03 mars 2009

 

La Réunion: Le Collectif dans les starting-blocks

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CLICANOO.COM | Publié le 3 mars 2009

Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a présenté hier son cahier de revendications, une plateforme commune composée de 62 points concernant l’emploi, les salaires, les prix, le pouvoir d’achat ou encore le logement. On connaissait déjà les quatre mesures immédiates du Cospar, notamment la hausse des salaires ou la baisse des prix.

On a désormais une idée très précise des motifs de mécontentement pour aboutir à une véritable amélioration des conditions de vie et de travail à la Réunion. Le Collectif estime que la notion “d’urgence sociale” est arrivée “à son paroxysme”. Il rappelle que “52 % des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté (800 euros), contre 18 % en métropole” et “50 % de la population avait en 2006 un revenu inférieur à 690 euros”. D’un autre côté, “les prix ont augmenté de 37 % de 1997 à 2007 alors que dans le même temps ils n’augmentent que de 30 % dans l’hexagone”. C’est pourquoi la cinquantaine d’organisations membres a élaboré une plateforme revendicative portant sur l’emploi, les salaires, la santé, les prix, le pouvoir d’achat ou encore le logement. Le Collectif réclame entre autres “l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes”, “la structuration des branches professionnelles” ou “l’interdiction de licencier pour les entreprises faisant des profits”. Face à la cherté de la vie, les organisations réclament une baisse de 20 % sur 500 articles de la consommation courante, sur l’eau, les factures d’électricité, la fixation des marges des entreprises par l’État, ainsi qu’un contrôle des prix. Alors qu’en Guadeloupe un accord s’est dessiné, les discussions entre le Cospar et le patronat n’ont ici pas encore commencé. “C’est le silence radio”, regrette Jean-Pierre Rivière (Cfdt), “nous avons 62 propositions, en face il n’y a rien”, prend-il la peine d’ajouter. Outre l’aspect symbolique, la manifestation de jeudi, dans le Nord comme dans le Sud, est donc un appel du pied à la négociation face à un patronat jusque-là discret dans ce contexte réunionnais. Tablant sur une forte mobilisation - “au moins 10 000 personnes”, a redit le Collectif, le Cospar attend l’ouverture des premières discussions au plus tôt, “dès le 6 mars”, a même dit Jean-Pierre Rivière. “Il ne faut pas attendre que la situation se dégrade pour que nos gouvernants disent on va discuter”, a indiqué Jean-Hugues Ratenon (Agir pou nout tout). “La population attend beaucoup de notre plateforme, si l’Etat estime qu’il faut continuer comme ça, il prendra sa responsabilité”. Pour autant, la mobilisation du 5 mars n’est pas un appel à la grève générale, a martelé le Collectif, qui tient à ses spécificités par rapport à la situation des Antilles. Le Cospar refuse tout débordement mais n’exclut pas en revanche l’organisation de nouvelles manifestations après jeudi. “Le 5, c’est parti. Après, à eux (le patronat et l’État) de prendre leur responsabilité”, lance Jean-Pierre Rivière. “À chaque jour suffit sa peine”, a complété Ivan Hoareau.

Thomas Lauret

À Saint-Denis de la Réunion, le rassemblement du 5 mars est prévu à partir de 9h sur le site de l’ancienne gare routière (parking Océan). Un défilé sera ensuite organisé en direction du Barachois.

A Saint-Pierre, le rendez-vous est fixé au niveau de la zac Canabady dès 9h. Un défilé sera ensuite organisé en direction de la mairie.

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