19 janvier 2008

 

40 ans plus tard ... la lutte continue !


Je reproduis ici un article en anglais sur l'année 1968 par notre ami Ian Birchall du SWP-GB, non seulement pour résumer ce que c'était le grand mouvement de mai - révolte de la jeunesse, certes, mais surtout une grève générale sans précédent dans le monde - et le situer dans son contexte international mais pour rappeler aux sceptiques et aux vendus qu'on peut rester fidèle à ses idées politiques.

En effet, Ian a écrit avec Tony Cliff une brochure - dont je possède toujours un exemplaire - intitulée 'France - the struggle goes on' ('la lutte continue') en août ... 1968. Ancien professeur dans l'enseignement supérieur, spécialiste de l'histoire des partis communistes européens et des intellectuels de gauche français, il continue à militer et à écrire en Angleterre. Chapeau, Ian !

Un appel international

Mai 68, ce n’est toujours qu’un début…
Un appel internationalUn spectre hante les tenants de l’ordre établi : le spectre de Mai 68. Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une sainte-alliance pour traquer ce spectre : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre et consorts… Ne manque à l’appel aucun-e de celles et ceux qui n’ont comme seul horizon indépassable que le monde tel qu’il est, voire la fin de l’histoire.

Pour la France bien-pensante, Mai 68 est responsable de tout. Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à la faire frémir en agitant à nouveau le spectre. Il s’agit, selon lui, « de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes ». Dans cette liquidation seraient visés non seulement les droits syndicaux, le Smic et le salaire socialisé, mais aussi les avancées obtenues, entre autres par les luttes féministes.

Tel un ludion, le spectre de Mai 68 sort du placard tous les dix ans. C’est l’occasion des exorcismes et des oraisons funèbres, des enterrements de première classe et des cérémonies d’adieux, des célébrations compassées, des imprécations
et des repentances de tous les ralliés.

Il est grand temps de se réapproprier Mai 68, les réalités derrière les mythes, le Mai des prolétaires (de la grève générale et des occupations), le Mai de la Commune étudiante, le Mai des murs qui prennent la parole, le Mai des barricades qui ferment la rue et ouvrent la voie, le Mai qui a pavé le chemin des libérations et des transformations sociales et sociétales arrachées au cours de la décennie suivante, le Mai qui a soufflé sur Berlin, Prague, Mexico ou Turin, soulevant l’espoir tout autant que la critique du monde réellement existant, des normes et des évidences.

Ce qui est advenu n’était pas le seul possible. Des retours critiques collectifs et discordants permettront de retrouver le sable chaud sous les grèves et les espérances, à la lumière d’une formidable expérience dont les traces marquent encore notre temps.

Des éditeurs, des revues, des journaux, des sites Internet, des librairies, des instituts, des fondations, des lieux et des espaces culturels tentent d’interpréter le monde pour transformer l’ordre des choses. Ils se sont réunis et proposent d’organiser ensemble, au printemps prochain, un « Mai 68, ce n’est pas qu’un début, c’est une actualité urgente ». C’est à cette fin qu’ils lancent cet appel, ici et au-delà des frontières.

Un text écrit pour le 30ème anniversaire de mai 68 : Quand la France prit feu, de Chris Harman, un autre rescapé des années 60 qui n'a rien perdu de son radicalisme (il est rédacteur en chef de la revue trimestrielle INTERNATIONAL SOCIALISM).

Pour signer l’appel: contact@mai-68.org

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