11 décembre 2007

 

Mais de quoi se mêlent-ils ? Un texte particulièrement rétrograde

signé par une coalition d'organisations dont la LICRA, SOS-Racisme et (bien sûr), Ni Putes Ni Soumises et publié par Libération le 10 décembre relance l'offensive contre les mères d'élèves voilées qui souhaitent participer, comme cela doit être leur droit, à la vie de la communauté en participant à des activités extra-scolaires.

Intitulé Laïcité : l’école et les enfants d’abord ! , ce texte déprimant exprime une vision autoritaire, étatique et monochrome de la société. Si certains de ses auteurs ont l'ambition de changer celle-ci - et ils sont parfois réputés de gauche -, nous nous demandons quel avenir ils nous réservent. Ce n'est pas une perspective très réjouissante, c'est le moins qu'on puisse dire.

Les parents d'élèves qui participent à la vie de l'école - et ils ne sont pas si nombreux que cela, en partie à cause de la frilosité d'une administration (et d'un corps d'enseignants) souvent recroquevillée sur elle-même - sont considérés ici comme des "auxiliaires" de l'Education nationale. Devenant par un coup de baguette linguistique des "agents" de l'Etat, ils tomberaient sous la coupe de la loi interdisant les signes religieux à l'école. C'est faire preuve d'une malhonneté intellectuelle flagrante (et nous prendre pour des imbéciles).

Quant au "devoir de réserve" et à la "neutralité" de l'école, tout le monde sait que c'est une pure hypocrisie.

"/.../ dans notre démocratie laïque, écrivent-ils, il n’existe pas de droits spécifiques en fonction d’une appartenance ethnique ou religieuse." Non, mais le droit d'expression religieuse et philosophique doit être un des fondements de notre société, et l'école a le devoir de le promouvoir activement.

L'école publique doit être la première à défendre les minorités, les pauvres et les discriminées - au lieu d'agir comme un repoussoir, comme c'est trop souvent le cas (nos très prétentieux représentants de l'"autorité de l'Etat" qui sont nos recteurs d'académie et autres inspecteurs de l'Education nationale peuvent-ils expliquer pourquoi de nombreuses familles immigrées modestes font d'énormes sacrifices pour mettre leurs enfants dans des écoles privées, considérant à tort ou à raison que le personnel de l'école publique ne les traite pas de façon équitable, voire est raciste ?)

Quelle régression anti-démocratique, surtout venant d'un cartel d'associations comprenant des "défenseurs des droits de l'Homme" !

Pour une école ouverte à tou(te)s, accueillante et ouverte à la société ! Les mères d'élèves voilées ou pas sont les bienvenues !

LE POIREAU ROUGE SOUHAITE UN JOYEUX AÏD EL KEBIR A TOUS SES LECTEURS (EXPLICATION ICI SUR LE SITE 'ATHEISME')

Nos croisés de la laïcité font des émules dans le pays du multiculturalisme. Interdire à des jeunes filles musulmanes ... de jouer au foot (signe ostentatoire de la soumission ?) parce que certains membres de leur équipe portent le foulard ce n'est pas bête ? (Merci à John Mullen pour cette info)

Alberta : L'interdiction du hidjab empêche une équipe de soccer de jouer
La Presse Canadienne, 09/12/2007 20h01

À la suite de l'interdiction du foulard islamique, qui a empêché une jeune Albertaine de jouer au soccer, toute une équipe de jeunes musulmanes se voit maintenant empêchée de jouer.

Au début du mois, l'Association de soccer de l'Alberta a annoncé que le port du foulard islamique serait temporairement prohibé après qu'un arbitre eut interdit à Safaa Menhem de porter le voile au cours d'un match, à Calgary.

La jeune fille de 14 ans a pu reprendre le jeu après avoir accepté de porter un hidjab modifié qui s'attache derrière le cou, mais l'équipe de soccer féminine Al-Ikhwat, d'Edmonton, a fait savoir qu'elle doit maintenant annuler les parties.

L'association a expliqué que l'interdiction temporaire lui permettrait d'examiner le degré de sécurité du voile religieux, et de déterminer si elle autorisera l'utilisation d'un hidjab de sport muni d'une bande Velcro sous le menton, qui est permis par l'Association canadienne de soccer.

Mais Sheena Alami, une fille d'immigrants afghans âgée de 16 ans, membre de l'équipe, soutient avoir porté le foulard en jouant au soccer et au basket-ball pendant des années, sans problème.

Treize des 18 jeunes filles de l'équipe portent le hidjab, et l'équipe a joué tout l'été sans incident.


Femme dévoilée, femme libérée ?Lire cet article de Laila Lalami (traduit de The Nation):

/.../ Il y a en France actuellement une vaste hypocrisie qui consiste à invoquer la liberté d'expression quand des dessinateurs de Ch*rl*e H ou de Fr*nce S*ir offensent les sensibilités des musulmans mais à rester obstinément silencieux quand on refuse le droit à une femme de religion musulmane de disposer librement de son corps.

Cela relève de la même hypocrisie quand le champion de foot Zidane est simplement qualifié de "citoyen français" alors que Zacarias Moussaoui est présenté comme "citoyen français d'origine marocaine".

Cela relève de la même hypocrisie quand se constituent des comités de soutien aux professeurs de Flers qui refusent d'enseigner à des jeunes filles qui portent le foulard alors que parallèlement le fait que 40% des jeunes Français (dont beaucoup sont d'origine nord africaine) des quartiers pauvres ne trouvent pas de travail semble complètement occulté.

Cela relève de la même hypocrisie quand on célèbre l'engagement des soldats nord-africains dans la seconde guerre mondiale contre les nazis mais qu'on ne leur verse pas, jusqu'à l'an dernier, la même retraite qu'à leurs homologues français.

Cela relève de la même hypocrisie quand l'humoriste Dieudonné est condamné pour ses remarques ignoblement racistes sur les juifs, alors qu'on absout l'ancien rédacteur en chef du Point, Claude Imbert, quand il déclare: " Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire".

Enfin, cela relève de la même hypocrisie quand on mobilise une énergie intellectuelle démesurée et des ressources publiques énormes pour une poignée d'élèves qui portent un foulard alors qu'on ne fait pratiquement rien pour garantir à ces jeunes filles (dont la plupart sont confinées dans des écoles défavorisées, appelées ZEPs - zones d'éducation prioritaires), les mêmes chances en matière d'éducation et d'emploi que leurs compatriotes de "souche européenne".

Et en fin de compte, les polémiques successives en France ont servi à détourner l'attention sur les vrais problèmes et ont apporté de l'eau au moulin aux fondamentalistes de l'islam, qui recrutent les jeunes en leur disant que la France ne veut pas d'eux. Le foulard en France n'est rien de plus qu'une feuille de vigne: quel que soit le temps qu'on passe à la regarder, on finira par avoir à affronter la crudité du racisme et de la discrimination. Le racisme nu et cru.

Pour paraphraser un autre philosophe français, je ne suis pas d'accord avec le port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient le droit de le porter.

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Comments:
bravo!
parfaitement d'accord.
Vive la liberté, l'humanisme, et le bon sens!
 
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