08 avril 2009

 

Sommet de l’Otan à Strasbourg : Une stratégie de tension incompatible avec l’exigence du débat démocratique



Sur Rue 89 Londres, Bastia, Strasbourg : Ces vidéos qui accablent la police

Le Mouvement de la Paix lance un appel à témoins pour construire les suites juridiques :

Depuis plusieurs mois, 600 organisations démocratiques du monde entier ont préparé un contre-sommet de l’Otan, avec une importante conférence internationale d’une très grande qualité. Le résultat ultra-militariste du sommet renforce l’urgence de solutions alternatives pour la sécurité de la planète

La manifestation pacifiste du 4 avril n’a pu être menée à son terme. Le Mouvement de la Paix condamne avec la plus grande fermeté les exactions des groupes minoritaires qui ont perverti le message responsable des organisateurs de cette manifestation destinée à dire « Non à l’Otan – non à la Guerre ».

Il exprime toute sa solidarité avec la population Strasbourgeoise, 1ère victime de ces exactions et dénonce le choix préfectoral d’un parcours de manifestation dans un des quartiers les plus populaires de la ville.

Il remercie les habitants du quartier qui ont tenté de proposer leur médiation en avançant des solutions responsables pour que le cortège puisse contourner en toute sécurité la zone incendiée, propositions refusées par les autorités qui ont préféré maintenir les manifestants dans une souricière, dans laquelle les militants du Mouvement de la Paix ont joué un grand rôle pour contenir des éléments incontrôlables.

Il est faux de prétendre que les casseurs étaient en tête de manifestation. Ce sont les militants pacifistes qui contrôlaient la manifestation jusqu’à ce pont de chemin de fer où les forces de l’ordre ont coincé les manifestants, laissant le cortège être infiltré par des casseurs.

Le Mouvement de la Paix s’interroge sur la tenue surprenante de quelques CRS, observée après ces charges inadmissibles, vêtus de jeans, de sweat-shirts sombres et petits sac à dos de toile.

Le Mouvement de la Paix se félicite de la dignité, du sérieux et du grand esprit de responsabilité des manifestants pacifistes et pacifiques qui ont eu à gérer les doubles provocations d’éléments violents ultra-minoritaires et de forces de l’ordre imperméables à toutes discussions, formatées à une réductrice vision violente des manifestants.

Le préfet et la ministre de l’Intérieur qui ont volontairement maintenu les manifestants dans un étau qui a mis la vie de milliers de manifestants en danger portent une grande responsabilité. En refusant à des femmes enceintes apeurées de quitter la manifestation, ils se sont rendus coupables de non assistance à personne en danger.

La plus grave question posée aujourd’hui est « comment respecter et favoriser le débat dans un pays qui se revendique comme une grande démocratie ? ». Il est du devoir d’un gouvernement d’organiser et de permettre la possibilité du débat démocratique. Ce débat a été refusé aux français à propos de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan. Il aurait pu s’exprimer et s’organiser à Strasbourg.

Le gouvernement a fait un autre choix en entretenant un climat de tension et une stratégie provocatrice qui illustre le rôle dévolu à l’Otan. Cette volonté, visible depuis plusieurs semaines, est devenue encore plus évidente depuis le début du contre-sommet :

Provocation demandant aux Strasbourgeois de retirer leurs drapeaux pacifistes arc en ciel des fenêtres

Provocation d’un parcours inadmissible

Provocation permanente au village alternatif, utilisé principalement par des jeunes, notamment par la rotation nocturne d’hélicoptères munis de puissants projecteurs. Conditions inadmissibles imposées aux jeunes du village autogéré, jusque dimanche 5, malgré un respect environnemental du site de leur part

Provocations des participants au meeting accueillant des personnalités nationales et internationales, par des hélicoptères bruyants, jetant des bombes lacrymogènes obligeant les organisateurs à faire évacuer l’espace en faisant démarrer la manifestation par le sud du Parc des 2 rives pour rejoindre le parcours négocié de longue date

De trop nombreux engagements des autorités n’ont pas été tenus, notamment celui de la garantie des horaires des cérémonies officielles et du maintien des transports depuis la gare.

De trop nombreuses autres questions se posent :
Pourquoi avoir laissé des milliers de gens errer dans la ville, fautes de transport ?
Pourquoi avoir empêché ces personnes de rejoindre la manifestation ?
Pourquoi leur avoir confisqué leurs drapeaux, y compris en fin de journée ?
Pourquoi avoir trouvé des CRS bloquant à plusieurs reprises un parcours de manifestation négocié ?
Pour le Mouvement de la Paix, le débat n’est pas clos, il ne fait que commencer.

Les dizaines de milliers de manifestants qui étaient venus du monde entier pour exprimer un message de paix, sont repartis plus déterminés que jamais à faire entendre la voix de ceux qui refusent la militarisation du monde et veulent agir pour une Europe pacifique et solidaire. Il est temps d’un grand débat en France sur l’Otan et la paix.

Dès à présent le Mouvement de la Paix lance un appel à témoignages et à témoins en demandant aux personnes d'écrire sur le forum ou d’envoyer un email à nationalmvtpaix.org afin de construire les suites juridiques à donner au 4 avril. Il envisage des dépôts de plaintes dans tous les départements. Il continue à demander l’organisation d’un référendum et interviendra avec ses 150 comités locaux à l’occasion du débat des élections européennes.

C’est un triste jour que nous avons vécu à Strasbourg, loin d’abattre les pacifistes, il les renforce dans leur détermination d’un réel débat démocratique sur les conditions d’assurer la sécurité des habitants de la Planète. L’Otan a montré à Strasbourg qu’elle en était incapable !

Strasbourg le dimanche 5 avril 2009

Contact presse :
catherine.riomvtpaix.org : 06 08 27 99 72


Commentaire

Le Mouvement de la Paix pose des questions qui laissent croire que les autorités (donc Sarkozy) ont déliberémment saboté le rassemblement pacifiste de Strasbourg en prenant le risque, voire le pari, qu'il dégénère et qu'il se solde par un nombre élevé de blessés voire de morts. Il faut exiger l'ouverture d'une enquête réellement indépendante, et que si suffisamment de preuves sont réunies des sanctions administratives et pénales contre tous les responsables, quelque soit leur grade.

Ici, un policier s'en prend à sa hiérarchie ...

Londres : Suites de l'agression policière contre la manifestation contre le G20

Ian Tomlinson, l'homme de 47 ans qui est mort d'une crise cardiaque lors de la manifestation contre le G20 aurait été "poussé", voire frappé par des policiers, selon des témoignages concordants. Ces témoignages sont confirmés par des images vidéo captées par un observateur neutre (un banquier américain !) qui sont décrites comme "troublantes" par l'Independent Police Complaints Commission. Celle-ci a ordonnée une deuxième autopsie. Voir cet article dans The Independent...

Voir la vidéo ici, et le commentaire de l'ancien ambassadeur britannique Craig Murray ... L'agent qu'on voit frapper Mr Tomlinson, qui a le dos aux policiers et les mains dans les poches, a enlevé toute forme d'identification et agit masqué, suggérant que son rôle est précisément d'intimider et de brutaliser les manifestants (sans peut-être savoir que Tomlinson était un simple passant).

Les responsables de la police prétend qu'en agissant ainsi l'agresseur aurait commis une faute grave. Mais l'autre hypothèse - qu'il s'agit d'une tactique décidée en hauts lieux - est tout aussi probable. Et comme dit Craig Murray, sans la vidéo amateur, il est vraisemblable que la police aurait inventé une toute autre histoire, comme elle a fait en d'innombrables occasions par le passé (notamment dans le cas de l'électricien brésilien Jean-Charles Mendeses assassiné par la police anti-terroriste dans le métro de Londres).

Heureusement qu'une partie de la presse britannique joue son rôle, notamment dans le cas présent The Guardian . Dans cet article, par exemple, le quotidien dissèque cliniquement la politique de prévarication, de non-communication et de mensonges adoptée par la police londinienne dans la période où elle croyait possible d'éviter une enquête sérieuse.

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