15 avril 2008

 

Italie : le crépuscule du communisme parlementaire

Italie : le crépuscule du communisme parlementaire, par Massimo Modonesi

Christian Picquet analyse le "désastre total" des élections italiennes et en tire des leçons pour la construction d'une nouvelle force politique en France : Leçons italiennes (sur le blog du courant Unir)

Dans ce long entretien publié sur le site suisse Alencontre, deux militants de Sinistra Critica, Lidia Cirillo et Pietro Basso brosse un tableau sombre de la situation politique italienne après les élections.

/.../ la victoire de la coalition de Berlusconi – Parti de la Liberté, Lega Nord et Mouvement pour l’autonomie – est nette. Elle a un avantage de plus de 9% des votes sur le Parti démocrate (PD) de Walter Veltroni (ex-maire de Rome) et de l’Italie dei Valori (de l’ex-juge Di Pietro). Le résultat est sans appel: 46,5% contre 37,7%, selon les résultats disponibles et quasi définitifs ce mardi matin.

Cette victoire est d’autant plus significative et alarmante qu’au sein de cette coalition de droite, la Lega Nord, ce parti raciste, non seulement obtient dans «ses» régions traditionnelles (Veneto-Friuli) des résultats très élevés, dépassant parfois les 25%, mais entre aussi avec force dans le Piémont, la Lombardie, des régions où ladite gauche traditionnelle avait une forte base.

Dans des régions industrielles du Nord, la Lega Nord a capturé des votes ouvriers et a battu en brèche la présence de la Gauche arc-en-ciel (Sinistra Arcobaleno), donc spécialement la présence du Parti de la Refondation communiste (PRC) de Fausto Bertinotti, qui était le président de la Chambre durant le dernier gouvernement de Romano Prodi.

La Sinistra Arcobaleno (Gauche arc-en-ciel) a obtenu 3,2% des votes au Sénat et 3,1% à la Chambre. Lors des dernières élections européennes de 2004, sans avoir dans ses rangs la Gauche démocratique – cette fraction qui s’est détachée du PD – les forces présentes dans cette nouvelle formation avaient réuni quelque 11% des suffrages.

Le résultat présent montre le recul de ces forces – surtout de PRC et du plus réduit Parti Communiste d’Italie (PCDI) – dans des régions ouvrières, dans des régions qui ont été à la fin des années 1969, durant les années 1970 et jusqu’en 1980, des centres de l’activité et des mobilisations ouvrières. Ces régions ont certes connu des transformations sociales, mais le salariat n’y a pas diminué au plan sociologique et ses conditions de vie se sont péjorées.

La Lega Nord, dans ces régions, a effectué une percée qui a permis à Umberto Bossi de dire qu’elle était le «nouveau parti ouvrier». Cela symbolise la chute verticale de la Sinistra Arcobaleno et des forces qui la composaient, plus spécifiquement, je le répète, PRC. Avec ces résultats, ces forces sont expulsées de la Chambre et du Sénat.

Ce n’est donc pas seulement une victoire de la droite en général, mais aussi de la fraction de cette droite chauvine, «nordiste» et raciste. C’est un fait nouveau important. Y compris la formation fasciste de Storace (La Destra-Fiamma Tricolore) dans diverses villes – entre autres à Rome – obtient des résultats allant de 2,1% au Sénat à 2,4% à la Chambre./.../

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