12 décembre 2008

 

Solidarité avec le mouvement social grec

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Réunion publique de Marxistes Unitaires, mercredi 17 décembre à 14h, Université de Paris Tolbiac. Lire le tract ici ...

La révolte des jeunes Grecs, un coup de semonce pour l'UE ? (Reuters)

En Grèce, c'est la "Génération 700" (pour 700 euros), en Espagne les "mileuristas" (pour 1.000 euros), en Allemagne la "Generation Praktikum" (stage) et en France la "génération précaire".

Les termes diffèrent mais recouvrent un même malaise, celui de jeunes Européens qui, au travers notamment des violences urbaines qui ont touché la Grèce ces derniers jours, expriment leur inquiétude de l'avenir et leur frustration du présent.

La violence de la révolte qui a frappé pas moins de dix villes grecques, et qui a résonné en écho dans quelques autres en Europe, constitue un avertissement pour les gouvernants, au moment où l'Union européenne cherche une parade à la crise économique.

La mort d'un lycéen tué par un policier grec a servi de révélateur à un mal plus profond, celui d'une génération, les 18-30, voire 35 ans, pour qui monde du travail rime avec chômage, bas salaires et mauvaise couverture sociale.

Les affrontements des jeunes avec les forces de l'ordre à Athènes, Salonique ou Corfou ont suscité des manifestations de solidarité sur le continent européen, organisées rapidement par internet ou texto.

"Il est temps qu'ils se mettent à l'écoute du peuple. Nous leur crions : 'Regardez dans quelle mouise on est'", dit Stella Nicolakakos, une enseignante grecque de 35 ans.

Pour certains économistes, l'Europe n'était pas vraiment préparée, après une décennie de croissance économique, à affronter la crise venue des Etats-Unis.

"La plupart des pays européens pensaient qu'ils seraient épargnés par la crise et ils réalisent seulement maintenant que ce n'est pas le cas", déclare Vanessa Rossi, chercheur en économie à la Chatham House de Londres.

"Pour plusieurs pays, les implications ne sont pas bonnes, à la fois en ce qui concerne la récession économique et l'agitation sociale", ajoute-t-elle.

Et les premiers touchés par le ralentissement de l'économie sont les jeunes. Le taux de chômage des 18-25 ans atteint 22% en Grèce et la France (19%), l'Italie et l'Espagne ne font guère mieux.

SOUS-PAYÉS ET ENDETTÉS

La colère s'étend aussi à ceux, surdiplômés, qui travaillent pour un salaire largement inférieur à leur qualification.

"Les jeunes grecs, et cela peut aller jusqu'aux 35 ans, représentent une majorité silencieuse de citoyens sous-payés, surchargés de travail, endettés et fragilisés", souligne Génération 700, une organisation porte-parole des 56% de Grecs de moins de 30 ans dont le salaire mensuel ne dépasse pas 700 euros.

Les violences en Grèce se sont répercutées de façon sporadique notamment en Italie, en Espagne, en Bulgarie et en France, où des manifestations étudiantes ont dégénéré cette semaine à Brest et à Nantes.

Des centaines de jeunes Bulgares ont manifesté vendredi en silence à Sofia pour protester contre l'inaction selon eux du gouvernement face à la montée de la violence et de la corruption.

Dans un pays rongé par le crime organisé et considéré comme le plus corrompu de l'Union européenne, les manifestants se sont rassemblés pour rendre hommage à un étudiant battu à mort par des jeunes dans une banlieue de la capitale contrôlée par les gangs.

"C'est toute l'Europe que fait face à une crise de l'intégration sociale. La société européenne s'est très vite fragmentée", juge Dimitris Keridis, professeur en sciences politiques à l'université de Macédoine.

Et l'inquiétude commence à gagner certains dirigeants européens. Selon Le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy a dit craindre devant des députés UMP mercredi une explosion sociale en France semblable à celle de Grèce.

La colère des Grecs est d'autant plus vive qu'ils ont le sentiment que leur gouvernement prend de nouvelles mesures de restriction budgétaire au moment même où ils ressentent fortement la dureté des temps.

Pour Vanessa Rossi, les gouvernants européens pourraient connaitre des moments difficiles s'ils ne parviennent pas à convaincre l'opinion publique de leur volonté de prendre en considération leurs revendications sociales et économiques.

"Dans ce contexte, la Grèce est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire", conclut Dimitris Keridis.

Avec Dina Kyriakidou et Michele Kambas à Athènes, Crispian Balmer à Paris et Paul Day à Madrid, version française Pascal Liétout

Des nouvelles de Grèce (12/12/2008)

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Comments:
PARIS - Rassemblement samedi 20 décembre 2008 13H00 à la Fontaine des Innocents (Les Halles), organisé par les Etudiants et les Travailleurs Grecs à Paris.
Il est temps que cette ville morte se réveille !!! Faites tourner !!!
http://emeutes.wordpress.com/
 
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