01 février 2009

 

"Front de gauche" aux Européennes: Mélenchon met la pression sur Besancenot

Samedi 31 janvier

Julie DUCOURAU (AFP)

Le Parti de Gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon a profité de son congrès fondateur pour presser le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot de rejoindre le "front de gauche" déjà scellé avec le PCF, afin de dépasser le PS aux européennes.

Fort d'un sondage commandé à l'Ifop créditant un hypothétique "front" incluant le NPA et Lutte ouvrière de 14,5% des voix (derrière l'UMP à 25,5% et le PS à 22,5%), M. Mélenchon a lancé samedi un nouvel appel à M. Besancenot, à une semaine du congrès fondateur du NPA (6-8 février), qui doit trancher la question d'éventuelles alliances pour les européennes de juin.

"Olivier Besancenot a une responsabilité devant l'Histoire, il n'est plus à la tête d'un groupuscule", et "s'il refuse le front de gauche, le rééquilibrage (à gauche) ne pourra pas se faire", assure M. Mélenchon. "Passer devant le PS, c'est jouable", répète-t-il.

M. Besancenot "bouge tout doucement, on va le convaincre", se persuade l'ancien socialiste, dont le "front", qui s'adresse à tous les partis de gauche sur la base du "non de gauche" au Traité européen en 2005, se limite jusqu'ici à un duo PCF-PG.

Le sénateur de l'Essonne voit comme "un bon signe" l'appel unitaire de dix organisations de gauche, dont le NPA, sur les mobilisations de jeudi dernier. Mais jusqu'ici, le parti de M. Besancenot n'a pas semblé très favorable à une alliance pour les prochaines élections.

Refusant un simple "bon coup électoral", le facteur de Neuilly défend un "front durable" au-delà des Européennes de juin, avec comme condition une indépendance totale vis-à-vis du PS.

"Il nous faut un maximum de députés européens qui portent la volonté de changer d'Europe", a répondu la numéro un communiste, Marie-George Buffet, venue écouter les débats du congrès du PG qui se tient à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) jusqu'à dimanche.

"On tend la main à tous ceux qui veulent changer d'Europe", mais "les européennes, ça approche", "il faut qu'on avance", a-t-elle lancé aux journalistes, avant d'être longuement applaudie par les 600 délégués du PG, scandant "front de gauche aux européennes".

Au NPA, l'idée du front de gauche a des partisans. "Sur le fond, il n'y a pas de raison de refuser cette offre", estime Christian Picquet, représentant la fraction minoritaire de la future ex-LCR pour un large rassemblement à gauche.

"Si le NPA répond non, ce serait un désastre politique", ajoute-t-il dans les allées du congrès, en déplorant la "crispation" de la direction du Nouveau parti anticapitaliste. "Ils sont enfermés dans une bulle qui leur donne le sentiment que la popularité de Besancenot peut être traduite automatiquement en résultats électoraux, mais c'est une illusion complète", analyse-t-il.

Si "le coeur de la discussion se concentre sur le NPA", M. Mélenchon souligne toutefois que "cela ne résume pas la stratégie du front de gauche". Et semblant anticiper un refus la semaine prochaine, il a lancé en accueillant Mme Buffet: "il y a des tête-à-tête pas désagréables!".

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