02 février 2008

 

Manifestons contre le Ministère de la Honte


Samedi 23 février 2008, Rendez vous à 15h au métro Denfert-Rochereau

Le ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement c’est le Ministère des colonies !

Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Or, le bilan positif de la colonisation alors que pendant plus de quatre siècles pendant lesquels la France a participé activement à la traite négrière, à la déportation des populations de l’Afrique sub-saharienne, a massacré et imposé sa loi sur des dizaines de peuples dont elle a pillé les richesses, cherché à détruire les cultures, les traditions, nié l’histoire et la mémoire.

Depuis des années nous assistons malgré les interpellations des citoyens et des associations, au silence assourdissant de l’Etat concernant sa responsabilité dans les crimes coloniaux, parallèlement à un retour des valeurs inégalitaires issues de la colonisation et au démantèlement du droit des étrangers.

Non, la colonisation n’a pas joué un rôle positif, car elle s’est toujours développée sur la violence, l’humiliation, la dépossession… La supériorité d'un peuple sur un autre: ce racisme comme fondement essentiel étant, est en soi inacceptable.

En créant un « ministère de l’immigration et de l’identité française », le gouvernement français met aujourd’hui en acte les idées développées par Nicolas Sarkozy dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar... C’est en fait la réintroduction d’un « Ministère des colonies » qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances de la « Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration » : « Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme “problème” pour la France et les Français dans leur être même ».

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies : rafles de sans papiers, contrôles d’identité au faciès illégaux, contrôles dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les préfectures.. . Il organise des centres d’internements (appelés centre de rétention) surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de « l’identité nationale » on démantèle le droit d’asile et on casse le droit au regroupement familial, les droits des enfants (définis dans les conventions internationales signées par la France).

L’utilisation de tests génétiques pour contrôler l’immigration constitue une mesure régressive profondément choquante, car elle vise à discriminer une certaine catégorie de la population, et ouvre insidieusement la porte au fichage génétique.

La politique de codéveloppement et d’immigration choisie débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles et la perte de la souveraineté économique, sociale et politique des pays d’immigration.

Le refoulé colonial amène la France sur une posture qui se traduit par un alignement sur la politique américaine au moyen-orient et la continuation de la politique de la Françafrique.

Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires, de plus en plus considérés comme des « territoires perdus de la République » qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des révoltes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à reprendre la loi sur l’état d’urgence utilisée durant la Guerre d’Algérie.

A l’occasion du 3ème anniversaire du vote de la loi sur la « colonisation positive » et dans le cadre de la 2ème semaine anticoloniale du 16 au 24 février 2008 nous appelons à un rassemblement contre cette politique qui bafoue les droits fondamentaux de l’Homme et traite les immigrés comme des criminels.

Tous ensembles exigeons :
- L’abrogation des dispositions colonialistes de la loi du 23 février 2005
- La reconnaissance par l’Etat Français de sa responsabilité dans les crimes coloniaux.
- La fin des rafles et des expulsions, la régularisation des sans papiers
- La suppression du Ministère de « l’identité nationale et de l’Immigration ».

Pour le collectif d’organisation de la semaine anticoloniale

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