asmaa Abdol-Hamid ose tenir tête aux islamophobes de droite et de gauche.

Y a-t-il parmi nos lecteurs quelqu'un capable de traduire du danois (en français ou en anglais) ? Voici le lien vers le site de la liste Enhedlisten (Unité) sur laquelle se présente la camarade Asmaa.

Asmaa: Fuld folkepension til de fattige ældre indvandrere
I Danmark har tusinder af ældre indvandrere, der kom til landet på grund af mangel på arbejdskraft i starten af 70’erne, ikke ret til fuld folkepension.


Les mosquées britanniques essayent de se moderniser :
Un article qui montre comment il est absurde de raisonner comme si l'islam était un mode de pensée immuable, et les musulmans des gens incapables de comprendre le monde d'aujourd'hui. Au Royaume-Uni, des mosquées encouragent la participation des jeunes et des femmes, et se demandent comment se démocratiser. Un des buts, il est vrai, est de combattre l'"islamisme". Mais cela ne signifie pas nécessairement aller dans le sens de la "guerre contre le terrorisme" de Bush et de Brown.

NOUVEAU : L'Alliance Rouge et Verte danoise a reculé lors des élections du 13 novembre, recueillant 2,17% des voix. L'Alliance possède 4 députeés au parlement, au lieu de 6 auparavant. Ce revers erait-il dû au fait qu'elle a présenté Asmaa Abdol-Hamid, une jeune femme voilée - qui d'ailleurs n'a pas été élue ? Un petit article dans Rouge l'explique par "la façon dont elle a parlé de la religion". Solidaire des musulmans(e)s, la LCR ???

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23 octobre 2007

 

Quand la gauche belge débat le foulard ...



Nadine Rosa-Rosso : "Peut-on libérer les gens malgré eux ?"

Et si le foulard pouvait libérer ?

A propos de la pétition sur la « place des convictions philosophiques à l’école »

Je ne signe pas la pétition intitulée « La place des convictions philosophiques à l’école ». Malgré toutes ses précautions oratoires, elle vise uniquement le port du foulard par les jeunes filles musulmanes et certaines conceptions attribuées à la seule religion musulmane. Existe-t-il un autre « signe ostensible d’appartenance philosophique ou religieuse » qui fasse débat dans la Belgique d’aujourd’hui ?

Mais pour éviter le mot fatidique, la pétition s’est un peu égarée.

La loi française du 15 mars 2004 sur le sujet se limitait à ceci : « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ». Or la pétition belge va beaucoup plus loin. Elle concerne non seulement les conceptions religieuses, mais aussi philosophiques. Elle concerne non seulement les écoles publiques, mais aussi les écoles subventionnées par l’Etat.

Rallumer la guerre scolaire ?

Une telle loi entraînera un grand nettoyage de toutes les écoles catholiques subsidiées par l’Etat : plus de crucifix, plus de références affichées à telle déclaration du pape. Comment pourrait-on interdire aux élèves et aux enseignants d’afficher des signes religieux, tout en tolérant qu’ils garnissent les murs de l’institution ? Autrement dit, la pétition rallume la guerre scolaire. C’est d’ailleurs ainsi que le président du Conseil interdiocésain des laïcs, Paul Löwenthal, l’a compris. Il déclare dans une Carte blanche du Soir du 18 juin 2007 : « Loin de donner leur place aux religions, elle (la pétition) demande de les en exclure. Et elle met en cause l’existence même des écoles confessionnelles ». Son interprétation est parfaitement légitime.

Il faudra que la loi revendiquée précise ce qu’elle entend par « signe ostensible d’appartenance philosophique ou religieuse ». Une barbe naissante sur le menton des jeunes garçons ? Un crâne rasé ou une coiffure rasta ? L’étoile de David en pendentif ? L’imagination des jeunes pour exprimer leurs convictions est sans limite. Et c’est tant mieux. Plutôt que d’interdire les signes des convictions philosophiques ou religieuses, ne faudrait-il pas encourager les jeunes à exprimer la diversité de leurs convictions comme de leurs doutes ? N’est-ce pas ainsi qu’il faut interpréter l’article 24 de notre constitution : « La communauté organise un enseignement qui est neutre. La neutralité implique notamment le respect des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses des parents et des élèves » ? La neutralité ne se réalise pas par des interdits mais par la diversité des convictions et le respect des individus.

Fini de contester !

La pétition met en cause la « contestation des contenus mêmes des cours ». Ce genre de formulation est dangereux. D’une part il y a le programme des cours, d’autre part il y a le débat nécessaire avec les jeunes sur ce qu’ils pensent du contenu des leçons données. Il faut encourager les jeunes à exprimer leurs divergences sur le contenu, sinon ils remettront en question leur participation aux cours, ce que nous ne voulons pas.

Les enseignants sont débordés par la situation dans les écoles, c’est vrai. L’avenir que notre société réserve à nos enfants est le principal problème à résoudre et les enseignants le savent très bien. Ajouter une série d’interdits dans une telle pétaudière ne résoudra rien au problème, il ne fera que l’aggraver. Il serait bien plus utile de revendiquer plus d’enseignants, plus d’éducateurs, plus de temps pour la réflexion et l’échange pédagogiques notamment.

La pétition invite les jeunes à « l’intériorisation de leurs convictions philosophiques ». Les jeunes ont donc « droit à des convictions », mais ils sont priés de les intérioriser. Si le droit d’avoir des convictions n’est pas lié au droit de les extérioriser, c’est un droit creux. Cet interdit supplémentaire ne fera que creuser le fossé entre professeurs et élèves. Un exemple. Selon la pétition, la mixité sociale est une « valeur fondatrice de notre société ». Va-t-on interdire aux élèves de contester ce point de vue ? Si « mixité sociale » signifie que les riches se mélangent avec les pauvres, où cette « valeur » est-elle appliquée ? Dans l’enseignement, les quartiers ou les entreprises, sur les espaces commerciaux ou de loisirs ? Comme enseignant(e), allez dire aux quelque 60.000 jeunes qui fréquentent l’enseignement professionnel : « Notre société est fondée sur la mixité sociale ; vous êtes priés de ne pas contester cette idée, mais comme nous sommes tolérants, vous avez le droit de penser, mais seulement de penser, qu’il n’y a pas une fille ou fils de bourgeois dans votre classe ». Il n’y a pas plus d’arguments scientifiques pour prouver que la mixité sociale a fondé notre société que pour affirmer que Dieu l’a créée. Cessons donc de présenter notre société comme idyllique et nous-mêmes comme les plus malins, alors que nous sommes tout simplement en train de liquider des droits élémentaires. Ne confondons pas droits et valeurs

Des féministes s’en prennent au foulard au nom de la libération de la femme. Mais peut-on libérer les gens malgré eux et, de plus, en leur retirant un droit ? Pour un(e) démocrate, le droit de porter le foulard va évidemment de pair avec le droit de ne pas le porter. Accorder un droit ne signifie nullement qu’on milite pour l’exercice de ce droit. Réclamer le droit au divorce ou à l’interruption de grossesse ne signifie nullement la propagande en faveur du divorce ou de l’avortement. La société définit des droits pour la vie en collectivité et les individus exercent ces droits selon leurs valeurs propres. La dérive sur les valeurs, que nos sociétés redécouvrent soudainement quand il s’agit de l’immigration, a conduit la France de Sarkozy à se doter d’un ministère de « l’identité nationale et de l’immigration ». Aux Pays-Bas, elle a conduit un parti de gauche comme le SP à redécouvrir les bienfaits de la monarchie et la mission civilisatrice des colonies. Des athées mènent le combat contre le foulard au nom de la lutte contre la religion. Mais on ne fait pas reculer la religiosité des gens en leur interdisant de manifester leur culte. Je crains qu’on obtiendra ainsi le résultat contraire et c’est compréhensible.

L’enjeu politique : l’exemple français

En France, c’est le journal d’extrême droite Minute qui a lancé la première attaque contre le foulard en diffusant, en 1983, l’image d’une Marianne voilée. C’est un maire de droite (RPR) qui a choisi l’affrontement avec trois jeunes filles, à Creil, le 4 octobre 1989. Le résultat direct est que le nombre de jeunes filles voilées a augmenté très rapidement. Parlant de la loi du 15 mars 2004, l’historien Gérard Noiriel note : « Le succès a été total puisque le texte présenté par la droite a été voté par la gauche et qu’en plus cette affaire a provoqué de très fortes divisions en son sein » |1|.

Noiriel souligne que les jeunes filles incriminées appartenaient aux classes dominées. L’appartenance sociale des jeunes filles portant le foulard n’a jamais été prise en compte pas plus que la différence de la situation de la femme dans un pays islamique ou dans un pays comme la France.

L’exemple français mérite d’être médité. D’une caricature d’extrême droite à une loi votée par toute la classe politique, il n’a fallu que vingt ans pour opérer un « tournant dans l’histoire des discours sur l’immigration[[idem, p. 639] ] ». Et ce n’est malheureusement pas le seul thème où les conceptions les plus à droite ont gagné presque toute la classe politique. Et si la foi soulevait des montagnes ?

Au moment où j’achevais ce texte, la RTBf programmait un reportage sur le foulard. Un groupe de jeunes filles portant le foulard entament leurs études de médecine à l’Université Libre de Bruxelles. Leur seule présence dans cette faculté réfute les préjugés véhiculés par la pétition. Ces jeunes filles contribuent à la mixité sociale de l’université. Quarante ans après mai 68, les enfants des couches populaires y sont toujours une minorité. Pour y arriver, ils doivent vaincre bien plus d’obstacles que les autres enfants. Elles contribuent aussi à la mixité des genres. Elles prouvent ainsi que la religion musulmane ne constitue pas en soi un handicap à l’accession des jeunes filles aux études supérieures. Leur foi ne les empêche pas d’étudier la biologie et de combiner la croyance en un créateur et l’étude des méthodes scientifiques.

Le libre examen devrait reconnaître à ces jeunes filles leur droit inconditionnel à poursuivre leurs études. Mais non, il leur est ordonné de renoncer au foulard avant d’entrer dans un laboratoire. Rebelles, elles sont convoquées chez un haut responsable de la faculté. Et quel argument rationnel donne le représentant officiel du libre examen et de la méthode scientifique ? « Ici, nous ne sommes pas au Club Med ». Fin de citation. Depuis la maternelle jusqu’à l’université, je n’ai fréquenté que les bonnes écoles de la Ville de Bruxelles et le temple du libre-examen. Je n’ai jamais été croyante mais j’ai toujours eu la faiblesse de croire en la bonté du genre humain. Face à ces jeunes filles, nous les athées libre-exaministes, sommes-nous incapables d’émettre une hypothèse inverse à celle de la pétition ? A savoir que c’est peut-être la foi qui a aidé ces jeunes filles à vaincre tous les obstacles sur le chemin de leur émancipation ? Et si cette foi-là implique le port du foulard, en quoi cela nous regarde-t-il ?

|1| Ce bref historique est tiré du livre de Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXème-XXème siècle), Discours publics, humiliations privées, Fayard, 2007, pp 634 et suivantes


NOTE Une excellente réponse à une pétition réclamant l'interdiction des signes religieux en Belgique. Il semblerait qu'une partie de la gauche belge veut répéter les mêmes erreurs que la gauche française.

Disons-le une nième fois, vouloir interdire les signes religieux à l'école ou restreindre les droits des femmes musulmanes (il n'y a que les femmes qui sont touchées par de tels interdits), c'est une capitulation pure et simple à l'islamophobie.

Lire cet article paru dans la revue Socio-anthropologie, n° 17/18 (2006) ayant comme thème central, Religions et modernités, La modernité de Dieu : Regard sur des musulmanes d’Europe libres et voilées, de Nadine Weibel

/.../ cette tenue contemporaine n’a rien à voir avec un voilement traditionnel et s’en démarque radicalement. Il s’agit d’un vêtement résolument urbain, donc moderne, puisque de tous temps, sous toutes les latitudes, les villes ont symbolisé la modernité. C’est dans les villes que naissent les modes rapidement copiées par les régions rurales. Le hijâb est donc apparu aux alentours de 1970 dans les universités du Machrek avant de rejoindre celles du Maghreb. Dès les années 1980, il fait partie du paysage urbain européen avant de s’étendre à l’ensemble des pays musulmans sur les cinq continents. Il s’agit bien là d’un phénomène issu de la modernité où la notion culturelle est balayée au profit de celle de l’appartenance au groupe de croyance. Aujourd’hui il apparaît comme une étape inéluctable dans l’existence de ces croyantes et il est associé à l’islam du xxie siècle.

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