14 mai 2009

 

La Fédération des Femmes du Québec contre l'interdiction des signes religieux dans les services publics

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Des féministes pour l'ouverture et la tolérance ...

LA FÉDÉRATION DES FEMMES DU QUÉBEC PREND POSITION – NI OBLIGATION RELIGIEUSE, NI INTERDICTION ÉTATIQUE

Québec, le samedi 9 mai 2009 – Réunies aujourd’hui en assemblée générale spéciale, à Québec, les membres de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ont appuyé la position proposée par leur conseil d’administration sur les signes religieux. En même temps qu’elles s’opposent à l’obligation qui est faite aux femmes de porter des signes religieux ici et ailleurs dans le monde, elles s’opposent également à l’interdiction du port de cessignes au sein de la fonction et des services publics québécois. « Pas d’obligation, pas d’interdiction », de déclarer Michèle Asselin. La Fédération des femmes du Québec s’affirme pour l’intégration et pour la liberté.

Pour élaborer sa position, l’organisme féministe a abordé le sujet sous trois angles : l’analyse féministe, la discrimination que vivent les femmes immigrantes ou racisées et le modèle québécois de laïcité.

L'ANALYSE FÉMINISTE

Dans le débat autour du port de signes religieux, le foulard islamique (hidjab) revient toujours. L’analyse féministe, qui vise l’égalité entre les femmes et les hommes, ne peut ignorer l’existence d’inégalités entre les femmes elles-mêmes. On doit donc tenir compte du croisement des multiples discriminations subies par les femmes issues de groupes ethnoculturels et racisés, discriminations qui les contraignent à des situations de vulnérabilité et d’exclusion encore plus importantes que pour l’ensemble des femmes. Interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques aurait pour effet d’augmenter la discrimination à l’égard de femmes déjà discriminées et d’entraver ainsi la poursuite de leurautonomie
financière.

« Les principes de l’analyse féministe s’appuient, entre autres, sur la nécessité de respecter le rythme, les choix, les valeurs et les besoins des femmes concernées », d’ajouter Mme Asselin.

LA DISCRIMINATION VÉCUE PAR LES FEMMES IMMIGRANTES ET RACISÉES

La Fédération des femmes du Québec est d’avis qu’interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques aurait pour effet d’augmenter la discrimination à l’égard de femmes déjà discriminées et de les stigmatiser au sein d’autres institutions ou milieux de travail, voire dans l’espace public. Le danger est réel qu’une mesure allant dans le sens de l’interdiction provoque un renfermement sur soi, un repli identitaire, de certains groupes minoritaires dans la société. Cette ghettoïsation favoriserait le maintien de traditions d’origine souvent défavorables aux femmes et, par conséquent, contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes. Par sa prise de position contre l’interdiction du port de signes religieux, la FFQ prône plutôt le processus d’intégration à la société d’accueil, à ses valeurs et à ses droits fondamentaux, par un véritable accès à l’emploi tant dans les secteurs public que privé.

LE MODÈLE QUÉBÉCOIS DE LAÏCITÉ

Le modèle qui prévaut au Québec en est un de laïcité ouverte, construit autour du devoir de tolérance. Il reconnaît la nécessité de la neutralité de l’État, mais aussi l’importance que plusieurs personnes accordent à la dimension spirituelle, et assure la protection de la liberté de conscience et de religion. Alors que la liberté de conscience inclut le droit de manifester sa croyance religieuse, la FFQ croit que les institutions publiques québécoises doivent permettre, autant à ses usagères etusagers qu’à son personnel, le port de signes religieux, visibles ou non. La neutralité de l’État est basée sur les actes que celui-ci réalise et non sur l’apparence des personnes qui le composent. En effet, des employées et employés pourraient faire de la propagande ou du prosélytisme tout en n’arborant aucun signe ou symbole religieux, et ainsi, nuire davantage à la neutralité de l’État.

« Les membres de la Fédération des femmes du Québec ont réaffirmé qu’elles sont pour la liberté religieuse, mais contre les intégrismes de toutes les religions. Nous entendons poursuivre sans relâche notre lutte contre les violations commises au nom des religions », de conclure Mme Asselin.

Espèrons que cette prise de position fera réfléchir leurs homologues français(e)s ...

La position de Québec Solidaire

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11 décembre 2008

 

Un candidat de la gauche radicale élu à l'Assemblée nationale du Québec

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Le nouveau député est un médecin d'origine iranienne, Amir Khadir. Il a gagné dans la circonscription de Mercier avec plus de 38% des voix.

L'autre porte-parole de l'organisation, Françoise David, a recueilli 33% des voix dans sa circonscription, et plusieurs autres représentants du parti ont obtenu des scores significatifs.

Sur le site de Québec Solidaire : Victoire et percées historiques ...

Voir également le site Presse-toi à gauche!

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05 octobre 2007

 

Le retour du socialisme

par Benoît Renaud*

L’idée du socialisme, d’une société sans divisions de classes sociales, profondément démocratique, unissant toute l’humanité au-delà des frontières et des divisions de toutes sortes, est aussi ancienne que le capitalisme lui-même. Ce ne sont pas les idées marxistes qui sont la cause de la lutte des classes, mais bien l’inverse.

En ce début de siècle, les guerres à répétition éveillent une profonde aspiration vers la paix, la crise du climat nous fait prendre conscience de l’urgence de changer nos façons de produire et de consommer, et la pauvreté dans laquelle vit la majorité de l’humanité, et une minorité grandissante dans les pays riches, inspirent de nombreuses campagnes et mobilisations pour la justice sociale.

De plus en plus de gens prennent conscience du fait que les guerres impérialistes, la destruction de l’environnement et les inégalités sociales ne sont pas des accidents ou des anomalies, mais plutôt les résultats inévitables d’une manière bien spécifique d’organiser nos sociétés : le capitalisme. Lorsque la majorité des grandes décisions économiques et politiques sont prises par de petits groupes de possédants, comme à Montebello cet été au sommet nord-américain, on ne doit pas se surprendre du fait que les besoins de la majorité ont peu de poids. Lorsque la logique de la course mondiale aux profits guide les décisions des PDG et des gouvernements, la préservation des équilibres écologiques passe forcément au second plan. Lorsque la seule chose qui compte est d’écraser la concurrence par tous les moyens, il n’y a qu’un pas de la compétition économique à la guerre.

Dans les années 1970, le retour à la compétition féroce à l’échelle internationale, après une période atypique de domination étasunienne presque sans partage, força un grand virage vers la droite dans tous les pays du monde. Chaque classe dirigeante nationale cherche depuis lors à imposer à ses travailleuses et travailleurs des concessions qui n’en finissent plus au nom de la « compétitivité ». C’est ce qu’on appelle la mondialisation ou le néolibéralisme.

Ces politiques ont été introduites partout, mais pas sans résistance. La région du monde où la lutte contre le néolibéralisme a généré les mobilisations les plus grandes et les plus réussies est sans doute l’Amérique latine. Après une période de défaites brutales, souvent imposées par des régimes dictatoriaux appuyés par les États-Unis (avec la bénédiction du Canada), les mouvements de masse de ce continent, des associations paysannes aux nations autochtones en passant par les communautés des bidonvilles, ont relevé la tête les uns après les autres, changeant le paysage politique du continent à partir des années 1990. Du soulèvement zapatiste au Chiapas en 1994 à la commune de Oaxaca de l’an dernier, en passant par la mobilisation contre le coup d’État manqué contre Chavez en 2002 et la lutte contre la privatisation de l’eau en Bolivie, nous pourrions dresser une longue liste de mobilisations exemplaires et qui sont autant de sources d’inspiration.

En Europe, des mobilisations gigantesques contre les politiques néolibérales et contre la guerre ont également changé le paysage politique. Désormais, il existe une « gauche de la gauche » en rupture avec l’adaptation au néolibéralisme qui ronge les partis de gauche traditionnels, du Labour britannique au SPD Allemand. Québec solidaire est le seul exemple en Amérique du Nord impérialiste d’un nouveau parti de gauche cherchant à développer une alternative au néolibéralisme. Plus ce nouveau parti s’inspirera des meilleurs exemples de ce qui se fait en Europe et en Amérique Latine, plus il sera difficile de le faire dévier de sa trajectoire dans un sens social-libéral. Il se doit aussi d’être consistant dans son oppositions aux guerres et aux occupations au Moyen-Orient et au racisme qui vient avec ces campagnes colonialistes, comme en fait foi le délire islamophobe et xénophobe entourant les « accommodements raisonnables ».

Au Venezuela, on procède présentement à la fondation d’un nouveau parti politique de masse, le Parti socialiste unifié du Venezuela. Ce parti, qui regroupe tous les courants politiques et sociaux ralliés autour de la présidence de Hugo Chavez et du processus de la révolution bolivarienne, cherche explicitement à redéfinir le projet socialiste pour le 21e siècle. Situé au centre d’un vaste mouvement de résistance traversant le continent, ce nouveau processus politique pourrait relancer le mouvement international pour le socialisme, de la même manière que les mobilisations contre les sommets néolibéraux à partir de Seattle avaient relancé la critique du capitalisme et que l’opposition à la guerre en Iraq avait redonné une pertinence à l’anti-impérialisme. Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un mouvement négatif et en quelque sorte spontané (contre le néolibéralisme, contre la guerre…) mais d’un geste délibéré et positif pour une alternative.

Le socialisme n’arrivera pas par accident. La transformation en profondeur de nos façons de faire, de nos structures politiques et économiques, des relations entre les peuples et les continents, ne se fera pas sans l’organisation d’un mouvement explicitement dédié à cette transformation, et le ralliement de centaines de millions de personnes à ce projet. Le collectif Socialisme international de Québec solidaire vise à regrouper ceux et celles qui veulent travailler à la construction d’un tel mouvement ici et maintenant. Nous croyons que les valeurs qui unissent les milliers de membres de QS et les nécessités de la lutte contre le capitalisme réellement existant vont dans cette direction. En même temps, nous respectons la diversité des points de vues et l’existence d’une majorité non-socialiste au sein du parti dans la période actuelle. Si vous croyez qu’il faut en finir avec le capitalisme au plus vite, avant qu’il fasse encore plus de dommages à nos sociétés et à notre environnement, joignez-vous à nous et nous chercherons ensemble les meilleurs moyens de contribuer aux mouvements de résistance spécifiques et localisés en même temps qu’à la réinvention d’un projet de transformation global et radical.

* Benoît Renaud est membre de Socialisme International (Québec), un groupe qui fait partie de la section canadienne de l'International Socialist Tendency (connue en anglais sous le nom des International Socialists). Ce groupe est donc issu de la même tradition théorique et politique que Socialisme International (France), sans qu'il y ait des liens organisationnels entre nous. Nous le remercions de nous avoir envoyé son texte.

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28 mars 2007

 

Elections générales au Québec : début prometteur pour Québec Solidaire

Le parti de la gauche radicale, Québec Solidaire (QS), formé il y a à peine un an, a obtenu des scores plus qu'honorables lors des élections générales au Québec qui ont vu une montée d'Action Démocratique Québec (droite dure) au dépend du Parti Libéral (au pouvoir) et du Parti Québecois. Ses deux porte-parole nationaux, Amir Khadir et Françoise David, ont obtenu 30 % et 26% des voix dans leurs circonscriptions, et les 123 candidats (sur 125 sièges à pourvoir) ont obtenu plus de 1 000 voix chacun en moyenne. QS réunit des militants venus de traditions différentes, écologiste, féministe, communiste, trotskiste, altermondialiste et prône l'autodétermination du Québec, la solidarité avec les mouvements de libération au Tiers Monde, l'antiracisme, l'égalité hommes-femmes, la défense des services publics et l'extension du secteur public, notamment dans le domaine des ressources naturelles.

Lire cet article sur le site de Québec Solidaire ...

Des gains évidents malgré un sombre paysage politique
, le 27 mars 2007
Après une soirée électorale survoltée où étaient présents plus de cinq cents militants, Québec solidaire trace son bilan de campagne électorale. Sans le moindre enthousiasme devant le gouvernement minoritaire de M. Charest, les deux porte-parole de Québec solidaire se réjouissent des performances accomplies par la formation politique de gauche.

A voir également le site Presse-toi à gauche !

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24 février 2007

 

United against Islamophobia

par Jesse McLaren and Chantal Sundaram

La nuit du 15 janvier 2007, l'école Young Muslim Canadians à Montréal a été prise comme cible par des vandales racistes. La police ne reconnaît pas le caractère raciste de cette aggression, mais pour les élèves, il ne peut pas y avoir de doute. Selon Lamia Harraz, "la seule différence est que nous avons le droit de porter le voile et que nous avons des leçons supplémentaires d'arabe". Cet incident a eu lieu peu de temps après la publication d'un sondage par le Journal de Montréal qui prétend qu'une majorité de Québécois avoue être raciste, notamment envers les Arabes et les Musulmans. Lire la suite (en anglais) ...

Cet article a paru sur le nouveau site Socialist Worker Online (Canada)

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19 décembre 2006

 

La question nationale au Québec : ce qu'en pensent des révolutionnaires canadiens


Le dernier numéro de Socialist Worker (Canada) contient un dossier sur la question nationale au Canada - une question qui concerne non seulement les Québecois, mais aussi les Premières Nations qui vivent, il faut le rappeler, aussi bien au Québec qu'au Canada anglophone. Les camarades canadiens des International Socialists/Socialisme International défendent clairement le droit à l'auti-détermination de ces nations. Ils sont également très actifs au sein du mouvement antiguerre (le Canada a des troupes en Afghanistan) et en défense des minorités ethniques et religieuses (musulmanes notamment).
Au Canada anglophone ils apportent un soutien critique au NDP (social-démocrate) qui est le principal parti du mouvement ouvrier. Le NDP considère, malheureusement, que la revendication de l'indépendance du Québec "divise" les travailleurs, et a voté contre une motion récente du Bloq Québecois au parlement fédéral. L'indépendance du Québec telle qu'elle est conçue par le BQ, cependant, ne peut être qu'un repoussoir pour les travailleurs anglophones, car la politique de ce parti est basée sur des mesures néo-libérales et la création d'un Etat québecois aussi réactionnaire que celui ces deux grands voisins.
Au Québec, ou le NDP (logiquement) est quasi inexistant, les principaux groupes d'extrême gauche militent dans Québec Solidaire, un nouveau parti de la gauhe radicale et antilibérale qui réunit des antilibéraux, des féministes, l'ex-PC, des activistes du mouvement social etc. QS vient d'adopter un programme électoral qui rompt avec la politique menée par les gouvements québecois successifs, qu'ils soient pro-indépendance ou fédéralistes. Il prône un Québec indépendant, progressiste et solidaire avec les peuples opprimés et les Etats qui s'opposent à la domination impérialiste comme le Vénézuela ou la Bolivie. Il a appeleé - non sans hésitations - au retrait des troupes canadiennes de l'Afghanistan. Le site Presse-toi à gauche! fournit une tribune (parfois critique) pour ses membres.
Socialist Worker (Canada) peut être lu ici (attention, une fois un nouveau numéro publié en ligne, les anciens numéros doivent être consultés dans la rubrique Archives). Le journal de Socialisme International (Canada), Résistance, est publié, généralement avec du retard, sur le même site.

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30 septembre 2006

 

'RESISTANCE' n° 36


Dans le numéro 36 du journal canadien 'Résistance', on peut lire notamment cet article de Joel Harden sur la trajectoire de Rifondazione communista en Italie. Titré Nouveaux partis, vieux problèmes : Leçons de la situation italienne pour Québec solidaire, l'article tire les leçons de la situation italienne pour le nouveau parti de la gauche radicale, Québec Solidaire (voir également le message du 16 septembre sur ce blog).

"Dans plusieurs pays, de nouveaux partis de gauche ont été créés pour faire entendre la voix des mouvements de la rue. Québec Solidaire (QS), comme le savent les lecteurs de Résistance!, en fait partie. Le Partido della Rifundazione Communista (Rifundazione ou PRC) italien fait aussi partie de ces partis de la rue. En dépit de sa promotion de politiques explicitement socialistes, il a beaucoup en commun avec QS. Comme celui-ci, Rifundazione s’inspire des idées de l’altermondialisme, et a été au cœur des manifestations anti-guerre massives en Italie. Dans l’éditorial cité plus haut, Fausto Bertinotti (le principal porte-parole du PRC) affirmait que le renouvellement de la politique de gauche dépendait du niveau d’énergie des mouvements altermondialistes.
Des développements récents en Italie, toutefois, servent d’avertissements quant aux limitations de la politique électorale, et aux dangers qu’implique le fait d’envoyer la gauche radicale aux urnes. À l’occasion d’une session spéciale du Sénat italien, le 27 juillet 2006, des représentants de Rifundazione on voté en faveur du prolongement de la participation italienne à l’occupation de l’Afghanistan (avec le Canada dans le contingent de l’OTAN). Noam Chomsky et Tariq Ali, ainsi que d’autres penseurs de gauche radicaux, ont écrit des lettres ouvertes dénonçant cette décision, sans convaincre Rifundazione de changer son orientation. Auparavant, dans la chambre des députés italienne, quatre parlementaires avaient voté contre une motion similaire, alors qu’un cinquième (Paulo Cacciari) abandonna son siège en guise de protestation. Alors, pourquoi les altermondialistes italiens voteraient pour la guerre? Alessandro Valera, un militant de Rifundazione irrité par les critiques gauchistes, a donné la réponse suivante : «…les dynamiques de la politique italienne nous rendent conscients que le compromis, la médiation et le dialogue sont les seules armes que nous possédons pour combattre la guerre, l’impérialisme.»

Dans les élections italiennes récentes (9-10 avril, 2006), Rifundazione a décidé de faire partie d’une coalition de centre-gauche dirigée par Romano Prodi, ancien président de la Commission Européenne. Cette orientation vers la participation à un gouvernement de centre-gauche aux orientations social libérales avait été chaudement débattue au congrès du PRC. Une minorité significative avait proposé plutôt de mener une campagne indépendante, puis d’accorder un appui strictement parlementaire et conditionnel à un éventuel gouvernement de centre-gauche. L’alternative étant une élection précipitée qui serait presque assurément gagnée par la droite.

Si cette politique avait été adoptée, le PRC n’aurait pas été associé au programme ultra modéré du centre-gauche et aurait fait le plein des voix altermondialistes et anti-guerre. Il aurait pu sortir de l’élection avec la balance du pouvoir et un mandat clair de son électorat. Au lieu de cela, les éluEs de Rifundazione sont pris au piège d’une coalition gouvernementale dont les politique sont incompatibles sur plusieurs points avec celles de leur propre parti.
La coalition de Prodi a amassé un appui respectable dans la chambre des députés, mais une mince marge de 1 siège dans les élections pour le Sénat. Avec 41 sièges à la chambre des députés et 27 sièges au Sénat, Rifundazione avait le potentiel d’influencer considérablement le gouvernement Prodi. Mais Prodi, avec son expérience dans les gouvernements de coalition, les attendait de pied ferme. Depuis sa prise du pouvoir, il a testé Rifundazione six fois en invoquant des «votes de confiance» pour des articles de législation. Un ultimatum fut déclaré : appuyez-moi, ou le gouvernement tombera et vous aurez ravivé le parti de droite sympathisant de Bush de Silvio Berlusconi, Forza Italia. En fin de compte, ces arguments on forcé Rifundazione a laisser tomber la cause de l’Afghanistan, à un coût considérable pour les mouvements pour la justice et la paix dans le monde. L’Italie est un endroit crucial pour le militantisme altermondialiste, mais malheureusement Rifundazione se créé mainteannt une réputation de parti qui appuie la guerre.
Pour les militants de Québec Solidaire, cet incident amène des questionnements importants, particulièrement autour des «alliances progressistes» avec les péquistes. Est-ce que les partis de gauche peuvent refléter les mouvements sociaux qu’ils appuient? Est-ce qu’ils peuvent représenter les aspirations de la politique des nouveaux mouvements altermondialiste et anti-guerre dans l’arène électorale et ainsi rejoindre un public plus large? Ou bien, comme pourraient penser certains, est-ce que les politiciens sont inévitablement corrompus par l’arène parlementaire- où les opinions radicales sont dénaturées jusqu’à devenir des appuis à la guerre, au néolibéralisme, ou a d’autres choses auxquelles les militantes et les militants s’opposent?
Clairement, les développements récents en Italie constituent des leçons éloquentes quant aux partis de gauche radicaux qui s’allient à d’autres acteurs de la scène politique conventionnelle. Si la conquête du «pouvoir» signifie appuyer le militarisme et le néolibéralisme, les partis de gauche radicaux vont compromettre la base d’appui dont ils bénéficient. Cependant, comme l’ont démontré des militants radicaux ailleurs, il y a une autre possibilité, plus susceptible d’amener des résultats satisfaisants pour les radicaux d’aujourd’hui. Elle implique que les porte-parole de cette nouvelle gauche soient de fidèle représentantEs de nos mouvements de contestation, et qu’ils et elles utilisent leur notoriété pour contribuer au développement de ces mouvements. C’est l’approche qui pourrait leur assurer un énorme appui au Québec, comme elle l’a fait au Venezuela, au Portugal, en Grande-Bretagne et en Bolivie, au cours des dernières années. Étant donné les événements récents, et avec le temps, nos amis Italiens vont, espérons-le, arriver à la même conclusion. Les débats qui ne manqueront pas de traverser Rifundazione seront donc à suivre de près.
Joel Davison Harden, Wakefield
Résistance no 36 septembre 2006 www.socialiste.qc.ca
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Pour un aperçu de Québec Solidaire, voir le site Presse-toi à gauche.

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16 septembre 2006

 

DEBAT SUR L'ORIENTATION DE LA GAUCHE RADICALE AU QUEBEC

Le numéro 35 du journal Résistance publié par les camarades québecois de la tendance Socialisme International daté juin-juillet 2006 contient plusieurs articles sur les perspectives pour le nouveau parti québecois de la gauche radicale, Québec Solidaire. Ce parti, qui a été fondé il y a six mois seulement, réunit des progressistes, des anticapitalistes, des féministes, des écologistes et des syndicalistes, et revendiquent 4 000 membres, ce qui est loin d'être négligeable. Il est clair qu'il existe (pour simplifier) des tensions entre une aile réformiste et électoraliste, et une aile plus orientée vers les luttes ouvrières et sociales. Ce parti peut-il poser une alternative radicale aux partis néolibéraux établis, qu'ils soient fédéralistes ou nationalistes ? C'est le thème de ce dossier, qui contient un débat contradictoire intéressant.

Pour Marc Bonhomme :

"Au Québec, le nouveau parti Québec solidaire n’est pas ce nouveau parti politique anticapitaliste et indépendantiste de masse et n’évolue pas dans cette direction. Sans plate-forme ni programme, il ne revendique pas le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan et ouvre la porte à l’économie sociale comme alternative aux cliniques de santé privées. Même comme espace politique où pourrait se regrouper l’ensemble des anticapitalistes, il tend à se refermer sous le coup de suspension politique et d’ultra-verticalisme d’un processus d’élaboration de la plate-forme de haut en bas, où les instances de base du parti n’interviennent qu’en fin de course. C’est là la résultante d’un parti qui est la convergence :
¸ d’Option citoyenne, expression électoraliste du mouvement des femmes après qu’il eut abandonné la rue suite à l’échec initial de la lutte pour le salaire minimum à 8.50$ l’heure en 2000 alors que cette lutte très populaire aurait permis la construction d’un grand front antinéolibéral dans la rue ;
¸ de l’Union des forces progressistes, produit de la mobilisation altermondialiste contre la ZLÉA au moment du Sommet des Amériques en avril 2001 qui a évolué rapidement d’un potentiel parti antinéolibéral « des urnes et de la rue » vers un parti électoraliste et verticaliste.
Tous deux ont complètement raté la mobilisation des secteurs public et para-public de l’automne 2003 à décembre 2005. Option citoyenne et l’UFP se sont murés dans un silence quasi-complet sur ses enjeux et sur la stratégie suicidaire des directions syndicales qui ont cru jusqu’au bout, jusqu’au ridicule, à la concertation dans laquelle le PQ les avait endormies au point de renoncer à l’unité combative du Front commun."


Pour Benoît Renaud, les choses sont plus compliquées : "Le nouveau parti Québec solidaire, fondé au début février, reflète la forme particulière prise par la lutte contre le capitalisme néolibéral dans le contexte québécois." Ceci pose des défis aux militants révolutionnaires, qui doivent s'impliquer à fond dans le nouveau parti, tout en expliquant pourquoi il faut rompre avec le réformisme, même de gauche :

"Les défis et le potentiel du nouveau parti découlent de cette série de particularités. D’abord, il faut qu’il prenne sa place face aux partis de droite, particulièrement le P[arti] Q[uébecois], alors que sa base est encore fragile et en partie démoralisée par les défaites syndicales. Des objectifs modestes comme l’organisation du parti dans tous les comtés et la présentation de candidatures partout aux prochaines élections seront difficiles à atteindre. Ensuite, il faudra s’appuyer sur les mobilisations sociales qui ont nourri le processus de construction et de convergence de la gauche pour continuer à avancer. La campagne contre la guerre en Afghanistan, l’opposition à la privatisation du Mont-Orford, la lutte pour une politique rigoureuse de réduction des gaz à effet de serre et d’autres campagnes similaires devront être appuyées par le parti et pourront renforcer le parti en même temps. Afin de résister aux attaques du PQ et des intellectuels nationalistes, Québec solidaire devra aussi clarifier ses idées et sa plate-forme, en particulier sur le plan de la stratégie de lutte contre l’oppression nationale et pour une véritable indépendance. Finalement, l’organisation de la gauche syndicale sera un préalable à une relance de la lutte contre les politiques économiques néolibérales comme au ralliement de sections importantes du mouvement ouvrier au parti.

"Le rôle des socialistes révolutionnaires dans Québec solidaire sera donc d’abord de construire le parti, puis d’encourager son développement dans le sens d’orientations politiques anti-capitalistes, d’une stratégies fondée sur les luttes sociales et de l’indépendance totale face au PQ, et enfin de donner une voix à ceux et celles qui veulent en finir avec le système capitaliste qui crée les problèmes auxquelles les mouvements sociaux tentent de répondre. Nos adversaires ne sont pas les éléments modérés ou peu politisés dans le parti, mais les partis de droite et la classe patronale qu’ils représentent. L’organisation des anti-capitalistes dans le parti doit se faire sur la base d’une reconnaissance des réalités politiques du Québec et d’une détermination à effectuer le travail patient et difficile qui en découle."


L'expérience des camarades québecois pourrait nous être très utile, si la construction d'une alternative antilibérale en France about à une nouvelle formation politique, même si bien évidemment le contexte politique est très différent (du fait notamment de l'importance de la question nationale au Québec).

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