05 février 2009

 

L'unité aux européennes : Un appel à la veille du congrès fondateur du NPA

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Un signe d'espoir, un encouragement aux luttes…

Plus qu'on ne pouvait l'imaginer, le congrès de fondation du NPA va avoir lieu à un moment exceptionnel.

D'une part, la crise capitaliste ne fait que s'aggraver. Il est à présent évident qu'il s'agit d'une crise majeure du système dans sa totalité, sans sortie perceptible, et donc grosse de catastrophes sociales et politiques.

D'autre part, l'onde de choc de la crise dessine et impose des réorganisations politiques d'ampleur, dont on ne voit aujourd'hui que les prémices :

° Les forces bourgeoises n'apparaissent pas actuellement en mesure de dégager une alternative au modèle néolibéral qui implose. C'est ce dont témoignent les limites, sinon l'échec prévisible, des plans de relance des divers gouvernements occidentaux (y compris celui initié par Obama, qui pourtant jouit de l'élan extraordinaire de son élection et met en oeuvre des moyens considérables).

De ce fait la politique des gouvernements apparaît clairement pour ce qu'elle est : un soutien considérable apporté aux banques, pour lequel on ponctionne massivement au profit du capital les richesses (présentes et à venir) produites par le travail. On se porte au secours du cœur financier du système, sans autre horizon que d'éviter la faillite et sans que l'efficacité soit garantie. Situation qui aggrave le sentiment populaire d'une injustice indécente.

Si le pouvoir sarkozyste affiche hautement la nécessité de "moraliser" le capitalisme, il s'entête dans son projet de contre-réforme de la société, maintient ses attaques tous azimuts contre les salariés et la population. Il continue donc à imposer le modèle néolibéral qui aux yeux de tous est dans l'impasse.

° La mobilisation du 29 janvier par sa puissance marque la rupture avec le climat social de désarroi et d'apathie qui a dominé depuis l'élection de Sarkozy. C'est des profondeurs de la population que se lève l'exigence du combat et de l'unité. Une unité qui, face aux attaques en cours et à venir, est une nécessité vitale pour les
travailleurs.

Cette exigence fait écho et amplifie les explosions de la jeunesse et des salariés, en Grèce, en Islande, en Guadeloupe… en réaction aux situations de plus en plus insupportables qui leur sont faites.

Ainsi la dynamique de la crise amène à poser la question du pouvoir.

Avec les appels à l'union nationale et la réalité des "grandes coalitions" entre droites conservatrices et gauches social-démocrates, ou aux Etats-Unis entre Démocrates et Républicains, on voit que la défense du capitalisme implique des politiques brutales contre les travailleurs et la population, des régressions sociales majeures, des mises en cause des acquis démocratiques. De cela, la politique de Sarkozy ne présente que les premiers signes.

De son côté, la mobilisation sociale est porteuse de demande politique. La défense des intérêts ouvriers nécessite de dépasser le constat que "la crise étant leur crise, nous n'avons pas à la payer ".

Les revendications de défense de l'emploi, du pouvoir d'achat, des services publics relèvent de l'urgence. Les anticapitalistes doivent y investir l'exigence démocratique du contrôle : contrôle de l'économie et de la société, pour dessiner la perspective d'un autre pouvoir que celui des représentants du Capital.

Une logique donc qui s'oppose à la réponse que prétend apporter le Parti socialiste en termes d'une alternance qui vise à capter le mécontentement populaire, pour mieux assurer la défense du système en impulsant une variante de politique capitaliste. Contre ceux qui veulent sauver le système, il faut que ceux qui veulent sauver la population des méfaits du système se rassemblent pour proposer une réponse cohérente et convaincante, donc unitaire.

Aujourd'hui on voit que le mouvement pour une alternative politique se manifeste de manière diffuse et sous des formes multiples.

° L'unité syndicale pour le 29 janvier a permis que se manifeste une formidable mobilisation populaire, qui appelle non seulement des suites en riposte aux attaques capitalistes, mais une perspective de débouché politique.

° "L'appel des appels" est né d'une initiative originale, extérieure aux centres habituels de décision à gauche. L'écho qu'il rencontre témoigne de la conscience de l'unité profonde des combats restés jusqu'à ce jour séparés, et de l'aspiration à donner une expression globalisée à ces derniers.

° La déclaration des dix partis, suite à l'initiative du NPA, en soutien à la mobilisation du 29 janvier et proposant un ensemble cohérent d'exigences sociales, est lui aussi inédit par le contenu qu'il donne à l'appel à l'unité. Il a été rendu possible par les profondes évolutions au sein de la gauche : affirmation du NPA, naissance du Parti de gauche, formation de la Fédération, acceptation par le Parti communiste, au terme d'un débat difficile, de la proposition d'un « front de gauche »…

Le NPA a réussi, avec ce texte, à entraîner ses partenaires à faire un pas pour renforcer le mouvement de luttes à tonalité anticapitaliste, et il faut s'en féliciter.

La constitution du NPA rencontre un écho important dans de larges couches du salariat. Il peut à l'évidence devenir une force essentielle dans les luttes à venir, il peut également être un élément déterminant dans la recomposition politique de la gauche. Ce congrès n'achèvera pas la constitution du NPA, les élaborations et expérimentations se poursuivront pour définir plus complètement son programme, son projet et ses modes démocratiques de fonctionnement.

Mais ce congrès est un moment décisif : nous ne saurions contourner les actes nécessaires, ni esquiver les opportunités politiques présentes. Car, dans la situation présente, les responsabilités du NPA sont grandes.

L'acte fort de ce congrès devrait être selon nous l'engagement en faveur d'un rassemblement des forces qui s'opposent aux réponses capitalistes à la crise, s'inscrivent dans les mobilisations sociales et défendent la perspective d'une autre Europe, sociale, démocratique, écologique et porteuse de paix.

Nous estimons que le NPA devrait dire qu'il veut prolonger et développer le contenu de la déclaration des dix partis, pour que l'unité politique ainsi réalisée renforce et se renforce de l'unité dans les luttes.

Selon nous, le NPA devrait affirmer sa volonté d'agir pour une traduction de l'unité dans la perspective des élections européennes, le premier rendez-vous programmé permettant d'infliger un camouflet à Sarkozy et de dire que, face à la crise, il faut une autre politique, et donc une autre Europe.

Le Parti de gauche met en avant un front de gauche, nous proposons que le NPA dise qu'il est déterminé à rendre celui-ci possible, en fonction des critères suivants :

° Des bases politiques en claire indépendance du Parti socialiste et de sa politique sociale-libérale, car en défense d'une alternative anticapitaliste.

° Le rassemblement de l'arc de forces le plus large possible, une force pluraliste, attractive aux yeux du mouvement social et de la jeunesse.

° Un ancrage dans des collectifs unitaires de base, pour une campagne de terrain, dynamique et militante.

Une prise de position du congrès en ce sens créerait une réelle dynamique pour les luttes sociales et politiques qui sont devant nous.

Cette question est centrale, il convient d'organiser les discussions en prenant en compte cette importance.

L'amendement de Clermont, et d'autres qui vont dans le même sens, ont montré que nombre de militants du NPA se prononcent en faveur d'une démarche unitaire visant à l'affirmation de listes unitaires aux européennes sur de telles bases. L'important n'est pas telle ou telle formulation, mais cette position de fond. Nous nous proposons d'en actualiser la rédaction et de nous donner les moyens de la défendre dans le congrès.

Le 3 février 2009

Yann Cochin, Alain Faradji, Catherine Jouanneau, Francis Sitel

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