27 juillet 2008

 

Contre l'Inquisition néo-libérale, soutenons Siné !

NOUVEAU : Nauséabonde campagne contre Siné et ses soutiens (dans Rouge)

Et une excellente tribune de Gérard Filoche ...

ANTI-SEMITISME : ECHEC D'UN CHANTAGE
/.../ Cette fois, ça n’a pas marché. Depuis le début des années 1990, on ne comptait plus les adversaires de l’impérialisme, du néolibéralisme, des médias dominants…, qualifiés d’antisémites, voire de « nazis » par quelque gardien de l’ordre social. Le prétexte pouvait être léger, inexistant même. Qu’importe : écrasé par la gravité de l’imputation, l’accusé devait aussitôt exciper de ses états de service antiracistes, évoquer la liste de ses amis et parents promptement transformés en cautions de moralité, autopsier un trait d’humour plus ou moins réussi.

Rien n’y faisait. Car seul le tribunal de l’Inquisition et ses juges inamovibles (Alain Finkielkraut, Ivan Rioufol, Alexandre Adler, Philippe Val, Bernard-Henri Lévy) avaient la permission de manier l’irrespect, la provocation, de frôler (ou de franchir) la ligne jaune de la stigmatisation collective. Eux pouvaient justifier — au nom de Voltaire et du droit à la caricature — leurs dérapages sur, par exemple, la couleur des joueurs de l’équipe de France ou l’assimilation de l’islam au terrorisme.
Le Monde Diplomatique, le 24/07/2008
/.../ Siné n'a jamais puisé ses opinions chez les philosophes, mais dans la grande tradition anarchiste, mécreante et blasphématoire, anti-religieuse autant qu'anti-clericale. Quiconque a un minimum d'honneté reconnaitra que Siné vomit avec le même dégout curés, rabbins et imams, et chie tout autant dans les synagogues que dans les églises, les temples ou les mosquées.

Siné est un modele d'anti-racisme qui, contrairement à beaucoup d'autres, n'a pas une once de paternalisme ou de condescendance pour les victimes de ces racismes, comme le montre ses caricatures d'Africains, de travailleurs maghrébins ou de Juifs.

Que Philippe Val soit son procureur pour charge de racisme anti-juif est un comble, lui qui publie dans Charlie des caricatures ouvertement islamophobes, au nom de la liberté de critique mais licencie Siné pour avoir repris une rumeur sur une éventuelle conversion au judaisme de Sarkozy junior.

Michel Warschawski, militant israélien pour la paix


Soutenez Siné en signant la pétition (12 000 signatures au 7 août) ...

COMMENTAIRE On n'a pas besoin d'approuver toutes les positions de Siné ou de Plantu pour se délecter de la déconfiture d'un Philippe Val devenu un laquais de la droite néo-libérale et pro-israélienne. Ils se sont trompés, avec beaucoup de gens sincères, d'ailleurs, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet - une attitude qui a du encourager Val dans sa croisade contre la gauche antilibérale. Le licenciement du dessinateur légendaire de Charlie Hebdo pour des propos que seuls des individus particulièrement bornés (et suffisamment arrogants pour se sentir en droit de définir le Mal et le Bien) comme Val, BHL ou Laurent Joffrin pourraient interpréter comme 'anti-sémites' a heureusement provoqué une foule de réactions. Il faut donc signer et faire signer la pétition pour que, la prochaine fois, Val et ses amis ne se sentent plus intouchables.

Dessin de Plantu

Dans La République des Lettres
Qui est Philippe Val ? :
/.../ À l'origine engagé politiquement à Gauche, Philippe Val prend progressivement au cours des années 2000 des positions néo-libérales, néo-conservatrices, occidentalistes et islamophobes, qu'il exprime chaque semaine dans ses éditos "polémiques" de Charlie-Hebdo [Un journal 'satirique' qui ne fait pas rire, ndlr]. Intellectuel autodidacte autoproclamé philosophe, infatué et autocrate, l'ancien gauchiste devenu réactionnaire provoque de nombreux conflits au sein de la rédaction et plusieurs collaborateurs sont contraints de quitter le journal: Philippe Corcuff, Olivier Cyran, Lefred-Thouron, Mona Chollet, Bernard Maris, Gérard Biard, Charb, etc. Philosémite notoire, il se fait également une spécialité de voir des antisémites partout et n'hésite pas à user de cet argument pour licencier le dessinateur Siné. Il devient parallèlement l'un des chouchous des médias et tient chronique sur plusieurs radios et chaînes de télévision, de Canal+ à iTélé en passant par France Culture. Le petit écran fait aussi régulièrement appel à lui lorsqu'il s'agit de fustiger dans les débats les "nonistes" au Traité de Constitution européenne ou les "islamo-gauchistes".


Lire ce commentaire d' Olivier Bonnet sur "l'odieux Philippe Val"

Un article intéressant de l'historien Tony Judt paru dans Le Monde Diplomatique, juin 2008 : Trop de Shoah tue la Shoah

/.../ Qui est plus en sécurité, un Juif aux Etats-Unis ou un Roumain en Italie ?

Je crains que deux choses ne se soient produites. En soulignant le caractère historique unique de l’Holocauste tout en l’invoquant constamment par rapport à des problèmes actuels, nous avons semé la confusion dans la tête des jeunes. Et, en criant à l’antisémitisme à chaque fois que quelqu’un attaque Israël ou défend les Palestiniens, nous fabriquons des cyniques. Car la vérité est qu’Israël n’est pas menacé dans son existence. Et que les Juifs d’aujourd’hui, ici, en Occident, ne sont aucunement confrontés à des menaces ou à des préjugés comparables à ceux du passé — ou même à ceux dont sont victimes à l’heure actuelle d’autres minorités.

Posons-nous la question suivante : nous sentirions-nous en sécurité, accepté, bienvenu, en tant que musulman ou qu’« immigré illégal » aux Etats-Unis ? En tant que « Paki » au Royaume-Uni ? Marocain au Pays-Bas ? Beur en France ? Noir en Suisse ? « Etranger » au Danemark ? Roumain en Italie ? Rom n’importe où en Europe ? Ne nous sentirions-nous pas plus en sûreté, plus intégré, plus accepté en tant que Juif ? Je pense que nous connaissons tous la réponse à cette question. Que ce soit aux Pays-Bas, en France, aux Etats-Unis, pour ne pas mentionner l’Allemagne, les Juifs sont largement représentés dans le monde des affaires, les médias et les arts. Et ils ne sont stigmatisés, menacés ou exclus dans aucun de ces pays.

La menace dont les Juifs — et chacun d’entre nous — devraient se préoccuper vient d’une autre direction. Nous avons si solidement ancré la mémoire du génocide à la défense d’un seul pays, Israël, que nous courons le danger d’en provincialiser la signification morale. Le problème du mal, du mal totalitaire ou du mal génocidaire, est un problème universel. Mais, s’il est manipulé à l’avantage d’un pays, ce qui va se passer (ce qui se passe déjà), c’est que ceux qui gardent une certaine distance avec la mémoire du crime perpétré en Europe — parce qu’ils ne sont pas européens, ou qu’ils sont trop jeunes pour se souvenir de sa signification — ne comprendront pas en quoi cette mémoire les concerne et cesseront de nous écouter lorsque nous tenterons de le leur expliquer.

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