04 juin 2007

 

Olivier Besancenot appelle à la création d’un grand parti de la gauche.

Dépêche AP 03.06.2007 15:56.

Olivier Besancenot a souhaité dimanche que des discussions s’engagent sur la création d’un grand parti de la gauche anti-libérale. "Je ne veux pas faire un parti tout seul", a-t-il dit. "Mais, je crois qu’il y a dans l’actualité" un besoin de créer un grand parti "sans succomber à l’urgence".
"Même s’il y a une urgence sociale et démocratique pour le faire, il faut prendre le temps de discuter de la nécessité de faire un nouveau parti, dans l’espace qui a été laissé vacant à la gauche de l’ex-gauche plurielle", a souligné le porte-parole de la LCR, invité de "Dimanche+" sur Canal+.
"Il y a des tas de militants, de syndicalistes qui ne sont pas forcément révolutionnaires et qui sont même parfois inorganisés (...) et qui se sentent orphelins d’un nouveau parti qui serait anti-capitaliste, indépendant du système institutionnel actuel et qui voudrait encore changer la société", a jugé Olivier Besancenot.
Il a analysé que "dans les prochains mois" il y aura "deux types de recomposition à gauche". D’un part "le Parti socialiste qui va vouloir faire un peu sur le modèle italien un grand parti de la gauche avec ces anciens partenaires gouvernementaux, les Verts et le Parti communiste, tout en tendant la main à François Bayrou".
"Et puis, il y a la nécessité de faire une autre composition politique, ça ne se fera pas d’un claquement de doigts. Je ne le ferai pas tout seul et ce que je souhaite dans les mois à venir, dans les résistances qui seront nécessaires face à Nicolas Sarkozy, c’est de retrouver tous ces anonymes (...) pour savoir si oui ou non", ils "souhaitent faire ce type de parti", a expliqué Olivier Besancenot.
Interrogé sur les querelles au sein du PS, il a estimé que ce parti "a l’air très tiraillé par ses dissensions internes, pensant beaucoup à 2012". "Moi, la seule chose que j’attends du PS, c’est que l’on se retrouve uni, soudé maintenant pour résister face à la droite", a conclu Olivier Besancenot. AP


Très bien, mais il va falloir que la Ligue fasse preuve d'énormément de qualités auxquelles sa majorité ne nous a pas habitués pour nous convaincre. Besancenot peut-il convaincre tous ses propres militants de la nécessité de construire un tel parti ? La LCR a-t-elle abandonné la distinction ultra-simpliste entre 'antilibéraux' et 'anticapitalistes' que certaines de ses tendances essaient d'entretenir ? Saura-t-elle résister à la tentation de définir elle-même les limites d'un tel regroupement, de choisir entre les 'bons' et les 'mauvais' antilibéraux ?

"Il n'y a pas urgence", dit Besancenot. S'il veut dire que l'urgence est derrière nous, dans la période suivant la victoire au referendum de 2005 jusqu'à l'échec des candidatures unitaires en décembre 2006, on peut être d'accord. Malheureusement, c'est alors que sa direction, suivie par une majorité de ses militants, a fait preuve d'un manque incroyable de perspicacité - ou bien a consciemment torpillé le processus afin d'en tirer un avantage partisan.

La LCR a-t-elle donc décidé de faire l'auto-critique de son propre rôle dans l'échec des candidatures unitaires qu'une minorité importante de ses militants demande depuis des mois ? Malheureusement, à l'aveu même des minoritaires, "les lignes internes n'ont pas bougé".

Tout ceci pour dire que la route de l'unité sera longue et que la LCR n'est pas forcément la mieux armée pour en être le moteur. Tout le problème réside dans le fait que, contrairement à ce que semble penser des théoriciens des "nouvelles formes d'organisation" comme Raoul-Marc Jennar, celle-ci ne pourra pas se faire sans l'apport crucial des organisations et des militants révolutionnaires réellement existants.

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