07 février 2007

 

ELECTION CHALLENGE FOR FRENCH LEFT

Alex Callinicos, membre de la direction du Socialist Workers Party (Grande-Bretagne), écrit dans Socialist Worker (en anglais) sur la situation politique inédite que connaît la gauche radicale française. Pour les camarades de la minorité unitaire de la LCR, écrit-il, faire campagne pour José Bové serait une "grave erreur" ("I think this would be a big mistake"). Il faudrait faire la campagne de Besancenot pour ne pas affaiblir la LCR, qui reste "l'un des principaux instruments pour le renouvellement de la gauche française". Ce sera "une bataille d'une guerre [pour l'unité de la gauche radicale]beaucoup plus longue".

Oui, mais les choses se présentent un peu différemment sur le terrain. Une partie de la Ligue - et une partie encore plus grande de ses sympathisants - est déjà partie en campagne pour Bové, alors que pour des milliers de militants sans étiquette, cette candidature représente mieux que celle de Besancenot (sans parler de celle de Laguiller) leurs aspirations à l'unité de toute la gauche antilibérale.

Le succès inattendu de la pétition en faveur de la candidature de Bové, l'effet de sa déclaration de candidature, l'accueil que nous recevons sur les marchés et autour de nous, l'intérêt pour sa campagne dans des milieux traditionnellement méfiants vis-à-vis des groupes d'extrême gauche (dans les banlieues notamment) - toutes ces indications renforcent l'impression qu'il existe une véritable dynamique. Même si des incertitudes existent et (comme dirait l'autre) "la pente est raide", ce mouvement représente déjà une force - et pourrait même, malgré le peu de temps qui reste, changer complètement la donne.

Il est sûr que, si la Ligue réussit à obtenir les 500 parrainages et si - comme cela semble probable - elle maintient la candidature de Besancenot, certains de ses militants unitaires qui font provisoirement campagne pour Bové retourneront au bercail - sans pour autant changer d'avis sur le fond. Une autre partie, peut-être une "minorité de la minorité", fera la campagne de Bové, en encourant le risque d'exclusion.

Dans cette situation chacun fera son choix. Il faut faire en sorte que, malgré les dérapages inévitables de la campagne, nous puissions nous retrouver dans le cadre unitaire pour avancer ensemble et combattre les politiques libérales sur tous les terrains, social, idéologique et politique.

A ce propos, il faut applaudir José Bové qui a trouvé un ton juste lors de la Coordination nationale des Collectifs unitaires à Saint-Denis du 3 février quand il a dit (je résume) : Nous avons subi des attaques de la direction du PCF et de la LCR ces derniers jours. Il ne faut surtout pas répondre. Notre campagne est contre la droite et contre le libéralisme. Il ne s'agit pas d'une compétition pour savoir lequel des candidats antilibéraux arrivera en tête ; une telle bataille serait (je cite) "la pire des catastrophes".

COMMENTARY ON CALLINICOS' ARTICLE (LETTER TO SOCIALIST WORKER) :

"Alex Callinicos' use of the words "foreboding" and "farce" in connection with the chances of the radical left in April’s French presidential election (SW 12 February)echoes talk of a "catastrophe" from some members of my local ‘Collectif unitaire’ (or committee for unitary candidates of the radical left).
But there is another, more positive, side to the picture.
It is true that the Communist Party's steamroller tactics and the largely negative role played by the LCR majority have seriously undermined the chances of left unity in the near future.
At the end of December, it looked as if the movement had run into the ground, amidst bitter recriminations on all sides.
This is why José Bové’s candidacy is so important. The success of the petition launched by local activists including LCR and CP members in favour of Bové, and calling on both organisations to join his campaign on an equal footing with other groups and individuals, was as unexpected as it was encouraging.
Now many new faces are appearing, while older members have been rejuvenated. Many of the local committees are now actively campaigning, not against the LCR’s Besancenot and the CP’s Buffet, but against neoliberal policies and for a radical alternative. The majority of these activists are, temporarily at least, alienated from the main far left groups.
The main aim of the campaign is to reach out to disillusioned and alienated voters – many of whom are traditionally non-voters – especially those living in the outer-city suburbs, not to "steal" votes from the other parties. Bové has rightly called on his supporters to avoid replying to sectarian attacks on his campaign.
Yes, we do need to avoid damaging splits in left-wing parties, especially the LCR. But it would be a mistake to ignore the potential of the Bové campaign."

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