29 janvier 2009
L'"objectivité" dans les médias
DE L'ARGENT POUR GAZA
***
Un article dans The Evening Standard vient de démontrer à quel point la supposée "objectivité" de la BBC est un mythe. Suite à une série de reportages par des correspondants de la BBC qui ont sérieusement déplu aux autorités israéliennes et à leur partisans dans l'establishment sioniste britannique, la direction de l'entreprise a repris la situation en main. Dorénavant il ne fallait surtout pas prendre le risque d'apparaître comme étant "pro-palestinien". Dans une situation ou le Tsahal commet régulièrement des "bavures" (pour ne pas en dire plus) cela revient inévitablement à minimiser toutes les atrocités israéliennes et évidemment pour assurer l'"objectivité" dramatiser à volonté les incidents survenus en Israël ou les cas de vengeance infligée aux occupants. D'autant plus que les correspondents de la BBC prennent nettement moins de risques de se faire tirer dessus par des soldats de l'armée sioniste en couvrant les attentats ou les tirs de roquettes en Israël qu'en voulant enquêter sur les tirs des tanks israéliens ou les bombardements de l'armée de l'air.
En réalite, dans un conflit aussi assymétrique que celui-ci, le seul journalisme digne du nom consiste à faire le maximum pour montrer les effets de l'occupation et des représailles du Tsahal - la quatrième armée au monde contre une poignée de résistants et des jeunes lanceurs de pierres. Tout en respectant absolument les faits observés.
La méthode de la BBC est exactement le contraire : tordre le bâton en faveur de l'occupant parce qu'il est le plus fort et il dispose d'un puissant lobby.
L'article du Evening Standard nous apprend également qu'un livre à paraître révèle un document jusqu'ici gardé secret dans lequel la BBC dicte à ses journalistes quels termes utiliser - et surtout lesquels il faut éviter - en rendant compte du conflit israélo-palestinien. Parmi les expressions censurées il y a l'"occupation" de Gaza, qui doit être remplacée par "présence militaire permanente".
The Evening Standard ne peut guère être accusé d'être pro-palestinien. C'est un journal de droite qui a tout fait pour faire gagner l'opposition de droite lors des dernières élections municipales à Londres - et qui a même réussi. Un de ses principaux griefs contre le maire travailliste Ken Livingstone était sa défense des Musulmans. Mais il est vrai que dans cette affaire (1) qui a choqué une grande partie de l'opinion publique britannique - de l'archévêque de Cantorbéry au syndicat de journalistes - le parti conservateur que soutient le Standard paraît nettement plus progressiste que la petite clique qui dirige la BBC.
Pendant que des enfants palestiniens meurent par manque de soins, Mr Mark Thompson, directeur-général de la BBC, refuse donc de diffuser un appel à l'aide. Il a du sang sur les mains.
Alors, si vous entendez parler une fois encore du prétendu "sérieux" et de l'"indépendance" de la BBC comme source d'informations, citez ce document.
***
(1) Jusqu'à aujourd'hui, la BBC a reçu 21 000 messages se plaignant de sa décision de ne pas diffuser l'appel des associations caritatives pour le peuple de Gaza, et 380 l'approuvant.
***
VIDEO : Tony Benn (anciennement Lord Stansgate, ancien ministre travailliste, militant de la gauche radicale, président d'honneur de la Coalition Stop the War, "retraité") met une intervieweuse de la BBC en grande difficulté. Une régale ! Et son discours devant le siège de la BBC - magnifique !
***
Un prix Nobel de la Paix boycotte la BBC ...
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Un article dans The Evening Standard vient de démontrer à quel point la supposée "objectivité" de la BBC est un mythe. Suite à une série de reportages par des correspondants de la BBC qui ont sérieusement déplu aux autorités israéliennes et à leur partisans dans l'establishment sioniste britannique, la direction de l'entreprise a repris la situation en main. Dorénavant il ne fallait surtout pas prendre le risque d'apparaître comme étant "pro-palestinien". Dans une situation ou le Tsahal commet régulièrement des "bavures" (pour ne pas en dire plus) cela revient inévitablement à minimiser toutes les atrocités israéliennes et évidemment pour assurer l'"objectivité" dramatiser à volonté les incidents survenus en Israël ou les cas de vengeance infligée aux occupants. D'autant plus que les correspondents de la BBC prennent nettement moins de risques de se faire tirer dessus par des soldats de l'armée sioniste en couvrant les attentats ou les tirs de roquettes en Israël qu'en voulant enquêter sur les tirs des tanks israéliens ou les bombardements de l'armée de l'air.
En réalite, dans un conflit aussi assymétrique que celui-ci, le seul journalisme digne du nom consiste à faire le maximum pour montrer les effets de l'occupation et des représailles du Tsahal - la quatrième armée au monde contre une poignée de résistants et des jeunes lanceurs de pierres. Tout en respectant absolument les faits observés.
La méthode de la BBC est exactement le contraire : tordre le bâton en faveur de l'occupant parce qu'il est le plus fort et il dispose d'un puissant lobby.
L'article du Evening Standard nous apprend également qu'un livre à paraître révèle un document jusqu'ici gardé secret dans lequel la BBC dicte à ses journalistes quels termes utiliser - et surtout lesquels il faut éviter - en rendant compte du conflit israélo-palestinien. Parmi les expressions censurées il y a l'"occupation" de Gaza, qui doit être remplacée par "présence militaire permanente".
The Evening Standard ne peut guère être accusé d'être pro-palestinien. C'est un journal de droite qui a tout fait pour faire gagner l'opposition de droite lors des dernières élections municipales à Londres - et qui a même réussi. Un de ses principaux griefs contre le maire travailliste Ken Livingstone était sa défense des Musulmans. Mais il est vrai que dans cette affaire (1) qui a choqué une grande partie de l'opinion publique britannique - de l'archévêque de Cantorbéry au syndicat de journalistes - le parti conservateur que soutient le Standard paraît nettement plus progressiste que la petite clique qui dirige la BBC.
Pendant que des enfants palestiniens meurent par manque de soins, Mr Mark Thompson, directeur-général de la BBC, refuse donc de diffuser un appel à l'aide. Il a du sang sur les mains.
Alors, si vous entendez parler une fois encore du prétendu "sérieux" et de l'"indépendance" de la BBC comme source d'informations, citez ce document.
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(1) Jusqu'à aujourd'hui, la BBC a reçu 21 000 messages se plaignant de sa décision de ne pas diffuser l'appel des associations caritatives pour le peuple de Gaza, et 380 l'approuvant.
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VIDEO : Tony Benn (anciennement Lord Stansgate, ancien ministre travailliste, militant de la gauche radicale, président d'honneur de la Coalition Stop the War, "retraité") met une intervieweuse de la BBC en grande difficulté. Une régale ! Et son discours devant le siège de la BBC - magnifique !
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Un prix Nobel de la Paix boycotte la BBC ...
Libellés : Médias
15 janvier 2009
Demorand reçoit Messier sur France Inter : une émission à vomir
***
Pour changer de sujet brièvement, ce matin comme des millions d'autres auditeurs j'ai eu la désagréable expérience d'entendre un entretien proprement scandaleux mais très édifiant avec un certain Jean-Marie Messier qui venait faire la promo d'un livre.
L'ancien PDG de Vivendi Universal n'a rien compris de la crise, rien appris de ses déboires et ne regrette rien, à part le fait que ses enfants ont eu de la peine pour leur papa (re-vomir!).
Il a profité de son temps de parole pour saluer Nicolas Sarkozy, que nous avons "la chance d'avoir comme président", et le ministre-traître Besson, un ancien collaborateur de l'homme d'affaires déchu.
L'animateur de l'émission est bien connu et même tristement célèbre : Nicolas Demorand, un gagnant de la Laisse d'or attribuée par le journal Plan B pour le journaliste le plus lèche-bottes de l'année.
Impossible d'exprimer le dégoût que cela a provoqué. Heureusement des auditeurs ont pu appeler pour dire quelques vérités à tous les deux. Par moments Messier semblait même assez secoué - avant que Demorand lui remonte à chaque fois le morale. L'animateur de France Inter, par contre, a réagi à ces auditeurs en colère avec suffisance et mépris - et en évooquant systématiquement la "démocratie".
Pour ceux qui ont l'estomac plus solide que moi, je vous conseille d'aller sur le site de France Inter et visionner la vidéo de l'émission. Vous pouvez également envoyer un message personnel à Demorand pour lui dire ce que vous en pensez.
Pour un autre commentaire, voir cet autre blog ...
Pour changer de sujet brièvement, ce matin comme des millions d'autres auditeurs j'ai eu la désagréable expérience d'entendre un entretien proprement scandaleux mais très édifiant avec un certain Jean-Marie Messier qui venait faire la promo d'un livre.
L'ancien PDG de Vivendi Universal n'a rien compris de la crise, rien appris de ses déboires et ne regrette rien, à part le fait que ses enfants ont eu de la peine pour leur papa (re-vomir!).
Il a profité de son temps de parole pour saluer Nicolas Sarkozy, que nous avons "la chance d'avoir comme président", et le ministre-traître Besson, un ancien collaborateur de l'homme d'affaires déchu.
L'animateur de l'émission est bien connu et même tristement célèbre : Nicolas Demorand, un gagnant de la Laisse d'or attribuée par le journal Plan B pour le journaliste le plus lèche-bottes de l'année.
Impossible d'exprimer le dégoût que cela a provoqué. Heureusement des auditeurs ont pu appeler pour dire quelques vérités à tous les deux. Par moments Messier semblait même assez secoué - avant que Demorand lui remonte à chaque fois le morale. L'animateur de France Inter, par contre, a réagi à ces auditeurs en colère avec suffisance et mépris - et en évooquant systématiquement la "démocratie".
Pour ceux qui ont l'estomac plus solide que moi, je vous conseille d'aller sur le site de France Inter et visionner la vidéo de l'émission. Vous pouvez également envoyer un message personnel à Demorand pour lui dire ce que vous en pensez.
Pour un autre commentaire, voir cet autre blog ...
Libellés : Bêtisier, Jean-Marie Messier, Médias
14 juin 2008
Pays-Bas France 4 : 1 Après la magnifique raclée infligée à nos vaillants héros footballistiques
on peut lire cet excellent article Le football télévisé, opium du peuple ?, par Jacques Blociszewski sur Le Monde.fr pour regarder le foot à la télé un peu moins idiot.
Une autre idée : regarder le match sans le son pour éviter le commentaire de Thierry Roland et Franck Leboeuf.
Et au fait, l'équipe d'Angleterre, elle fait quoi ?
Une autre idée : regarder le match sans le son pour éviter le commentaire de Thierry Roland et Franck Leboeuf.
Et au fait, l'équipe d'Angleterre, elle fait quoi ?
11 mai 2008
Le facteur chez Drucker
NOUVEAU (26 juin 2008) : Olivier Besancenot devant ses juges médiatiques (sur le site d'Acrimed)

L'émission de Drucker avec Olivier Besancenot selon Reuters.
Bon, je n'ai pas tout regardé, mais ce que j'ai vu ne m'a pas fait changé d'avis. Je ne dis pas qu'il ne faut jamais participer à ce type d'émission. Il y avait des arguments pour. Besancenot devait "profiter d'une tribune" pour s'adresser à des millions de téléspectateurs et "faire la promotion" (le terme est malheureux) du nouveau parti anticapitaliste. A-t-il réussi ? A-t-il meme essayé ? En tout cas, suivant le principe même de l'émission, on a eu beaucoup sur Olivier Besancenot lui-même.
Le problème est que cette émission en particulier et son animateur-vedette projettent une image très forte qui, si on ne fait pas attention, colle forcément à l'invité. Besancenot est bien rentré dans le moule, se prêtant à tous les petits rituels qui font le charme de Drucker et répondant gentiment à des questions percutantes du genre "Et que faisiez-vous les dimanches quand vous étiez jeune ?"

On a bien eu droit à des reportages sur ses loisirs et sa tournée des potes et beaucoup de questions sur ses parents et son enfance. Chez Drucker, la famille est une valeur sure. Sur le racisme, nous avons eu droit à la petite main de SOS-Racisme et le très 'républicain' Devoirs de Mémoire (quelqu'un a parlé de la "communauté nationale"). Les interventions d'Alain Krivine n'ont pas tranché non plus avec l'ambiance un peu soporifique d'un dimanche après-midi chaud.
Musicalement, le choix d'inviter les deux chanteurs de l'ex-Zebda était bon, et Bernard Lavilliers pas mal. L'invitation faite à deux footballeurs très populaires, Franck Ribéry et Willy Sagnol, était moins heureuse, étant donné qu'ils n'avaient rien à dire à part que Besancenot était jeune et nouveau (!). On aurait préféré Lilian Thuram qui a d'excellentes idées et tape toujours très fort.
Christiane Taubira a loué les mérites de Besancenot de façon presque romantique et lui a prédit un bel avenir de parlementaire, sans qu'il ne bronche. Il est vrai que chez Drucker il faut toujours rester poli et dire le plus grand bien du maximum de personnes, et que Taubira est très populaire. Pour cela, Besancenot a été encore une fois un "bon client". Il y a eu quand même un moment fort, quand une ouvrière a parlé des mauvaises conditions du travail, les dangers de l'amiante et les salaires. J'en ai certainement raté d'autres.
Pour Arlette Laguiller, qui a été l'invitée de Drucker il y a dix ans, l'émission n'est pas dans le genre "people". Aujourd'hui, pour moi, cela y ressemblait beaucoup. Besancenot est vraiment très fort dans les débats contradictoires ou en face-à-face avec des journalistes politiques. Vivement Dimanche est un exemple du consensus bien-pensant, ce qui explique que si l'on se plie à toutes ses règles on se donne une image plutot ... consensuelle.
Voir sur Marianne2.fr : Seguela donne le baiser de la mort à Besancenot

Un petit compte-rendu dans Rouge, l'hebdo de la LCR
Et encore une fois, pour une critique radicale des médias, voir et participer au site d'ACRIMED ...

L'émission de Drucker avec Olivier Besancenot selon Reuters.
Bon, je n'ai pas tout regardé, mais ce que j'ai vu ne m'a pas fait changé d'avis. Je ne dis pas qu'il ne faut jamais participer à ce type d'émission. Il y avait des arguments pour. Besancenot devait "profiter d'une tribune" pour s'adresser à des millions de téléspectateurs et "faire la promotion" (le terme est malheureux) du nouveau parti anticapitaliste. A-t-il réussi ? A-t-il meme essayé ? En tout cas, suivant le principe même de l'émission, on a eu beaucoup sur Olivier Besancenot lui-même.
Le problème est que cette émission en particulier et son animateur-vedette projettent une image très forte qui, si on ne fait pas attention, colle forcément à l'invité. Besancenot est bien rentré dans le moule, se prêtant à tous les petits rituels qui font le charme de Drucker et répondant gentiment à des questions percutantes du genre "Et que faisiez-vous les dimanches quand vous étiez jeune ?"

On a bien eu droit à des reportages sur ses loisirs et sa tournée des potes et beaucoup de questions sur ses parents et son enfance. Chez Drucker, la famille est une valeur sure. Sur le racisme, nous avons eu droit à la petite main de SOS-Racisme et le très 'républicain' Devoirs de Mémoire (quelqu'un a parlé de la "communauté nationale"). Les interventions d'Alain Krivine n'ont pas tranché non plus avec l'ambiance un peu soporifique d'un dimanche après-midi chaud.
Musicalement, le choix d'inviter les deux chanteurs de l'ex-Zebda était bon, et Bernard Lavilliers pas mal. L'invitation faite à deux footballeurs très populaires, Franck Ribéry et Willy Sagnol, était moins heureuse, étant donné qu'ils n'avaient rien à dire à part que Besancenot était jeune et nouveau (!). On aurait préféré Lilian Thuram qui a d'excellentes idées et tape toujours très fort.
Christiane Taubira a loué les mérites de Besancenot de façon presque romantique et lui a prédit un bel avenir de parlementaire, sans qu'il ne bronche. Il est vrai que chez Drucker il faut toujours rester poli et dire le plus grand bien du maximum de personnes, et que Taubira est très populaire. Pour cela, Besancenot a été encore une fois un "bon client". Il y a eu quand même un moment fort, quand une ouvrière a parlé des mauvaises conditions du travail, les dangers de l'amiante et les salaires. J'en ai certainement raté d'autres.
Pour Arlette Laguiller, qui a été l'invitée de Drucker il y a dix ans, l'émission n'est pas dans le genre "people". Aujourd'hui, pour moi, cela y ressemblait beaucoup. Besancenot est vraiment très fort dans les débats contradictoires ou en face-à-face avec des journalistes politiques. Vivement Dimanche est un exemple du consensus bien-pensant, ce qui explique que si l'on se plie à toutes ses règles on se donne une image plutot ... consensuelle.
Voir sur Marianne2.fr : Seguela donne le baiser de la mort à Besancenot

Un petit compte-rendu dans Rouge, l'hebdo de la LCR
Et encore une fois, pour une critique radicale des médias, voir et participer au site d'ACRIMED ...
09 avril 2008
Quelques vérités sur RSF

Robert Menard, président de Reporters sans frontières et un proche du régime du Taiwan
Les Tibétains n'ont pas besoin d'amis comme Reporters Sans Frontières
Les dérives de Robert Menard, par J-C Guillebaud
Et encore sur les amitiés de Robert Menard avec l'"autre Chine", le Taiwan.
Libellés : Médias
22 janvier 2008
S'il vous plaît, M Pujadas !
De grâce M Pujadas, épargnez-nous vos remarques très orientées qui prennent pour argent comptant que tous les téléspecateurs sont d'accord avec vos opinions.
J'ai bien en mémoire un reportage sur les négociations pour la libération des ôtages colombiens où vous nous avez parlé du "président colombien Uribe", du "président Sarkozy" et du "très controversé président Chavez". Ne vous rendez-vous pas compte que pour des millions de citoyens français qui vous regardent, ce n'est certainement pas Hugo Chavez le plus controversé des trois ?
Autre exemple ce soir aux 20 heures de France 2, le reportage sur l'excellente exposition d'oeuvres d'art 'From Russia' qui a lieu en ce moment à Londres. Votre conclusion larmoyante où vous avez lourdement insisté sur l'"enlèvement" de ces oeuvres par les méchants bolchéviques (oui, "enlèvement", comme on enlève des enfants ou ... des ôtages) a été elle-même un chef d'oeuvre dans son genre.
Ce point de vue très partial a suivi un entretien avec deux Français d'origine russe contre-révolutionnaire (eh oui, ce sont des termes strictement exacts sur le plan historique) qui sont les héritiers des richissimes propriétaires dont les biens avaient été expropriés lors de la révolution et qui demandent aujourd'hui une compensation. Ils n'étaient visiblement pas dans la misère.
Pour illustrer son argument, un des deux a posé la question rhétorique de savoir ce que "tout le monde" penserait si un gouvernement nationalisait ainsi les biens de ... Bill Gates.
J'aurais bien aimé lui répondre que j'applaudirais des deux mains ... et que les bolchéviques avaient évidemment tout-à-fait raison d'exproprier leur arrière-grand-père et ainsi mettre à la disposition des ouvriers russes une collection privée acquise on ne sait pas comment.
Sur le site Acrimed, une analyse détaillée par Jamel Lakhal et Henri Maler de la façon dont France 2 a traité la grève des fonctionnaires - principalement pour invoquer le dispositif introduit par le gouvernement pour tester son "service minimum". Ce n'est évidemment pas la chaîne du service public qui expliquerait que ce dispositif est conçu essentiellement pour affaiblir les syndicats du même secteur public en rendant leur action moins efficace.
J'ai bien en mémoire un reportage sur les négociations pour la libération des ôtages colombiens où vous nous avez parlé du "président colombien Uribe", du "président Sarkozy" et du "très controversé président Chavez". Ne vous rendez-vous pas compte que pour des millions de citoyens français qui vous regardent, ce n'est certainement pas Hugo Chavez le plus controversé des trois ?
Autre exemple ce soir aux 20 heures de France 2, le reportage sur l'excellente exposition d'oeuvres d'art 'From Russia' qui a lieu en ce moment à Londres. Votre conclusion larmoyante où vous avez lourdement insisté sur l'"enlèvement" de ces oeuvres par les méchants bolchéviques (oui, "enlèvement", comme on enlève des enfants ou ... des ôtages) a été elle-même un chef d'oeuvre dans son genre.
Ce point de vue très partial a suivi un entretien avec deux Français d'origine russe contre-révolutionnaire (eh oui, ce sont des termes strictement exacts sur le plan historique) qui sont les héritiers des richissimes propriétaires dont les biens avaient été expropriés lors de la révolution et qui demandent aujourd'hui une compensation. Ils n'étaient visiblement pas dans la misère.
Pour illustrer son argument, un des deux a posé la question rhétorique de savoir ce que "tout le monde" penserait si un gouvernement nationalisait ainsi les biens de ... Bill Gates.
J'aurais bien aimé lui répondre que j'applaudirais des deux mains ... et que les bolchéviques avaient évidemment tout-à-fait raison d'exproprier leur arrière-grand-père et ainsi mettre à la disposition des ouvriers russes une collection privée acquise on ne sait pas comment.
Sur le site Acrimed, une analyse détaillée par Jamel Lakhal et Henri Maler de la façon dont France 2 a traité la grève des fonctionnaires - principalement pour invoquer le dispositif introduit par le gouvernement pour tester son "service minimum". Ce n'est évidemment pas la chaîne du service public qui expliquerait que ce dispositif est conçu essentiellement pour affaiblir les syndicats du même secteur public en rendant leur action moins efficace.
Libellés : Médias
21 novembre 2007
STOP ... à la propagande anti-grèves
Le syndicat SNJ du Parisien proteste contre la Une de mardi sur la grève
21.11.07 (AFP)
Commentaire : La presse étant ce qu'elle est, on n'est pas surpris par des titres anti-grèvistes et des articles très orientés sur "la grogne des usagers" ou "les coûts des grèves pour l'économie". C'est rare qu'on parle du "coût" pour les cheminots de la baisse de leurs retraites ou les "coûts" pour les privilégiés - pardon, les salariés du secteur public - des réductions des effectifs.
De la même façon, les travailleurs les plus combatifs et le plus conscients des dangers de la politique sarkoziste sont décrits comme des "jusqu'auboutistes" (ceux qui veulent qu'on travaille 40, 41 et plus d'années pour toucher une misère de retraite et remplir les poches des assureurs privés ne le sont évidemment pas).
Quant aux infos sur les grandes chaînes de télévision, cela semble presque normal qu'on entend un intervieweur demander à un représentant syndical s'il va "prendre ses responsabilités" et appeler à la reprise du travail, ou quand on parle d'une baisse du nombre de grèvistes comme une "bonne nouvelle".
Personnellement, je n'ai jamais pu décider si les journalistes sont conscients de ce qu'ils disent, ou s'ils sont eux-mêmes victimes du bourrage de crâne général. Ou peut-être simplement stupides.
Le trotskiste anglais Tony Cliff, quand il parlait de l'état de la lutte de classe, au lieu de dire "le nombre de journées perdues" comme font tous les commentateurs bourgeois et tous les journalistes économiques, disait toujours "le nombre de journées gagnées dans les luttes".
Le langage est un terrain important de la lutte idéologique.
Les Assemblées générales bousculent la politique du gouvernement
Dans ce court article, Dimitris Fasfalis met le doigt sur une des questions fondamentales soulevées par les luttes : qui décide de la démarche à faire, et comment ? Les représentants atitrés des travailleurs, comme les permanents syndicaux, doivent-ils décider de l'arrêt ou pas d'un mouvement, des formes de lutte (blocages, piquets de grève, grèves tournantes etc.), des revendications à mettre en avant dans les négociations, de l'attitude à adopter face aux manoeuvres patronales et gouvernementales ? Ou est-ce les travailleurs eux-mêmes, réunis en Assemblées générales, souvent quotidiennement ?
Il est vrai que la majorité des représentants syndicaux font au moins semblant de "consulter la base", voire se remettent effectivement aux décisions des travailleurs - mais en tentant de les influencer directement ou par les médias interposés. Ils peuvent difficilement heurter frontalement la volonté des militants du rang, à moins de prendre le risque de se couper complètement de ceux qui font vivre l'organisation et paient les cotisations (et donc leurs propres salaires).
Mais les allusions dans leurs déclarations à la presse au "réalisme" ou à la "nouvelle situation" créée par la déclaration d'un ministre, les références aux difficultés des usagers et à la nécessité de garder le soutien du public, les appels à la "responsabilité" sont des signaux envoyés aux grèvistes qu'ils doivent mettre fin à leur mouvement et laisser la place aux négociateurs professionnels.
Certains dirigeants, comme François Chérèque de la CFDT, sont prêts à aller plus loin, et à appeler sans ambiguïté à arrêter le mouvement. Le rôle d'un Bernard Thibault est plus ambigü.
Ce qui est sûr est que les travailleurs n'ont aucun intérêt à donner un chèque en blanc à leurs dirigeants, qui doivent être clairement mandatés par la base. Idéalement, celle-ci doit pouvoir suivre les négociations en direct - comme ont fait les ouvriers polonais aux moments forts de la lutte du syndicat Solidarnosc -, pour éviter toute concession inutile ou arrangement secret.
Les AG sont un élément crucial de la démocratie ouvrière, tout comme les coordinations locales qui réunissent des militants de différents lieux de travail et d'autres secteurs en lutte. Nous sommes fiers de cette capacité des travailleurs de décider et d'agir collectivement, en toute indépendance. Quelque soit les résultats obtenus par une grève, l'expérience de cette prise de décisions est un acquis définitif.
La grève, les médias : petit exercice comparatif
Un article de la rédaction de la revue suisse A l'Encontre qui donne une large place à une tribune d'un camarade anglais, Mark Steel, qui tient une rubrique dans le quotidien The Independent.
TF1 : Le gouvernement vous parle
21.11.07 (AFP)
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) du Parisien a protesté contre la Une du quotidien mardi, consacrée à la grève dans les transports, estimant qu'elle marque une "rupture avec la ligne éditoriale" du journal, dans un communiqué interne dont l'AFP a obtenu copie mercredi.
Mardi, le quotidien a publié en Une une photo des passagers patientant sur un quai bondé, sous le titre "Stop".
"En titrant +Stop+ (sous-entendu aux grèves), le Parisien s'oppose de front à toute une frange de son lectorat, au risque de se couper de lui", estime le SNJ, soulignant que le journal "a des lecteurs qui galèrent dans les transports et des lecteurs qui participent aux mouvements sociaux ou qui les soutiennent".
Le Parisien, "et c'est une rareté dans le paysage de la presse nationale", s'est "toujours positionné comme un journal d'information et non comme un journal d'opinion", rappelle-t-il.
"A travers cette Une qui éditorialise, on le colore d'un positionnement qui n'est pas le sien", juge-t-il.
"Il va de soi que le Parisien est, et restera, fidèle à la ligne éditoriale qui a toujours été la sienne, à savoir son indépendance, le refus des partis pris quels qu'ils soient et surtout, dans le cas qui nous préoccupe, à l'écoute des préoccupations de ses lecteurs", a réagi le directeur des rédactions du Parisien et d'Aujourd'hui en France, Vincent Régnier.
Le SNJ, qui est intervenu mardi en comité d'entreprise à ce sujet, doit rencontrer jeudi la direction de la rédaction.
Commentaire : La presse étant ce qu'elle est, on n'est pas surpris par des titres anti-grèvistes et des articles très orientés sur "la grogne des usagers" ou "les coûts des grèves pour l'économie". C'est rare qu'on parle du "coût" pour les cheminots de la baisse de leurs retraites ou les "coûts" pour les privilégiés - pardon, les salariés du secteur public - des réductions des effectifs.
De la même façon, les travailleurs les plus combatifs et le plus conscients des dangers de la politique sarkoziste sont décrits comme des "jusqu'auboutistes" (ceux qui veulent qu'on travaille 40, 41 et plus d'années pour toucher une misère de retraite et remplir les poches des assureurs privés ne le sont évidemment pas).
Quant aux infos sur les grandes chaînes de télévision, cela semble presque normal qu'on entend un intervieweur demander à un représentant syndical s'il va "prendre ses responsabilités" et appeler à la reprise du travail, ou quand on parle d'une baisse du nombre de grèvistes comme une "bonne nouvelle".
Personnellement, je n'ai jamais pu décider si les journalistes sont conscients de ce qu'ils disent, ou s'ils sont eux-mêmes victimes du bourrage de crâne général. Ou peut-être simplement stupides.
Le trotskiste anglais Tony Cliff, quand il parlait de l'état de la lutte de classe, au lieu de dire "le nombre de journées perdues" comme font tous les commentateurs bourgeois et tous les journalistes économiques, disait toujours "le nombre de journées gagnées dans les luttes".
Le langage est un terrain important de la lutte idéologique.
Les Assemblées générales bousculent la politique du gouvernement
Dans ce court article, Dimitris Fasfalis met le doigt sur une des questions fondamentales soulevées par les luttes : qui décide de la démarche à faire, et comment ? Les représentants atitrés des travailleurs, comme les permanents syndicaux, doivent-ils décider de l'arrêt ou pas d'un mouvement, des formes de lutte (blocages, piquets de grève, grèves tournantes etc.), des revendications à mettre en avant dans les négociations, de l'attitude à adopter face aux manoeuvres patronales et gouvernementales ? Ou est-ce les travailleurs eux-mêmes, réunis en Assemblées générales, souvent quotidiennement ?
Il est vrai que la majorité des représentants syndicaux font au moins semblant de "consulter la base", voire se remettent effectivement aux décisions des travailleurs - mais en tentant de les influencer directement ou par les médias interposés. Ils peuvent difficilement heurter frontalement la volonté des militants du rang, à moins de prendre le risque de se couper complètement de ceux qui font vivre l'organisation et paient les cotisations (et donc leurs propres salaires).
Mais les allusions dans leurs déclarations à la presse au "réalisme" ou à la "nouvelle situation" créée par la déclaration d'un ministre, les références aux difficultés des usagers et à la nécessité de garder le soutien du public, les appels à la "responsabilité" sont des signaux envoyés aux grèvistes qu'ils doivent mettre fin à leur mouvement et laisser la place aux négociateurs professionnels.
Certains dirigeants, comme François Chérèque de la CFDT, sont prêts à aller plus loin, et à appeler sans ambiguïté à arrêter le mouvement. Le rôle d'un Bernard Thibault est plus ambigü.
Ce qui est sûr est que les travailleurs n'ont aucun intérêt à donner un chèque en blanc à leurs dirigeants, qui doivent être clairement mandatés par la base. Idéalement, celle-ci doit pouvoir suivre les négociations en direct - comme ont fait les ouvriers polonais aux moments forts de la lutte du syndicat Solidarnosc -, pour éviter toute concession inutile ou arrangement secret.
Les AG sont un élément crucial de la démocratie ouvrière, tout comme les coordinations locales qui réunissent des militants de différents lieux de travail et d'autres secteurs en lutte. Nous sommes fiers de cette capacité des travailleurs de décider et d'agir collectivement, en toute indépendance. Quelque soit les résultats obtenus par une grève, l'expérience de cette prise de décisions est un acquis définitif.
La grève, les médias : petit exercice comparatif
Un article de la rédaction de la revue suisse A l'Encontre qui donne une large place à une tribune d'un camarade anglais, Mark Steel, qui tient une rubrique dans le quotidien The Independent.
TF1 : Le gouvernement vous parle
«La mobilisation syndicale se heurte à la volonté très claire du gouvernement de créer un système plus équitable de retraites, c’était dans le programme de Nicolas Sarkozy, il a été élu en partie pour ça.» Non, ce n’est pas du François Fillon, ni même du Xavier Bertrand, mais du Jean-Pierre Pernaut, ministre du 13 heures de TF1. Ça suinte de tous les sujets, de la hiérarchisation des JT, des mots choisis : la télé roule contre la grève. «La France peut-elle être réformée ?» se désespère Laurent Delahousse dimanche sur France 2. Quant à l’ineffable Jean-Marc Sylvestre, mercredi à 13 heures sur TF1, il sait : «Les syndicats ont compris que l’opinion publique ne les suivrait pas dans leur opposition systématique à une réforme in-con-tour-nable.»Lire l'article dans Libération ...
Libellés : Luttes ouvrières, Médias

